‹ L'Écho de la jeune France (volume 5)Chapitre 91 sur 129 · UNE VISITE A LA BIBLIOTHÈQUE DE WESTMINSTER · texte numérisé non relu

UNE VISITE A LA BIBLIOTHÈQUE DE WESTMINSTER

Je suis bibliomane ; mes flatteurs , car j'en ai deux sans me compter , mon libraire et mon bouquiniste , m'appellent bibliophile , mais les mauvais plaisans , Cet Dieu sait combien j'en connais I ) bibliophaj^e. De ces trois noms prene? çt\\(\

qui vous conviendra le mieux , et si vous ne craignez ni \a poussière ni les araignées, suivez-moi à la bibliothèque de AVestminster. Un des bedeaux de l'abbaye tient déjà les clefs dans sa main et les agite avec impatience , tandis que je me retourne pour admirer les masses d'architecture que je laisse derrière moi, ou que je m'extasie devant les oiiiemens du portail qu'il me presse de franchir. Le chemin n'est pas long ; c'est un passage sombre qui mène d'un côté dans la sacristie et au lieu où est déposé le livre appelé le grand Cadastre , et de l'autre , à une petite porte donnant sur l'escalier même de la bibliothèque , escalier obscur, étroit , fermé à son extrémité par une seconde porte dont les gonds ne sont pas moins rouilles que ceux de la première. Il n'y a qu'une salle , mais elle est immense ; le plafond très-élevé est soutenu par d'énormes poutres de chêne ; les fenêtres, de forme gothique, sont plus longues que larges , et on les a percées à une telle distance du plancher qu'elles ne peuvent donner qu'un faible jour ; audessus de la cheminée est suspendu le portrait enfumé d'un ecclésiastique que mon guide ne put me nommer , mais qui , suivant toute apparence , devait être un liant dignitaire de l'cglisc ; les livres sont rangés autour de la salle dans une galerie à ravons de bois sculpté ; la plupart ont trait à des controverses épuisées depuis des siècles , et il est visible que si quelques-uns sont usés , c'est à la main du temps plus qu'à celle de l'homme qu'on doit Tattribuer. Au milieu de la bibliothèque est une table sur laquelle je trouvai deux ou trois volumes, un encrier sans encre et quelques plumes dessécliés ; mon guide étant ledescendu pour allerj me cUt-il , rempUr ses fonctions de sonneur , je pus me livrer sans distraction à mes recherches ; j'y procédai de suite , et semblable à l'abeille qui ne sait sur quelle fleur se poser , je fis plusieurs fois le tour de la salle , glissant d'un titre à l'autre sans pouvoir m'arrêter à aucun. Avez-vous vu chez quelque restaurateur un' gourmet aux prises avec la carte? il en tourne et retourne les feuillets, les lit , les relit ; chaque article excite en lui im nouveau désir , une nouvelle incertitude , et plus il étudie le somptueux catalogue, plus il éprouve d'embarras pour choisir. Eh bien I gourmet littéraire comme je le suis , afFriandé par tant d'appétissantes raretés , j'étais encore plus embarrassé que le premier gastronome de Paris à la vue des mets les plus délicats ; enfin , un in-quarto me séduisit par sa tournure bizarre ; digne représentant des beaux jours de la scolastique , il était gros , court , massif ; son fermoir était de cuivre , sa reliure de parchemin sur le dos et de velours sur les côtés ; pour savourer plus à mon aise le plaisir que j'attendais de ma trouvaille , je me jetai dans un fauteuil qui m'enveloppa d'un triple rempart de cuir noir , c'était presque un paravent ; là , je me disposais à lire quand des bruits confus vinrent frapper mon oreille ; un essaim d'enfans , pour qui l'heure de la récréation avait commencé , jetaient mille cris de joie aux échos de l'abbaye , et , tandis que leurs voix roulaient sous les voûtes sonores des cloîtres, le tintement redoublé des cloches qui annonçaient les offices du soir retentissait majestueusement dans les airs et dominait tous les bruits venus d'en bas.

Lisensiblement je tombai dans ime rêverie profonde, mon ame céda au charme qui l'entraînait; placé entre le ciel et la terre, entre le passé et l'avenir, je com^

parai les bruyans transports de ces jeunes générations qui s'ébattaient au-dessous de moi avec le morne silence de ces générations éteintes, dont les débris m'environnaient et que la voix même de l'airain religieux ne pouvait plus réveiller; Tantique bibliothèque offerte à mes regards me rappelait ces vastes souterrains de l'Egypte qui servent de sépulture à des villes entières, momies pieusement embaumées, combien d'auteurs parmi ceux que je voyais n'avaient échappé aux vers de la tombe que pour se décomposer un peu plus tard sous l'action délétère de la vétusté I « Pauvres gens, me disais-je, quelle destinée I l'indifférence, l'oubli, le néant I que de travaux, que de peines, cependant, a dû coûter le plus mince des ouvrages entrés dans ces catacombes î combien de jours sans repos, combien de nuits sans sommeil I il a fallu non-seulement s'arracher à la société; mais ce qui est plus cruel mille fois, fuir l'aspect de la nature et se dérober aux clartés de Tastre des nuits pour pâlir à la lueur d'une lampe sépulcrale, et tout cela, pourquoi?., pour occuper une place de quelques lignes sur une planche vermoulue, pour avoir le stérile honneur d'être visité de loin en loin par un gardien indolent qui daigne à peine effleurer un livre des yeux, et qui croirait commettre une profanation en y portant la main, pour exciter enfin la curiosité de quelque voyageur comme moi qui ne peut ni ne veut s'arrêter au-delà du temps qui lui est nécessaire pour enrichir sa collection d'un nom inconnu ou d'un titre inintelligible. Telle est la valeur réelle de cette immortalité qui fait mourir tant de fidèles poursuivans; c'est un bruit éphémère comme le glas de cette cloche dont le dernier son expirera bientôt sous les arceaux de l'abbaye.

De la méditation au sommeil le trajet est court, surtout lorsqu'on médite dans une atmosphère de vieux livres et entre les bras d'un fauteuil gothique, je m'assoupis donc en feuilletant mon auteur du moyen-âge, et bientôt un heureux songe établit entre lui et moi un dialogue dont les principaux traits me framièrent assez pour se fixer dans ma mémoire.

Il me parut d'abord que mon interlocuteur sortait d'une léthargie semblable à celle d'Epiménide; son langage était suranné, j'en fus moins surpris cependant que de sa prononciation; elle était si cruellement barbare qu'il me fut difficile d'y accoutumer mon oreille, les paroles succédaient aux paroles avec cette volubihté confuse qui suit presque toujours un silence long et forcé ; mais après cet impétueux débordement, les mots coulèrent avec plus de lenteur et de calme, je commençai à comprendre et je pus répondre. Mon in-quarto débuta par une amère critique de l'injustice et de l'ingratitude des hommes, lieu commun à l'usage de tous les auteurs malheureux :

« Le croiriez-vous, s'écria-t-il, moi qu'ils idolâtraient, ils m'ont délaissé ! il y a deux cents ans que je n'ai vu la lumière ; mêlé ici à une foule d'écrivains vulgaues que je ne connais pas ou que je méprise, je n'ai pas été encore honoré une seule fois d'nn regard du supérieur de l'abbaye; c'est miracle quand le bon prélat ouvre un volume, et encore le refenne-t-il si vite qu'on pourrait croire qu'il s'est brûlé les doigts. De grâce, que veut-on? pourquoi nous emprisonner ainsi ? est-ce pour nous faire garder par des bedeaux comme des odalisques par des eunuques I belle destination, vraiment I les livres sont faits pour l'instruction et

l'agrément de la société, si monsieur le supérieur l'ignore ou ne veutpasle savoir, qu'on ouvre les portes, qu'on admette quiconque se présentera, fût-ce le dernier écolier de l'abbaye: du moins nous aurons des lecteurs et nous remplirons notre mission. »

« Doucement, lui dis-je, prenez les choses avec moins de vivacité et peut-être les jugerez-vous mieux : de quoi vous plaignez-vous?., d'un malheur généralement inévitable et que vous avez en partie évité, la plupart des ouvrages de votre temps envieraient, s'ils existaient encore, le destin qui excite votre mdignation. En vous admettant dans cette bibliothèque, qui pour moi n'a de commun avec un sérail que la réunion des beautés que j'y admire, on vous a traité comme les restes vénérés des grands hommes et des saints que l'on conserve soigneusement dans des caveaux ou dans des châsses, tandis que la dépouille mortelle de leurs contemporains est abandonnée au cours de la nature et rendue à la poussière. >»

— «c Vains honneurs, monsieur, que ces honneurs obscurs, répartit aigrement mon irascible défunt, un livre n'est pas une relique, j'ai été écrit pour être lu et non [pour j^ctre regardé; mon auteur m'a destiné à circuler de mains en mains comme tous les grands ouvrages de l'époque, son intention était formelle, on n'en a pas tenu compte; sous prétexte de me conserver après ma mort, on m'a enseveli tout vivant, plongé ainsi dans les ténèbres depuis des siècles , j'ai dû naturellement être oublié et devenir la pâture des vers. »

— t< Je ne doute pas, répondis-je, des intentions de votre auteur, quiconque se mêle d'écrire pense à peu près comme lui, mais peut-être trop flatté de l'accueil qu'il a reçu de sa génération, s'est-il mépris sur la durée de sa gloire et sur la portée de son œuvre. En renouvelant sans cesse la face du monde, le temps fait passer dans l'ombre ce qui brillait à la lumière ; il y a une roue pour la gloire comme pour la fortune, et cette roue capricieuse ne cède qu'à l'impulsion des plus fortes mains. D'un siècle à l'autre tout varie , tout change : mœurs, habitudes, langage. Comment donc serait- il possible d'admirer ce que l'on cesse de comprendre ? malgré vos trois ou quatre cents ans, âge déjà bien respectable, vous êtes, pardonnez-moi cette remarque, moins vieux encore que vieilh ; ce n'est ni votre faute ni celle de l'estimable écrivain qui vous a donné le jour, mais que voulez-vous I dans ce mouvement perpétuel de rénovation, les modes littéraires varient avec tant de rapidité qu'en moins d'une année, d'un mois, d'une semaine on arrive souvent à la caducité; la tombe touche au berceau, et cela est si vrai que si je déroulais à vos yeux le triste nécrologe de toutes les immortalités modernes, vous croiriez que la vie de l'homme n'excède plus celle de ces petits insectes qu'on a nommés éphémères parce qu'ils ne voltigent qu'aux rayons d'une seule aui'ore. Xercès, en contemplant son innombrable armée rangée en bataille et resplendissante de tout le faste de l'Asie, s'écriait avec doideur : « Encore quelques années, et peut-être tous ces guerriers, si beaux, si jeunes, si fiers ne seront pîusl » La même exclamation m'échappe malgré moi quand je considère une bibliothèque remplie d'ouvrages nouveaux qui se pavanent dans le luxe d'une QvgueiUewge reliure, Cioyex-mgi^mQnami, votre longévité est un prodige au jour»

d'imi, le temps ne mérite pas vos reproches, il a fait une exception en votre faveur. »

— « A merveille, je lui dois une reconnaissance infinie pour avoir réduit en poudre ma préface qui était un chef-d'œuvre et pour avoir moisi mes plus précieux feuillets I »

— « L'accident est fâcheux, j'en conviens, mais il prouve que vous existez encore, et dites-moi, je vous prie, ce que sont devenues toutes ces renommées qui se disputaient les hommages de votre siècle? où sont les ouvrages qui faisaient fureur alors? Qui songe, par exemple, à Robert Grosse-Tête de Lincoln? certes, personne n'a plus travaillé que lui à se soustraire à l'obscurité ; il a produit, dit-on, deux cents volumes, mais cette pyramide de livres si laborieusement élevée pour perpétuer son nom, depuis combien de temps, hélas, s'est-elle écroulée I à peine en reste-t-il quelques fragmens épars dans les bibliothèques consacrées aux livres curieux. Qui parle aujourd'hui de Giraldus Cambrensis, tout ensemble historien, antiquaire, philosophe, théologien et poète ? le pauvre homme refusa deux évêchés dans l'unique but d'écrire du matin au soir pour la postérité, et l'ingrate ne daigne pas même le lire I Que dit-on de Henri de Huntington ? outre une histoire d'Angleterre, il a composé un traité sur le mépris du monde, et le monde s'est vengé de ce traité, sinon en méprisant, du moins en oubliant l'auteur ? Qui s'occupe de Joseph d'Exeter, appelé le prodige de son siècle ? de ses trois poèmes héroïques deux sont conservés comme de vieilles médailles, et l'on n'a du troisième qu'un passage insignifiant: ses vers erotiques, ses épigrainmes, tout a disparu. Et Jean Wallis le Franciscain, qui fut comparé à l'arbre de science I Et Guillaume de Malensbury? et Simon de Durham? et Benoît de Peterborough ? et Jean Sauville de St-Albans, qu'en a-t-on fait? où sont-ils ? qui oserait se vanter de les connaître ? »

— « Est-ce un persiftlage , s'écria d'une voix courroucée mon gros livre ; à quoi bon cette longue évocation de fantômes? quel âge prétendez-vous me donner? tous les auteurs dont vous me parlez étaient morts bien avant ma naissance , et c'était justice , car la plupart avaient écrit en latin ou en français et s'étaient ainsi frappés eux-mêmes de proscription ; mais moi, monsieur, je suis sorti des presses du fameux Wynkynde Worde, j'ai été composé dans l'idiome national à une époque où la langue était arrivée à son dernier degré de perfection, et l'on me regardait à bon droit comme un modèle d'élégance et de pureté.

« Pardon , mille fois pardon d'être tombé dans une erreur qui vous choque ; l'anachronisme n'a malheureusement pas l'importance que vous semblez lui attribuer ; les éditions de Worde ne sont maintenant que les antiquités de la typographie et se confondent avec les ouvrages des écrivains dont j'ai fait mention. "Vous fondez , il est vrai , vos titres à l'immortalité sur la perfection de style qui vous distingue de vos rivaux, et à cet égard , je partagerais vos espérances , si , en effet , la langue avait atteint de votre vivant ce brillant apogée qui fait la splendeur des grands siècles , mais il n'en est pas ainsi , et comme tous vos contemporains , vous avez été le jouet de l'illusion qui trompa tous vos devanciers, T ant que la décadence n'a pas marqué le terme du progrès , il en est d'une lan-

gae comme d'un sable mouvant ; or , si l'on ne peut rien construire de solide sur mie base mobile , on ne saurait également asseoir une répulation durable sur un style sans durée ; c'est une marée qui monte et dont chaque flot est dépassé par le flot suivant jusqu'à ce que la plage entière soit couverte , et que la mer ait touché cette hmite où Dieu lui a dit : Tu n'iras pas plus loin I la langue anglaise par la diversité et la confusion de ses origines , a dû nécessairement être plus variable que toute autre langue. Telle qu'un fleuve pauvre à sa source , mais qui s'enrichit des tributs qu'il reçoit dans son cours, son indigence celtique a disparu sous des trésors de latin , de saxon, d'allemand , de français , et à chaque conquête nouvelle , sa physionomie a changé comme la couleur des eaux à chaque point d'afîluence. De là , ces réputations d'un jour , ces gloires éphémères et cette littérature enfin dont l'instabilité a déçu tant de prévisions. Est-ce un 3ual , est-ce un bien? je ne sais ; mais , dussiez vous me traiter de Vandale, j'aime toutes ces ruines qui rappellent la vanité humaine à la pensée de son néant ; j'aime tous ces naufrages dont le spectacle arrête les voyageurs sur la rive et les fait renoncer à la poursuite de l'avenir pour s'attaclier à la culture du présent ; j'aime à voir enfin tous ceux dont l'imprudente audace s'élance vers des régions qui leur sont interdites, éprouver le sort d'Icare et ne recevoir du ciel qu'un rayon destructeur. »

« Qu'est-ce à dire , monsieur , d'après ce beau système , il n'y aura qu'une époque dans la littérature des nations où le génie pourra s'élever sans retomber aussitôt dans les ténèbres. »

« Telle n'est pas ma pensée , à Dieu ne plaise I je crois , au contraire , que le génie , par cela seul qu'il est génie , triomplie de tous les obstacles , je crois que ses ailes sont des ailes de feu et non des ailes de cire , et qu'appelé à voler vers le ciel, sa patrie, il peut planer éternellement près de l'astre éternel du jour, Shakespeare , par exemple.... »

A ce nom , je fus brusquement interrompu par le bouillant enfant de Worde, « Qu'entends-je, dit-il, Shakespeare I Oli I pour celui-là , je le connais mieux que vous, il était de mon temps , je l'ai vu débuter ; un pauvre diable , mal élevé , grossier, qui ne savait qu'un peu de latin et pas un mot de grec, un voleur de daims qui fut chassé de son village et réduit à courir les champs I En vérité , si un pareil garnement a pu échapper à l'oubli pour quelques méchantes rimes , il ne faut désespérer de rieu. »

u Je vous plains , mon ami , répondis-je avec cahne , d'avoir jugé ainsi Taurore du plus beau jour qui ait lui sur la vieille Angleterre ; ce Shakespeare , que vous décriez parce que vous ne le regardez qu'à travers vos préventions , vous a fait plus de bien que vous ne pourrez jamais lui faire de mal; il a donné à la littérature de votre temps une vie qui dure encore ; il est du nombre de ces rares esprits dont la pensée créatrice préserve de la décrépitude commune toutes les formes qu'elle revêt; on peut le comparer à ces arbres gigantesques placés au hoià des torrcns , dont les racines s'enfoncent et s'étendent si loin qu'elles soutiennent le terrain qui les environne, et empêchent les bonnes et mauvaises .plaïUÇS p'û s'éltjvent ou rampent près d'eux d'ètve emportées dans les eaux. Poète

du cœur, Shakespeare sera compris tant qu'il y aura un cœur d'homme; il a peint cette nature morale dont les traits ne changent pas , et ses tableaux toujours frappans de ressemblance, toujours sublimes de vérité, sont comme autant de miroirs où chaque mortel, à quelque âge qu'il appartienne, est obligé de se reconnaître. »

Cet éloge, que je m'efforçai de modérer pour ménager la susceptibilité de mou contradicteur , l'exaspéra tellement qu'il perdit toute mesure et se mit à divaguer comme un énergumène ; pendant un quart d'heure , il me fut impossible de le suivre dans ses imprécations furibondes et contre la poésie et contre les poètes ; c'était un flux intarissable de paroles incoliérentes , un fracas étourdissant de sarcasmes et d'injures. Tout-à-coup mon oreille fut frappée d'un cliquetis qui me glaça d'effroi ; je crus que tous les scholastisques de la bibliothèque , tous les controversistes , tous les docteurs in utroque avaient brisé leurs fermoirs et s'insui'geaient à la fois ; à la seule pensée d'une émeute si redoutable , je me réveillai en sursaut ; mais en ouvrant les yeux , je ne vis devant moi que le vieux bedeau de l'Abbaye qui me regardait en riant, et qui secouait son trousseau de clés pour m'avertir que l'heure était venue de fermer la bibliothèque.

Adolphe de Puibusque.

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