‹ L'Écho de la jeune France (volume 3)Chapitre 35 sur 99 · ÉTAT DE SIÈGE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE SIÈGE

» C'était l'arrêté ministériel qui mettait quatre départcmens delà Vendée hors la loi , et la têle de Madame à prix : Madame s'approcha de cette affiche, la lut tranquillement d'un bout à l'autre, malgré les instances de mademoiselle de Kersabiec , qui la pressait de se rendre à la maison où elle était attendue; mais Madame lui lit observer que la chose l'intéressait assez pour qu'elle en prît connaissance. On devine quelles étaient les transes de ses deux compagnons pendant cette lecture.

On n'entend plus parler du Républicain, journal à 6 francs par an^ par compensation, VEcho de la jeune France retentit partout et obtient un succès inespéré.

— La société voit avec satisfaction que ses membres s'occupent d'organiser des comités sans lesquels , il fiut le dire, son ceuvre ne pourrait pas devenir parfaite; à Marseille, Montpelliir, Toulouse, Avignon , Espabon, Libourne, Bavonne, Bordeaux, Poitiers, Rennes, Brest ; Angers, Fontenay , ^Niort , Blois, Lille, Qaen , Rouen, Dieppe, le Havre, Angoulême,-Canibrav, Dijon , Tro\cs, Bastia, etc.i etc. Les membres les plus zélés se dévouent à Tenlreprise, aussitôt l'organisation des comités provinciaux , c'est dans leur sein que seront reçues les souseriptions.

— Les élèves du petit séminaire de Brive^ (Corrèze), ont fait hommage à la société de la jeune France d'un volume contenant plusieurs de leurs compositions.

Nous avons distingué parmi beaucoup de morceaux traités avec bonheur, ceux de MM. Albert Durand, de Séez; Joseph Guillomet; Aug. Juge, et J. -Baptiste Chassain, en prose , et de M. Louis ^lontlois en vers.

Si un témoignage public de notre satisfaction peut encourager ces jeunes France , nous le leur exprimons bien sincèrement.

Honneur aussi aux maitres qui les dirigent !

— 11 y a maintenant tels departemeus en France, où la société compte des membres dans chaque commune.

— Parmi les membres qui se sont distingués, il faut citer MM. Jules de Cacheleu, dont les idées heureuses suggèrent au comité de Paris des pensées fécondes ; Charles de Chergé. étudiant à Poitiers, Charles de Villars , étudiant à Toulouse j Joachim Saint-Laurens, Casimir Guillenietteau , actifs et zélés jeune.i France.

— Les observations critiques qui nous sont arrivées , porteront toutes leurs fruits. Il est à regretter qu'un seul sociétaire ait dépassé les bornes de la critique; nous n'avons rien tant ii cœur que de mériter l'approbation universelle. Lu devise du comité de Paris est : Dieu et la justice. Après cela il veut la -atisfaclion de tous.

— Voici l'époque arrivée où M. le vicomte d'Arlincourt doit tenir sa parole envers nous. En attendant qu'il nous aide de sa collaboration , nous annonçons à ses nombreux lecteurs un nouvel ouvrage qui fait déjà du bruit dans le monde littéraire, il est intitulé , le Jimssew-Roi. Nous en rendrons compte.

— Il se fait à Marseille un almanach dit du jeune Henri, qui sera rempli de faits et anecdotes curieux. Il contiendra un portrait du jeune prince , c'est celui qui nous est arrivé de Prague. ( P oir aux annonces.)

— M. Amédée Poujol , un de nos plus zélés correspondans à Montpellier a publié, sous le titre de Suu^'eiiirs historicfuei , un joli volume de nouvelles; nous eu avons lu deux qui nous ont touchés jusqu'aux larmes; le Divorce, que l'auteur combat par un exemple terrible, et Amédde de Boumionl! ce nom exprime tout l'intérêt <)u"il inspire. Chez Dentu, libraire à Pans; 1 francs.

— M. le ministre du rommerce a refusé au directeur de YF.clio de la jeune l'Vance l'auton^ation de lairi, fraiiper h la Monnaie royale, la mi-d.idle de la jeune France, parce que, dit le ministre, la réunion des noms indi(|ues dans le programme |irésenfe une intention politique évidente , et que la monnaie ne doit pas fournir des ariiirs à l'esprit de parti.

•T!l() l'écho de la jeune FRANCE.

Une consultation se délibère sur les questions que soulève ce rtfus; quoiqu'il arrive , la médaille sera frappée , si ce nesl avec les noms indiqués sur le programme, avec une t-pigrajibe ou une devise qui résumera toute la pensée qu'ils indiquaient.

— M. lUniiiquin est parti pour Titalie , où il a promis de travailler pour ÏEcho lie la jeune France.

— Dans une petite ville, pour célébrer le passage de Louis-Pbilippe, on a autorisé rétablissement à\mjeu de la roulette. Progrès.

— Pendant deux jours, une vingtaine de crieurs publics ont colporté, dans les rues de Paris , un imprimé orné d'une gravure dégoûtante , et qui porte en tête les lignes suivantes :

« Derniers niomens de don Miguel, tyran du Portugal , les aveu.v de ses crimes; » mort de Bourmont ; condamnation à mort d'un fameux chouan , dit le capitaine » Noir ; arrestation de Mandar , qui a fait rôtir une femme toute vivante ; départ » de tous les Vendéens pour Oporto , etc., etc, » Progrès de la civilisation.

M. Tissot a été admis au nombre des membres de l'Académie française.

(Progrès.)

Le \" acte de don Pedro , en entrant à Lisbonne , a été de suspendre la liberté

individuelle. ( Progrès.)

— Amour et haine, avec cette épigraphe. Honneur et Patrie! pat M. d'Aurevilly. C'est un volume de poésies fugitives et de chansons piquantes , qu'on lira avec intérêt. A Paris, chez Dentu; à Caen , au bureau du Monius normand. {^L'Echo de la Jeune Normandie. )

— M. Tissot , dans son discours de réception à l'Académie , a avancé que la Cyropédie de Xénophon était l'ouvrage de Lucien... Progrès ! ! !

Le mois littéraire a été nul, si l'on en excepte Gaule et France, par

M. Alexandre Dumas. Cette dernière phrase de l'ouvrage fait connnître l'esprit dans lequel il a été fait. « Le gouvernement s'engloutira dans le gouffre. Seulement, à » l'heure de sa perdition , nos souvenirs d'homme l'emportant sur notre stoïcisme de » citoven , une voix se fera entendre qui criera: Meure la royauté, mais Dieu )i sauwe le roi! celte voix sera la mienne. «

Le'lia, par G. Sand. La meilleure critique que nous puissions en faire, est de

rapporter le fait suivant :

Une rencontre a eu lieu au bois de Boulogne, entre M. Gustave Planche et M. C. FeuiUide, rédacteur en chef de Y Europe littéraire.

M. Gustave Planche s'était personnellement cru offensé par un feuilleton de M. FeuiUide sur Létia , inséré dans le n" du 22 août.

Nous recevons des témoins la note suivante . qui a été écrite et signée sur le terrain :

« M. FeuiUide a déclaré à M. Planche qu'il ne reconnaissait à iiersonne le droit de lui demander l'interprétation de sa rédaction , et il a ajouté que M. Planche était libre de faire (Cltc interprétation comme il l'entendrait, et que , du moment qu'il se croyait personiiellemenl offensé , M. FeuiUide consentait à lui donner la satisfacfaction demandée. »

Après un coup de feu échangé de part et d'autre, M. Planche .s'est déclaré satisfait. »

Un livre qui a de tels résultats , n'est assurément pas une œuvre lecommandable. Il v a eu encore quelques publications d'un mince intérêt. Nous attendons l'apparition de celles qui sont annoncées pour en rendre un compte détaillé.

Le théâtre n'a pas produit davantage, on joue à la porte Saint-Martin, la Chambr.i ardente , dans laquelle l'auteur Iraiiie sur les planches un père de l'église Bossiiet) , pour le faire assister à ta mort de madame Ilenriellc d'Angleterre , empoisonnée par la Brinuilliers.

L'Opéra nous a donné un spectacle d'un autre genre. Le rédacteur du Figaro

V fut abordé par le colonel Gallois , qui lui demanda raison d'un article qu'il trouvait injurieux ]>our lui et ses amis politiques; une discussion s'engagea; un ruban rou"e fut arradié; des coups de cannes furent distribués; deux duels s'ensuivirent; trois personnes furent blessées , après quoi tout le monde fut «^alisfait.

Un quatrième duel a encore eu lieu entre MM. de Trobriant et Pélissier. Ce dernier est mort sur-ie-chaiiip. /^ogrw.'

I P f\(. messieurs les membres nous adresse une nouvelle remplie d intérêt snr

la mort du Prince de Talmont, que nous publierons.

On parle dant les salons , d'une brochure que M. de Chateaubriand va publier

il l'occasion de la majorité de M' le fliir de P.ordeaiix. Nous en rendrons un l'ompte

étendu.

IViris, ce i" sc|>leml)ic iS33. 1 1 i.i s l'Oni'IW-IKH, sec"'.

Septembre 1855.

I.e temps des persécutions est arrivé pour nous , on a fait saisir à la poste la sixième livraison de VEcho de la Jeune France. Nous sommes signalés de haut lieu, menacés de nouveau ^ mais les tribunaux nous ferons justice. Ces attaques prouvent notre snrcèset notre force naissante, nons ne perdrons pas courage.

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