‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 120 sur 129 · I.atiluJcs · texte numérisé non relu

I.atiluJcs

Tempéialuics Centigrades.

LnliluJfS.

Temperalurps.

Cintigiadcs.

Rio-Janeiro.

Callao.

Sainte-Catherine.

Valparaiso.

- li,8

Buénos-Ayres.

Conception.

Malouines.

Port-Famine.

Nouvclle-Ho Uan de .

Port du roi Geor-'\

Port-Jakson.

ges et toute la 1

Hobarts-Town.

côte baignée par > 35,0

Macqiiarie.

des courants d'eau \ froide. y

Foisinage

de. V Afrique.

Afiique,

Ceylan.

Congo. 9,0

Pondichéry.

Sénégal. 1C,0

Ile-de-France,

Ténériffe. 28.5

Bassora.

Madère. 32,7

Bagdad.

Oran. 35,5

Mer des Indes.

Oc. Atlant. Equalorial.

Dans celte séance une petite discussion d'aniour-propre a été soulevée à propos d'un mémoire sur les animalcules microscopiques de 31. Ccrda, et M. Bory de Saint- Vincent a plaidé comme l'avait déjà fait M. Dutrochet, pour que l'on cessât d'appeler bare'gine la substance qu'il avait nommée auparavant matière muqueuse. Mais il est un malheureux parrain M. Bory, car il y a bien des matières muqueuses dans la chimie, et s'il faut ajouter à celle-ci sa spécialité en l'appelant matière muqueuse des eaux mine'rales , il reconnaîtra que la désignation est beaucoup trop longue pour être admise dans la science qui réclame des noms univoques avec d'autant plus de raison que, chaque jour marchant à grands pas en avant, elle a un plus grand besoin de mots faciles à caser dans la mémoire. Du reste, s'il fallait donner à cette substance une périphrase, M. Bory assurément réclamerait la priorité, non pour lui, mais pour Chaptal qui l'avait déjà désignée il y a vingt-cinq ans au moins par le nom de matière animale des eaux minérales.

La séance suivante du 2 novembre, a été toute en faveur de M. Arago, qui, pour combattre M. Poisson, à propos encore du passage de la fameuse comète à son périhélie , lui a prouvé qu'au moyen du télescope, ce passage pouvait être fixé d'une manière beaucoup plus positive que par le calcul. Cette discussion à demi-sérieuse étant terminée, M. Arago a ouvert un recueil périodique publié àNe>v-York, et contenant une lettre supposée de M. Graham, savant collaborateur de M. Herschel, oii il semble annoncei- que cet habile astronome, après avoir employé des lentilles d'un grossissement extraordinaire, est parvenu à voir la lune à une distance de trois pieds, à observer sur un point de cette planète une émcraude de trente pieds de long, des castors à deux pattes allumant du feu, des bœufs d'une grandeur colossale, tirant une charrue et portant sur les yeux des •voiles pour les garantir de la lumière prolongée des longs jours de la lune. Toute cette lettre, comme on le pense, est une injurieuse mystification contre laquelle s'est élevé avec une juste indignation M. Arago, le seul astronome que l'on puisse placer auprès de celui dont on a voulu si maladroitement diminuer le mérite en l'éclaboussant d'un méprisable ridicule.

Une autre discussion survenue à propos du voyage scientifique que va entreprendre la Bonite, a bien prouvé cette vérité, que l'instruction ne serait pas une garantie de stabilité pour l'existence d'une république , car en un instant la petite république scientifique de l'institut s'est trouvée en révolution, les amours-propres se sont froissés, les spécialités se sont déplacées , le médecin voulait être mécanicien, le botaniste astronome, le naturaliste physicien ; et cela , pour un programme qu'il s'agissait de rédiger : ainsi MM. de Mirbel et Blainville, savans fort estimables en fait de botanique et de coquilles, se sont crus capables de remplacer M. Arago dans la rédaction des notes de physique et d'astronomie qui doivent être remises aux voyageurs que portera U Bonite. Qu'est-il résulté

de cette cacophonie scientifique? Nous l'ignorons. Car un comilé secret a clé réclamé; on a mis à la porte le public, et l'on a lavé son linge prudemment en famille. Maintenant rêvons donc des républiques d'ignorans et d'incrédules et nous verrons où s'arrêteront les Laccnaire et compaj^nie.

A la séance d'ensuite, M. Cordier a lu une lettre de M. Ilenwoed, contenant les résultats de nombreuses observations sur la température des mines profondes de Ja province de Cornouailles, et sur l'action électrique de leurs filons. Il a constaté qu'il existe une différence de 2 à 3 degrés Fahrenheit , entre les couches schisteuses de ces mines et celles de granits aux mêmes profondeurs , et il avance qu'il paraît certain que les directions des courans électriques sont influencées par la direction de la masse de granité la plus voisine. Cette assertion a été contestée par M. Becquerel qui a observé que le granité sec ne donne aucun passage à l'électricité ; mais lui-même n'a pas fait attention que toutes les masses de granité dans les mines sont humides et sont pénétrées d'eau de toute part, et doivent par conséquent avec son secours devenir comme elle de très-bons conducteurs de l'électricité.

Après avoir étudié depuis le mois de septembre deux questions de salubrité soumises a l'académie des sciences par le ministre de l'instruction publique, questions dont le but était desavoir : Si l'eau filtrée de la Garonne était préférable aux autres eaux de source pcnir la consommation de Bordeaux, tant pour la boisson de ses habitans que pour les usages industriels et l'irrigation des rues ; une commission, composée de MM. Arago, (iirard, Poncelet, Thénard, Dumas et Robiquet, a fait son rapport. En voici les conclusions qui intéresseront les riverains de la (iaronne. Toutes les eaux soumises à son examen sont assez pures pour être employées aux divers usages de l'économie domestique ; l'eau de la Garonne filtrée mériterait la préférence, en raison de sa plus grande pureté; les eaux de source toujours limpides offrent l'avantage d'éviter les chances d'une filtration qui peut présenter des difficultés et faire craindre des interruptions dans le service ; les eaux de source rangées concurremment, doivent être placées, sous le rapport de leur pureté, dans l'ordre suivant : Artiguemale, Vayres, Montjoux ; la petite quantité de matière contenue dans ces eaux rend peu probable l'engorgement des tuyaux de conduite par les dépôts calcaires ; de même, il n'est guère à présumer que des tubercules ferrugineux puifsent se développer dans une fonte unie et imprégnée d'une huile siccative.

A la suite de ce rapport, M. Dufresnoy, que l'on accuse d'avoir quelques velléités iacadémiciennes, a terminé la séance en lisant un mémoire sur les terrains volcaniques jies environs de Naples, pour prouver probablement, comme le médecin de Molière , qu'il est digne d'entrer dans l'aréopage sacré.

Dans la dernière séance du mois d'octobre, lors de la présentation d'un nouveau mode d'interpolation , le nom de notre célèbre mathématicien Cauchy est venu péniblement frapper notre oreille, en vain nous l'avons cherché, toujours sa place est tristement restée vide ; car toujours fidèle à ses affections comme à ses croyances, il n'a plus reparu à l'académie depuis les trois orageuses journées de 1830. Il reste errant sur une terre étranpère, échangeant sa science contre une précaire hospitalité. Que ne pouvons-nous lui faire entendre notre voix inconnue? nous lui dirions que ce n'est point dans un pareil exil volontaire qu'il peut servir utilement son Dieu et ses amis ; c'est à l'institut, au milieu de ses collègues , ou bien en se faisant écouter de ses nombreux élèves , si ses devoirs de reconnaissance ne le retiennent plus hors de France, que son profond mérite pourrait user de la puissante influence de sa parole positive. Qu'il revienne donc sur le sol bien-aimé de la patrie ; qu'il revienne au sein d'une famille qui le respecte; qu'il revienne enfin prouver, comme tant de fois il en eut le courage, que l'athéisme ne fait pas toujours partie intégrante des convictions de nos plus illustres mathématiciens.

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