DÉCOUVERTES. — INVENTIONS. — NOUVEAUX ÉTABLISSEMENS
Le mois dernier nous en sommes restés à la canalisation des landes de Bordeaux et au chemin de fer de Paris à Saint-Germain. Jamais opération ne fut plus entravée que la belle opération de la colonie des landes de la Gironde , qui compte les Doudeauville , les Larochefoucault et les Montmorency à sa tête. Cependant, grâce à leur scrupuleuse censure et à la bonne administration des gérans, elle est dans l'état le plus prospère. En sera-t-il bientôt de même du chemin de fer de Paris à Saint-Germain , quoiqu'il ait été pour ainsi dire imposé aux chambres législatives par nos ministres? c'est ce dont il est permis de douter , car il prend son point de départ à l'une des extrémités des faubourgs les plus éloignés de Paris, et s'arrête au bas de Saint-Germain , ville sans commerce. On ne concevait pas d'abord ce projet; on en fut donc tout à-fait étonné ; mais deux jours après, une donation royale à cette compagnie d'une lieue de terrain à travers une forêt dont clic allait faciliter l'exploitation et quadrupler la valeur , expliqua l'énigme, et l'on s'aperçut alors quSl y avait encore en France des courtisans. D'après ces raisons , il est facile de concevoir pourquoi une étude du chemin de fer allant de Paris à Pontoise n'a point encore été adoptée.
Mais laissons un instant nos entreprises françaises, et disons quelques mots des inventions étrangères remarquées pendant le premier semestre de 1835. M. Jacobi, mécanicien de Kœnisbcrg, a fait connaître un moteur magnciique composé de deux systèmes de barres de fer posées sur deux disques, savoir : un fixe et l'autre tournant autour. Cependant ce moteur ne semble pas, depuis sa découverte, avoir reçu une application importante.— Aux Etats-Unis, sir John Willis a construit un vaisseau à ailes tournant liorizontalcirent ; il dit beaucoup de bien de ce système, et pense qu'on pourrait l'appliquer en grand dans l'industrie. Nous voulons bien le croire pour les peuples marins habitués aux manœuvres, mais dans l'intérieur des terres il est probable qu'il exigerait un trop long apprentissage. —DaDS le même pays, on voit un courageux rival de M. Lenot ;
c'est un M. Rufus Porter, mais à lui, la force des bras de l'homme ne suûlt pas pour aller combattre les courans atmosphériques, c'est à la vapeur qu'il veut l'emprunter, et après avoir construit un ballon de 500 pieds de longueur sur 50 de diamètre , il établira sur la partie lu plus large de cet aérostat un pont qui portera une machine à vapeur de la force de dix chevaux, et qui donnera le mouvement à une grande roue placée sur ce pont , et formée de palettes tournant autour de leur axe en hélice. Du reste , ce projet n'est ni plus ni moins fou que tous ceux du même genre que nous voyons naître et mourir. — A la ftn de l'hiver on eut connaissance en France d'un nouveau procédé de puritier la soude, proposé par M. Charles Atwood, fabricant de glaces à Durhani , consistant à ajouter dans la solution de soude une quantité suffisante d'un sel de fer ou de manganèse. — Si de l'Angleterre nous passons en Bavière, nous apercevons un nouvel Icare ou un nouveau Dégaine, comme on voudra l'appeler, qui se propose dans le mois d'octobre prochain de s'enlever dans les airs au moyen de simples ailes de son invention , au milieu de la grande prairie de Sainte-Thérèse, près Munich ; le nom de cet audacieu? est Untsrholzer. — Les Américains, après avoir profité des bateaux à vapeur, que l'homme de guerre qui ruina la France par ses victoires et ses désastres avait si maladroitement dédaigné en leur renvoyant leur Fnlton , viennent de faire construire à Baltimore un bateau remorqueur appelé le Secours ^ dont le service est pendant l'hiver de couper la glace en avant, et de se frayer un passage à lui et aux vaisseaux qu'il est destiné à remorquer à travers les glaces les plus épaisses. — L'Allemagne commence à se servir avec avantage dans les églises des cloches en fonte de fer; elles sont plus légères et plus sonores que celles en alliage. — La marine anglaise a dernièrement adopté pour le service du bâtiment à vapeur l'Albion les roues de M. Symington , ayant l'avantage de donner un mouvement plus rapide à la marche du bâtiment en le garantissant du remous, ce que l'on ne peut pas obtenir avec l'an, cien système. Alors les roues de M. wSjminglon se sont trouvées en rivalité avec celles k palettes tournant sur des boulons proposées par M. Cunninghara. — L'on parlait aussi à l'époque de cette invention à Londres , d'un nouvel horizon artificiel du lieutenant anglais Bêcher , qui donnerait la hauteur de la mer avec une extrême précision , et par un moyen fort simple. — Enfin, pour terminer notre bulletin de ce mois, nous allons dire un mot d'un nouveau chemin de fer proposé à Londres par P»I. Henri Pinkus : il donne le nom de chemin de fer pneumatique à son invention, consistant en un cylindre de fonte d'une longueur de quatre à cinq milles seulement sur un diamètre de trente pouces ; cylindre dans lequel on fait le vide au moyen d'une machine à vapeur, pour attirer un diaphragme faisant piston et traînant à sa suite et au-dessus du cylindre sur des rails placés en plein air des diligences et des wagons de toute espèce. Cette entreprise , qui d'abord paraît extraordinaire , n'est qu'une copie d'un chemin tout-à-i"ait analogue inventé et appliqué en Angleterre par notre célèbre compatriote Papin. Du reste, cette idée paraît avoir souri aux Anglais, car les millions nécessaires pour la mettre à exécution ont été souscrits en motns d'un mois. J. G. D.
CIIROXIQUE DE LA SECONDE QULXZAIiVE D'AOUT.
Ainsi que nous le disions dans noire dernière chronique, la chambre des députés a marché vito dans la route où voulait l'entraîner le ministère : vous trouverez difficilement une journée de cette quinzaine, où MM. les ministres n'aient emporté avec eux du Palais-Bourbon, quelqu'une des garanties que la charte de 1830 avait consacrées.
A peine était volée la nouvelle loi de procédure des cours d'assises, jugeant en matière politique, que le coup-d'état lésislalif s'attaquait i\ la grande institution du jury. C'est en vain que dans un éloquent discours, M. Hennequin revendique au non de l'honneur national, la publicité du vote du jury, qu'au nom des lois sociales, et des principes les plus élevés des législations criminelles, il réclame le maintien des garanties qui existent contrôles fatales erreurs des condamnations: c'est
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eu vain qu'après lui d'autres protestations énergiques se font encore entendre; en deux ou trois séances, la chambre décrète qu'une voix de majorité suffira pour faire tomber des télés, et que les décisions du jury seront aétries par l'infamante précaution du secret des opinions.
Or, après que la veille on avait ainsi augmenté les chances des condamnations, le lendemain on s'empressait d'augmenter la rigueur des pénalités destinées aux accusés politiques. La peine de la déportation se transformait en emprisonnement hors du territoire : et M. Guizot proclamait aux applaudisscmens des centres, que la crainte, ou comme il disait pour déguiser tant soit peu sa pensée, que l'intimidation était le plus sur et le plus solide principe d'un gouvernement: «Oh oui, » sans doute, M. le ministre de l'instruction publique, la crainte ou l'iniimidation si vous voulez, » c'est le plus sûr et le plussolidc principe de gouvernement pour certains hommes et pour certains » systèmes ; Saint-Just l'avait dit avant vous : mais l'histoire pourra vous dire aussi que ces hommes » et ces systèmes, les sociétés ne peuvent les subir que dans ces jours de leur existence où le déses- » poir, comme une sorte do marasme semble peser sur elles. Mais vienne le jour où le cœur » recommenceà leur battre, vienne le jour où elles veulent se lever et marcher, il leur faut alors » d'autres doctrines pour les diriger, que la crainte et l'intimidation, et pour s'avancer à leur tête » d'autres hommes que ceux qui ont voulu les soumettre à l'insultante domination de la peur. »
C'était chose grave que ces discours de M. le ministre de l'instruction publique : c'était chose grave que les lois qui se votaient il y a huit jours ; et pourtant quand nous en parlons, ne semble-til pas que nous réveillions des souvenirs anciens et oubliés. Entre nous et les atteintes portées au jury est déjà venue se placer, toute Ja législation destructive de la liberté de la presse : dans celte même chambre, où il y a cinq ans, on votait en quelques heures un gouvernement qu'avait fondé la presse, en quelques heures aussi on a volé l'immolation de cette puissance créatrice du pouvoir. Les douze premiers articles du projet, douze articles qui portaient tous un démenti aux faits qui se sont consommés il y a cinq ans, douze articles ont clé votés en une seule séance; et aujourd'hui même dans une sorte de causerie législative, après avoir octroyé au ministère dea cautionnemens décent mille francs pour les journaux, la majorité s'empressait de clore sa session réactionnaire en déférant à la moralité ministérielle la censure théûtrale.
Maishàtons-nousde rappeler cependant que malgré la bruyante et coupable impatience des centres, de graves et belles paroles ont pu se fairejour. En même temps que le gouvernement se voyait accusé par M. Odillon-Barrot , de manquer aux loix que lui avait imposé la constitution de 1830 comme conditions de son existence; dominant toute celte guerre consiiiutionnelle, et traçant rapidement l'histoire de nos révolutions si nombreuses, M. Royer-Colr.rd donnait de plus hautes leçons aux pays- il disait, lui, pour signaler les causes de la triste situation dans laquelle s'agile la France, il disait que « le pouvoir, créateur de la providence qui a fait la société , a été arraché de ses fon- » démens, et poursuivi comm>> une proie offerte à la force sur laquelle se sont élancées les plus » viles passions. »
En réfléchissant sur les enseignemens qui nous viennent ainsi à la fois des événemens et des hommes, linirons-nous par comprendre ce que les révolutions savent faire des nations qui leur livrent leurs destinées? linirons-nous par comprendre dans quels abîmes elles se précipitent, quand, au lieu des pouvoirs que la providence et la loi de leur nature leur avaient désigné pour guides, elles se laissent emtraîncr par la direction des pouvoirs révolutionnaires?
Dans l'espace de quarante années deux grandes expériences nous ont été données, dont l'une se continue encore; et c'est merveille de voir comment deux fois la révolution en est venue à démentir impudemment son passé, comment deux fois le mouvement révolutionnaire nous a fait rétrograder dans les voies de la civilisation et du progrès.
En 1789 que de magniliques illusions et de magniliques promesses qui sont venues aboutir aux affreuses réalités de la Convention, aux dégoûtantes réaliiés du Directoire. On avait parlé de liberté religieuse; et il arrive qu'on meurt pour sa religion! On avait parlé liberlé de la presse, liberté de la pensée; et il arrive qu'on est frappé de mort aussi pour une opinion , pour une parole l On avait parlé justice, reforme des lois criminelles; et il arrive qu'il n'y a plus eu France, ni lois, ni tribunaux, ni justice! On avait parlé égalité; c'était avec ce grand mot surtout qu'on avait remué les masses- et il arrive que sur les débris des trônes s'installent d'abord la sanglante aristocratie de la Convention, puis la cynique aristocratie du gouvernement directorial! Pas un des droits, qu'on a si pompeusement appelés « droits de l'homme », qui ne se trouve ouvertement méconnu pas une des libertés dictées aux constitutions par l'insurrection qui ne soit aussitôt foulée aux
pieds !
En 1830, on avait pensé pcul-étrc qu'en transigeant pour ainsi dire avec la révolution, qu'en lui
mellanlune couronne sur la tête, on lui donnerait la force de régner sans violence, la force de vivro sans dévorer nos libcrlés, la force de marcher sans suivre la route ovale que la providence scmblo tracer aux révolutions: Eh bien ! que l'on dise si les évcnemensde cinq années, si surtout lcsc\cnemens d'hier et d'aujourd'hui ne démentent pas ces espérances : voyez comme les pénalités s'aggravent, comme les garanties disparaissent ; voyez comme le ministère remplace à la tribune le système de la résistance qu'il proclamait il y a six mois, par le système do lu crainte : voyez comme la liberté de la presse au nom de laquelle s'est faite la révolution de 1830, se voit maintenant sacriUée aux tristes nécessités du pouvoir que la révolution a produit.
Va pendant que les choses vont ainsi en France , où en est l'Espagne si désolée et si malheureuse depuis que parodiant le principe monarchique on a voulu dire une seconde fois qu'il n'y avait plus do Pyrénées? En Espagne aussi y a-l-il progrès? quelles horribles nouvelles nous sont venues de Barcelonne, de Tarragone , de Valence, do Sarragossc ! Ici l'oppression: lii bas, le pillage et le meurtre: L'Espagne et la France juslilient trop bien u l'heure présente les prédictions que nous faisait le plus grand écrivain du siècle , alors qu'il écrivait de sa plume étincclante, que certaines combinaisons gouvernementales devaient emporter les peuples vers le despotisme, ou vers l'anarchie. J.
ENCYCLOPÉDIE CATHOLIQUE
Un incident déplorable a marqué l'avénemcnt de ce grand ouvrage. On cherche k l'exploiter au préjudice de mon crédit; et, à l'aide d'interprétations fausses et malveillantes on voudrait porter atteinte à mon honneur, à la délicatesse de mes sentiments, à ma probité.
Après avoir, par la voie de plusieurs journaux, annoncé les 3, 4, et 5 juin dernier, la nouvelle de la publication d'une encyclopédie catholique ^ qui avait été déclarée au bureau de la librairie, conforméme.nt à la loi, le 24 juin 183 i; je ne fus pas peu surpris de voir paraître, dans la Quotidienne du 8 juin dernier, l'annonce d'un ouvrage portant le même titre, avec le nom de M. Saint-Priest que je n'avais jamais vu. Je remontai à la source de cette annonce, et l'on m'apprit que \l. de Saint-Priest avait déjà donné de la publicité à son projei au mois de septembre 1834, dans deux journaux, mais que les personnes qui en avaient eu connaissance l'avaient considéré comme abandonné.
Quoiqu'il en fût , je dus renouveler mes annonces. Mais , pour prévenir une collision toujours d( sagréable entre hommes de même opinion, j'allai voir M. de Saint-Priest d'après l'avis de M. Berryer, qui ne doutait pas que ic tilve d' t' nef c/opédie cadiolique ne fut abandonné par M. de Saint-Priest à la simple inspection d'une pièce qui constatait lé^altfneni notre antériorité de trois mois.
M. de Saint-Priest avança tout d'abord que je lui avais voie' son titre d'Encyclopédie catholique, ajoutantque, si je neme hàtuisde le lui restituer^ il sauiait bien m'y contraindre par la voie des trihunuux. — Mais, monsieur, lui répondis-je, ne vous faites vous pas illusion sur vos droits? je veux bien croire, moi, qu'il en est ainsi , et que vous nous accusez (je parlais au nom de la Société que je représente), d'une usurpation dont peutêtre vous êtes seul coupalde. Je viens savoir de vous sur quoi vous vous fondez, et je vous olïVe de mettre sous vos yeux le titre que nous invoquons.
Alors M. de Saint-Priest me dit que, le 1 6 septembre 1834. il avait fait publier dans deux journaux l'annonce de V Encyclopédie catholique ^ pour prendre possession dutitre, con~ stutcr sa puori'é et enipêc/ier que persn/ine ne s'emparât de son idée.
C'était, luirépliquai-je, un fort mauvais moyen, puisque vous n'étiez pas en mesure de publier votre ouvr.!ge. et vous ne faisiez pas ce que la loi commande eu pareil cas; or, nous, qui n'étions pas en mesure de publier alors une Encyclopédie catho'itjuCy nous n en avons pas ïait, avant le temps, 1 annonce dans deux journaux, mais M. Amie , homme de lettres, notre cédant et noire associé^ avait, trois mois ;ivant vos deux annonces, et le 25 juif. 1834, pour prendre dale aus\i^ fait faire par son imprimeur, en exécution de la loi du 21 octobre I8l4, la déclaration ^ au ministère de 1 intérieur, d'une Ency lopé'iV' co~ iho tique dont il avait en 1833, entretenu MM. Ballanche, Oayle, Gyprien Desmarais, Duchalelet, et plus tard d autres hommes de lettres dont un très lié(is>ec vous.
M. de Saint-Priest, qui ne connaissait qu'une déclaration laite le 4 juin 1835, par Bétlumc, chargé alors de l'impression de noire II ncyclopédie catholique , parût stupéfait; mais il reprit bientôt avec arrogance qu'il irait devant les tribunaux faire discuter la valeur de notre dé<da'ation, dont il se moquait àxi surplus^ parce qu'à ses yeux elle ne sul'hsaitpas pour faire acte de propriété. Cela constate au moins notre antériorité, lui dis je, et c'est beaucoup pour nous qui ne voulons pas exploiter les projets des autres. ylniériorité soit, ajoula-t-il, je ni'en moque encore.
Je sortis peu satisfait do la courtoisie et des singulières expressions de mon antagoniste, il était cinq heures du soir. Le lendemain je rendis compte de ma démarche à .M. berryer, qui ne vit rien autre chose à faire , vis à-vis de M. de Saint-Priest, qu'une sommation de
cesser toute publication sous le titre d'Encjdnpc'die catholique. Je signitiai cet acte malgré moi et avec le plus grand regret d'avoir à faire à un homme aussi intraitable (J). Trois jours après je reçus de M. de fcaint-Priest une assignation devant le tribunal de commerce pour qu'il me fut fait défense de prendre le titre d. .Encyclopédie catholique. Ainsi fut le procès engagé sur cette question : A qui appartient le titre d'Encyclopédie catholique? Je ne le réclame pas en mon propre nom, mais comme étant aux droits de M. Amie , et comme gérant de la société de V Encyclopédie catholique. 11 s'agissait avant tout d'une question de bonne foi et comme en fait, ainsi du reste que l'ont reconnu les premiers juges, M. Amie avait été le créateur du titre V Encyclopédie catholique^ k lui appartenait le titre. Je représentais M. Amie, donc le titre devait m'appartenir.
M. de Saint-Priest a combattu Ja déclaration, dont nous nous prévalions, en disant que cette déclaration n'ayant pas été suivie de la publication de l'ouvrage elle ne pouvait être opposée à ses annonces faites au mois de septembre et notamment au dépôt qu'il ai>ait fait de deux exemplaires de la première livraison de son Encyclopédie catholique , le 27 septembre 1835, àla librairie (2) ;deux actes qui, à l'en croire, devaient lui assurer la propriété du titre. A l'appui de son système il a présenté des considérations oiise manifeste toute la mauvaise foi d'un plaideur qui s'efforce de faire prévaloir les subtilités du droit contre la justice et l'équité. Ainsi il me prête des mensonges officiels, parce que dans une sommation l'huissier a omis d'ajouter à ces mots deux exemplaires celui-ci {prospectus). Dans des mesures que j'avais prises contre les plagiaires en m'assurant du litre Encyclopédie catholique , sous diverses modifications, '\\a vu des hésitations , des actes de déloyauté., il a voulu se donner un air de grandeur et de générosité en disant que lorsque je lui exprimais le désir de prévenir une condamnation (3] — par un arrangement, il offrit de m'abandonner son titre et le résultat de ses travaux (i), si , en oppotion aux témoignages dont il se vante , je pouvais établir par cinq personnes, que j'avais manifesté, avant le mois de juin 1836, l'intention de publier l'ouvrage en question. Enfin M. Saint-Priest a couronné son système de défense en méconnaissant que je fusse au\ droits de M. Amie, qui cependant travaille avec nous , qui est notre associé, etc.
Mais M. Amie n'était pas en cause dans le procès, et le tribunal, adoptant ce dernier motif , m'a fait défense de ne plus prendre le titre è! Encyclopédie catholique.
C'est donc par un vice de procédure que le tribunal nous a condamné ; cette procéduie sera régularisée en appel, nous n'en doutons pas, par l'intervention de M. Amie. Je ne veux pas à l'avance exposer tous nos moyens de défense ; mais je puis le dire ici , le jugement MEME confirmé, il n'en resterait pas moins constant que M. de Saint-Priest A PRIS un titre qui nous appartenait.
J'en reste là aujourd'hui, promettant d'autres révélations si la conduite de M. Ange de de Saint-Priest les rend nécessaires. La bonne foi etl'équité, étant donc de notre côté, nous poursuivrons la publication de notre Encyclopédie, fussions-nous obligés d'en modifier le titre. Jules Forfelikr, gérant^
cessionnaire de M. Amie, auteur de V Encyclopédie catholique.
(1) Sa conduite à mon égard avait été si peu digne d'un homme qui se posait comme auteur d'une Encyclopédie catholique , que j'en fus presqu'olTensé; je la fis connaître à un de mes amis, qui, sous l'impression qu'il en reçut, rédigea un posl-scriptum sur les plagiaires, posl-scriplum dont M. de Saint-Priest se sentit si vivement piqué quoiqu'il n'y fût pas nommé, qu'il m'a depuis lors déclaré guerre à mort. On a vu contre moi deux leures de lui dans les journaux, et ces deux lettres donnent la mesure du caractère grave de M. de Saint-Priest, qui, depuis m'a dit en propre terme qu'il me déconsidérerait dans l'opinion publique si j'avais l'audace de poursuivre la publication de V Encyclopédie catholique, à quoi j'ai répondu avec toute la modération dont je suis capable , que mon honneur et ma probité étaient à l'abri de toute attaque ; qu'on pourrait bien parvenir à me dégoûter de la carrière dans laquelle je m'étais jette par goût et par opinion , mais qu'alors j'en sortirais la conscience tranquille avec toute liberté et toute indépendance, sans rien devoir à personne et sans regretter qu'une chose, de m'élre trouvé deux fois en face d'un homme pour lequel je n'avais plus ni estime ni considération.
(2) Pressé de représenter ces exemplaires, il a été obligé d'avouer qu'ils se composaient de deux informes feuilles de 10 pages imprimées avec précipitation , et qu'il n'a pas osé mettre au jour. Cependant aux termes de son prospectus provisoire et d'après ses annonces, chaque livraison devait se composer de 300 pages.
(3) Ceci n'est pas un mensonge, comme dirait M. de Saint-Priest, mais tout simplement un fait inexact. Je me suis prêté h deux démarches pour éviter le scandale d'un procès, et non pour prévenir une condamnation.
(4) Je le crois bien, au 19 août, il n'avait encore rien de fait, qu'un acte de société inexécutable, et nul quant à la forme, puisque la durée de la société ne s'y trouve pas limitée. Au surplus, pour la preuve qu'il nous dcmandail, que pouvais-je lui oflVir de plus que la déclaration deM. Amie du 25 juin 1834, et les témoignages de MM. BallanchCj Cyprien Desmarrais, Laurent Bayle, le major Bernard Sourdat, Duchàtclot,
JULES FORFELIER.
^^Ï^IS.-^IMPUIMEHIE DE BÉTIILNE ET PION, RUE DE VAUGIRAUl), 30,
OIHIATllAPIBIEIIAMB
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L'ECHO
DE
VEcho de la Jeune Franœ paraît en 2 éditions, 1° une édition de luxe, avec gravures, les l^r et 15 de chaque mois, prix : \'-l fr. 50 c. par an; 2° une édition mensuelle, le 5 de chaque mois, prix, l)ar an, 7 fr. 50 c. — On souscrit, à Paris, rue Feydeau, 22; dans les bureaux des postes, des messageries, et chez tous les libraires. (Les lettres non-afl'ranchies sont refusées.)
SOMMAIRE
J. ËTUDEs LiTTÉRAinES. — VersaîUes , par le vicomte Wa/*//. — Chateaubriand, par M. Moût* tet. — Milton et Chateaubriand, parallèle; le Paradis perdu,'parjPra»mJ5e«025r. — M. Hautes Etudes. — Du Paupérisme; moyen d'y remédier par la colonisation d'une partie de la population ouvrière, par M. de Rainneville. — IIL Variétés. — La Chasse au tigre, par
M. Théodore Pavie. — Dithyrambe sur le jugement dernier, poésie parM.A«^M5fe Amie.
IV. Mémoires du temps. — Travaux académiques. — Industrie. — Arts et métiers. — Découvertes.— Inventions utiles. — Ueaux-Arts, par M. Maximi lien Raoul. — Ouvrages des pensionnaires de Rome. — Concours pour les grands prix de gravure en médailles et pierres fines ; de sculpture, d'architecture et de peinture. — Panorama de la bataille de la Moskovva , par M. Charles Langlois. — Diorama, l'église saint Elienne-du-Mont. — Vue de la vallée de Goldau, avant et après l'avalanche de 1806, par M. Daguerre. — Mélanges politiques et littéraires. — Causeries. — Révélations.— Faits divers.
Portrait gravé sur acier, dé M. de Chateaubriand,