‹ L'éclairage à l'acétylène: historique, fabrication, appareils, applications, dangersChapitre 31 sur 63 · ACÉTYLESE LIQUÉFIÉ ET COMPRIME · texte numérisé non relu

ACÉTYLESE LIQUÉFIÉ ET COMPRIME

que les propriétés explosives des gaz endothermiques augmentent lorsque ces gaz sont comprimés. Il a depuis repris ces expériences en collaboration avec M. Vieille, et obtenu les résultats suivants qui s'appliquent à Tacétylène pur, sans mélange d'oxygène ou d'air atmosphérique :

1° Lorsque la pression ne dépasse pas i atmosphères, Tacétylène n'est pas explosif (§ 5).

2*^ L'explosibilité augmente avec la pression audessus de 2 atmosphères et atteint son maximum avec l'acétylène liquide dont les propriétés explosives sont voisines de celles du coton-poudre. Le tableau suivant renferme les pressions et les durées de réaction, observées lors de l'inflammation de l'acétylène au moyen d'un fil métallique rougi au sein de la masse gazeuse, sous diverses pressions initiales.

Num(''ros

des

cxp<'Ticiiccs.

Pression initiale absolue en kg:cm>.

Pression observée

aussitôt après

rr-aclion en

kg: cm*.

Durées de

réaction

en millicmos

de seconde.

Rapport dos

pressions initiales

et finales.

Dans une bombe en acier, de 48,96 cm^ de capacité, chargée avec 18 grammes d'acétylène liquide, on a obtenu la pression considérable de 5 564 kg : cnr lors de l'explosion.

y II suffit d'introduire un fil métallique chauffé au rouge en un point quelconque du récipient contenant

Taci^tylènc coiiipiimé on liquéfié pour provoquer l'explosion de toute la masse.

4° L'explosion est provoquée aussi par la détonation à l'intérieur du récipient d'une capsule de fulminate de mercure.

5" Le choc par lui-même ne semble pas sutlisant pour provoquer la décomposition de l'acétylène comprimé ou liquéfié ; maïs si le récipient est brisé, le gaz qui s'échappe et se mélange avec l'air atmosphérique peu! être enflammé par les étincelles résultant de la friction des fragments métalliques les uns contre les autres ou contre les objets extérieurs.

6" D'autres causes de danger, dans les opérations industrielles, peuvent résulter des phénomènes de compression brusque, lors du chargement des réservoirs du gaz, ainsi que des phénomènes de compression adiabatique qui accompagnent l'ouverture brusque d'un récipient d'acétylène sur un détendeur, ou sur tout autre réservoir de faible capacité. On sait, en effet, qu'il a été établi, par des expériences effectuées sur des bouteilles d'acide carbonique liquide, munies Ad leur détendeur, que l'ouverture brusque du robinet détermine, dans ce détendeur, une élévation de température susceptible d'entraîner la carbonisation de copeaux de bois placés dans son intérieur. Dans le eu de l'acétylène, de.s températures de cet ordre pourraieot entraîner une décomposition locale, susceptible de es propager , a rétro, dans le milieu gazeux maintenu 80U* pression, et jusqu'au réservoir.

Comme le font remarquer MM. Berthelot et Vieille, il peut être remédié à ces inconvénients qui ne sont pas de nature à compenser les avantages que présente l'acétylène et à en limiter l'usage. Toutefois, jusqu'à ce qu'on ait pu remédier aux causes d'accidents résumées

.iCETi'I.EXE LIQUÉFIÉ ET COMPRIMÉ

daiiK ralinéa précédent, il ost certain que t'actHyléne ' li(|ui(Ie ne pourra être utilisa pour les usages domesliques oii les appareils doivent ^trc simples, robustes et dont le ibnctionneinent doit être automatique afi: de ne nécessiter aucune connaissance spéciale dei propriétaires d'installations. Jusqu'à ce moment, l'ai tyléne liquide devra être réservé aux usages industriels, des ouvriers habitués à la nianœuvro d'appareils de ce genre pouvant s'occuper delà surveillance des récipientsj et des détendeurs.

93. l'ne autre cause daccidents réside dans le dér^ glage possible des détendeurs qui laisseraient passer li pression totale ilii gaz dan.s les canalisations et dans les appareils d'utilisation trop faibles pour supporter cette pression élevée. L'explosion de ces canalisations serait alors inévitable.

11 est toutefois assez facil(( de s'aflranclilr de celte cause d'accidents, soit en plaçant le réservoir d'acétjlène liquide à l'air libre et en plaçant, sur le trajet extérieur des canalisations, une soupape de sùroté qui laisserait échapper le gaz dans l'atmosphère en cas de danger, soit en dispo.sant à l'entrée des canalisations une vanne ou un gazomètre qui fermerait automatiquement le robinet du récipient lorsque la pression d'utilisation atteindrait une valeur dangereuse.

Voici, par exemple, le dispositif imaginé par M. Dickerson (fig. 8.ï).

Le gaz qui se produit par la vaporisation de l'acétylène liquide contenu, en A. passe par RL dans une suite de valves réductrices B, B' où il est lamené ii la pression voulue; la détente du gaz produit un abaissement de température qui est utilisé en ST à refroidir de l'eau salée en vue d'usages ultérieurs.

ijS

ÉCLMHAGE A LACÉTYLE.fE

Le gaz détendu passe dans le gazomètre à presslvu constante M d'où il alimente les brûleurs J après avoir été mélangé d'air en G au moyen d'un dispositif particulier que nous décrirons plus loin {% io3],

La cloche M du gazomètre commande à un robinet Ë qui empêche toute introduction de gaz lorsque, les détendeurs étant déréglés, le gaz arrive en trop grande

Appareil Dickerann,

quantité, ce qui pourrait porter la pression dans les canalisations à une valeur dangereuse.

Par surcroit de précaution, une soupape de sûreté D laisse échapper le gaz à trop forte pression, par N, dans l'air ou dans un récipient quelconque.

En résumé, on voit que l'acétylène liquide ne peut, dans les conditions actuelles, tant par suite de son prix de revient que par suite des dangers qui peuvent résulter de son emploi, prendre dans l'industrie de l'éclairage la place prépondérante qu'on aurait pu espérer lui voir conquérir en se basant uniquement sur Topinion de ses avocats. Un supplément d'études est nécessaire.

94. Acétylène comprimé. — Après ce que nous venons de dire de l'acétylène liquélié, nous n'aurons que peu de

ACETyLEXE LIQUÉFIÉ JET COMPRIME

choses à ajouter sur l'acélylène l'omprimê. Si l'on indépasse pas ccrlaînt-s limites, les dangers de ce dernier sont beaucoup moindres que ceux de l'ac^^tylt^nc liquéfîê. ^kmr les causes qui peuvent provoquer son explosion ^Bpontanée sont moins nombreuses que pour le premier. ^^1 pourra donr probablement recevoir plusieurs applirations importantes. On pourrait même, en s'entourant des précautions convenables que l'expérience enseignera, en étendre l'emploi aux usages domestiques dans les campag-nes; il suffirait de placer un réservoir de

I capacité sullisante chez chaque client; un générateur à Carbure monté sur un chariot remplirait ces réservoirs B la pression voulue à inter\-ailcs de temps déterminés ^t irait ainsi de porte en porte vendre le gaz. [ L'acétylène comprimé a reçu des applications intéressantes pour Téclairage des wagons de rheniins de fer (S io8}.

I II peut rendre aussi de réels services dans les laJioratoires.

La Société centrale de Produits chimiques, à Paris, a mis en vente des réservoirs en acier comprimé, timbrés H^ 20 kg : cni^, et qui contiennent a^o litres d'acétylène ^Komprlmé â to kg : cm*. Ces réservoirs sont munis d'un ^pobinet à pointeau qui permet, en ouvrant plus ou moins, ^Bd'obtenir le débit voulu.

H 95. Procédé Claude et Hess. — MM. Claude et Hess ^Kpnt mis à profil la propriété remarquable, qu'ils ont ^K^écouverte, qu'a l'acétone d'alisorbcr 3i fois environ son ^Brolume d'acétylène pour emmagasiner, comme nous ^D'avons expliqué {^ 4)i "ne grande quantité de gaz sous ^Kin faible volume et une faible pression.

^m Ce procédé semble le plus parfait de tous ceux qui ont ^Bté proposés jusqu'à ce jour.

i8o L-ECLAIIIAGE A L A C ÉTY LE X E

En effet, on peut cmmaffaainer dans iir (léterniiné une quantité <le gaz plus grande que ne le (lermel l'acétylène liquide ; cependant, la pression est l)eaucoup moindre qu'avec ce dernier corps : environ 13 atmosphères, c'est-à-dire compai'able à celle des siphons d'eau de Seltz. Les dangers d'explosion sont presque totalement supprimés, d'abord par la diminuliuo de pression, ensuite et surtout par la dilution de l'acétylène dans un corps inerte, ce qui a pour effet, comme on sait, d'atténuer les propriétés explosives des corps. L'acétone est un liquide qu'on obtient en grande quantité etàbasprix. l'ne même quantité de ce liquide servirait d'ailleurs indéfiniment, car il suffirait de remplaceriez pertes assez faibles provenant de l'évaporalion ou de» manipulations. La pression étant très réduite, le poidset le prix des bonlionnes seraient beaucoup moins élevé» qu'avec l'acétylène liquide. Déplus, les appareils nécessaires pour la génération du gaz sons la pression prévue de 10 à i3atmos|>hères et pour son emmagasinciuent dans l'acétone seraient très simples et peu coûteux. Enfin, les manipulations seraient centralisées dans une même usine, ce qui affranchirait le public de ce soin peu agréable 6t permettrait de récupérer toute la chaux du carbure (te calcium.

Au point de vue de l'économie comme ii celui de la sécurité, ce procédé est donc très recommandable. Il permet de participer à la l'ois aux avantages de l'acétylène comprimé en diminuant les dangers et les frais de production, et aux avantages de l'acétylène liquéfié cu permettant d'emmagasiner une grande quantité de gaz sous un faible volume, ce qui simplifie la main-d'œuvre et est nécessaire dans de nombreuses applications, en particulier pour les lampes portatives et l'éclairage des véhicules.

La flamme de l'acétylène. — Becs brûleurs.

96. Conditions à réaliser pour la combustion de l'acétylène en vue de l'éclairage. — Quand on place qiielquas Irafriiients de carbure de calcium dans une éprouvette remplie deau et- qu'on endamme l'acétylène qui se dégage, on obtient une (latiime très éclairante, de couleur jaunâtre et très fuligineuse. Si, au lieu de brûler le gaz direclemenl, on le recueille dans un gazomètre et on le brûle sous la même pression que le gaz de houille, et dans les becs employés d'ordinaire pour ce gaz, on n'obtient encore qu'une llamme jaune et fumeuse.

Pour obtenir un bon éclairage avcr l'acétylène, il faut porter sa pression d'utilisation à 7 ou 8 cm d'eau au minimum et plus de préférence ; il faut, on outre, le

^ brûler dans des becs à fentes ou à trous très fins, ou bien encore le mélanger, avant de l'enllanimer, à de l'oxygène ou à un gaz inerte qui lui permet de venir en contact avec une plus grande quantité d'oxygène atmosphérique.

Les mélanges d'acétylène et d'oxygène ou d'air peuvent ^b devenir dangereux si les proportions des deux gaz ^^ varient par une cause quelconque et viennent à former

i8u L'ÉCLAIRAGF A L ACETYLEXE

un mélange détonant (§6). On doit condamner entièrontenl les mélanges préalables d'air ou d'oxygène et d'act-lvlène; le mieux est d'employer, comme le l'ait M. BullitT. des brùleui's analogues au bec Bunsen qui mélangent Tair et le gaz combustible au moment ui^uu; de l'utilisation.

D'autres inventeurs ont proposé de mélanger l'acétylène à des gaz inertes ; JI. BulUer emploie un niélangi* ' de moitié azote et moitié acétylène; JIM. lïichel et Schidte I ont essayé un mélange de i/3 d'acétylène, i j'S dair et i/3 d'acide carboniqiie ; M. Kriiger, un mélange de mi-partie acétylène et mi-partie acide carbonique. Tous ces mélanges ne sont pas exjilosibles, mais ils ne sont pas sans de réels inconvénients. Ils déverscnl. en effet, dan» l'atmosphère, des gaz irrespirables ou même toxiques comme l'oxyde de carbone proposé aussi par MM. Bichel et Schulte. En outre, il f'aiil engendrer ces gaz inertes séparément, ce qui est peu commode et augmente les dépenses.

Un inventeur, M. Jacquet, a pensé s'affranchir en partie de ces inconvénients en composant des agglomérés de carbure de calcium et de bicarbonate de soude qui, traités comme dans les gazogènes h eau di; Seltï, dégagent un mélange d'acétylène et d'acide <arboniqui' fin proportions convenables pour donner nue nainme très éclairante.

Un aggloméré de la composition suivante :

Curburi' de cnlpium i piirtie.

CorboimLe de chuux i —

BiaulIllL'de soude :( —

dégage, lorsqu'il est traité par l'eau, un mélange contenant 4" pour loo d'acide carbonique, que M. Jiicquel [ appelle gaz mi-acétylène.

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