O POÉSIE
Ijis trempé de lumière , 6 blanche poe'sie I 1/astre éclatant du jour, ainsi qu'un roi d'Asie, Disparaît lentement sous le dais enflammé , Que de ses fleurs de feu le couchant a semé. O blanche poésie ! ouvre-moi tes calices j Que de ton frais encens j'aspire les délices; Et que durant la nuit , de doux parfums voilé , M'apparaisse en ton sein tout le ciel étoile.
Poésie I ô jeune aigle ! oh 1 dérobe à la terre , De ton vol infini l'éblouissant mystère. Ravis-moi, contemplons de la hauteur des airs Ce monde mis à nu , sous un de tes éclairs ; .Traversons tous les deux sur tes ailes de flamme , Sans être foudroyés les orages de l'ame, Trompons les pas du temps , et viens fixer mes yeux Sur l'immortalité, ce soleil de tes cieux.
Poésie , ô printemps qu'un séraphin ramène I Printemps harmonieux de la pensée humaine ; Laisse au fond de notre ame ouverte à tes couleurs Chanter autant d'oiseaux que tes prés ont de fleurs. Pour nous verser leur miel , invite à tes corbeilles , Le rayonnant essaim de toutes tes abeilles j Féconde à ta rosée et tes rayons amis , Tous les germes d'extase en nos cœurs endormis.
ÎJU L ILC.HO l)K LA JKUxNK FRANCK.
Poésie, i\n^c sainl , flamme, essence première. De la foi qui nous luit fiatenielle lumière ; Illumine mon ombre à ton regard vainqueur , Sois le buisson ardent rallume dans mon cœur, La parole éternelle, et viens à ton oracle De la création rajeunir le miracle; Partage en t'c'chappant de ton berceau de feu Le souffle de la vie avec l'esprit de Di.ni.
Poésie , ô bel arbre I arbre aux feuilles dorées,
Jette sur ma langueur tes ombres inspirées;
Quand la clarté s'enfuit du terrestre séjour,
A tes sommets sacres conserve-moi le jour.
De tes baumes divins parfume ma souffrance ;
Que mes jours , grain par grain , rosaire d'espérance ,
Avec tes visions et tes songes flottans,
Se suspendent légers à tes rameaux cliantans.
Alexa>dre Soumet.