‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 29 sur 129 · THEATRE DES FUNAMBULES · texte numérisé non relu

THEATRE DES FUNAMBULES

A rextiémité des théâtres des boulevards, le dernier dans réclielle sociale , c'est le théâtre des Funambules. Ce théâtre là est fait tout exprès pour les enfans du peuple, à peu près comme le théâtre de M. Comte est ouvert pour les cnfans de bonne maison. Au tliéàtre des Funambules vous voyez passer devant vous, Pierrot, Paillasse, Colombine, Arlequin. PierrotpoursuitColombine, Arlequin poursuit Pierrot; à la fin de la pièce, Paillasse marie Colombine à Pierrot. Ce théâtre là est innocent autant cjuc peut l'être un théâtre; cependant on y débite d'assez honnêtes grcwelurcs, mais nous en sommes venus à ce point là que la graç>elure au théâtre est presque de l'innocence. Le peuple va chaque soir au théâtre des Funambules pour voir sauter Paillase, et pour voir marier Pierrot à Colombine.

Croirait-on que ce trou dramatique est souvent visité par la belle société de Paris, quand elle n'a rien de mieux à faire? Pour notre part, cela nous paraît une gaîté de mauvais goût au beau monde parisien, de venir ainsi se moquer du peuple des boulevards, et l'encourager dans son oisiveté de chaque soir en la partageant. Ces hommes et ces dames du beau monde , ne voyent pas qu'en ceci leur exemple est un mauvais exemple. Ils viennent à ces théâtres perdus par fatuité et par ennui, et le peuple les voyant là qui rient aux éclats, se dit à lui-même : Il faut donc que cela soit bien amusant! Alors son acharnement redouble. Si on laissait le peuple à lui-même dans ces tliéâtres, vous verriez que la foule diminuerait bientôt; mais ces pauvres diables se perdent par l'esprit d'imitation, ils veulent ftiire comme les riches, et ils ne voyent pas que ce sont les riches qui font comme eux.

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