‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 88 sur 129 · FAITS DIVERS · texte numérisé non relu

FAITS DIVERS

Nous trouvons dans la Gazette des Tribunaux le récit suivant. Nous souhaitons que la Gazette rie France ait été trompée sur un faux récit, et qu'il n'y ait eu qu'un crime commis dans ces quartiers, vieille route de Neuilly , dans le village des Thermes , et non loin de la porte MaiUol.

Un jeune homme de vin{,rt-dcux ans environ , dont nous devons pour le moment taire le nom , était arrivé dans la soirée du 7 octobre à Paris ; il venait d'une ville de Normandie. 11 paraît qu'hier au soir, à neuf heures, et malgré la pluie qui tombait par torrens, il a été entraîné , ou peut être le but de son voyage l'appelait-il à Neuilly. Ce qu'il y a de bien positif, c'est qu'à cette heure il a été frappé de quatre à cinq coups mortels avec un poi** {;nard.

Poursuivi par ses assassins, il faisait entendre ces cris : « Au secours ! on m'assassine ! » et malgré son ardeur à frapper à toutes les portes , elles lui furent fermées; celle du vihier est encore empreinte de la marque des mains ensanglantées de ce malheureux. Cependant la victime conserva encore assez de force pour courir après une voiture Alg^*

tienne où elle parvint à monter en s'écriant : « Je n'aurai jamais pensé qu'on en voulût à ma vie « j puis le jeune homme expira sans pouvoir articuler un mot de plus.

V Algérienne étant arrivée devant la maison du sieur Canat, marchand de vin-traiteur, aidé d'un voyageur, qui se trouvait dans la voiture, déposa le cadavre dans une salle de billard de cet établissement; on croyait alors que les secours de l'art pourraient encore le sauver. Pendant que le conducteur cherchait vainement à le rappeler à la vie , le voyageur , qui est un jeune professeur de mathématiques , alla chercher un médecin qu'il amena bientôt ; mais tous les soins furent inutiles , l'infortuné n'était plus !

M. Pie Delafage, commissaire de police à Keuilly , informé de ce crime, mit aussilôt en réquisition toute la brigade de gendarmerie du lieu , et provisoirement il constitua en état d'arrestation le conducteur , le cocher et le jeune professeur^ mais hàtons-nous de dire que, dès le premier interrogatoire qu'ils subirent, leur innocence futcomplctement démontrée, et ils obtinrent immédiatement leur liberté. Ensuite le commissaire de police alla , avec des agens et la gendarmerie , sur les lieux oii la victime paraissait avoir été assassinée. La, on découvrit dans une espèce do cuvette , placée à l'extérieur d'une maison , la c >squette de ce pauvre jeune homme. Ce magistrat procéda aussi à diverses recherches sur les terrains avoisinantlcs lieux du crime, et il les continua jusque dans la boue et tout le long des bas côtés longeant la route , afin de découvrir l'inlrument du meurtre , qui aurait pu y avoir été jeté après sa consommation.

Ce matin , dès l'aube du jour , M. le commissaire de police s'est livré à de nouvelles investigations sans obtenir plus de résultat que la veille , il a même envoyé un exprès à M. le procureur du roi^et à M. le préfet de police'jiour leur faire part de cet événement. Aussi , avant neuf heures du matin , MM. Jourdain , juge d'instruction , Chevalier-Lemore , jugesuppléant , remplissant les fonctions du ministère public, le chef de service de sûreté et une brigade d'agens sous ses ordres, procédaient chacun de leur côté aux investigations les plus minutieuses. De nombreux témoins ont été entendus sur les lieux depuis ce matin; ce soir à cinq heures et demie les magistrats-instructeurs n'avaient encore rien découvert, et continuaient leurs recherches.

Le cadavre , percé de deux coups dans la poitrine et de trois dans le dos , a été , après plusieurs examens de M. Olivier d'Angers , docteur en médecine , placé dans une voiture couverte , pour être transporté à la Morgue , oii son autopsie aura lieu lundi prochain. La victime , vêtue en noir , avait encore dans sa poche quelque somme d'argent j elle parait appartenir à la classe des artisans contre-maîtres dans les fabriques.

— Un affreux assassinat a été commis dans l'arrondissement de Versailles , et il importe d'en publier, les détails, afin de seconder les recherches de la justice, jusqu'à présent infructueuses.

Le 3 octobre, au matin , on a trouvé sur le chemin de St.-Germain-en-Laye à Mareuil , le cadavre d'une femme paraissant âgée de 32 à 3 4 ans; elle avait été frappée d'abord d'un coup de feu tiré à bout portant ; puis elle avait reçu une quantité considérable de • coups d'instrument perçant , qu'on présume être une épée , un carrelet ou un poinçon; plusieurs de ces coups notamment ont été portés par-dessous les vêtemens, et ont traversé un foetus.

Nous aurions pu refuser l'impression de la lettre suivante : \° parce qu'elle dépasse les bornes prescrites par Ja loi ; 2" parce qu'elle est pleine d'assertions contraires à la vérité , et qu'elle est remplie de réflexions étrangères à la note à laquelle elle fait allusion; 3° parce que l'arrêt qui est intervenu met fin à toutes les prétenlioHS de 31. de Saint-Priest ; 4° parce qu'enfin elle nous force de renvoyer à un autre numéro des articles certainement plus intéressans pour nos lecteurs. Mais M. le vicomte Walsb avait promis qu'elle serait insérée, et comme nous sommes esclaves des paroles données par un des nôtres, nous l'insérons avec toutes les expressions qu'elle renferme , sans nous inquiéter de l'opinion que les honnêtes gens se feront, ou de l'homme de bonne compagnie qui l'a écrite, ou de l'homme à qui elle a été adressée ; mais nous déclarons que ÏL'cho de la Jeune France sera désormais fermé à toute polémique de cette nature.

A M. Jules Forfelier , Diiecteur de VEcho de la Jeune France.

Monsieur,

Vous avez public contre moi , dans \ Écho de la Jeune France du I'"'' septembre, une espèce d'acte d'accusation. Vos lecteurs auront apprécié la convenance de nos expressions, moi, je dois leur faire envisarjer Vexacl'iludc des faits par vous a//tv/Ht'>. En conséquence, usant du droit que la loi me donne de combattre dans votre journal des imputations calomnieuses, je vous requiers d'insérer la présente réponse dans votre plus prochain numéro. — Vous avez jugé à propos, monsieur, de me contester, il y a trois mois, le droit tjclusif de publier une Encyclopédie Catholique, et le tribunal appelé à prononcer sur \os prétentions en a fait pleine justice le 19 août dernier. Sa décision parait vous avoir aileclé au point de vous faire oublier qu'on n'a au Palais que vingtquatre heures pour maudire ses juges, et non pas quinze jours pour injurier ses adversaires (l). — Les expressions que vous employez à mon égard, celles surtout que vous me prêtez, sont trop en dehors de mon langage et des nabitudes d'un honnne de bonne coujpagnie pour qu'il soit besoin de les démentir. Je considère donc comme indigne de mon caractère de répondre à ce qui m'est pcrsoHncl dans votre lettre, et je me bornerai à faire apprécier la valeur de vos allégctions [2). — Et d'abord y je ne doute pas qu'à son retour à Paris, l'honorable M. Berryer ne répudie le rôle que vous essayez de lui faire prendre dans celte aflaire, bien que cela vous ait déjà si mal réussi de M. Hennequin (3). — Permettez qu'ici je remonte à l'origine des faits, pour rétablir ceux que vous avez dénaturés. — Sur l'invitation de M. le curé de 3Iontreuil (4), je m'occupai, dés le commencement de 1834, du soin de continuer la publication d'une Encyclopédie Catholique, dont tous les bons esprits sentent le besoin. Ayant, dés cette époque, communiqué le titre et le plan de l'ouvrage à un certain nombre de pcrsunnes, M. Amie, que vous vous êtes efforcé de faire intervenir dans la question, put facilement eu entendre parler dans le magasin de librairie religieuse de M. Biaise, chez lequel il était alors ' 6 \ Sept h huit mois plus tard, en septembre, lorsque je me fus assuré les élémens de succès nécessaires à une aussi

(1) L'adage ne peut assurément s'appliquer mieux qu'à IM. de Saint-Priest, qui d'avance maudit l'arrêt de la cour , et calomnie son adversaire.

(2) On peut voir comme IM. de Samt-Priest s'observe.

(3) IM. Berryer ne nous répudiera pas davantage que IM. Hennequin , quoi qu'en espère IM. de Saint-Priest.

(4) Ainsi, ce n'est plus vous, M. Ange de Saint-Priest, qui êtes l'inventeur de Y Encyclopédie catholique.

(5) N'en déplaise encore à M. Ange de Saint-Priest, mais il se trouve de quatorze mois en retard vis-à-vis de nous , puisqu'il a été établi par cinq témoignages produits devant la cour, que nous nous en occupions dès le commencement de 1833 : que dès cette époque 31. Auguste Amie, homme de lettres, malgré les dénégations de jM. de Saint-Priest, en avait entretenu, entr'autres personnes , Ballanche , le grand philosophe ; 31. Cyprien Démarras , rédacteur de la Gazette de France»

grande [niblicalion , je la fis annoncer par la voie des jaurnaux , afin de prendre publiquement possession du titre et du pian de notre Encyclopédie Cul/totique (G). Je n'avais c?ssé de m'en occuper activement, lorsqu'on juin dernier, au moment ou je venais d'en fairo renouveler les annonces, vous annonçâtes de votre coté le même ouvrage sous le même litre. l)c-Iù est née entre nous la contestation que vous dites avoir entamée malgré vous, averti, sans doute, par vos pressentimens qu'elle vous attirerait une condamnation accablante (7). Or, comme il vous importo infiniment d'en atténuer l'elVet auprès de vos lecteurs, vous prétendez que je ne l'ai emporté sur vous qu'à l'aide de considéroiions où se manifeste toute la mauvaise foi d'un plaidais qui s'efforce défaire prévaloir la subiiliié du droit contre la justice et l'équité (7 bis]. Celui de nous deux qui a pu fortifier son instruction dans une élude d'Iuiissicr, a dû s'aguerrir Si-.ns doute dans les subtilités de la ciiicane, et à cet égard, vous le savez, monsieur, tout l'avantage se trouve de voire côté (8). Un fait répondra d'ailleurs à votre imputation. J'ai gagné ma cause sur le simple exposé qui en a été fait par mon agréé; vous avez perdu la vôlre malgré la plaidoirie solennelle d'un des avocats les plus brilians et surtout les plus habiles, Al^ Cliaix-d'Eslange, Ce n'est donc pas moi qui cherchais à surprendre la religion du tribunal (9), et ce n'est pas moi non pluç

(6) Voici l'explication de ces annonces ; M. Amie s'en était allé franchement dans les bureaux de la Dominicale demander à M. L*'^'*^, l'un des rédacteurs de ce journal, ami de M. de Saint-Priest , sa collaboration pour V Encyclopédie catholique^ dont il avait déclaré la publication le 25 avril précédent au ministère de l'intérieur. M. L*"*^"^ répondit à M. Amie d'une manière dubitative, et deux jours après parurent les annonces du loyal M. de Saint-Priest. Il paraîtrait bien évident qu'il lui avait été fait confidence par M. L**"*^ du projet de M. Amie, pour lequel fort heureusement on avait fait une déclaration trois mois auparavant. Les termes de l'annonce de M. de Saint-Priest en sont la preuve la plus manifeste.

(7) M. de Saint-Priest, fort d'un jugement surpris avec toute l'adresse d'un plaideur consommé, pensait-il que j'abandonnerais ainsi mes droits , ce jugement ne me faisait pas peur ; il n'était pas plus difficile à faire réformer qu'il avait été facile de le surprendre à la religion du tribunal.

(7 his.) L'arrêt prouve ce que j'ai avancé.

(8) M. de Saint-Priest, pour couler mes entreprises (c'est son expression) avait j-wrc peu catholiquement qiiilme déconsidcrerait. Or, il n'est pas d'invention qu'il imagine pour arriver à cette fin ; aujourd'hui il méfait sortir des fonctions obscures de clerc d^huissier pour exploiter l'opinion légitimiste. Quand il en serait ainsi , l'homme de bonne compagnie oublie-t-il que tous les états sont honorables?

(9) Ce n'est pas vous qui avez cherché à surprendre la religion du tribunal de commerce? quoi , ce n*est pas vous qui êtes venu dire audacieusement : « Mes- » sieurs , je suis propriétaire de Y Encyclopédie catholique , mon droit ne peut être M contesté , parce que j'ai déposé le premier deux exemplaires de cet ouvrage , » conformément à la loi du 19 juillet 1795 : en voici le récépissé délivré par le » mmistère de l'intérieur ; ce récépissé dit dépôt ne peut être contesté. » Nous ne voulions pas vous contester le dépôt, mais sa sincérité: vous nous en avez ôlé les moyens en nous refusant déloyalement la communication de votre exemplaire ; mais enfin, comme l'a dit énergiquement M« Chaix-d'Estange en face de vous, devant la cour, nous nous le sommes prociué votre exemplaire, mallieureusement pour vous : « Qu'est-ce, Messieurs , a-t-il dit à son tour, je ne connais pas d'expressions pour flétrir l'acte de M. de Saint-Priest, mais, puisqu'il faut

; appeler les choses par leur nom, c'est une rouerie sans exemple. Le 24 juin mon jeune client l'aborde de bonne foi pour le dissuader de ses prétentions ;

326 LA JEUJNE FRANCE,

qui avais amcDc à grands frais le sléno-raphc de la Gazelle des Tribunaux , pour donner, dans ce journal, un grand rclcntissement aux débals. — Pour rendre vos accusalions plus spécieuses vous dénaturez, monsieur, la scnlencc des juges. Vous dites que le tribunal ne vous a fait perdre que « par M>/ vice de procédure, et parce que M. Amie n'ctait pas en cause ■ vous ajoutez que les premiers juges ont reconnu que 91. Amie était h créateur du titre, et que ce titre lui appartenait , et vous terminez en déclarant que le jugement, MEME confirmé, il n'eu resterait pas moins constant qu9 j ai PRIS un titre qui vous appartenait. » Les deux mots en grandes capitales sont d'un merveilleux effet dans votre lettre. Assurément si vous espérez que vos lecteurs croiront à votre parole, plutôt qu'à un jugement de tribunal et à un arrêt de cour rovale, il faut que vous leur supposiez, monsieur, une foi bien robuste dans votre moralité (10). -1- Vous vous plaisez à oublier, monsieur, que c'est sur des faits et non sur des allégations que le tribunal m'a accordé gain de cause. S'il a donné pour surcroit de motif à sa décision, l'absence de production de votre part d'une pièce contenant cession de 31. Amie, à laquelle le tribunal puisse ajouter foi (ce sont ses termes), loin de reconnaître par-là les prétendus droits de ce monsieur, il a eu soin d'ajouter si aucuns il avait. Ainsi le tribunal n'a pas juge, comme vous l'aimez à l'afTirmer, que M. Amie avait des droits, mais qu'il ne vous en avait pas même fait cession, en supposant qu'il en eût (11) — D'ailleurs, et c'est ici surtout que s'élève la question de bonne foi, le tribunal pouvait d'autant moins décider que le droit et l'antériorité appartenaient à M. Amie, que le contraire a été prouvé aux débats jusqu'à l'évidence. J'ai établi en effet, par les témoignages les plus honorables (12), que je m'occupais activement de l'Encyclopédie Catholique avant la déclaration faite le 25 juin 1834, au Dom de M. Amie, déclaration que j'ai connue par vous à la fln de juin dernier. Parmi les lettres produites au tribunal, il en est une dont vous et voire avocat avez pris une lecture attcnlive et que je crois devoir citer ici, en évitant toutefois de mêler à ces débats le nom du prélat qui me l'a adressée. — Voici celle lettre qu'un évéque m'écrivait le mois dernier, sans penser qu'elle arriverait à point pour me fournir un témoignngnc irrécusable de priorité.— \ M. Ange de St-Pricst

il lui met sous les yeux ses actes, ses titres, il lui communique le dépôt qu'il a fait le même jour , 24 juin , d'un long prospectus ; que fait M. de Saint- Priest? ce qu'il fait, ï\Iessieurs, vous ne le croiriez pas si je n'en avais la preuve dans Ie5 mains : après avoir repoussé mon client, il imagina, lui, de faire, non pas le dépôt d'un prospectus , mais d'un exemplaire de Y Encyclopédie catholique , et le 25 juin il dépose quoi? une livraison informe qu'il affuble du grand titre dont il veut s'emparer ; mie livraison faite à coups de ciseaux dans ï Encyclopédie de Diderot qu'il reproduit mot pour mot. Vous pouvez comparer , voir l'ouvrage de Saint-Priest , voir V Encfdopédie de Diderot. C'est ainsi que débute notre adversaire ; encore s'il n'avait fait que copier l'édition originale et ses nonsens, mais, dans son empressement à vouloir frustrer les droits de M. Forfelier il n'a pas pris le temps de corriger 800 fautes de typograpliie et de français, et cependant on dit en tête de cette production ignoble , on dit , avec emphase , au public , qu'enfin la première lii^raison de V Encyclopédie catholique si impatiemrment attendue parait , et on l'annonce , ÎMessieurs , mais on a la pudeur de ne la pas mettre en vente. Non, il n'y a pas d'expressions pour qualifier votre conduite dit l'éloquent avocat , en s'adressant à M. de Saint-Priest , mais l'arrêt qui va intervenir vous apprendra qu'on ne peut pas impunément essayer de tromper ainsi et des juges et le public. (Voyez l'arrêt). »

(10) La réponse à tout cela est dans les faits et dans l'arrêt.

(11) M. Amie n'était pas en cause, ainsi le tribunal de commerce ne pouvait décider s'il avait des droits ou non , mais il pouvait reconnaître QU'IL AVAIT LA PRIORITÉ , c'est ce qu'il a fait en disant : « Que si je voulais me prévaloir de SA PRIORITÉ je ne justifiais pas cire h ses droits si aucuns il aidait; » en effet, j'étais porteur d'une cession non enregistrée , et je ne pouvais pas la faire passer sous les yeux du tribunal.

(12) Ces témoignages sont ^u nombre de UN. Vous allez l'apprécierj

— « Mon cher ami, *— C'est avec un grand plaisir que j'ai lu, il y a peu de jours, dans la Gazette » de France, qu'enfin votre vaste projet d'Encyclopédie Catholique recevait son exécution; vous » ferez GRAND BIEN ET BONNE BESOGNE si j'en juge par le temps que vous avez mis à >» méditer sur tout cela. Je regrette de n'avoir pu vous être utile dans cette circonstance, mais je » suis assuré que vous n'avez pas imaginé que je gardais avec vous un silence d'indifférence. J étais » fort occupé iorsqu'eu mai 1830, vous me fites d s propositions de concours, et je duH les ren powsscr. Aujourd'hui j'ai moins de temps encore à vous donner. Si cependant je peux vous être » de quelque utilité dans mon diocèse, disposez de moi, et croyez au dévouement de celui qui « esl un de vos amis, etc. (13). » — Cette lettre suffirait seule pour démontrer qu'en mai 18o4, je m'occupais de l'Encyclopédie Catholique, et que c'est postérieurement à mes démarches, que M. Amie flt faire par un imprimeur, une déclaration à laquelle il avait nécessairement renoncé de donner suite^ puisqu'il n'éleva aucune réclamation contre mes annonces de septembre 1834, pas plus que contre celles de juin (13 bis) . C'est dans tous les cas, un acte de simple police d'imprimerie et sans aucune espèce de valeur, que cette déclaration par vous exhumée pour appuyer votre défense, et c'est évidemment en désespoir de causé que vous avez fait, en dernier lieu, votre associé. Il ne me reste plus qu'à vous présenter de courtes observations. — Vous dites, monsieur, que je vous prête des mensonges officiels , parce que la sommation par laquelle vous avez commencé le procès renfermait une omission grave que vous attribuez à votre huissier. S'il est vrai que, devant le tribunal, mon agréé ait qualifié ce fait de mensonge officiel, c'est qu'apparemment il aura pensé que vos premiers travaux avaient dû vous acquérir, dans ces sortes d'actes, une expérience qui ne permettait pas de supposer que l'omission fut involontaire. Vous ajoutez qu'en offrant de vous abandonner le titre de l'Encyclopcdie catholique et le résultat de mes travaux, si, en opposition aux témoignages dont je me vante, vous pouviez établir, par six personnes recommnndables , que TOUS aviez manifesté, avant le înois de juin 1835, l'intention de publier l'ouvrage en question , j'ai voulu me donner un air de grandeur et de générosité. Je ne puis qu'admirer la perspicacité qui vous a fait distinguer l'air que je voulais me donner en vous faisant cette olïre, et je regrette que vous n'ayez pas cru devoir faire connaiirc à vos lecteurs l'air que vous avez voulu vous donner en ne l'acceptant pas (15). Du reste, et sans vouloir abuser de la position dans laquelle vous vous trouvez à cet égard , je m'empresse d'avouer que ma [iroposition était complètement illusoire , en ce sens que je savais trop bien quand et comment votre projet encyclopédique vous était venu, pour craindre qu'elle fut acceptée. Une autre proposition \ous a été faite par des hommes de haute distinction, qui avaient droit au moins à votre condescendance; il s'agissait de faire juger amiablement et en dernier ressort |)ar M. Henneciuiii , la (lucslion soulevée entre nous , et je ne devais pas douter que vous n'acceptassiez celarbitrage (16),puistiu'à votre première visite vous m'affirmiez que vous aviez pour vous l'opinion de M. Henneqiiin , comme vous vous attribuez aujourd'hui

(13) Voilà donc les témoignages de M. de Saiiit-Priest qui proui^ent que dès le mois de niai 1834 il pensait à V Encyclopédie catholique. (On a vu plus haut depuis quelle époque nous nous en occupions : plus d'un an antérieurement ). Et puis , jugez du grand hien et de la bonne besogne qu'a fait M. Ange de Saint- Priest, qui, au bout d'un an et un mois, accouche d'une première livraison copiée dans l'ouvrage impie qu'il s'agit de combattre , et qu'un arrêt solennel déclare non sincère et informe, tant sous le rapport typographique qite sous le rapport de la rédaction,

(13 bis.) Nos réponses sont déjà trop longues et trop ennuyeuses pour nos lecteurs , qui feront d'eux-mêmes justice de toutes ces nouvelles inventions de M. de Saint-Priest.

(14) Je serais mal venu à justifier les mérites et les qualités de M. Amie , qui ne craindia jamais le parallèle avec M. de Saint-Priest.

(15) M. de Saint-Priest ne rit plus; il était bien fier et bien glorieux de son jugement; si vous l'aviez vu devant la cour sous les foudroyantes apostrophes delVP Chaix-d'Estange, et le lendemain sous le coup de l'arrêt qu'il avait annoncé comme devant lui être favorable ; mais je lui pardonne le mal qu'il a voulu me faire. Au reste ces témoignages on les lui a offerts , et alors il a reculé : moi , j'ai toujours maintenu mes o&res d'une fusion auec un directeur, qui ne serait ni moi ni M. de Saint-Priest , et en outre aç^ec égalité d'intérêts entre nous deiuv,

(16) La proposition de cet arbitrage a été entendue de deux manières : d'ime part , M. de Saint-Priest voulait qu'on jugeât d'après les règles de la procédure ^

3%È LA JEUNE FRANCE, etc.

celle de M. Berryer. Cependant, monsieur, arrivé chez le célèbre jarisconsulie, qui du reste depuis plus d'un an m'a exclusivement engagé sacollnboraiion pour notre Encyclopédie , vous n'avez plus voulu signer le compromis qui devait lui conférer nos pouvoirs réciproques avec le droit, sinon de prononcer lui-même, du moins de désigner des arbitres (17). — Je terminerai, monsieur, en relevant encore dans votre lettre un fait aussi inexact que malveillant. On comprendra aisément jjour quels motifs vous cherchez à faire croire dans une de vos notes , que nous ne sommes point en mesure de donner suite à notre publication , que notre acte de société est inexécutable et nul quant à la forme, parce que la durée de In société ne s'y trouve pas limitée. Vous avez bien mal lu cet acte, monsieur, si vous ne le dénaturez pas à plaisir; il limite parfaitement la durée delà société , et d'ailleurs des études un peu plus relevées en jurisprudence vous auraient appris que la durée d'une société est limitée par sa nature, lorsqu'ille a pour but un objet déterminé. Quanta nos moyens d'action , que vous voudriez faire révoquer en doute , il suffira, pour faire apprécier vos insinuations , d'indiquer quelques-uns des personnages qui déjà s'étaient portés acUonnaires-fonJa- /curs de cette grande entreprise avant mémo la constitution définitive de la société, opérée le 15 juillet, en l'étude de M*^ Cliapellicr, notaire : ce sont MM. de Montmorency, de Floirac, de Larochefoucauld , deDoudcauville, de Saint-Pricst-d'AImazar, deVitrolles, de Dampierre, de Conny, de Gcnoudc , d'Hautpoul, de Foriin, de Mortemart, d.^ Pradel , etc., etc.; ces noms et ceux des notabilités scientifiques et littéraires suffisent assurément pour inspirer toute conliance dans la complète et parfaite exécution de l'œuvre à laquelle ils sont attachés; garantie du reste bien essentielle à une époque où les souscripteurs ont été si souvent abusés et dupés par les spéculateurs qui annoncent pompeusement des ouvrages volumineux ou prodigieux , des ouvrages qu'ils sont dans l'impossibilité de jamais réaliser. C'est particulièrement ce qui arrive à toutes les publications dites à bon marché. — Maintenant que vos lecteurs connaissent la valeur de vos allégations, je leur laisse le soin de les qualifier et de prononcer sur la triste contestation que vous avez soulevée. — Je suis, monsieur, avec les sentimens que je vous doisy etc. — Signé : A. de SAI^T-PRlEST. — Paris, ce 23 septembre 1S35,

et moi je répondis que les tribunaux ayant été saisis pour juger dans ces ternies il fallait les laisser prononcer, mais que je consentais à soumettre nos dilférens à dos hommes qui auraient statué comme amiables compositeurs : M. de Saint- Priest s'y refusa .

(17} ]>[« Hennequin d'abord s'était récusé , puisque l'une des parties connaissait sou opinion sur l'affaire ; ensuite, comme nous ne nous étions pas entendus sur les termes des compromis , je n'ai jamais pu refuser de les signer.

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JULES FORFELIER.

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L'ECHO

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L'Echo de la Jeune France paraît en 2 éditions, 1° une édition de luxe, avec gravures, les l«r et 15 de chaque mois, prix : 13 fr. 50 c. par an; 2o une édition mensuelle, le 5 de chaque mois, prix, par an, 7 fr. 50 c. — On souscrit, à Paris, rue Feydcau, 22; dans les bureaux des postes, des messageries, et chez tous les libraires. (Les lettres non-afi'ranchics sont rclusccs.)

SOMMAIRE

I. SOUVENIRSIIISTORIQUES.— Petit cours d'histoire, par /...—Ruines de Saint-Denis, par

Alfred Nettement. — II. HAUTES ÉTUDES. — Du paupérisme, par M. de Hainevîlle.

III. VARIÉTÉS-MÉLANGES.— Amour du pavs natal, par M. le vicomte Walsh.—y'\s\ie h. la bibliothèque de Westminster, par M. de Pwjlmsqîie.—Iiii célibat des prêtres, par l'abbé Jaçfrr (l'abbé Vidal). —Pensées du vicomte do La Rochefoucault {Ch. Laurent).— Miixnorial de rriôtel-de-YilIc, par M. BonneUier, — Hymne au Christ, par M. de Lamnrt'me. — Date Lilia, par Victor Hugo. — IV. MÉMOIRES DU TEMPS.— Sciences; découvertes; iravaux académiques ; industrie ; arts et métiers ; inventions utiles ,* par M. Odolant-Desnos. — Théâtres, par M. Ad. de Bàlatiner. — Mélanges politiques et liltéf aires; causeries , révélations, etc.

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