‹ L'Écho de la jeune France (volume 4)Chapitre 68 sur 75 · MOUVEMENT LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT LITTÉRAIRE

Volberg, par M. Siraéon Pécontatl. — Les Loisirs d'une Femme, par Mademoiselle Mélanie de' Grandmaison. — Défense de l'ordre social, par M. l'abbé Boyer. — L'Agonie du genre humain, par M. F. Ponction. — Voyage du duc de Raguse. — Mauprat, par Georges Sand.

Depuis quelque temps le camp littéraire est en émoi ; mais Tentrée en campagne que la critique attendait pour courir sur le champ de bataille , a été trcinsformée tout-à-coup en une promenade militaire. On se proposait un combat à outrance qui devait se faire avec toute la rage d'une réaction : on commençait même à déployer les bannières , et voilà que soudain tout s*est amorti; seulement, on a voulu tirer à la cible, contre M. Victor Hugo d*abord, sans pitié ni merci pour ce grand poète; et puis après, contre M. Sainte-Beuve (1). Ses poésies, si fortement trempées dans Tespérance et la foi chrétienne, n'ont pu trouver grâce devant la phalange du feuilleton.

C'est que le temps n'est plus de ces ardeurs belliqueuses où la httérature avait deux bannières, où cavaliers et têtes-rondes se heurtaient, se pressaient, l'épée au poing et le délire à la tête. Les idées du bien et du mal , du beau et du laid , si long-temps confondues , se relèvent de plus belle. On a vu que l'imagination, celle folle du logis , comme l'a dit Xavier deMaistre, s'était égarée dans des chemins tortueux pour aller aboutir à un cercle fatal , et que le luxe de vitalité dont elle faisait parade n'était qu'un mouvement faux , qu'une apparence trompeuse. Le fard est donc tombé de son visage et nous avons découvert sa triste défaillance.

Mais , en revanche , la critique travaille , à l'heure qu'il est , sous l'influence d'un préjugé qui verse le fiel dans tous ses travaux. La réaction , qui est son ouvrage , a dépassé de bien loin les limites du devoir et de la justice. C'est à nous maintenant de garder une sage réserve. Trêve à la haine comme à la complaisance , soyons vrais avant tout , sévères pour le talent qui abuse de sa supériorité , mais indulgens et amis pour celui qui commence.

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