L.l FLAMME DE
97. Réactions de combustion. — D'après M. Le ChâteliiT, les mélanges d'acétylène avec l'air renfermant moins (Jt! 7,7 pour 100 de gaz combustibles, brûlent avci: une llamme jaime, dont l'éclat croit avec la proportion de gaz. Il se forme exclusivement de l'acide carbonique et de l'eau.
De 7,7 à 17,;! pour 100, la flamme est bleue; il se l'orme de l'oxyde de carbone et de liiydrogène, en même temps que leau et l'acide carbonique.
Au delà de 17,3, il se forme de l'oxyde de carbone et de riiydpogènc, en môme temps qu'une certaine proportion de gaz reste inaltérée. En même temps, il se précipite du carbone non brûlé qui, à partir de aS pour 100, forme un nuage noir absolument opaque.
98. Pouvoir éclairant et avantages de la tlammè^ d'acétylène. — Lorsque les conditions que nous venons d'exposer (S g6) sont complètement réalisées, on obtient une flamme d'un blanc magnifique, une lumière cbaude et agréable qui donne véritablement, suivant une heureuse expression, h confort rétinien; cette lumière a la précieuse propriété de ne pas altérer les couleurs ; elle est d'une fixité remarquable, ce qui tient
à ce que la pression sous laquelle le gaz est brûlé étant très élevée, la flamme est insensible aux courants d'air.j Cette flamme dégage très peu de chaleur; on peut sanal danger tenir la main à une faible hauteur au-dessus d'un foyer à acétylène, tandis qu'on serait infailliblement brûlé au-dessus d'un bec de ga?. ordinaire, même d'in lensité lumineuse beaucoup plus faible. Enfin, la combustion de l'acétylène ne produit pas, comme celle des autres illuminants solides ou liquides, cette fine poussière de charbon qui, se déposant partout, noircit les plafonds, les murs, les tableaux.
iSl I,' ÈCLAIIIACF. A I.'ACÊTyi.K.SK
Toutes ces qualités réunies l'ont de l'acétylène i agent d'éclairage hors ligne.
On peut se rendre compte du pouvoir éclairant de l'acétylène en comparant la quantité de lumière fournie par la consommation d'un mfime volume de différenls gaz. il, Lewes a donné les chiffres suivants qui rapportent la valeur luinineuse à la candie étalon anglaise pour une même consommation de cinq pieds culies (t4i,6 litres) à l'heure.
Méthane 5,:-
Gaz norni.il de Ville .i Piiris. . .
— — Londres. 16,0
ihhaiie 35,7
Propane ï6,ï
Éthylène 70,0
Butylène ij:t,o
Acétylène Uiio.o
D'autre part, M. Henipel, de Berlin, a coiiiparéT différents brûleurs, tant pour l'acétylène que pour le gaï d'éclairage. Nous extrayons de ses mémoires les chiffres suivants qui confirment la siipérionté de l'acétylènf sur le gaz. d'éclairage et qui prouvent, en outre, que la quantité de lumière fournie par mètre cube d'acétylèno augmente avoc la puissance du foyer.
BougiL-
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Papillon. . . .
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Les
/,.! FLAMME DE I.ArÊTyf.E.\E
chill'res ('(^n^^■nlls dans ces deux tableaux
(lent très bien otitie eux et avec ceux qu'a obtenus Bullier (Jj 90). Il en résulte que, à vdiume l'gal, l'acé- ^lène a un pouvoir éclaii'ant égal à l't ou 30 (ois celui du jaz (le houille brûlé dans les becs ordinaires, et .'i,:> ou f (ois lorsque ce dernier est l)i'ûlé dans les becs Auer.
Une dernière qualité de l'acétylène, c'est de pouvoir donner des loyers d'une intensité lumineuse quelconque. Avec une ouverture très iinc, ne débitant qu'un demilitre d'acétylène à l'Iieure, on obtient une (laninic éclairante absolument fixe ; non seulement le gaz île houille, dans de semblables conditions, ne donnerait qu'une llamme bleue non éclairante, mais encore cette flamme serait soufïlée au moindre courant d'air. On pourra donc proportionner à volonté l'intensité des loyers lumineux à l'application en vue, ce que seul permettait jusqu'à [trésent l'éclairage électrique à incandescence. D'un autre côté, M. Moissan et à sa suite, M. Trouvé, ont construit des becs intensil's dont l'éclat et la puissance lumineuse rappellent les qualités de l'arc voltaïque. r^e dernier a présenté à la Société d'Encouragement lui bec intensif de 35 can-oJs destiné aux appareils de piojections.
99. Température de la flamme- — M- Le Châtelier a calculé que la température de combustion de l'acétylène brillé avec l'air serait de 1(400" C, c'est-à-dire supérieure de 5oo degrés à la température de combustion du gaz d'éclairage, qui est de igoo degrés. Ce savant attribue dès lors le pouvoir éclairant considérable de l'acétylène à deux causes :
1" A Valiondanl dépôt de carbone qui se produit pendant la combustion et qui siiUlrait à lui seul à lui donner un pouvoir éclairant quadruple de celui du gaz d'jéclairage,
i^ge. I
igG L ECLAIRAGE A LÂCETYLEXE
comme le montrent les résultats obtenus avec lo gax carhiirt'i par la naphtaline; a° à la tempâratttre é/etve de*a comliiislion qui aufliraît, à elle seule, d'après les résultat» obtenus par les récupérateurs, à lui assurer un pouvoir éclairaut triple de celui du gaz ordinaire, La réunion (\v ces deux causes stdTit pour prévoir que le pouvoir éclairant de l'acétylène doit être au moins douze fois celui du gaz ordinaire, ce qui est bien d'accord avec les résultats déjà annoncés.
D'antre part, d'après M. Lewes, la température moyenne de la flamme de l'acétylène, mesurée ejrpérinwHtalement par le pyromètre électrique du M. Le Chàlelier, serait de 900° à 1000° seulement. Il a mesuré aussi ta température de la flamme de différents gaz et a obtenu les résultats suivants (i) :
Parti? de iB flBinin?. Acilyltnc. Ëlbritni-. Qai Jr liDiUNr.
Zoo obscure ^Sg" 9ÎÎI* loaî'C
Commenccmcnl de lii zone luiiiineusp. i4'l° 1 34o" i 6S8" •
Près du Bommet de lu z( Pouvoir i^clutrant des guz poui consommation de i4a lit. ù l'hi
{1] La tempérnture ruelle dcB flommea eut une grandeur asaca mal définie «l peu cnnnuo ; elle esl beoutoiip plue élevée qn'on ne le croît (fénéralemml, cHr, dnnB la tlnmitie 'd'une iiniplo bougie, on peut Tondre du pliiljnc ; Il snffU ponr celii de prendre un fil aasex fin, tel, par ciempie. qu'nn en obtitnt. suivant le procédé indiqué pnr IVoIloston, en étirant un cylindre d'ur^nl ■ l'intérieur duquel eit pincé un nojou de plntine. En étirant ce cylindre jna^'t ce que le fil d'urj^nt ai t un diamètre au»«i petit que pnnBible. et en diiHilToM ennuitu l'orgvnt dans un ncidc, il ne reste qu'un SI de plutino lellemont fin qu'on ne peut l'upercevuEr qu'en l'éclnirant Tiveinent ou en le faisnut rougir par In rhnlcur. Quand on pince nn tel Gl dan» lu flumme d'une boagic. il (oaA in*tanlunénient. Si l'on emploie dn fil d'un plu» g-ro« diamètre. In i-halnir m dissipe en pnrlie pnr conduction et In fusion ne peut être obtenue. La t*-mp^ Tolnrc atteinte par les fils métalliques du couple tbermo-éleclriqne <h I« ChiUclicr dépend donc de leur dinmêtre. II ne faudrait par ciinBéquenl JHU accorder nui chiffrai nblonua par H, Lewes une valeur absolue ; ils «odl lUlefuis comparables entre eux puiaqu'ila ont été obtenu» nver un mfmc ppnrcil et dans de mémos conditions, lia indiquent simplement que la Uutpérulure de In Einmme dncélvléne est inoine élevée que celle des deux auUw implorés.
^B LA FLAMME DE L'ACETyLEXE rS;
^ft Les températures, loin tl't^tre proportionnelles aux ^■uantités de lumière fournies, seraient, au contraire, ^Bi raison inverse. On peut du reste se c.-onvaincre Caci- ^Kinient de la l'ail>le température moyenne de la llamme à ^Bfîétyléne en y introduisant un fil de Ter d'environ o, 5 mm ^B« diamètre; il ne fondra pas et son incandescence sera ^Beu intense; il se recouvrii'u d'un aliondoiit dcpôl de Harbone.
H Ce fait semble à première vue assez dilTioile à concilier ^BVec l'éclat de la ilamme. Il peut s'expliquer pourtant Bâ'une façon assez simple.
Considérons une flamme d'acétylène à son maximum d'éclairement ; nous savons que le gaz combustible doit être mélangé à un volume d'air considérable.
Lorsqu'on renflanimc, l'acétylène se décompose, ce qui produit une grande quantité de chaleur; or, la chaleur qui provient <ie la décomposition exothermique de l'acétylène se porlc presque exclusivement sur les produits de cette décomposition, c'est-à-dire sur les molécules de carbone et d'hydrogène; en efTet, lorsqu'on l'ait exploser l'acétylène par ime capsule de fulminate de mercure, on reconnaît que le (în papier qui entourait le fulminate est simplement percé par l'explosion, mais nullement carbonisé, bien que l'acétylène ait été décomposé avec émission de lumière et que la température ait atteint une valeur à laquelle le papier aurait été détruit.
Les corpuscules de charbon se trouveraient donc portés à une très haute température et celle-ci, entretenue par la combustion du carbone en présence de l'oxygène, serait la cause du brillant éclat de la llamme ; mais ces corpuscules seuls seraient portés à cette haute température, tandis que l'air au milieu duquel ils se trouvent noyés, 8im|ilement échauffé par rayonnement
•lAGi; A LACETi'LEyf:
t't par la combustion de riiyilrogènc, sersit à une lempérature heaiit-oiip plus basse. On rontoit donc que la température tlii carl)one, qui ne l'orme qu'une faiWo partie du volume gai^eux constituant la Itainnic, puisiw <>tre très élevée, tandis que la température moyenne iiiesiirée par 1»^ couple tUermo-électrique serait beaucniip plus basse.
Il laut reniai(]mM', cri outre, «pie le nombre de corpuscules de charbon portés à rineandcscence est excessivement grand, et que les dimensions de cliacun dViiï eont excessivement réduites. Ils tendent donc à se refroidir par rayonnement avec une très grantl»? rapidilO. 11 se produirait un ell'et analogue à celui qu'on obsene en taisant passer un courant électrique dans des (ils métalliques : ])our un même métal, plus le diamètre ilu (il est Un, plus il l'aut que le courant passant par unité de section soit intense pour que le fd soit porté à uni' même température; si l'intensité du courant par unité iIp section est constante, la température à laquelle le niélal est porté est d'autant plus i'aible que le <lianiétredu Gl est plus fin ; ceci s'explique très l'acilenieiit par l'action du rerroidisseinent par rayonnement et par convexion.
Cette dernière considération permet d'expliquer pourquoi racétylêne sans mélanffe d'une quantité stiflisanlc <roxygène produit une flamme jaunâtre et fuligineuse. Si l'on attribuait l'éclat de la flamme exclusivement ï la haute température provenant de la dêeoinposition exothermique, cet éclat devrait être à peu près le rnénif dans l'explosion en vase clos sans la présence de l'oxygène, puisque la température atteindrait ajjo* C il volume constant, d'après M. Bertlielol; mais les molécules de carbone rayonnant la chaleur qui leur a été (communiquée avec une excessive rapidité ne pourront atteindre une température très élevée; la llamnie pry-
nitri.Euns
t sera donc moins brillante que dans le premier s où la température des molécules est entretenue par haleur provenant de la c-ombustion du earljone et de fcydrogène par l'oxygène de l'air.
1 En résumé, la flamme de l'aeétvlèno ne serait pas
nparable à une masse homogène portée k une tempé-
;re uniforme ; elle serait composée de substances
îrscs portées à des températures différentes; les
olécules de carbone y seraient portées à une très haute
npérature, tandis que la température moyenne y
fierait faible.
Cette théorie permet d'expliquer très aisément tous les faits d'expérience. On conçoit notamment que l'éclat de la flanune soit peu modifié par la présence de gaz inertes (bien que la température moyenne doive ôtre diminuée) et que, par conséquent, entre certaines limites, la quantité de lumière donnée par un volume déterminé d'acétylène soit constante, ainsi que l'a reconnu M. Bullier.
BECS BRULEURS
100. Conàitions auxquelles doivent satisfaire les brûleurs- — U résulte de ce que nous venons de dire au ili'but de ce chapitre, que l'océtylène demande, pour donner une flamme très éclairante et non fuligineuse, à être bridé en présence d'une quantité considérable d'oxygène et que cette condition peut être réalisée de deux façons difl'èrentes :
i" En donnant au gaz une forte pression et en le brillant dans des becs à fente très fine, de façon que la
Eappe de gaz ainsi formée ayant une grande surface et ae faible épaisseur puisse puiser dans l'air atmosphérique la quantité d'oxygène suffisante ;
■>." En mélangeant de l'air ou de l'oxygène avec le gaz avant de le brider. On obtient un même résultat ca
i(io l'Êcf-.iin.iGE .1 f-.icr;rrf.E.\E
tliliiant l'acétylène avec un gaz incrlc, ce ijui lui jwriud de venir en contact avec iitie plus grande quantité d'oxygène atmosphérique.
De là deux classes de bnileurs bien distinctes, les brûleurs directs et les brûleurs à mélange.
La construction d'un bon brûleur à acétylène est une chose très difficile, car, sous l'action de la rlialeur qui se communique au bec, l'acétylène tend à se polymériser ; il se forme des hydrocarbures solides et liquides, qui se carbonisent et ne tardent pas, dans les brûleurs do la première classe, à boucher complêtemcnl l'orifice d'écoidement du gaz qui doit être 1res fin; h flamme perd alors de son éclat et devient futneusc: les impuretés qu'entraîne l'acétylène ordinaire tendcnl au même résultat. Il semblerait donc qu'à ce point Je vue les brûleurs de la seconde classe seraient préférables, car ils permettent l'emploi d'ajutages de plus grandr« dimensions.
Cependant, on peut atténuer cet inconvénient en donnant au brûleur des dimensions et une Corme telles que la chaleur perdue par conductibilité et par rayonnement soit suittsante pour empêcher itn échauirement notable des parois en contact avec l'acétylène; nous verrons plusieurs exemples de cette pratique dans les paragraphes suivants.
Il ne i'aut pas exagérer les incunvênienls <|ui résiillent de cet encrassement, car il se j)rodiiit exclusivement à l'extérieur quand le gaz est pur et, en prenant soin de brosser les becs tous les jours — on pourrait dire mourher les becs — on peut les éviter à peu près complètement. Il vaut cependant mieux, c'est évident, s'alVranchir de celle sujétion, d'autant plus que cet encrassement peut sr produire eu pleine marche et que les becs sont parl'oîs jieu facilement accessibles.
La pression bous laijncUo le f^az csL lni'ilé a aussi une nde importance ; (^lle doit être aussi élevOc que siLle, alin que la nappe gazeuse s'étende loin dans i'air, ce qui favorise son contact intime avec l'oxygt'ne et augmente, parconséquent, la quantité de lumière produite pour un même volume de gaz brûlé. En employant une forte pression, on diminue également la chaleur communiquée au lier, parce que la flamme est éloignée de celui-ci. Il serait donc préférable d'établir des brûleurs n'exigeant pas, ou à peine, de réglage par le robinet, qui tend à diminuer la pression d'utilisation.
Une autre considération doit intervenir dans la construction des becs à acétylène ; c'est la complète opacité de la flamme de cet hydrocarbure ; on peut s'en rendre compte par l'expérience suivante indiquée par M. R. Pictet : si l'on engendre une flamme d'acétylène à quelque distance d'un mur blanc ou d'un écran et que derrière elle on place un miroir, le mur sera éclairé à la fois par les rayons directs et les rayons réfléchis ; on verra l'image du foyer se détacher plus sombre que le fond, ce qui prouve que la flamme a arrêté les rayons réfléchis; elle agit donc comme un écran opaque.
Il faut, par conséquent, s'appliquer à obtenir des (lammes aussi minées que possible, afin qu'elles soient tout en surface, et éviter l'emploi de llammes dont la forme serait telle qu'une partie pût faire ombre aux autres, comme c'est le cas, par exemple, pour les becs
nds, genre Bengel, dans lesquels la surface intérieure ntribue que peu ou pas à l'éclairage.
Il résulte de tout ce qui précède que les becs actuels peuvent recevoir encore de très grands perfectionnements.
101. Becs genre Manchester, — Los becs Maiicliestir. connus aussi sous le nom de hecs Bray, sont In-s employi'S jtoiir l'i'-c lai rage à l'acétylène. Ils sont fornu's. comme on sait, par un chapiteati percé à sa partie siipi'-rienre de deux trous inclinés convergents ; les ileu% jets de gaz endanimé qui s'échappent par ces trous w rencontrent un peu au-dessus de l'ajutage, ce qui les force à s'étaler en une llammc mince en forme de papillon, qui est très éclairante.
Le réglage de ces becs est assez délicat ; si la pression est trop faible, ils fuliginent ; si au contraire elle est trop forte, ils liriilcnt en fer de lance avec une dammi' non éclairante. Enlin, on ne peut les faire brijler en veilleuses.
l'our obtenir une bonne combustion de l'acélvlène. il
faut (|ue les orifices par lesquels s'échappe le gaz soi* très tins, de i à il dixièmes de millimètre de diamêlroT suivant l'importance de la llamme qu'on veut obtenir et la pression du gaie.
MM. de Résener et Luchaire ont recherché expérinientalement quelles sont les meilleures proportions à
BECS ORCLECRS igl
cISnnër' aux hecs et ils ont conclu de leurs recherches que les deux jets gazeux doivent se i-encontrei- kous un angle de go' (fig. 86', que la pression doit i-tre d'au minimum So iti il lî mètres d'eau et que, pour des pressions variant de 80 à 100 millimètres dVau, les orifices de sortie du gaz doivent t^tre éloignés d'autant de millimètres qu'il est dépensé de Htres de gaz à l'heure pour les deux jets réunis, soit 3o, 35 ... millimètres pour des débits de 3o, 35 ... litres à l'heure.
Us disposent d'ailleurs, en avant de l'ajutage proprement dit, une chambre A d'un diamètre un peu plus grand que l'ajutage; le gaz ne s'enflamme qu'à l'extrémité de cette diambre qui est d'un diamètre suffisant pour ne pas s'encrasser facilement. Avec une pression assez élevée, ces becs auraient, paraît-il, donné de bons résultats.
M. Ragot avait déjà proposé l'emploi de deux ajutages séparés pour la formation de la llamme Manchester (fig. 87) ; il y avait été conduit en considérant que les
Kaammes seraient ainsi, sur tout leur trajet, entourées d'air et qu'il se formerait aussi un appel d'air plus énergique entre les deux lances gazeuses formant la flamme papillon, et que, par conséquent, les meilleures conditions pour brûler l'acétylène avec son maximum J'éclat seraient réalisées. Les becs de ce genre donnent
194 /.'ÉCLAIRAGE A LACÊTYLEXE
de bons résultats quand ils sont bien réglés, mais il fsl très (jifficile d'obtenir que les deux jets soient bifii dirigés l'un contre l'autre, parce que les liges se déibrment sous l'action des cho(;s et surtout des dilatations et contractions dues à la chaleur.
M. Ragot, et après lui, MM. Lebeau et Hiiller oui employé, pour éviter ce dernier inconvénient, des bec» plus rigides, de la forme représentée figure 88 ; W résultats ainsi obtenus auraient été très satisfaisants.
102. Becs bougies. — Parmi les brûleurs qui ont élt" employés avec le plus de succès, il faut citer ceux (jiii
donnent une flamme en forme de dard, ou de Ilamme de ))ougie. Ils se composent simplement d'une ouvort^u cylindrique de dimension convenable, percée daoi chapiteau du brûleur, ou bien d'un petit tube capîli
vortuj^^
unes ISJICLEUUS
I l'extrémité supérieure duquel le gaz est allumé. [ Lorsqu'on emploie ce type de brûleur, rintensitô bmineuse de la (lamme qu'on peut obtenir est rapide- ;nt limitée et on est conduit, lorsqu'on désire obtenir s foyers lumineux plus intenses, à multiplier le nombre les flammes. Dans les becs employés parle D' Clausolles, haque flamme donne une lumière de 8 bougies, les ïecs à plusieurs ajutages prennent la l'orme d'une omme d'arrosoir ou d'un champignon, comme l'indique p dessin reproduit en haut de la figure lii ; le chapiteau 8u brûleur est en aluminium ; lemploi de ce métal est très favorable.
Les brûleurs représentés figure 86, lorsqu'on les emploie isolément, donnent une flamme en forme de dard.
En groupant convenablement dans une même applique les becs de ce genre et les becs îlanchester, on peut obtenir des efl'orts artistiques très heureux. La figure 89 représente une applique artistique construite par JIM. de Résener et Luchaire, dans laquelle les dards forment les pistils lumineux de fleurs en métal ou en verre et le papillon semble suspendu entre deux fleurs, la flamme n'étant visible qu'au point où les deux jets se rencontrent et s'étalent.
Les brûleurs ordinaires à flamme en forme de dard s'obstruant facilement, un inventeur, M. Fescourt, a eu l'idée originale de construire des becs dans lesquels la manœuvre du robinet d'arrivée du gaz suffit à assurer le nettoyage automatique des brûleurs, La figure 90 représente la disposition qu'il a adoptée. Les brûleurs
Fig. 90.
Becs Fescourt à nettoyage auto ma-
196 L'ÉCLAIRAGE A L'ACÉTYLÈyE
sont Ibrméa par des tubes a; dans chacun de cciix-cî se trouve une petite aiguille b qui vient reposer, à la partie inférieure, sur une traverse p, fixée elle-même sur uaitige t, et qu'un ressort R presse contre un excentriques, monté sur la clé C, qui commande l'arrivée du gaz; lorsqu'on manœuvre cette clé, les aiguilles A sont soulevées et débouchent les orifices a de sortie du gaz, puis retombent sous l'action du ressort R.
103, BecB papillons. — Les becs papillons emplo}'és pour rt'clairagt; à racétyléne sont analogues aux becs de ce genre employés pour le gaz de houille, seulement la fente par laquelle le gaz s'échappe est beaucoup plus fine. Ils donnent de bons résultats lorsqu'ils sont souvent nettoyés.
Beaucoup de constructeurs placent à l'intérieur des brûleurs, de quelque genre qu'ils soient, un petit tatnpoD de toile métallique qui retiendrait une partie des impuretés contenues dans le gaz et diminuerait ainsi en partie l'encrassement des becs ; il éviterait, en outre, les retours de flamme dans les canalisations.
104, Brûleurs auto-mélangeurs.— Pour éviter l'emploi de becs à ajutages très lins qui se bouchent trop faci- Icmeiil, ^I. Bullier emploie des becs spéciaux daw lesquels l'acétylène se mélange à une proportion convenable d'air immédiatement avant d'être brùlé. On peut alors employer des orifices plus larges.
Les figures 91 à 94 représentent un liée de ce système, avec deux jets inclinés comme dans le bec Manchcsler- Le gaz arrive par les conduits centraux oa qui se relienl chacun respectivement, vers leur partie supérieure,» des conduits iaolinés venant aboutir à l'air libre en ///*. 11 se bit dans ces derniers un vif ap]iel d'air et celui-ci m
BECS BRULEURS
mélange avec l'acétylène pour donner une flamme bien éclairante. Les dimensions des conduits sont telles que le mélange contienne 5o pour loo d'air. Dans un bec genre Bengel (fig. gi) l'appel d'air est obtenu de même
P ^ r des passages latéraux entre l'ajutage du gaz et deux ^<^*iroiines eu, l'une extérieure, l'autre intérieure.
Dans un autre modèle, M. Bidiier emploie un dispo- ^* tir analogue à celui du bec Bunsen. Le gaz arrive par '^Ti ajutage étroit b au bas d'un long tube c à l'extrémité '"^Uqne! se trouve le brûleur, soit pour flan^me cylindrique '."•g. g r flamme plate, en papillon (fig. 97}. En
tacp d
^es h, un orifice d se trouve percé dans ntraîné par le gaz sous pression se
Iy8 L'ÉCLAIRAGE A L ACÉTYLEXE
mélange avec reliii-ci dans le tube c qui joue le rôle de chambre tle mélange, en sorte qu'on obtieni au brûleur une combustion complète donnant une Hanime très éclairante L'orifice d est muni d'une virole qui permet de l'obturer plus ou moins pour régler l'arrivée d'air et obtenir ainsi le maximum d'effet util*. En groupant (fig. 98) deux ou trois jets convergents, on obtieni un bec du genre Manchester don-
nant une belle flamme; r sont les viroles serva régler l'arrivée de l'air.
Ponr obtenir un meillenr brassage de l'air el de X tylène,M. Cruvoillier dispose à l'intérieur de la chambre de mélange plusieurs tuyères (fig. 99) d'ouverture dtf '
BECS BRULEURS
plus en plus grande; chaque cellule ainsi formée est munie d'orifices d'entrée de Tair, qui peuvent être plus ou moins obturés par la manœuvre du tube extérieur, afin de régler la proportion des deux gaz.