‹ L'éclairage a ParisChapitre 15 sur 109 · ESSAIS · texte numérisé non relu

ESSAIS

1" Trimestre : moyenne

Moyenne annuelle

Ces derniers résultats sont un peu moins satisfaisants que ceux obtenus pendant les essais réglementaires. Le fait tient vraisemblablement h ce que les essais non réglementaires sont effectués alors que le gaz circule dans les conduites avec une vitesse suffisamment faible pour qu'il perde en route quelques hydrocarbures condensables. L'écart devra s'atténuer au fur et à mesure que la consommation de jour augmentera, ce que la Compagnie Pari-

' La même instruction indique la règle à suivre pour vérifier la bonne épuration du gaz. Cette vérification ne porte que sur la teneur en acide sulfhydrique. Le gaz doit être tel qu'il ne noircisse pas, même très faiblement, une bande de papier non collé imprégné d'une dissolution au centième d'acétate neutre de plomb.

ÉCLAÎKAGE AU GAZ 89

sienne cherche à obtenir en poussant à Femploi du gaz comme moyen de chauffage dans les cuisines ^

En matière de vérification du pouvoir éclairant du gaz l'exactitude du compteur, par lequel se trouve mesuré le gaz débité par le bec Bengel, doit être indiscutable. Pour qu'il n'y ait pas de contestations possibles on procède tous les huit jours, en présence d'un agent de la Compagnie du Gaz, à une vérification de cet appareil. A cet effet on emploie le gazomètre représenté sur le côté droit de la figure 35. C'est un cylindre dont on peut chasser 23 litres de gaz en y faisant écouler 25 litres d'eau, préalablement versés dans un réservoir supérieur. Le gaz ainsi chassé du gazomètre passe par le compteur et celui-ci doit accuser un débit de 25 litres, à moins de 1 °/o près.

On trouvera encore tous les détails de l'opémtion dans Tinstruction de Dumas et Regnault donnée aux annexes.

Comparaison du gaz de Paris, avecle gaz des pays voisins. —

Le titre du gaz varie suivant les pays. On commettrait donc une erreur en comparant les différents prix de vente du gaz, abstraction faite des pouvoirs éclairants.

Il convient également de faire entrer en ligne de compte le rendement lumineux des brûleurs types employés dans les essais.

Voyons, par exemple, ce qui se passe à Londres.

Le bec type est le « London Argandn'' / de Sugg ». Tous les mesurages officiels sont effectués pour une consommation de gaz de 142'" à Thcure.

Le London Argand doit donner dans ces conditions autant de lumière que 16 bougies anglaises de spermaceti. Or, d'après Schilling, le London Argand a un rendement supérieur de 17 7o à celui du Bengel. On peut donc établir le calcul suivant, en admettant que la Carcel vaut 9,6 bougies anglaises :

105 litres de gaz de Paris brûlés dans un Bengel donnent. 9.6 bougies.

142 — brûlés dans le London Argand

donnent 15.2 —

Le gaz de Londres produisant un éclairement de 16 bougies est donc supérieur de 5,3 "^/o au gaz de Paris. La différence est en réalité un peu moins forte, car le titre du gaz de la Compagnie Parisienne est légèrement supérieur à celui qu'impose le cahier des charges.

La supériorité du gaz anglais croît à mesure que Ton se rapproche de TEcosse où existent des mines abondantes de cannel.

En Allemagne, il n'y a pas d'étalon fixe. On emploie généralement le bec

* La consommation de jour, en 1803, a atteint 28,7i 0/0 de la consommation totale. Elle n'était que de 26 0/0 en i890.

d'Argand fabriqué par la maison Elster. Ce bec est, comme le London Argand, supérieur au Bengel; en sorte qu'il faut faire subir aux résultats obtenus une réduction analogue à celle que nous avons calculée plus haut. D'après MM. de Mont-Serrat et Brisac * le gaz de Paris serait de 6 •/o supérieur au gaz de Berlin.

En Italie, en Espagne et en Belgique on évalue généralement le pouvoir éclairant du gaz en suivant les prescriptions de Dumas et de Regnault.

Eclairage public et privé. — On a déjà pu juger, par les chiffres précédemment indiqués (chapitres II et III), de l'importance exceptionnelle de l'éclairage au gaz, dans Paris.

Il ne faudrait pas croire, cependant, que le gaz règne sans conteste chez les particuliers. Il a en effet à lutter, d'une part contre le pétrole dans les petits logements ou dans les maisons d'ouvriers, d'autre part contre l'électricité dans les magasins, les hôtels et les appartements luxueux.

Le nombre des abonnés de la Compagnie Parisienne dépasse aujourd'hui 260.000. Il s'accroîtrait assurément avec une grande rapidité, si le prix du gaz était abaissé, et si les frais dits accessoires j comme ceux de location et d'entretien de branchements, de robinets d'arrêt, de compteurs, etc.. étaient ramenés à des chiffres plus acceptables ^ C'est surtout par l'élévation de ces derniers frais qu'il faut expliquer le grand nombre de branchements actuellement improductifs. On est assez surpris de constater que, sur les 400.000 branchements de la Compagnie il n'y en ait que 60 7o de productifs.

L'éclairage public comprend, comme nous l'avons vu, l'éclairage des bâtiments communaux ou assimilés et l'éclairage des voies publiques.

Il n'y a qu'un nombre excessivement restreint de bâtiments communaux ou de rues éclairés à l'électricité. En matière d'éclairage public, le gaz a donc à Paris un rôle des plus étendus et qui, d'ailleurs, se traduit par une dépense annuelle dépassant actuellement 6.750.000 francs'.

L'éclairage des rues offre évidemment un intérêt extrême. Paris ne peut s'éclairer comme une bourgade et il n'est pas de Service Municipal qui doive être assuré avec autant de soin et de régularité. Ce n'est pas une petite affaire que d'entretenir les milliers d'appareils qui brûlent chaque nuit sur les voies

* De Mont-Serrat et Brisac. — Le gaz et ses applications,. .

* Voir, Chapitre V, les récentes propositions faites, dans cet ordre d'idées, par la Compagnie du gaz.

* Dépensés constatées en 1892 :

Fourniture de gaz dans les bâtiments communaux 1.227. 569. 65

Entretien des appareils dans les bâtiments communaux 240.870.33

Fourniture de gaz pour Téclairage des voies publiques 4.075.541.32

Entretien des appareils servant à Téclairage des voies publiques . . i .206.027.47

Total 6.750.008.77

publiques. Le choix des becs, des candélabres, remplacement des foyei's donnent lieu également à de véritables problèmes, en sorte que, finalement, l'éclairage des rues nécessite une étude beaucoup plus approfondie que celui des bâtiments communaux ou des particuliers.

Il est par suite naturel, dans l'examen que nous allons maintenant entreprendre des divers appareils de l'éclairage au gaz, de donner la priorité à ceux par lesquels l'éclairage des voies publiques se trouve assuré.

Eclairage avec le bec papillon. — Le bec généralement employé pour l'éclairage des voies de Paris est un bec papillon débitant 140 litres à l'heure. Il se compose d'un petit tube en fer, de 4"/m,5 de diamètre intérieur, terminé par un bouton fendu verticalement. La largeur de la fente est de 0"/b»,6. Elle résulte d'une série de très intéressantes expériences faites par MM. Audouin et Bérard sur le fonctionnement des becs papillons. Il a été démontré que les becs du type adopté par la Ville de Paris avaient un rendement lumineux maximum lorsque la fente du papillon était de 0"/a,7 et que le gaz s'échappait avec une pression de 2 à 3 millimètres d'eau. Pratiquement on a pris une fente de 0"/ni,6 afin d'obtenir une flamme un peu raide et susceptible de résister aux courants d'air. La pression du gaz dans le brûleur doit être alors de 3"/n„5 d'eau.

La pression du gaz dans les branchements est bien supérieure à 3"/m,S. On la réduit de la quantité voulue dans le brûleur même en étranglant le passage du gaz à l'aide d'un robinet. On pourrait employer aussi des régulateurs, comme cela se fait dans un grand nombre de villes ; mais le fonctionnement de ces appareils laisse parfois à désirer. A Paris on les a systématiquement écartés.

Gomment vérifier que la pression du gaz dans le brûleur est bien de 3"*/«,5 ? Simplement par l'inspection de la flamme. Avec un bec bien réglé, en effet, la flamme présente des dimensions parfaitement déterminées. Ce sont 7 centimètres pour la largeur et 6 centimètres pour la hauteur.

Le règlement de la flamme incombe aux allumeurs de la Compagnie. Comme des dimensions trop faibles donnent lieu à l'application d'amendes, le personnel de la Compagnie du Gaz a plutôt tendance à donner des flammes fortes que des flammes faibles. Aussi la consommation réglementaire de 140 litres à l'heure est-elle souvent dépassée.

Exceptionnellement, pour l'éclairage des colonnes-affiches on emploie un bec papillon de 100 litres à l'heure. Les dimensions de la flamme sont : largeur 5 centimètres, hauteur 4 centimètres.

Le cahier des charges de la Compagnie prévoit enfin, pour l'éclairage des voies publiques, un bec papillon de 200 litres. Mais un tel bec n'a jamais été employé.

Il existe actuellement en service 50.000 becs papillons de 140 litres et 1.500 becs papillons de 100 litres pour colonnes-affiches.

Lanternes publiques. — Les becs papillons sont placés dans des lanternes vitrées en laiton, ornées d'un chapiteau*. Celles-ci sont ou carrées ou rondes. Le premier modèle est surtout employé pour les candélabres en

Figure 36.

Lanterne carrée pour bec papillon.

Figure 37.

Lanterne ronde pour bec papillon.

fonte simplement peints. La lanterne ronde, qui est plus décorative et qui assure une meilleure répartition de la lumière, est réservée pour les candélabres cuivrés.

Ces lanternes sont à quatre panneaux, dont Tun est mobile pour le nettoyage. Le chapiteau est percé d'ouvertures verticales par lesquelles s'échappent les produits de la combustion. La fermeture inférieure est en verre. Un irapillon, ménagé dans cette partie, permet l'introduction, dans Tintérieur, de la lampe des allumeurs. Ce trapillon, suivant que hi lanterne est carrée ou

^ Ce laiton est composé de 67 parties de cuivre rouge pour 33 peurties de zinc. Une lanterne ronde ordinaire (verres et raccords non compris) pèse 12''k,360.

ronde, consiste soit dans un petit triangle en toile métallique que Ton peut

faire tourner autour d'un de ses côtés, soit dans un secteur en verre, mobile autour d'un axe vertical.

Le bec est placé au milieu de la lanterne et orienté de manière que la flamme soit perpendiculaire aux façades des maisons. Il est muni, dans l'intérieur môme de la lanterne, d'un robinet que l'on peut manœuvrer à l'aide d'une bascule. i\ I ; n if Quand le robinet est fermé, la bascule est hori-

zontale. De cette façon les trépidations du sol ont plutôt tendance à ouvrir qu'à fermer le robinet.

Dans beaucoup de villes les robinets sont extérieurs à la lanterne. A Paris on préfère les mettre à l'intérieur, car, de cette façon, ils se réchauffent un peu et échappent aux obstructions par la naphtaline.

On a reconnu que la présence de réflecteurs dans les lanternes, augmentait assez sensiblement la quantité de lumière projetée sur le sol. Aussi toutes les lanternes nouvelles sont-elles munies de réflecteurs en porcelaine.

Les lanternes, quel que soit leur modèle, sortent toujours des magasins de la Ville de Paris. Elles sont posées par la Compagnie du Gaz, à un prix convenu.

Figure 38.

Bec papillon.

Allumage et entretien des lanternes. — L'allumage et l'entretien des lanternes de la voie publique incombent à la Compagnie Parisienne.

Moyennant une redevance de 0^03 par lanterne et par jour, elle doit assurer l'allumage et l'extinction de tous les becs de la voie publique suivant un horaire arrêté par le Préfet (1). Toutefois, une certaine tolérance est accordée. C'est ainsi que l'allumage peut être commencé vingt minutes avant l'heure indiquée et ne se terminer que vingt minutes après*. Pour l'extinr-

« Voir cet horaire aux annexes.

^ Surtout maintenant que nous sommes habitués à IMnslantanéilé de Tallumage des lanternes électriques, cette latitude parait un peu excessive. Lorsque l'allumeur arrive aux dernières lanternes l'obscurité est souvent complète. On ne ressent pas cet inconvénient dans les rnes très fréquentées dont les magasins allument de bonne heure et contribuent pour une bonne part à Téclairage public, mais il est très sensible dans les quartiers éloignés et un peu déserts.

tion, qui exige moins de temps que Tallumage, puisque Tallumeur n'a plus à régler de flamme, le cahier des charges n'admet qu'une tolérance de dix minutes avant ou après l'heure du tableau. La Compagnie dispose, pour cette double manœuvre, d'un personnel de 1.200 allumeurs suivant chacun un itinéraire approuvé par l'Administration. Cette petite armée, dans laquelle doit régner une discipline et une exactitude parfaites, est divisée en sections et en brigades. Chaque brigade a un lieu de rendez -vous oii l'on fait l'appel et d'oii elle s'éparpille dans les rues qui lui sont dévolues.

Dans beaucoup de villes on éteint par économie la moitié des becs à minuit, quelquefois ihème, lorsque la lune est supposée devoir apporter à l'éclairage des rues le concours de sa pâle lumière, on n'allume qu'une très petite partie des appareils. Un tel système est évidemment inapplicable à Paris. La seule réduction que l'on se permette, c'est de restreindre le débit des becs intensifs et des becs à récupération. Ces divers becs, que nous étudierons plus loin, sont tous munis d'un papillon de 140 litres qui reste seul en service après minuit et demi *.

Les becs permanents brûlent, par an, pendant 3.737*»«"'«»,92 ; les becs variables pendant 2. OeO»»*»'^,! 7.

L'entretien des lanternes consiste surtout dans leur nettoyage journalier et dans le remplacement des verres fêlés ou cassés. La somme que la Compagnie touche par jour pour cet entretien est de 1 centime pour les lanternes carrées et de 3 centimes 1/2 pour les lanternes rondes. Ces prix comprennent le renouvellement de la peinture des supports.

L'Administration fait faire de fréquentes tournées pour s'assurer que la Compagnie exécute strictement ses obligations. Et, pour qu'il n'y ait pas de contestation possible sur l'appréciation des infractions constatées, des allumeurs de la Compagnie accompagnent les agents du service de l'éclairage dans leurs tournées. Toute infraction donne lieu à l'application d'amendes, suivant un tarif inséré dans le cahier des charges.

Candélabres et consoles. — Les lanternes sont supportées par des candélabres, des candélabres-consoles ou des consoles. Exceptionnellement, comme sous les arcades de la rue de Rivoli, elles sont suspendues directement aux maçonneries. Tous ces appareils sont fournis, comme les lanternes, par la Ville de Paris, qui traite, pour leur acquisition, avec des entrepreneurs spéciaux. Ils sont mis en place et entretenus par la Compagnie Parisienne à un prix convenu.

* Nous devons cependant expliquer que, dans quelques rues à éclairage très chargé, comme la rue de Rivoli, on éteint à partir de minuit et demi un certain nombre de lanternes. On ne maintient aussi qu'un seul bec en service après minuit et demi sur la plupart des candélabres à 3 et à 5 lumières.

Les consoles sont posées directement sur les maisons, à 5 mètres environ au-dessus du sol. Le tuyau d'alimentation est noyé dans l'épaisseur même

JO

Candélabre-console

Figure 40.

Candélabre nouveau modèle

(candélabre Oudry).

des murs de façade, ce qui n'est pas toujours très bien accepté par les propriétaires. On peut craindre également que des infiltrations de gaz, ne se

répandent, en cas de fuite, dans les maisons voisines. Aussi, maintenant, renonce-t-on complètement aux consoles. On les remplace par des candélabresconsoles que Ton pose à quelques centimètres des façades des maisons, et qui en sont absolument indépendants.

Les candélabres sont employés dans toutes les rues où les trottoirs ont 2", 40 de largeur et plus. L'ancien modèle est assez disgracieux. 11 existe surtout dans les quartiers excentriques. Le candélabre nouveau modèle est d'un aspect réellement satisfaisant. Il est en fonte bronzée au pinceau ou cuivrée par le procédé Oudry *. Il comprend trois parties : le socle, qui est enfoui dans le sol, la borne et le fût.

L'entretien des candélabres, candélabres-consoles et consoles incombe à la Compagnie Parisienne. Cet entretien comporte principalement le renouvellement des peintures, le lavage des candélabres, au moins une fpis par mois, et le cirage mensuel des candélabres cuivrés.

Afin de se reconnaître très rapidement au milieu des milliers d'appareils qui éclairent les voies publiques, on munit chacun d'eux d'une petite plaque indicative. Celle-ci contient le numéro de l'arrondissement et un numéro d'ordre. Rien n'est plus facile, dans ces conditions, que de signaler ou de retrouver un appareil quelconque.

Cuivrage des candélabres. — Le cuivrage d'un candélabre ordinaire coûte 112 francs. Cette somme est élevée; mais les candélabres y gagnent un air de propreté et d'élégance qui contribue beaucoup à leur effet décoratif.

Le cuivrage des candélabres s'effectue dans les établissements électrométallurgiques de la maison Durenne, à Auteuil. On commence d'abord par recouvrir le candélabre intérieurement et extérieurement d'une couche de minium et d'un vernis résineux qui rend les surfaces mauvaises conductrices de l'électricité. Puis on enduit de plombagine toutes les parties qui doivent recevoir un dépôt de cuivre. On plonge alors l'appareil dans un bain de sulfate de cuivre que l'on décompose par le courant d une batterie de piles. L'un des pôles est relié au candélabre. Sous l'influence du courant, le cuivre se dépose sur toutes les parties rendues bonnes conductrices par la plombagine.

L'épaisseur du cuivre doit être au minimum d'un demi-millimètre ; elle atteint môme un millimètre dans les saillies. On est obligé de lui donner cette importance pour augmenter sa résistance. Malgré cette précaution, comme elle ne repose pas immédiatement sur la fonte, elle se déchire assez aisément. C'est un inconvénient du système, mais il parait difficile de l'éviter,

^ Nous devons ciler aussi uu modèle intermédiaire : le candélabre Lacarrière.

*tra

car, lorsque le cuivre et la fonte sont en contact immédiat, il se forme, sous rinfluence de Thumidité de Tair, un élément de pile. L'eau est décomposée et son oxygène détruit la fonte très rapidement.

Quand les déchirures sont peu étendues, on peut les réparer sur place avec un enduit de copal et de cuivre appliqué à chaud. Si la réparation est importante on dépose les candélabres et on les retourne à l'usine.

Les candélabres ne sont jamais posés dans l'état où ils sortent des bains galvanoplastiques. On les enduil de cire dissoute dans de l'essence de térébenthine et on les frotte avec un chiffon de laine. Us prennent ainsi un aspect moins criard ; en même temps la couche de cire s'oppose à l'altération du métal. L'entretien du cuivrage d'un candélabre ordinaire coûte 0^,0049 par jour. On fait également des candélabres-consoles cuivrés. La dépense de cuivrage est de 84' ; celle de l'entretien du cuivrage de 0^0049 par jour.

Pose et prix de revient des candélabres. — Les candélabres sont

placés à une distance minima de 0",55 de l'arête extérieure des bordures de trottoirs. 11 sont scellés dans un massif de maçonnerie présentant 1",00 de largeur, 1°,00 d'épaisseur et 0",70 de hauteur.

Le tuyau de branchement qui est, comme nous l'avons vu (page 56), en plomb de 27 millimètres, pénètre dans le candélabre par une des ouvertures du socle et remonte dans la borne et le fût jusqu'à la tête. On préfère ce système à celui qui consiste à se servir du fût comme conduite de gaz, car il serait bien difficile, alors, d'éviter des fuites. Le raccord du branchement et du bec se fait par l'intermédiaire :

l°D'un raccord de plomberie, pièce en cuivre qui traverse une plaque circulaire en cuivre vissée sur la tête du candélabre et dite plaque-crapaudine. Une bague serre fortement le raccord contre la plaque crapaudine.

2** D'un raccord qui vient se visser sur le raccord de plomberie et qui est lui-même muni intérieurement d'un pas de vis. Un renflement ménagé dans la partie inférieure du raccord permet de serrer contre la plaque-crapaudine les croisillons de la lanterne.

Fig. 41.

Raccord du bec papillon avec la le te

d'un candélabre.

3° D'une chandelle, tube en cuivre dans lequel est vissé le bec papillon proprement dit.

Par le socle pénètre également un tuyau de 0'',013 en plomb qui communique avec le drain du branchement. On le fait aboutir à une petite ventouse de 0n»,03 pratiquée dans la borne. Le tuyau d'évent n'est placé que dans les voies plantées.

Un candélabre Oudry (fût de 1",85) muni de sa lanterne revient, mis en place, à 270 francs, comprenant:

Candélabre 39 francs.

Cuivrage du candélabre 112 »

Lanterne ronde 47 »

Pose (en moyenne) 72 »

Total 270 francs.

Il est intéressant de donner la décomposition du prix de pose, afin de renseigner sur les prix élémentaires appliqués à Paris.

DÉCOMPOSITION DU PRIX DE POSE d'uN CANDÉLABRE*

Fouille pour scellement

Fouille pour branchemeot (au mètre linéaire).

Enlèvement des terres

Massif en moellons neufs

Fourniture et pose de voliges

Transport de candélabre

Vitrage et masticage de la lanterne. . . Fourniture et pose de plomb de 0",027 . Soudure de 00^,027 sur cuivre ....

Collets battus

Paire de brides en fer de 0",027 ....

Empâtement en bitume

Prise de gaz

Pose de robinet-chandelle

Fourniture et pose de plaque du numéro

Montage du candélabre

Mise à plomb

Pose de porte de candélabre

Pose de la lanterne ronde

Nettoyage de la lanterne

> Eu supposant un branchemenl de 5"^ de longueur

Quantités

Prix élémentairM

Prodoits partiels

o-»,soo

TOTAI

Soit

Un candélabre-console cuivré, avec lanterne ronde, revient un peu moins cher que le candélabre ordinaire.

La dépense peut être évaluée à 247 francs se décomposant en

Candélabre-console 42 francs.

Cuivrage du candélabre-console. 84 »

Lanterne ronde 47 »

Pose (en moyenne) 74 »

Total . . . 247 francs.

Avec une lanterne carrée le prix est de 241 francs.

fe..

Fij^ure 42.

Candélabre modèle de

la Place de TËtoile.

Candélabres spéciaux. — Pour faire contribuer davantage les candélabres à la décoration des voies publiques on a été amené, dans certains cas, à remplacer le candélabre type, par des candélabres plus volumineux ou plus luxueux.

Nous pouvons citer particulièrement ceux de la place de TEtoile (figure 42) et des Champs-Elysées (figure 45).

La place de la Concorde si belle, si grandiose est exclusivement éclairée par des candélabres spéciaux. C'est d'abord une grande profusion de candélabres, modèle des Champs-Elysées, formant de belles lignes qui encadrent les chaussées accessibles aux voitures ; puis, symétriquement disposées et prolongeant la balustrade qui fait le tour de la place, de belles colonnes rostrales à deux lanternes (figures 46 et 47).

Ailleurs, pour renforcer Téclairage, on a posé des candélabres à trois et à cinq branches (figures 43 et 44). Ce dernier modèle, dont le fût est en bronze, comporte un socle en pierre de taille. 11 sert surtout pour Téclairage des refuges.

Il existe encore à Paris un très grand nombre de candélabres spéciaux. Ils ont été principalement combinés pour compléter la décoration d'ouvrages servant à la circulation comme les ponts, les escaliers, etc...., ou de bâtiments ayant un caractère d'utilité publique.

Ces candélabres ont des formes plus ou moins heureuses. Nous nous bornerons à indiquer les candélabres du pont de la Concorde (figure 48) et les superbes colonnes rostrales qui éclairent le pourtour de l'Opéra (figure 49).

iOO L^ËCLAtltAGE A PARIS

Signalons, enfm, que riMiiphn de foyers lumineux très puissants a néces-

Figure 43, Candélabre à trois branches »

Figure 44.

Candélabre à cinq branches.

site la cv{iii\ùn de qutdqut^s lypt^s spéciaux tels que le candélabre pour

lOi

Figure 45.

Candélabre modèle des Champs-Elysées.

Colonne rostrale de la Place de la Concorde .

ÉCLAIBAGE AU GAZ

Figure 48. Figure 49.

Candélabre du Pont de la Concorde. Colonne rostrale du pourtour de TOpéra.

refuge, avec socle en fonte, et le candélabre pour bec intensif ou pour lanterne à récupération. Nous en reparlerons plus loin.

Bec intensit du Quatre-Septembre. — Les becs papillons de 140 litres employés pour l'éclairage des voies publiques n'ont qu'une intensité horizontale de 1 carcel*. C'est insuffisant dès que l'on a à éclairer de grands espaces, comme des places et des carrefours. On a d'abord été conduit à mettre deux becs dans une môme lanterne*; puis, ainsi que nous venons de le voir, à installer des candélabres à trois et à cinq branches. Mais ces derniers, excellents au point de vue décoratif, sont loin de donner, en raison des ombres portées, des intensités lumineuses proportionnelles au nombre de becs employés.

La Compagnie du Gaz a été amenée, par suite, à créer deux types de lanternes intensives de 1400 et 875 litres de débit à l'heure, et produisant respectivement, suivant l'horizontale, 13 carcels et 7 carcels.

Figure 50.

Bec intensif du Quatre-Septembre de 1400 litres.

Les premiers essais ont été faits, en 1878, dans la rue du Quatre-Septembre. Le bec intensif de la Compagnie Parisienne est, pour cette raison, connu sous le nom de bec du Quatre-Septembre.

* L'intensité du bec papillon à feu nu est de ioarcei^i. Le vitrage de la lanterne la réduit de 10 Vo-

' Kxemple : les candélabres de la place de PEtoile.

. Le bec de 1400 litres se compose de 6 becs papillons à fente de six dixièmes de millimètre, également répartis suivant une circonférence et disposés de manière que les fentes soient perpendiculaires aux rayons. Deux coupes en cristal situées au-dessous des becs déterminent deux courants d'air, Tun intérieur aux flammes, l'autre extérieur. Dans ces conditions, la combustion du gaz se fait mieux que dans le papillon à air libre, ce qui explique le meilleur rendement du bec (1 carcel 3 pour liO litres au lieu de 1 carcel). L'allumage ne se fait pas à la lampe, car la lanterne n'a pas de trapillon. On allume le bec à l'aide d'une veilleuse de 13 à 20 litres à l'heure. La couronne est surmontée d'un bec papillon de 140 litres, dit bec de minuit, qui reste seul allumé après minuit et demi.

Figure 51.

Lanterne pour bec intensif.

Le bec de 875 litres ressemble au bec de 1100 litres, mais les coupes de verre sont verticales et le nombre des becs de la couronne est réduit à 5.

En raison de leurs dimensions les becs de 875 litres et de 1400 litres n'ont pu être logés dans les lanternes rondes ordinaires pour bec papillon de 140 litres. On a construit, pour les recevoir, deux lanternes spéciales un peu plus volumineuses.

Les becs, type du Quatre-Septembre, sont très décoratifs. Aussi ont-ils été accueillis avec une faveur marquée par le public et par le Conseil Municipal. On en demanda bientôt dans tous les quartiers et, en quelques années, Tadministration dut en faire placer plus de 2000.

L'entretien du bec proprement dit est assuré par la Compagnie Parisienne qui perçoit par appareil et par jour une somme de 0^,05 pour le type de 875 litres et une somme de 0^,06 pour le type de 1400 litres. Ces redevances sont indépendantes de celle de 0^,065 qu'elle touche pour Tallumage, l'extinction et rentieticn de la lanterne.

Li*s dépenses totales journalières, moins toutefois la dépense de gaz a (Vc rente au bec de minuit, sont résumées pour l'un et l'autre type dans le tableau ci-après.

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