I. K«.IIO l)K LA Jl.UNK ^MA^( I.. 'i'jî
HISTOIRE D'UNE PYKAMIDE ET DE SES JUAUEUTiOWS.
A-PUOPOS JUlGONOMÉTUigLE.
C'cit un singulier litre, j'en conviens; encore suis-jc bien lieureii\ qu'on ne me l'ait pas pris, et que celui-là me soit reste qui rendait paifaitemeot ma pensée. Je pouvais appeler mon conte historique , politique , satjriijue; mais cela était .i la fois commun et indécis. D'antres se sont hravemcnt intitulés drolatiques , fantastiques , immoraux même , et j'avoue que je n'aurais pas eu ce courage là; mais, je ue veux enVaycr, ni faire rougir et je me suis qualifie trigonumètri(jue , d'autant qu'il s'agit en mon récit d'un problême de statique et de trigonométrie. Il n'y a rien là du muins pour effaroucher les yeux ou les oreilles chastes et et' n'est pas un petit uiéiile par le temps qui court. Après tout si j'atteins mon but qui fut d'instruire en amusant et si je n'ai davantage blessé ni la vérité, ni les convenances , qu'importe la singularité du titre et la singu Jarité plus grande d'un conte dans lequel il n'y a ni jurements, ni fantômes, ni adultères? Je n'ai pas écrit seulement pour écrire j mauvaise recommandation à mon sens. J'ai voulu présenter sous une forme simple et nouvelle quelques enscignemens que je crois utiles. Je désire ne m'êtrc pas trompé. J'ai joint au texte, pour aider à l'intelligence de mon argument qu'elles résument , quel([ues figures plus honnêtes assurément (jue la plupart de nus lithographies romanliques. Les longs laisonnemens comme les longs discours fatiguent et ne se laissent pas toujours comprendre . H y faut de la part de celui qui lit ou écoute quelque attention, et chacun de vous n'en a guère à donner aujourd'hui que nous vivons eu couiaui d'une vie si absorbée, si distraite. Les images, en matérialisant la pçnsec et en abrégeant le syllogisme , vont droit aux conséquences qu'elles nous font pour ainsi dire touclier du doigt. Par une merveilleuse économie de temps et de réflexion , sans travail , sans effort , elles saisissent de prime- .sault les esprits les plus superficiels et ce qui souvent par la pente, n'aurait su passer , elles le font entrer par la fenêtre. Comnienrons.
C'était autour d'un joyeuse table, à la suite d'un déjeuner qu'on achevait d'arroser avec quelques libations de vin de cliampagne eu attindant le moka. Nous avions p^ilé chevaux, littérature, aveulures galantes et spectacles. Il éiait juste que la politique cûi. son toui . Elle vînt donc avec ses discussions calmes, doucereuses, d'abord, comme un combattant qui veut ménager ses forces, et se leufermanl dans les généralités, puisacics, em poitées et presque pusonnellcs, conmic cela se pratique ordinaircmeul.
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Toutes les opinions ou du moins les opinions les plus importantes , car nous n'e'tions guères qu'une douzaine de con^ ivos, se trouvaient là repre'sentees, depuis l'absolutisme jusques à la republique, depuis le SainJ- Simonisme jusqu'au juste-milieu. Chacun raisonnant, gesticulant, criant de toute la puissance de ses poumons, avait expose' ses prmcipes et débattu sa thèse, l'un après l'autre d'abord, puis bientôt tous à la fois. C'e'tait à ne s'y plus entendre. Je n'avais rien dit encore. Je parvins à grand peine à re'tablir l'ordre, puis, à la faveur d'un toast à notre Araphytrion profitant d'un moment de silence : Messieurs, dis-je, nous ne sommes pas ici à la charnière des députés, partant soyons sages. Nous ne parlons pas pour le dehors. Nous n'avons pas devant nous, ministres ou électeurs, un public intéressé qui nous paye et auquel il faille donner des phrases pour son argent. Nous sommes tous de bonne foi, voulant arriver au même but par les meilleures voies. Sur la fin, nous sommes d'accord, les moyens seuls nous divisent. Discutons comme gens qui veulent persuader ou s'instruire. Ne nous donnons pas comme infaillibles , réjouissons nous qu'on nous redi'esse si nous nous sommes trompés, reprenons sans aigreur et cédons sans honte a la raison et à la vérité. Nos dénégations et nos viol encçs n'y changeront rien. Fera-t-il moins jour parce que nous fermerons obstinément les yeux à la lumière ? Nous ne la verrons pas et voila tout. Ce n'est pas fermeté cela, c'est entêtement; cherchons donc consciencieusement à nous éclairer et ne traitant que des questions générales, gardons d'y mêler des noms et des personnes pour les rétrécir et les envenimer sans profit. Jusqu'à présent beaucoup de choses se sont dites bonnes et mauvaises en laissant à peu près au même point la discussion qui ne s'en est guère avancée. Souffrez que je prenne la parole à mon tour et, si je n'ai pas résolu le problême, laissez-moi vous en faciliter la solution peut-être enleréduisant aux termes bien simples d'une proposition mathématique. Ne riez pas toutefois si, pour arriver à mon thème , je suis obligé de vous lire un conte ou la fin d'un conte inédit des Mille et une Nuits. Je ne doute pas que vous ne fassiez tout à l'heure de vous même l'application de cet apologue au sujet qui nous occupe. Tirant alors de ma poche un petit volume, précieux raste d'une édition tout entière perdue dans un naufrage , je récitai ce que j'extrais ici pour mes lecteurs.
« Commandeur des croyans , reprit Sherazade , nous quittâmes hier Sindbad au moment, oii la vague furieuse, le jetant sur la grève, l'y avait laissé meurtri, sans connaissance, étendu près du mât qu'il tenait embrassé. Au boutd'un long temps, il revint à lui, ses yeux s'ouvrirent, et tout étourdi encore de sa chute, mais ne se sentant pas blessé, notre voyageur se releva , cherchant du regard où porter ses pas. Une cabane de pécheurs s'offrit à lui, debout encoreet que ses habitants avaient désertée. Un bon feu y était allumé, près duquel se préparait le repas oublie' de ces
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braves gens. Sindbad fit d'abord sécher ses habits, prit quelques aliments dont il avait grand besoin et, de sa bourse qu'il retrouva attachée à sa ceinture, tirant une pièce d'or, il la déposa sur la table et sortit, se dirigeant vers la ville. Ce n'était partout que désolation et ruines, qiic larmes et gémissements. Sur la route les arbres étaient déracinés; plus de moissons aux champs, plus d'onde aux fontaines. Dans la ville, où les édifices élevés avaient le plus souffert, à peine se trouvait-il un palais, une mosquée, un arc de triomphe ou une colonne, qu'eut épargnés cette horrible catastrophe. Les tombes même s'étaient ouvertes et les vieilles générations, réveillées tout à coup de leur long sommeil, apparaissaient épouvantées au regard des vivants. Des femmes, des vieillards pleuraient assis au seuil de leurs habitations détruites , des mères redemandaient leurs en fan s , de jeunes filles cherchaient leurs mères, et, parmi ces scènes de destruction et de deuil, au milieu de cette population éplorée, des bandes nombreuses de scélérats , de ces figures sinistres qui n'apparaissent qu'aux jours de calamités et de désastres, de ces hommes de rapines et de violences, toujours prêts à exploiter les malheurs publics, parcouraient, ivres et armés, les rues de la grande cité, dépouillant les cadavres, pillant les décombres et les maisons que la crainte avait fait abandonner. A leur joie féroce, à leurs affreux hurlements, on eût dit une nuée de vautours s' abattant sur un champ de bataille ou ime troupe dechackals dévastant un cimetière.
» Sindbad n'avait échappé aux horreurs du naufrage que pour se retrouver au milieu d'un tremblement de terre. La secousse n'avait duré que quelques minutes, et en quelques minutes avait abîmé l'ouvrage de plusieurs siècles. Sindbad suivant machinalement le torrent qui s'écoulait devant lui, se vit porté plutôt qu'il ne parvint, jusques sur une place immense ornée de colonnades et de «tatues , et de deux côtés ouverte sur les jardins du sérail et sur ceux de la ville. On y arrivait encore à gauche par les quais et par un pont d'élégante structure jeté sur le fleuve, a droite, par une rue magnifique communiquant aux promenades. Au milieu de la place, sur un espace circulaire de quelques pas, le terrain se laissait apercevoir taché de sang , et tout à l'entour , gisaient épars les débris gigantesques et chargés d'inscriptions antiques d'une pyramide dont la construction avait dû coûter d'énormes travaux. Là, se pressait une foule agitée, tumultueuse comme les flots de la mer. Tous les rangs, tous les âges s'y trouvaient mêlés. Les uns portaient des pics, des pelles et des leviers, les autres traînaient des échelles, des poulies et des cordages. Notre aventurier crut d'abord qu'il s'agissait de relever la pyramide et, sans trop chercher à s'expliquer quel intérêt pouvait porter ces gens a s'occuper de cet édifice , avant même de songer à rebâtir leurs habitations et leurs mosquées , il ne put qu'augurer favoral)lement de la réunion de toutes ces forces, de toutes ces volontés vers uu but commua et déter-
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mine; mais il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il n'y avait ni chefs , ni l>lan , ni ensemble. Tout lo monde parlait et commandait à la fois ; personne ne voulait écouter ou obéir. Des bandes d'ouvriers sans maîtres , (pie ne gouvernait aucune discipline, que semblait ne diriger d'autre impulsion que celle de leur caprice , allaient et venaient dans tous les sens , plaçant et déplaçant au hasard , puis replaçant pour les déplacer encore ces marbres tailles et ces dalles de granit. Dans leur ignorance empressée et maladroite, s'inquiétant peu que chaque pierre eîit sa place assignée, rorame sa forme particulière, ils les entassaient sans ordre et sans choix, le plus souvent même sans prendre la peine de les asseoir sur leur base et de les poser d'aplomb ; c'était comme une seconde expérience de la touides iïh de Noach. Chacun, devenu architecte , semblait vouloir essayer pour son compte d'une combinaison nouvelle de ces matériaux dispersés, de ces élémens confondus. L'un les disposait en parallélogramme, encercle ou en carré, l'autre les superposait en fût de colonne, les étendait en pan de mur ou les espaçait en escalier; un troisième les élevait en monceau ou les creusait en puits, les abaissait en plan incliné, ou les alignait à plat en terrasse sur une ligne droite. Il n'était enfin si petit compagnon, qui , sans souci du prochain , ne se donnât le plaisir de quelque arrangement bizarre, imprévu, à sa guise, au risque de se faire écraser ou de casser bras et jambes aux passans, et, quand son œuvre n'avait pu aboutir, il s'asseyait découragé, laissant à d'autres le soin défaire, si ce n'est mieux, autrement à leur tour. A les voir ainsi s'agiter impatiens, affairés , turbulens, sans rien produire, on eût dit que, saisis tous d'une même folie , s'arausant à remuer des pierres et jouant avec des ruines , romme les enfans avec des châteaux de cartes, ces hommes n'avaient qu'une fin Je mouvement, qu'une règle, le désordre; qu'oublieux du passé, contens d'user le présent sans se mettre en peine de l'avenir, ils ne voulaient que se fatiguer sur place , et que nul ne songeait sérieusement à ce qui semblait être la grande affaire de tous. Bien y -en avait-il quelques-uns cependant, qui, parmi tout ce bruit et ce tumulte s'occupaient A détourner des matériaux et de belles pierres qu'ils emportaient bravement, disant l'un : je veux de ceci me faire une belle meule à moulin ; l'autre, de celle-là je veux agrandir mon toit, réparer mes bains ou ma iuai.son des champs. Ceux-là paraissaient de beaucoup les plus sages.
" Sindbad, étonné de tout ce qu'il voyait, s'approcha d'un homme à la barbe blanche , dont le front sillonné de rides et les traits empreints d'une tristesse majestueuse annonçaient qu'il avait beaucoup souffert et beaucoup réfléchi L'âge n'avait pas courbé sa taille élevée, et dans .sa physionomie romnie dans toute l'habitude de sa ])crsonne, il y avait je ne saii cpioi de bon, de r^lmc et d'affable qui encourageait à lui parler. « Je suis éli.inger, lui dit le marin, et victime comme vous du désastre qui Nient de
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frapper votre cité. La terre c'branle'e jusque dans les profondeurs de l'Oce'an a soulevé les flots irrités en nième temps qu'un ouragan terrible se déchaînait à leur surface , et la mer , après avoir enp;louli avec son malheureux équipage le vaisseau qui portait toutes mes richesses, m'a jeté seul sur cette côte où j'espérais trouver les moyens de regagner ma patrie. J'ai traverse votre ville en ruines, et la foule m'a porlé jusques sur cette place où j'ai peine à me rendre compte du spectacle étrange qui se passe sous mes yeux. Que fait ici tout ce peuple assemblé? A quoi bon ces cris et ce mouvement ? Que veut-on de ces matériaux dont on pourrait reconstruire une autre Babylonnc? Ces gens-là ne s'entendent pas, et , pour dire ce que je pense, ne leur vaudrait-il pas mieux s'occuper à relever leurs habitations et leurs mosquées avant de songer à orner d'un monument de luxe une cité qui n'existe plus? Ils courent risque de passer plus d'une nuit sous la tente , dormant à la belle étoile , et priant tout aussi commodément qu'au milieu du désert. Sont-ils bien raisonnables ou n'ont-ils parmi eux ni chefs ni sages qu'ils veuillent écouter et qui leur enseignent ce qu'il convient de faire? Seigneur, répondit le vieillard, votre étonneraent n'a rien qui me surprenne. Je conviens avec vous que ces gens-là ne sont pas bien sensés; j'ajouterai même que leur folie n'est pas nouvelle , et je commence à désespérer que jamais elle guérisse. Tous les corps organisés, qu'ils s'appellent individu ou nation, ne subsistent qu'à la condition de se conformer aux lois constitutives de leur être. De l'harmonie plus ou moins parfaite entre ces lois et nos volontés publiques ou particulières, entre ces lois et nos actes, résulte un ordre plus ou moins parfait et le maintien de cet ordre, c'est la santé, c'est la vie pour les nations comme pour les individus. L'infraction c'est le désordre qui ne saurait être impuni , si ce monde n'est pas l'ouvrage du hasard. Dès qu'il y a désordre, il y a souffrance d'autant plus grave, que l'infraction est plus grave elle-même , et lorsque le désordre est arrivé à son comble , lorsque la Providence nous abandonne , individu ou nation , il faut périr et nous en sommes là. Je dois vous dire cependant que les débris au n)ilieu desquels nous nous trouvons sont plus anciens que ceux que vous ave/ rencontrés en venant jusqu'ici , et si le désastre actuel se rattache à la ruine de l'édifice auquel appartenaient ces décombres, ce n'est pas comme la cause à l'effet , mais bien comme le châtiment à la faute. Nos mains coupables ont renversé la pyramide et Dieu pour nous punir a détruit la ville. Monument des vieux âges , cette pyramide , dont l'origine se perd avec l'origine de la cité dans la nuit des temps , fut pendant de longues années l'objet d'un culte et d'une vénération presque superstitieuse. C'était après Allah et son prophète ce que nos ancêtres respectaient le plus et ce qu'ils honoraient davantage. (lue vieille prédiction et les sentences de nos sages rattachaient à la durée et à la splendeur de cet édiiicc, I.»
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splencleiiietladiireedenotrcempire. Son histoire est la nôtre. L.i pyramide et la ville ont eu les mêmes vicissitudes: son souvenir s'associe à toutes nos gloires et à toutes nos douleurs, et, de la nuit du passe, sa grande image s'clève pour se refléter encore sur le présent. Les premiers lundatcurs de cet état en posèrent les fondemens. Chaque siècle,chaque jour y ajouta quelques pierres; chaque génération y apporta son tribut, et bientôt les nations voisines purent contempler avec une jalousie mêlée de crainte ce merveilleux ouvrage qui surpassait en élévation, en solidité et en magnificence leurs plus fameux monuraens ; tant on avait donné de soin au choix et à la disposition des matériaux ; tant riches et pauvres , grands et petits , avaient rivalisé de zèle en contribuant à l'embellissement et à la correction des détails, à l'éclat et à la majesté de l'ensemble. C'était là véiitablemcnt un monument national , un édifice public. Observatoire et forteresse tont-à-fois , il servait en même temps à l'étude des sciences et à la défense de nos remparts. Là, se trouvaient nos magasins d'armes, nos greniers d'abondance, le dépôt de nos annales et la cendic de nos grands hommes ; là , se trouvaient notre étendard sacré , nos trésors et le livre de notre loi. La masse inébranlable , en préservant nos murs de toute surprise, nous protégeait contre les ouragans de sable du désert, et contre les inondations de l'océan. La ville même pouvait être occupée, et nous , campés au pied de l'imprenable citadelle , gardés par elle et la gardant , confians dans ses destinées , nous pouvions braver encore un ennemi vainqueur, le poursuivre, le harceler sans cesse, et vaincus sans être soumis, attendre un meilleur avenir. Etranger I nous fûmes ingrats. Des hommes à l'esprit faux , au cœur corrompu , se firent comme un jeu d'ébranler les vieilles croyances du peuple, et de tourner en dérision les objets sacrés de son culte et de sa vénération. Ils traitèrent le respect de faiblesse, la mémoire de préjugé, la conscience de folie, et, démentant hardiment nos traditions et nos souvenirs, ils nièrent le biçjifait pour se dispenser de la reconnaissance. La pyramide les importunait, et, soit haine aveugle ou présomption plus aveugle encore, alléguant que la construction était vicieuse et de mauva's goût, sous prétexte d'v faite quelques changemens ou réparations dont elle avait besoin, car ils n'osaient encore parler de la détruire, ils se mirent à l'œuvre. Chaque jour ils détachaient quelques pierres; le couronnement, les sommités, les angles, les parties moyennes, les étages inférieurs, les assises, enfin tout; puis, se hâtant de refaire à leur guise , ils imaginèrent de re|)lacer le monument en sens inverse, le sommet en bas et la base en l'air tournée vers le ciel. Ce qui devait arriver arriva; la masse énorme, que ne jiouvait soutenir la Lasc trop faible que ces ignorans lui avaient donnée, s'abîma tout à coup, rn- .^cvclissaut sous ses ruines avec le grand prêtre, gardien du vieux luoniijucut , les imprudcns et criminels aiilcius du sacrilège , et ce qui
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avait c'tcauticfois un noble édifice ne devint bientôt qu'un monceau de décombres. Ainsi tomba cette pyramide à laquelle se nUtachaient tant de souvenirs de bonheur et de gloire. Cette pyramide, ouvrage des siècles, dont le front sublime avait résiste à tant d'orages, au pied de laquelle tant de fois les flots irrites e'taientvenusbriscrleurfurcur impuissante et leur impuissant murmure. Depuis ce temps, nous avons paye des plus affreux désastres, notre lâche complaisance à souffrir un attentat que nous pouvions empêcher : ces pierres se sont élevées contre nous^ le sang du pontife est sur DOS têtes. La guerre civile et la guerre e'trangère ont ravage nos champs et mis le deuil dans nos murailles. Les têtes des meilleurs citoyens, sont tombc'es sous le glaive des assassins ou sous la hache des bourreaux; tous les liens de la famille ont e'te' rompus. D'ignobles tyrans ont rempli les prisons de victimes et décime nos populations. La misère, la peste et la famine ont tour à tour de'sole' notre triste patrie j le sol vierge de nos cites , trois fois s'est vu fouler par le pied insolent d'un ennemi , et nous ne nous sommes réveilles de ce long rêve de sang d'opprobre et de larmes que pour nous humilier sous le sabre tranchant d'un despote. Ce peuple cependant ne s'est pas repenti , et Dieu qui lui gardait un dernier châtiment, a voulu sans doute que cette ville impie disparût comme autrefois Sodom et Goraorrha, consurae'es par le feu du ciel. Frappes cette fois dans leurs plus chers intérêts, voyant s'abimer leurs palais de marbre et leurs belles maisons, leurs bazars et leurs richesses, tremblant que la terre ne les engloutît eux-mêmes, ils ont levé vers l'éternel des mains et des voix suppliantes. Quelques-uns d'entre eux ont donné le conseil de relever la pyramide , et, comme il arrive dans toutes les occasions où la multitude irrésolue , indécise, incapable de prendre par elle-même un parti , n'attend qu'un mot pour se déterminer et se jeter du côté où on la pousse, ceux-là ont entrainé les autres; c'est pour ce travail que vous les voyez réunis.
Mais, dit Sindbad , n'ont-ils parmi eux aucun architecte pour les diriger. « Patience, reprit le vieillard, il n'en trouveront que trop pour leur malheur, d'aichitectes ou de manœuvres se disant tels, et j'ai grand peur que, malgré les souvenirs récens de la dernière expérience et les leçons du passé, ces gens-là ne recommencent les mêmes fautes; qu'au lieu de s'en tenir à l'ancien plan , approprié seulement aux besoins et aux exigences nouvelles, en corrigeant ce que le temps y avait amené d'irrcgulier et de défectueux , ils ne s'obstinent à vouloir nous donner du neuf, et à nous faire continuer à notre grand dommage, l'essai de leurs
pitoyables rêveries.
( La suite au numéro prochain. )
Le hc'ros de Juillet , nouvelle contemporaine , par M. le vicomlc trArliiuoiiri. ( Les exigences de rrnlniini-lralion fin timhre nous empèclient fie clnnnor cette noiivcJle. )
Ù^J. l'écho de la JKlJiNK FKANCi:.