‹ L'Écho de la jeune FranceChapitre 85 sur 120 · HISTOIRE D UNE BERLINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D UNE BERLINE

Trilogie alléfforique à propos du gàcliis représentatif oii l'on voit commcni un beau carrosse j de berline roijale , s'en devint dilifioice constitutionnelle :, puis omnibus républicain , puis chariot à vapeur; le tout au grand dam des passagers et de l'équipage.

Nous courions en descendant à bride abattue, sur une côte rapide, entraînes

s'élevait à pic, de l'autre par un précipice au fond duquel coulait la rivière. La voilure, sur cet. espace de quelques toises, livrcie par les inë-jalités du terrain , à lin roulis continuel, forcée en outre, à raison des hrisures multipliées du ('hcmin, (le dcH'riredes au,pjles aussi courts que fréquens, à chaque nouveau coude qu'il lui fallait doubk'i", allait, violemment renvoyée delà droite à la (gauche, louvoyant conmie un homme ivre ou coujuie un vaisseau sans {gouvernail. Pour moi , jucbë sur ri(Uf)ériale a côté du conducteur, à chaque secousse, menace de faire avec lui U) saut f)crill('ux. j'eus un niomeni l'envie de ui'einparer des rênes ou de crier arrête! au postillon. IMais raltcl;j{[e était lancé de manière à ce qu'il n'y eût plus possil)ilité de le l'eienir, et je réfléchis d'ailleurs que le plus sur en pareil cas , c'est de laisser à la folie toutes ses chances. Je nn^ décidai donc à f)rendre mon mal eu patience et, fermant les yeux de peur d<îs vertij^^es , j'attendis, rési^jnë d'avance à tout ce qu'il plairait au ciel ordonner de nous. Nous fûmes, ainsi qu'il arrive presque toujours, plus heureux que sa.jjes. Quelques minutes d'une course vèritabh/inent ellrayanic nous amenèrent sains et saufs , sans encombre, au bas de la uionta^jne. Je rendis de bon cceur (pàcesà Dieu , et , après une demi-douzaine de soubresauts et de balancemens, dernières épreuves réservées à la solidité des soupentes et au courajje des passagers , l'équipante, remis en équilibre et d'aplomb sur ses ressorts, reprit au grand trot sa marche sur la chaussée plate et unie qui s'étendait devant lui.

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