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CHAPITRE IV

Principes de l'éclairage par le gaz. — Pouvoir éclairant du gaz. — Comparaison du gaz de Paris avec celui des pays voisins. — Eclairage public et privé. — Eclairage avec le bec papillon. — Lanternes publiques. — Allumage et entretien des lanternes. — Candélabres et consoles. — Cuivrage des candélabres. — Pose et prix de revient des candélabres. — Candélabres spéciaux. — Bec intensif du QuatreSeptembre. — Candélabres pour becs intensifs. — Becs à récupération. — Le Parisien et Tlndustriel. — Becs divers à récupération. — Bec à récupération avec lanterne spéciale Oudry. — Candélabres pour becs à récupération. — Numéros lumineux. — Appareils pour illuminations. — Becs pour l'éclairage privé. — Becs à incandescence. — Bec à Talbo-carbon.

Ann€j:es. — Instructions de Dumas et Regnault pour la détermination du pouvoir éclairant el la vériQcation de la bonne épuration du gaz. — Heures d'allumage et d'extinction des lanternes de la voie publique.

Principes de l'éclairage par le gaz. — La quantité de lumière que peut produire du gaz, en brûlant, dépend de sa composition, de la forme du brAleur <it de sa vitesse d'échappement.

Nous avons vu que la composition moyenne du gaz, tel qu'il est livré par la Com|jagnie Parisienne, est la suivante :

Hydrogène 50.10

Gaz des marais . 33.03

Oxyde de carbone 8.21

Acide carbonique 1.72

Benzine 1.06

Autres carbures 3.88

Total 100.00

^^êxaà ces produits, les plus intéressants, au point de vue du pouvoir éclai-

rant, sont la benzine et les carbures. Leur proportion doit être sensiblement constante, ce que Ton obtient en mélangeant à la houille d'origine, qui en contient plus ou moins, des charbons donnant un gaz très éclairant, tels que le cannel coal.

Pour se rendre compte de Tinfluence de la forme du brûleur et de la pression, il est nécessaire de se rappeler ce qui se passe, quand du f^az brûle au contact de Tair.

L'hydrogène, le gaz des marais, Toxyde de carbone donnent, en se combinant avec Toxygène, de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique. La flamme que produisent ces gaz, en brûlant,* est peu éclairante ; maïs elle est chaude et suffisante pour décomposer la benzine et les carbures. Du carbone est mis en liberté et est porté à l'incandescence. Il se transforme h son tour en acide carbonique à la périphérie de la flamme.

Plus le carbone est incandescent et plus la flamme est lumineuse. Autrement dit, plus la flamme est chaude, et plus elle est lumineuse. Il faut donc faciliter, autant que possible, la combinaison des gaz combustibles avec Toxygène de l'air, d'où l'emploi de becs papillons ou de becs cylindriques, tels que le bec Bengel et le bec d'Argand.

Quant à la pression du gaz, elle influe en ce sens, que, plus elle est forte et plus le mélange avec l'oxygène de l'air se fait rapidement. La combustion du carbone est alors précipitée et la durée du rayonnement des particules abrégée. Il s'ensuit que la pression des gaz, à la sortie des brûleurs, doit toujours être faible. On la règle avec des robinets.

Pouvoir éclairant du gaz. — A Paris, le gaz doit être tel que 105 litres brûlés pendant une heure, dans un bec Bengel, sous une pression de 2 à 3 millimètres d'eau \ donnent autant de lumière qu'une lampe Garcel brûlant 42 grammes d'huile de colza épurée à l'heure.

La vérification du pouvoir éclairant du gaz intéresse au plus haut point non seulement la Ville, mais encore toute la population parisienne. Aussi, est-ejle faite, chaque soir, dans douze chambres noires réparties de manit^rc à ce que les essais portent sur les gaz produits par les différentes usines ^ Le cahier des charges stipule que la vérification doit être faite de huit heures à onze heures du soir; c'est, en effet, à ce moment que la consomniaiion présente son maximum d'intensité. Néanmoins^ sur la demande du Conseil Municipal, on procède également, depuis 1887, à des essais non 7*ég/pmeniaù'es du pouvoir éclairant, à des heures variables du jour et de la nuit.

^ Cette pression de 2 à 3 millimètres correspond au rendement lumineux maiimum du bec Bengel.

* Les emplacements de ces chambres noires sont indiqués sur la carte des périmèlres correspondant aux diverses usines. (Voir Chapitre III, figure 32.)

L'appareil avec lequel on compare les éclairements produits par la lampe Carcel et le bec Bengel est le photomètre de Foucault. Il se compose dune lunette et d'un écran circulaire, en verre amidonné, divisé en deux parties égales par une cloison verticale. On place la lampe type et le bec Bengel à

Figure 34.

Appareil pour la vérification du pouvoir éclairant du gaz

(Vue de côté.)

un mètre de Técran et symétriquement par rapport à la cloison. On fait ensuite mouvoir celle-ci de telle façon que chaque source lumineuse éclaire exactement Tune des moitiés de Técran. Si le titre du gaz est bien celui du cahier des charges Téclairement de l'écran doit être uniforme.

L'expérience se fait pratiquement pendant tout le temps nécessaire à la combustion de 10 grammes d'huile, c'est-à-dire pendant environ 14 minutes 17 secondes. A cet effet, la lampe Carcel est suspendue à l'un des fléaux d'une balance que Ton équilibre par une tare et que Ton surcharge ensuite de 10 grammes. On relie d'autre part le Bengel à un compteur de précision communiquant directement avec la conduite publique et on règle la sortie du

gaz à Taide d'un robinet à vis. Pendant toute la durée de Texpérience, on agit sur ce robinet de manière à maintenir l'éclairement de Técran bien uniforme. Quand les 10 grammes d'huile ont été brûlés, le fléau bascule et met en mouvement un timbre qui indique que Tessai est terminé. Soit 24 litres 5

Figure 33.

Appareil pour la vérincation du pouvoir éclairant du gaz

(Vue par rarrière).

le volume de gaz débité pendant Texpérience. On obtient le volume débité pendant une heure en efl'ectuant l'opération

Ce calcul suppose toutefois que Thuile consommée est telle, que le pouvoir éclairant de la lampe reste proportionnel à sa consommation. Or, ce fait se produit tant que la consommation horaire est comprise entre 38 et 44 grammes. On vérifie que Ton est bien dans ces conditions en relevant sur un compteur à secondes la durée de l'essai. Soit 15 minutes 1/2 le temps ob-

serve. Pendant une heure, la lampe brûlera ,m i^ = 38 gr. 7. Donc

l'essai est bon.

Toutes les précautions à prendre pour la marche de l'expérience sont d'ailleurs indiquées en détail dans une instruction rédigée, en 1860, par Dumas et Regnault, et que l'on trouvera aux annexes *.

On fait trois essais par soirée, à une demi-heure d'intervalle chaque, et Ton en prend la moyenne. Celle-ci ne doit jamais être supérieure à 27 litres 50. La moyenne mensuelle doit être de 25 litres — correspondant à 105 litres à l'heure — en nombre rond.

Les résultats suivants ont été obtenus en 1890, 1891, 1892 et 1893 :

Essais réglementaires du soir

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