‹ L'Écho de la jeune FranceChapitre 37 sur 120 · NOUVELLES · texte numérisé non relu

NOUVELLES

COMITÉ LITTÉRAIRE DE MOxNTAUBAN.

Un comité littéraire central, pour le département de Tarn et Garonne, s'est formé à Monlauban dans le but de soutenir les travaux et de favoriser la pro|)agation des publications de ïo jeune France, Il se compose de MM. le vicomte de Vesins , le vicomte de Gironde, l'abbé

Marcellin, l'abbé Pouget, Charles de Bellerive, i'abbé Bonaffé, de Gnizy, Henri de Buissaii; Gaii, Alphonse de Gironde.

Voici la circulaire remarquable que le comité a fait imprimer et répandre dans son déparlement ; nous la donnons autant pour constater nos progrès que comme une nouvelle preuve que la Jeune France réunit toutes les sympathies nationales.

Montauban, le 18 juin 1834.

« Monsieur,

Il suffit de jeter un coup d'oeil sur la situation des sociétés européennes, et sur la nôtre en particulier, pour se convaincre qu'un immense travail s'opère dans leur sein, et que le jour approche où l'iiumanité doit vivre d'une vie nouvelle.

» De là vient que, dans l'attente des grandes choses qui se préparent , tous les esprits sont vivement préoccupés; que tous, frappés de l'évidence d'une dislocation prochaine, s'appliquent, les uns à formuler des théories sur la reconstruction des sociétés modernes; les autres, hommes de courage et de foi , certains que l'idée catholique soci.de est la seule qui puisse surnager au naufrage de toutes les idées , et baser l'avenir des peuples, s'appliquent à hâter de leurs vœux et de leurs travaux le triomphe des doctrines qui ont sauvé l'Europe, et qui, seules , possèdent encore le remède qui peut la guérir.

» A l'œuvre de ces derniers doit s'associer par devoir, par conscience, quiconque porte au cœur une pensée chrétienne, c'cst-à-diie une pensée d'amour, de dévoûment, de liberté.

» Il y a tantôt deux ans, cette dévorante et noble activité qui travaille aujourd'hui toutes les âmes généreuses , parut lourde à porter, plus longtemps, à quelques jeunes hommes de cœur et de talent, et ils se dirent : A nous la parole haute et retentissante! Nos pères ne nous ont légué qu'un héritage de ruine et de mort; laissons après nous quelque chose de mieux. La vie qui se fait, c'est la nôtre : ne la laissons pas faire sans nous! Portons chacun notre pierre à l'édifice qui se fonde et qui nous doit abriter. Une France mourut avec le dix-huitième siècle, qu'une autre France vienne grande et forte, morale et religieuse, et que nos combats hâtent le jour où ceci aura lieu ! Arrière donc! la France de Pompadour et de Voltaire, avec ses sciences décolorées, sa philosophie sans Dieu, sa poésie étriquée et frivole! A nous, vous tous qui trouvez ces choses mauvaises, qui rêvez autrement la science, la philosophie, la mission du poète! A no s vos pensées chaudes, vos paroles palpitantes, vos purs sentimens, vos élans passionnés! A nous tout ce qui a germé dans vos cœurs de foi et de courage , sous le souffle de Dieu et l'inspiration d'une époque qui veut se régénérer! A nous la Jeune France!

» Et la Jeune France répondit , et bientôt elle eut un écho ; et, à l'heure qu'il est , la voix de soixante mille jeunes gens est redite partout fière et sainte, énergique et comprise.

» Encouragée par les plus illustres suffrages, comptant, à la tète de ses patrons et de ses rédacteurs, Chateaubriand, Lamartine, Bonald, d'Arlincourt , E. Janvier, Berryer, Ballanche, etc., VEcho de la Jeune France veut répondre à la haute tâche qu'il s'est imposée, élargir le cercle de son influence, pénétrer partout pour tout faire revivre, et, suivant l'expression d'un journal étranger, s'étendre d'un bout du monde catholique à l'autre.

» Eu tête des moyens les plus propres à activer la réalisation de cette idée éminemment religieuse et sociale , le Comité général de VEcho de la Jeune France ^ présidé par M. Berryer, a cru devoir ranger l'établissement, dans chaque déparlement, d'un Comité littéraire central qui seconderait son action, travaillerait à augmenter le nombre des sociétaires, à propager les œuvres de la Société , à éveiller enfin , dans l'âme de la jeunesse , l'amour de la religion , de la science, de la belle littérature, des beaux-arts et de la liberté. Un comité est déjà établi pour le département de Tarn-et-Garonne. Nous espérons. Monsieur, que vous voudrez bien prêter votre honorable coopération aux efforts qu'il va faire pour rendre le plus populaires et le plus répandues possible les doctrines de la Jeune France. Le temps est venu pour tous de s'intéresser à ces nobles entreprises. Tout annonce que Dieu a commis à l'intelligence le soin de réparer les malheurs du passé. Hâtons-nous donc, la jeunesse surtout, de porter notre intelligence au niveau de cette haute mission! Puisque c'est avec elle qu'on doit combattre , par elle qu'on doit triompher, exerçons-la aux efforts de la lutte; et si le Ciel ne l'a pas destinée à devenir dans la main de tous une arme qui frappe et puisse vaincre, il est néanmoins du .devoir de tous de Tassocier, de sympathie et d'en»

couragemeQt , aux œuvres désintéressées où elle combat pour la cause de Dieu et de l'humanité!

» Persuadés, Monsieur, que l'appel que nous avons l'honneur de vous faire sera favorablement accueilli de vous, nous vous prions d'user de toute l'influence que votre position vous met à même d'exercer, afin de populariser les doctrines de la Jeune France, et de rendre efficaces ses efforts en faveur du bien-être religieux, moral et intellectuel du pays.

» Nous avons l'honneur d'être. Monsieur, vos très humbles et très obéissans serviteurs, M Au nom des membres du Comité :

» L'abbé Joseph Marcellin, secrétaire. »

Suit la désignation des publications de la Jeune France auxquelles on souscrit cbez M. Julien, ex-direcleur des posles, membre correspondant, faubourg Lacapelle, à Montauban.

Nous ne douions pas que cet exemple, déjà donné par le comité de Toulouse, ne soit suivi dans tous les départemens. Ceux de MM. les correspondans qui ne pourront pas faire litliographier, chez eux , les circulaires qu'ils doivent répandre dans leur arrondissement, devront nous en adresser un modèle qui sera imprimé à Paris, aux frais de la société.

COMMEIKT SE F0]1T LES REPLTATIOXS CONTEMPORAIIÏES.

Vous composez une grande annonce pleine d'éloges en votre faveur; vous en faites quinze copies, et vous les portez à autant de journaux. — Monsieur, dites-vous au caissier, voici une annonce dont je demande l'insertion dans votre estimable feuille. — Soyez le bien venu ; en combien de lignes? —50 lignes de hauteur et toute la justification. — Le caissier : c'est 200 fr. Et le lendemain, vous voyez imprimé en gros caractère, dans tous les journaux :

«Le Dictionnaire des Dictionnaires français, par Napoléon Landais, le seul Dictionnaire français qui renferme tous les mots de notre langue, mots anciens, mots nouveaux, leur étymologie , leur prononciation , etc. , etc. , etc.» On n'a pas encore fait de Dictionnaire des mots avenir; mais patience : les Connaissances utiles ont fait quelque chose de mieux : cela promet.

Api es donc quinze ou vingt annonces en gros caractère , vous composez adroitement une jolie réclame. La rdWarnc n'est autre chose- que ces quelques lignes laiteuses qui passent dans l'intérieur du journal, et dans laquelle vous dites : «La Dictionnaire des Dictionnaires de AI. Napoléon Landais, dont tous les journaux ont parié avec tant d'éloges , jouit d'un succès immense ; M. un tel en a fait prendre vingt exemplaires; on prépare un nouveau tirage ; nous en rendrons compte incessemmeut. »

Tous les journaux répètent cette réclame ou quelque chose d'à peu près semblable.

Après cela, l'auteur fait un prospectus , en tète duquel on lit: Opinions de tous les journaux sur le Dictionnaire des Dictionnaires. S-ivent toutes les réclames ((u'ou a fait insérer. Ensuite l'auteur fait un feuilleton , ou va trouver un homme de lettres. — M. , voici un ouvrage dont il faut rendre un compte favorable, etlOOfr. pour voire article. Ou vous fait un bon compte-rendu que vous lisez le lendemain dans votre journal , et vons dites : Mon journal en fait l'éloge : c'est un bon livre, M. Napoléon Landais est un grand homme, et vous souscrivez, et l'ouvrage vous arrive, et vous l'ouvrez, et vous le lisez, et vous trouvez dans un livre ordinaiie des erreurs et des fautes, et vous hésitez: car, dites-vous, mou journal en a fait l'éloge, et après un peu de réflexion vous dites: Mais il s'est peut-être trompé. Vous mettez l'ouvrage dans votre bibliothèque. et vous ne l'en retirez plus. Le but de l'éditeur est atteint : vous lui avez donné voire argent , contre un mauvais livre. Ce n'est pas que le Dictionnaire des Dictionnaires de M. Napoléon Landais soit un mauvais ouvrage : nous l'avons pris pour exemple, parce qu'il est tombé sous notre main , et que ses lettres rouges et bariolées nous ont frappés , et qu'on a fait beaucoup de bruit à son occasion, et qu'il n'y a rien de comparable, comme il n'y a rien de comparable au trésor de Numismatique , au Musée des familles', comme il n'y avait rien de comparable aux Connaissances utiles, qui n'ont été utiles qu'ù leur éditeur, qu'elles ont fait député , qu'elles feront peut-être ministre, qui sait , il en a la préteulion.

Vous savez comment se font les réputations; par les annonces , les réclames et les feuilletons payés à tant la ligne; cependant il se trouve des réclames et des feuillelons juslcs parfois , et, par exemple, on ne vous trompera pas toutes les fois qu'on vous vantera des gravures comme celle qu'a faite M. Calamalla : la tête de Napoléon , d'après le plâtre pris sur la figure du héros le jour de sa mort. C'est une œuvre d'artiste recherchée à l'heure qu'il est, et que tousl.s amateurs veulent avoir. — Comme leGustam Wasa de Henriquel Dupont, le Saint-Vincent Ce Paul de Prévost , l'Edouard en Ecosse de Sixdeniers. Voilà des ouvrages d'art qui méritent

des éloges, et qu'on peut vanter. M. Calamatta achève en ce moment an grand chef-d'œuvre de Ingres, le Vœu de Louis XIII. A en juger par ce que nous avons vu, ce sera un beau morceau quand il sera terminé. M. Sixdenlers grave le Louis XVI de M. Bosio ; nous n'aurons rien à en dire, puisque nous sommes intéressés à ce que cette gravure soit un chef-d'œuvre; mais s'il atteint la perfection de son Edouard en Ecosse , quel beau monument nous offrirons h la France et à l'Europe:— M. Caron, l'ami de M. Henriquel Dupont, se dispose à graver . d'après Lebrun, un Christ magnifique que nous serons heureux d'offrir à bon marché au clergé catholique. On travaille aussi pour la Jeune France , au Jugement Dernier, aux portraits de la Vierge et de Jésus-Christ. Après tout cela , ne nous parlez pas des ouvrages de M. Jazct, de son Mauvais sujet, de ses Enfants surpris parun loup , de son Duc d'Orléans sur la place de l'Hôtel-de- Ville , au milieu des barricades qu'il a reniées, et donnant la main aux héros qu'il a jetés en prison ; ni de son Festin de Baltliazard, ni de son Passage du Jourdain , tous ouvrages pales et décolorés, pour lesquels je ne donnerais pas la Vierge au coussin de M. Giraud, encore moins les Moissonneurs de Mercury qui grave enoe moment la Jane Gray de Paul de Laroche.

M. Grévedon vient de terminer un deuxième portrait de MADiiiMOiSELLE , qui a été ,

comme le premier, tiré à raille épreuves seulement, et au même prix : savoir, 6 fr. les grandes épreuves sur papier de Chine , 10 fr. avant la lettre.

Ceux de MM. les correspondans qui croiront pouvoir en placer six épreuves, peuvent en faire la demande; il leur en sera donné une septième gratis. Ce portrait est absolument semblable au premier.

— M. Léon Noël travaille en ce moment à un beau portrait en pied de Henri V.

— Sont reconnus membres correspondans : MM. de La Valette et Mauret, notaire à Mauriac (Cantal); M. Ducros à Auxerre (Yonne).

— Nous faisons imprimer, pour MM. les correspondans, un Compte-rendu de nos travaux depuis l'origine de la Jeune France ; sm^'x de quelques explications sur le but de notre entreprise, et d'une instruction générale sur les moyens dy arriver. Nous en recommandrons la lecture attentive.

—Le concours ouvert le 5 juin sera fermé : Savoir, pour le troisième sujet, le 25 de ce mois; pour le premier sujet, le 10 du mois d'août ; pour le deuxième sujet , le 20 du mois d'août. Voyez les conditions page 100.

— Le livre des Enfans paraîtra le 5 août prochain : on peut toujours souscrire chez MUI. les correspondans. Voici la table des articles que le premier volume contiendra : 1° Une introduction ; 2° La Prière du matin ; — 3" Huit fables orientales ; ~ II" La première campagne d'Alger; — 5* Un article d'hygiène pour les enfans: — 6° Trois pages de maximes; — 7° Plusieurs sentences des tribunaux au douzième siècle; — S" La mort du chevalier Bayard, écvUc en y'ieux fvunçiùs; — 9° Plusieurs anecdotes ; 10° Les vacances de Goldsmitli. — Ce volume sera orné de 7 gravures représentant un Frontispice. — La Prière. — La Grenouille et le poisson (fable). — La première campagne d'Alger. — Lamort du clicvalicr Bayard. — Une distribution de Prix. — Le mauvais sujet.

— Nous savons de bonne source qu'on prépare un Annuaire des Demoiselles.

— Le seul propriétaire et éditeur responsable de V Histoire politique, morale, religieuse et pittoresque de la France qui se publiait, rue des Moulins, n" 21, est M. de Rochaux, rue de Choiscul, n*2 bis : à qui l'on doit s'adresser. L'Éclio de la Jeune France y a toujours été étranger.

Jules FORFELIER.

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