‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 110 sur 129 · IV · texte numérisé non relu

IV

DECOUVERTES INDUSTRIELLES ET USUELLES

Economie domestique. — Eclairage. — Dernièrement je reçus une letlre du comte de C , habitant le fond de la Bretagne; il me priait de le fixer sur le mode d'éclairage qu'il devait adopter : L'hiver approche, me disait-il, et nous ramène ces longues et délicieuses soirées, pendant lesquelles le jeu, le travail et la conversation se partagent notre temps, mais après avoir remis à neuf tout le mobilier de mon chàleau, je ne sais maintenant comment l'éclairer. En eflfct, la bougie est trop pâle, aujourd'hui que nous sommes habitués à fatiguer nos yeux par une vive lumière, ou bien il faut les multiplier en grand nombre, et ce moyen devient alors très-coûteux. Yotre usage parisien d'avoir des lampes semble résoudre assez convenablement le problème. Malheureusement toutes ces lampes ne sont pas construites d'après le même système, les unes sont d'un prix trop élevé, les autres consomment beaucoup trop, celles-ci n'éclairent pas suffisamment, celles-là sont d'un service difficile ou malpropre, c'est donc à vous, mon cher ami, qui vous tenez journellement au courant des nouvelles découvertes, à me servir de guide et à vouloir bien m'aider à fixer mon choix.

Cette lettre, malgré la compétence que l'on m'y faisait l'honneur de m'accorder , me jeta moi-même dans un fort grand embarras, en vain je me misa courir les fabricaus, mon indécision resta toujours la même ; car je n'avais aucun moyen de comparaison. Enfin, un soir me trouvant à l'Opéra auprès de la riche marquise de h*\ je lui contai mes soucis et surtout mon chagrin de ne plus avoir à mes ordres une pauvre petite exposition ; qu'à cela ne tienne, me répondit-elle en souriant, venez prendre demain le thé avec nous, et j'espère pouvoir vous consoler. Je n'eus garde de ne pas me rendre à celte aimable invitation ; car les soirées de la marquise sont toujours délicieuses. Cependant j'étais loin de m'attendre à ce qui devait m'arriver. La maîtresse de maison me reçut avec sa grâce habituelle, l'on était alors en très-petit comité. La conversation roula long-temps sur la foulure de Taglioni, sur la politique et sur le boulon de certains hùtes, d'un château qu'il n'est plus permis aujourd'hui de nommer, tant il est facile à deviner. A peine la pendule venait-elle de sonner dix heures, que les deux battans d'une porte s'ouvrent et un domestique annonce que le thé de madame la marquise estscrvi. Grande aussitôt fut ma surprise; car au milieu de la table j'aperçus un foyer de lumière composé de lampes de systèmes difiérens. Après le thé, l'aimable nmrquise vint recevoir mes complinicns sur son éclatante et originale exposition. Je devais tenir ma promesse, me dit-elle en me remerciant ; maintenant écoutez le résultat de mes observations sur le service habituel de ces lampes, puis ensuite vous pourrez répondre à votre ami avec toute sécurité.

Je ne vous dirai pas que l'honneur d'éclairer nos salons se partage entre les lampes hydrauliques, hydrostatiques , mécaniques et à contre-poids ; vous le savez beaucoup mieux que moi, mais examinons ensemble ces diverses lampes avec attention, car j'ai satisfait dernièrement la fantaisie de toutes les réunir, et les voilà sous nos yeux.

Lampes hydrauliques. — Parmi les lampes hydrauliques que vous apercevez, on remarque surtout celles inventées par M. Gally-Cazalat, qui se vendent chez Toyot, tt celles de M. Silvnnt. Elles sont basées sur une expérience de physique à laquelle vous donnez,

je crois, le nom de fontaine de héron ; elles ont été construites pour la première fois par Jes frères Girard, puis modifiées ensuite au point de perfection oii elles sont aujourd'hui. Elles éclairent bien, leur lumière n'éprouve pas d'intermittence sensible ; mais leur service exige qu'on les renverse pour les remplir ; méthode voulant impérieusement que l'ou touche à l'huile, ce qui n'est pas d'une propreté absolue.

Lampes hydrostatiques. — Quant aux lampes hydrostatiques que vous voyez réunies de ce coté de la table, leur invention est encore due aux frères Girard ; elles sont formées d'un simple siphon renversé dont le tube contient de l'huile refoulée par un autre liquide d'une jjesanteur plus grande, composé de manière à ne pouvoir se mêler avec l'huile ; les frères Girard employaient une forte dissolution de sel de cuisine dans de l'eau, mais aujourd'hui MM. Thilorier, Morel, Garuier et Palluy, qui sont les meilleurs fabricans de ce genre de lampes, emploient des liquides différens : ainsi, le premier fait usage d'une dissolution de sulfate de zinc.

Ces lampes , dont l'éclairage est assez beau, laissent pourlaut beaucoup à désirer, car le niveau de leur huile ne restant pas tout-à-fait constant, leur flamme est légèrement vacillante. Cet inconvénient est moins sensible dans celles construites par MM. Morel et Garnier ; mais toutes ces lampes, quoique d'un service facile et assez propre, ont des tubes si étroits que l'huile presque toujours actuellement fort mal épurée, les engraisse aisément, obstrue le siphon, et force à un nétoyage qu'il faut souvent répéter ; des réparations plus sérieuses, mais heureusement assez rares, sont en outre exigées par les lampes Thilorier, dont les soudures des tubes se laissent corroder par le liquide servant de contre-poids.

Maintenant, si nous passons aux lampes mécaniques ou à mouvement d'horlogerie que vous voyez formant au milieu de la table un foyer central de lumière, nous en trouvons une assez grande quantité. Elles doivent l'ascension de leur huile jusqu'au bec à la puissance de petites pompes aspirantes et foulantes, mises en mouvement par une combinaison de rouages plus ou moins compliquée. Ces lampes aujourd'hui sont construites par une infinité d'ouvriers ; elles ont été modifiées de beaucoup de manières, mais toutes reposent sur le principe précédent appliqué pour la première fois par M. Carreau père, chez M. Carcel. Parmi les meilleurs fabricans de lampes mécaniques, on remarque surtout 3IM. Carreau fils, Decan, Gagneau, Gallibert, Gotten, Jeubert, et les successeurs de Carcel.

La lampe Carcel jouit dans le public de la plus grande réputation, et l'on s'imagine qu'une lampe mécanique ne peut être passable si elle ne sort pas de la maison Carcel ; pourtant, et il faut l'avouer, c'est un préjugé dont les propriétaires de cette maison ne se plaignent pas, puisqu'il leur procure un bénéfice de 30,000 fr. au moins par année. Mais les acheteurs s'en trouvent-ils aussi bien, c'est ce dont il ne serait pas impossible de douter. En effet, ces lampes, construites avec le mécanisme le plus ingénieux cl le plus brillant, ont des rouages et des pistons si délicats, si fragiles, qu'elles trouvent encore dans l'impureté de nos huiles un ennemi qui les force promptement à l'inaction en les entourant d'une matière grasse et poisseuse : aussi, sont-elles sujettes à de nombreuses réparations qui ne peuvent être faites en réalité d'une manière convenable qu'à Paris ou dans les grandes villes de France par un habile horloger. MM. Gotten, Gallibert et Jeubert, en diminuant le nombre de leurs rouages, ont pu leur donner plus de force et diminuer par conséquent les chances d'accident ; malheureusement le premier de ces fabricans par suite de la solidité qu'il donne à son mécanisme, est obligé de tenir ses prix de vente fort élevés, inconvénient que sont parvenus à vaincre les deux derniers dont les lampes se vendent moitié du prix de celles de la maison Carcel. Quant à la lampe de M. Gagneau, nommée aussi Aglaphos, elle diffère des autres lampes mécaniques parce qu'elle a son corps de pompe entouré d'une poche de taffetas gommé ; malheureusement cette modification fort ingénieuse a un grave inconvénient ; l'huile dissout peu à peu la gomme du taffetas qui ne tarde pas à être détruite, et bientôt il s'établit des infiltrations que M. Gagneau peut seul réparer. Aussi, faut-il, si l'on est en province, renvoyer ses lampes à Paris. Passant mainte-

nant à la lampe mécanique de M. Carreau fils, nous la trouvons beaucoup plus simple que toutes les autres, car un grand ressort, un barillet et deux corps de pompe, voilà ce qui la compose ; tant qu'il y a beaucoup d'huile dans cette lampe elle va fort bien, mais comme elle n'a pas de volant pour régulariser sa marche, plus l'huile diminue, plus le grand ressort se détend avec force, si Lien qu'à la fin quand par oubli l'huile vient à manquer les pislons lancent violemment au-dessus de la cheminée le peu d'huile qui reste dans la pompe; aspersion fort désagréable que l'on ne peut éviter qu'en remplissant par prudence cette lampe au milieu d'une soirée, et en tenant toujours un fumivore au-dessus de son verre.

Près de la lampe de M. Carreau fils, vous voyez celle de M. Decan ; elle a de bien grands avantages : elle est composée de toutes pièces métalliques, ce qui permet de la dégraisser soi-même en lavant son intérieur avec de l'eau de lessive. On peut en outre changer ses becs de manière à n'avoir que telle lumière dont on a besoin, 3Ialheureusement les soupapes de cette lampe s'engraissent aisément dès que l'on emploie de l'huile mal purifiée.

Quant au mécanisme de la lampe à mouvement d'horlogerie, avec la pompe dite des prêtres, tombée dans le domaine public et exploitée par tous les lampistes qui ne sont pas propriétaires d'un système spécial , je ne vous en dirai rien, car vous savez que le cuir de ses pistons, placé à l'extérieur, se dessèche promptement et demande de nombreuses réparations.

Du reste, toutes ces diverses lampes mécaniques jettent une flamme blanche, éclatante, qui ne laisse rien à désirer, et qui répond pour chacune à la valeur de huit bougies. Cette flamme , quoique vacillant très-k'gèremcnt , n'a d'intermittence sensible que dans les lampes Carcel, mais jusqu'à présent l'on a toujours bien voulu fermer les yeux sur cet inconvénient par égard pour leur antique célébrité et pour la beauté et la délicatesse de leur mécanisme.

Lampes à contre-poids. — Deux lampes ont été construites de manière à porter l'huile au bec avec le secours d'un contre-poids ou piston métallique foulant continuellement sur la surface de l'huile. L'une, fabriquée par M. Desforges ou Coëssin, a l'inconvénient grave, lorsque le piston arrive à la fin de sa course de faire sauter l'huile comme celle de M. Carreau fils : mais d'un autre côté elle possède un bec excellent et qui double la^lumière de toute lampe à laquelle on l'adaple. L'autre lampe à contre-poids est de M. Joanne l'ingénieur, inventeur des Asléares ou lampes-bougies, si commodes toutes les fois que l'on se contente de la lumière d'une bougie. Cette lampe à contre-poids de M. Joanne ne demande aucun soin particulier, est d'un service très-propre, et laisse peu de chose à désirer pour la beauté et la stabilité de sa lumière.

Maintenant vous connaissez le fort et le faible de toutes les lampes ayant leurs entrées dans nos salons, car je ne vous parlerai pas des lampes sinombres qui n'ont pour elles que leur bon marché : je les ai pour toujours reléguées à l'antichambre. Ainsi vous pouvez actuellement si vous avez foi dans mes paroles, servir de guide à votre ami. A ces mots, je remerciai l'aimable marquise de son instructive obligeance, et je fus mettre en ordre mes souvenirs afin de faire usage dans l'occasion de cette utile leçon d'économie domestique. J. Odolant-Des>os.

BEAUX ARTS

LEÇONS SUR l'histoire ET LA THEORIE DES BEAUX ARTS;

Par A. -G. Schlégel, traduites par M. A. Couturier (1).

On nous annonce une traduction , une fidèle, intelligente et remarquable traduclion du Cours de philosophie de L'histoire du célèbre Frédéric Schlégel.

Nous attendons impatiemment, pour l'examiner et signaler son apparition , l'utile publication de cet ouvrage catholique auquel son auteur protestant dut une conversion éclatante au catholicisme. Car ce fut en élaborant ce cours, dont il n'avait pas encore bien posé les prémisses, que Frédéric Schlégel, entraîné enfin, à force d'admiration et de dialectique tout à la fois , s'agenouilla devant les fonts de notre baptême , et reçut des mains du prêtre le premier fil dont le vrai chrétien catholique forme ce cocon terrestre d'où il ne sortira que pour s'envoler au ciel d'une seule volée s'il dégage pures ses ailes de leur enveloppe mondaine ; en deux volées , s'il lui faut s'abattre pour passer au feu qui purifie ses ailes mouillées de pleurs humaines, salies d'humaine poussière....

Aujourd'hui, c'est de M. Auguste Guillaume Schlégel que nous avons à nous occuper, et nous apporterons à examiner l'œuvre de ee savant et ingénieux écrivain toute l'impartialité charitable d'un chrétien. Nous oublierons , avant de juger ses Leçons sur les beaux aris , la brochure qu'il crut devoir publier il y a quelques années pour prévenir les conversions que pouvait entraîner la conversion de son frère Frédéric ; brochure que M. le baron d'Ekslein a réfutée d'une manière si victorieuse ( Catholique de 1829). Avouonsle d'ailleurs, cet acte solennel de Frédéric, homme d'un cœur tendre, d'un caractère loyal et franc , d'une ame élevée et puissante , d'un esprit solide et subtile et d'un savoir profond; cet acte solennel, disons-nous , était bien de nature à épouvanter le zèle ou l'orgueil philosophique du protestant x\uguste. Il ne se dissimulait pas, lui , et devait naturellement redouter l'effet qu'allait produire la conversion de ce frère, dont la haute et douce infiuence était incontestable encore à cette époque dans toute l'Allemagne, quoiqu'en ait écrit un Yoltairien allemand rajeuni et déguisé, M. Henri Heine, écrivain sans consistance de principes, et dont la plume froide et sèche déchire le papier qu'elle croit consacrer à l'immortalité.

M. Auguste Schlégel accuse un sentiment tout-à-fait distingué de la peinture, de la sculpture et de l'architecture , une intelligence fine et profonde et une grande conntjissance de la théorie de ces différents arts. On trouve dans ses Leçons des idées ingénieuses, des aperçus pleins de justesse et des observations excellentes. Nous les avons lues avec un grand intérêt dans la traduction , souvent incorrecte, de M. Couturier, et cependant nous en connaissions depuis long- temps la substance par les extraits que nous en avait communiqués un ami qui se trouvait à Berlin en 1827, époque à laquelle M. Schlégel les professait devant un nombreux et brillant auditoire. C'est que nous aimons, c'est que nous ne saurions trop recommander en France les livres qui traitent des beaux arIs en général, des arts plastiques en particulier, et qui n'embrassent pas seulement dans leurs considérations les finesses de métier au-de'à desquelles ne s'étend pas l'horizon d«» tant de prétendus artistes, qui ne sont en réalité que des ouvriers plus o:i moins habiles et intelligents.

Mùis, il faut l'avouer, si le cours de M. Schlégel e->t remarquable tel qu'il l'a proff-^s»',

(l) Un vol. in-8« : ch^z Pichon et Didier , qu:\i des Augustins, n" 47.

il eût été beaucoup plus remarquable s'il l'avait conçu pour une classe d'auditeurs bien dessinée, bourgeois ou artistes, au lieu d'en faire un résumé incomplet, semi-bourgeois , semi-artistique et philosophique , de ses études et de ses idées sur la théorie et l'histoire des beaux arts , ou plutôt des arts plastiques , y compris la peinture. Puis le savant professeur aborde et discute de giandes questions sur lesquelles il cite et critique les auteurs les plus distingués, et l'on ne voit pas qu'il cherche à avancer la solution de ces questions en formulant avec l'assurance de la conviction ses idées sur la matière ; ou bien ces idées manquent de précision et ne sont pas bien nettes , même dans l'esprit de relui qui les émet. C'est ainsi qu'il ne nous donne aucun éclaircissement sur les théories t;»nt de fois discutées et encore si incomprises et si peu posées , du coloris, du clair-obsrur, du beau. Puis il raisonne parfois avec beaucoup trop de subtilité et de légèreté. Ainsi lorsqu'il dit, en parlant de la phrénologie , dont il n'attribue le mérite qu'a Gall , car il ne prononce même pas le nom de Spurzheim : « On ne peut certes lui contester les services qu'il a rendus , comme anatomisle de cette partie de l'homme ; mais quant à la connaissance de l'homme , qu'il a voulu en déduire, sa théorie est absurde; car, selon lui, l'ame serait logée dans la tête comme dans une case à compartiments, ainsi qu'une excroissance végétale qui, en s'épanouissant, soulèverait la calotte sphérique dans laquelle elle est renfermée. Il n'y a rien dans ses écrits qui puisse servir aux arts. »

Ces quelques lignes renferment deux propositions évidemment fausses et un raisonnement déplorable. Quoi! parce que Spurzheim, Gall et les phrénologistes regardent le cerveau comme l'organe dominateur du corps humain , parce que l'amc agit directement sur cet organe pour être obéie par les autres , il faudrait en conclure que l'ame est dans la tête!... Et quel homme, d'ailleurs, croyant à l'existence de l'ame, concevra encore la prétention extravagante de pénétrer le divin mystère de l'union de l'ame au corps et de découvrir dans un être matériel la place d'un être immatériel qui n'en occupe aucune et les occupe toutes, par cela seul qu'il est immatériel?.... La conclusion de M. Auguste Schlégel n'est pas plus concluante , mais elle est assurément moins spécieuse que celle des matérialistes qui, de l'importance du cerveau et de la dépendance où cet organe tient les autres organes, concluent à la non-existence de l'ame et à la sécrétion des idées par le cerveau, pour nous servir de l'expression de Cabanis.

Et quant à l'assertion du célèbre professeur, qu'il n'y a rien dans les écrits de Gall qui puisse servir aux arts, il est clair aussi qu'elle est fausse si la phrénologie n'est pas sans iondement, car la conformation du crâne doit nécessairement être prise en considération par l'artiste phrénologiste , soit qu'il crée un personnage, soit qu'il le copie ou l'imite.

Enfin, et passant du professeur à son traducteur, qui lui aussi émet souvent ses idées par dos notes dans le livre dont nous parlons ., nous devons relever la proposition beaucoup trop légèrement avancée de cet écrivain relativement aussi à la phrénologie dont il admet les preuves nombreuses tout en cherchant à détruire les bases sur lesquelles le font reposer les anatomisles. « Il est bien prouvé , dit M. Couturier , qu'il est impossible de découvrir a la surface du cerveau mis a nu la moindre trace d'élévations qui correspondent aux protubérances de la lame externe du crànc. » Si IM. Couturier avait consulté les anatomisles sur ce point, ou étudié lui-même le cerveau, il eût pu se convaincre que les protubérances cérébrales, dessinées par les faisceaux ou paquets fibreux qui l'enserrent , répondent d'ordinaire, précisément, et presque sans exceptions, aux protubérances extérieures de la boîte osseuse , et que la lame du crâne forme rarement une courbe concave intérieure non parallèle avec la courbe convexe extérieure.

M. Couturier a eu l'heureuse idée d'annexer au cours de Schlégel les articles des Conversations Lexicnn sur la peinture, la sculpture et l'archilolurc. Ces articles sont bien traités, quoique défectueux encore m plusieurs points. Ils sont infiniment supérieurs, celi est incontestable, à ceux de toutes nos Encyclopé«lics françaises , ot donnent des notions générales assez justes sur l'histoire des arts plastiques. Enfin, M. Couturier a fait suivre ces articles d'un essai complémrutaire écrit par lui-même sur les artistes de notre époque :

celle esquisse rapide et faite avec un peu de Icgèreté , d'incohérence dans les idées, et sous l'influence de certaines amitiés contre lesriuelles peut-être il n'a pas su assez se prémunir, ajoute cependant quelque prix au volume qui , du reste , se recommande suffisamment par ses leçons et le nom seul d'Auguste Schlégel.

V! Histoire, et la théorie des beaux arts sont encore à faire ; mais , disons-le , c'est un ouvrage monumental et qui exigerait le concours d'hommes complètement indépendants , même du gouvernement, dont la haute protection leur serait indispensable.

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