‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 62 sur 129 · LES THÉÂTRES A PARIS · texte numérisé non relu

LES THÉÂTRES A PARIS

(3* et dernier article.) THEATRES BOURGEOIS.

Nous vous avons fait, il y a déjà quelque temps, Vliistoiie des théâtres ouverts au peuple, et l'histoire des théâtres ouverts aux eoi'ans. Bans ces détails fort tristes mais fort exacts sur les théâtres de Paris, nous avons été tout d'abord au mal le plus grand, afin d'y porter remède tout d'abord. Nous avons dit, et nous avons démontré par des laits, qu'il y avait à Paris tel théâtre qui n'était à bien prendre

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et tout aussi peu dangereux que les premiers.

Nous avons démontré ensuite que c'était un grand fléau, dans une ville comme Paris, un théâtre pour les enfans ; que les enfans n'étaient pas faits pour aller au théâtre, que ces vertus de conventions, cette morale débitée par de petits comédiens couverts de fard, ces fouisses et prétentieuses maximes, délayées dans un drame faux et prétentieux, ne pouvaient cpi'ètre fatales à ces naissantes intelligences, à ces esprits flexibles comme la cire et à ces jeunes cœurs. Hélas I un horrible crime est venu appuyer nos plaintes que quelques-uns trouvaient exagérées. L'autre jour, sur le banc infamant des assises, on voyait exposée à tous les regards curieux des spectateurs et des juges, une espèce de dame de douze à quatorze ans environ. C'était une de ces pauvres petites créatures que M. Comte appelle ses jeunes élèves et qui servent à divertir des enfans sur un théâtre d'enfans. Cette malheureuse à force de faire de la morale sur son théâtre, était devenue mère, et elle avait jeté par la fenêtre le malheureux fruit de ses désordres précoces. Le jury l'a accjuittée en fermant les yeux, comme ayant agi sans discernement. Mais quelle horrible histoire I faites donc jouer la comédie à des enfans après cela I

Maintenant, pour compléter cette rapide histoire des théâtres parisiens, passons en revue l'un après l'autre les théâtres hantés par les hommes plus éclairés de la société, par les bourgeois et même les grands seigneius s'il y a encore des grands seigneurs aujourd'hui. A notre sens, ces théâtresdà sont les seuls théâtres qui devraient être ouverts, car nous ne voulons pas proscrire en masse les jeux de la scène, à Dieu ne plaise I Ce serait -là une tentative qui ne serait ni dans nos goûts ni dans nos mœurs. Nous savons d'ailleurs que le théâtre est une des gloires les plus incontestables de notre littérature, que les plus grands noms poétiques du dix-septième siècle, Corneille, Racine, Molière se sont faitsau théâtre. Le théâtje est la gloire d'un grand peu})le, il en est l'honneur, il en est le délassement le plus noble ; seulement faisons en sorte que cette gloire ne tourne pas en honte, que cet honneur ne dégénère pas en infamie, que ces délassemens ne se changent pas en corruption : voilà pourquoi nous ne reconnaissons pas au théâtre le droit de flatter ou de corrompre le peuple pour l'amuser.

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