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EN WATTS

Puissance en kilowatts

CANALISATIONS ÉLECTRIQUES {sUltc) 325

A leur sortie du transformateur, les câbles du circuit secondaire viennent se fixer à deux bornes de coupe-circuits avec plombs fusibles. L'une de ces bornes est reliée à un appareil de mise à la terre, système Cardew. De cette façon, si une communication directe s'établissait dans le transformateur entre le circuit primaire et le circuit secondaire, le courant à haute tension ne pourrait pénétrer chez Tabonné.

Tous les appareils que nous venons de rencontrer sont placés dans un local dont les agents du Secteur ont seuls la clé. Les abonnés n'ont donc à leur portée que des courants à 110 volts absolument inofïensifs. Le circuit intérieur est commandé par un interrupteur bi-polaire; puis on rencontre un compteur et* enfin un coupe-circuit.

Canalisations nouvelles de la Compagnie Parisienne de Tair comprimé et du Réseau Municipal. — En expliquant les transformations qui viennent de s'accomplir dans le système de distribution de la Compagnie Parisienne de Tair comprimé nous avons dit que cette Compagnie adoptait, pour ses canalisations nouvelles, des câbles armés et isolés posés directement dans le sol.

Ces câbles sont soit des câbles Siemens identiques à ceux du Secteur de la place Clichy, soit des câbles isolés au caoutchouc.

Nous n'avons pas à revenir sur les câbles Siemens dont nous avons donné la constitution, le mode de pose, de jonction, etc Les câbles au caoutchouc n'en diffèrent que par l'isolant qui est formé de caoutchouc vulcanisé entouré d'une série de rubans caoutchoutés. Comme couches protectrices on rencontre une gaine de plomb et une chemise de jute, avec armature métallique et une enveloppe extérieure en jute. Les jonctions et croisement de câbles se font en réunissant les âmes en cuivre par des épissures et en refaisant l'isolant.

Les câbles nouveaux du Réseau Municipal sont aussi du système Siemens. Nous renvoyons à ce qui a été dit précédemment.

Isolement des canalisations souterraines. — 11 n'existe pas à Paris de règle générale permettant d'établir le minimum d'isolement que l'on peut exiger des canalisations souterraines*.

* Nous avons eu Taccasion de dire, pof^e 276, que l'arrêté ordinaire réglementant les conditions d'établissement et de fonctionnement des conducleursd'électricité sur la grande voirie nationale n'avait pas été pris pour Paris. Cet arrêté contient, relativement à l'isolement des canalisations, la règle suivante :

Le réseau doit être disposé de façon à ce qu^on puisse débrancher les abonnés et diviser en parties la canalisation principale .

Dans chaque partie de cette canalisation, la résistance d^isolfment entre les conducteurs et la terre, exprimée en ohms, ne doit jamais être inférieure à 5E*, E désignant

Mais le Conseil Municipal, auquel le cahier des charges type réserve l'approbation des divere systèmes de canalisation, peut rejeter toute disposition qui lui parait incompatible avec un bon isolement des conducteurs.

Pour le cas spécial du Secteur des Champs-Elysées (courants alternatifs à 3.000 volts), il a paru cependant utile, vu la haute tension des courants employés, d'indiquer nettement Tisolement minimum exigible. Avant Fexécution des branchements, Tisolement doit être d'au moins 500 mégohms par kilomètre*. Après Texéculiondes branchements la résistance d'un circuit complet, comprenant tous les appareils, doit être telle qu'en mettant un point de ce circuit à la terre à travers une résistance de 2.000 ohms, la perte ne dépasse pas 2 millièmes d'ampère.

Une règle analogue existe en Angleterre. En Belgique, on exige, pour les conducteurs seulement, avant l'exécution des branchements, un isolement d'au moins 50.000 ohms par volt et par kilomètre. Cette règle, qui parait un peu excessive pour la basse tension (5 mégohms à 100 volts) est convenable pour les hautes tensions. Après exécution des branchements, si une partie quelconque du circuit est mise à la terre, à travers une résistance de 2.000 ohms, la perte du courant ne doit pas excéder 0*°"p*",04 dans le cas de courant continu et 0*'°t'*^®,02 dans le cas de courant alternatif. Comme on le voit ce dernier chiffre (0*°*p*''®,02) est beaucoup moins rigoureux que celui qui est imposé au secteur des Champs-Elysées.

L'isolement des canalisations souterraines a une importance telle que l'Administration a déjà reconnu, plusieurs fois, la nécessité de compléter les dispositions un peu vagues du cahier des charges ou des arrêtés d'autorisation spéciaux à chaque secteur. C'est surtout après les accidents causés par les canalisations en poterie qu'elle a dû intervenir. Un arrêté du 30 Juillet 1891, dont nous reparlerons plus loin*, oblige les sociétés à vérifier l'isolement des canalisations au moins une fois par an. Les résultats sont consignés sur un registre spécial que peuvent se faire présenter les agents de l'Administration.

On voit cependant qu'il ne s'agit encore là que de prescriptions générales. Le minimum de l'isolement reste toujours un peu arbitraire. A titre de renseignement nous donnons ci-après les résultats de quelques mesures effectuées sur deux des secteurs.

la différence maximum de potentiel entre les conducteurs exprimée en volts.

Le service de l'éclairage de la Ville de Paris s'est inspiré de cette clause pour la rédaction du projet de réglementation des canalisations électriques intérieures, actuellement en préparation .

* Nous rappelons que le mégohm vaut un million d'ohms. 3 Chapitre XII. La Ville de Paris et les Sociétés d'électricité.

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1° Secteur de la place Clichy.

[Câbles armés et isolés posés directement dans le sol.) Feeder des boulevards. S = 655"/m*.

Isolement kilométrique

Essai du 28 Septembre 1892. Câble d'aller, 186 mégohms. Id. Id. de retour, 129 id.

Id. du 6 Mai 1893. Id. d'aller, 141 id.

Id. Id. de retour, 267 id.

Id. du 31 Août 1893. Id. d'aller, 124 id.

Id. Id. de retour, 139 id.

Sur les câbles de distribution risolement kilométrique descend rarement au-dessous de 400 mégohms. Il atteint parfois 3.000 à 4.000 mégohms. Ces isolements, extraordinairement satisfaisants, montrent avec quel soin le secteur de la place Clichy a exécuté son réseau souterrain. Evidemment, avec le temps, et surtout, au fur et à ipesure que Ton établira de nouveaux branchements, l'isolement ira en décroissant. Mais, comme nous l'avons vu, la canalisation est sectionnée de telle façon qu'il sera toujours facile de localiser et de réparer les défectuosités qui pourront survenir.

2^ Secteur Edison.

[Câbles mis posés sur isolateurs en porcelaine dans des caniveaux en béton,)

Depuis que la Compagnie Edison a remplacé ses caniveaux en poterie par des caniveaux en béton l'isolement de la canalisation a beaucoup gagné. La Compagnie admet comme limite inférieure de l'isolement en un point quelconque de la canalisation 2.500 ohms. Dès que l'isolement tombe aux environs de cette limite, on fait des recherches pour découvrir et réparer les points défectueux. L'isolement moyen se tient aux environs de 40.000 ohms. Voici quelques chiffres pris au hasard sur le registre des isolements de la Compagnie (année 1893).

Câble de la Chaussée d'Antin.

Février mars avril mai juin juillet août

Câble positif. 59.000<»»"» 28.000 36.000 26.000 30.000 43.000 43.000

Cable compensateur à la terre

Câble négatif. 500.000 72.000 151.000 73.000 34.000 89.000 73.000

Les câbles du secteur des Champs-Elysées ont actuellement un isolement bien supérieur à celui qui est prévu par l'arrêté approbatif de la canalisation de ce secteur. L'isolement kilométrique moyen du câble concentrique par rapport à la terre est, pour les feeders, de 2.000 à 2.500 mégohms. L'isolement général du réseau comprenant feeders, câbles, branchements d'abonné et transformateurs est de 500.000 ohms. La quantité d'électricité perdue par

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défaut d'isolement est donc excessivement faible. Evidemment plus on établira de branchements et plus Tisolement général décroîtra. Mais il baissera vraisemblablement moins vite que sur un autre secteur puisque les canalisations d'abonnés sont complètement distinctes du réseau de distribution.

L'isolement du réseau municipal est très satisfaisant. On obtient au moins 200.000 ohms pour une partie quelconque du réseau à basse tension et 25 mégohms, dans les mêmes conditions, pour le réseau qui débite du courant alternatif.

Comparaison des divers systèmes de canalisations. — Nousavons vu que l'on employait à Paris pour les grandes distributions d'énergie électrique les trois systèmes de canalisation suivants :

Câbles niLs dans des caniveaux (Basse tension).

Câbles isolés dans des caniveaux (Basse et haute tension).

Câbles isolés et armés posés directement dans le sol (Basse et haute tension).

La comparaison de ces divers systèmes de canalisation entre eux ne peut être faite qu'avec une certaine réservée. Il faut songer, en effet, que les plus anciennes canalisations ne datent que de trois ou quatre années. Si courte, cependant, que soit l'expérience acquise en pareille matière, on peut être très affirmatif en ce qui concerne l'une des formes du premier système. Nous voulons parler des caniveaux en poterie qui ont donné des résultats déplorables.

On parait également décidé à abandonner, pour la basse tension, les câbles isolés posés dans des caniveaux en béton ou en métal. La raison,* que nous avons déjà indiquée, est que le surcroît de garantie qu'offre l'isolation des câbles n'est pas en proportion avec le supplément de dépense qu'occasionnent les câbles isolés relativement aux câbles nus.

Ces éliminations restreignent le champ des comparaisons. En fait, en ce qui concerne la distribution des courants à basse tension la lutte est circonscrite entre deux systèmes : câbles nus posés dans des caniveaux en béton; câbles isolés et armés posés directement dans le sol.

Occupons-nous d'abord de ces deux genres de canalisations. Il convient d'examiner successivement Ja pose, l'isolement et le prix de revient.

1* Pose. — 11 est certain que les câbles armés se posent beaucoup plus rapidement que les canalisations en câbles nus logés dans des caniveaux. Il faut, en effet, pour établir ces dernières, une fouille plus grande que dans le cas des câbles armés et l'on ne peut dérouler les câbles dans les caniveaux que lorsque le béton a fait sa prise complète. On éprouve souvent aussi de la difficulté à contourner avec les caniveaux les nombreux ouvrages que l'on rencontre sous la voie publique, tels que bouches et regards d'égout, bouches

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d'eau, socles de candélabre, etc.... Avec les câbles armés on peut, au contraire, épouser les tracés les plus sinueux.

2® Isolement, — L'isolement des câbles armés est bien supérieur à celui des câbles nus. Le fait s'explique aisément si Ton considère que l'âme des câbles armés est protégée par une gaine isolante ininterrompue, tandis que les câbles nus perdent forcément un peu d'électricité par les nombreux isolateurs qui les supportent et qui, placés dans un milieu toujours humide, sont dans de mauvaises conditions pour conserver un bon isolement. On doit craindre aussi, qu'à la suite d'une rupture accidentelle le caniveau ne soit envahi par l'eau. Des phénomènes d'électrolyse, graves par leurs conséquences, sont alors à redouter. Ces ruptures de caniveaux ne sont pas rares. 11 peut s'en produire, par exemple, sous les passages pour portes cochères, quand une voiture trop lourdement chargée vient à défoncer le trottoir ; ailleurs, c'est le sol mal remblayé qui tasse ; parfois même c'est un simple trou de rat qui donne passage aux infiltrations. Rien d'analogue ne se produit avec les câbles armés. Jusqu'à ce moment la couche de plomb protégée par l'armature a parfaitement résisté. On objecte, il est vrai, que l'on ne sait pas combien de temps durera la matière isolante. Mais, comme dans certaines villes de l'Europe des câbles analogues, posés en terre depuis plus de huit ans, présentent encore un isolement excellent on ne voit aucune raison sérieuse pour admettre que pendant huit ans et même seize ans, durée des concessions électriques, on n'obtiendra pas un résultat aussi satisfaisant dans le sous-sol parisien.

On objecte encore qu'au fur et à mesure que l'on établira de nouveaux branchements sur les câbles armés on altérera notablement la résistance d'isolement de ces câbles. 11 est certain qu'un branchement, quel que soit le soin avec lequel il'est effectué, affaiblit toujours la résistance générale de l'isolant. Mais, ainsi qu'on le constate journellement sur le Secteur de la place Clichy, cette résistance conserve toujours une valeur suffisamment élevée.

3*^ Prix de revient. — Pour les sections moyennes le prix de revient du mètre courant de canalisation est sensiblement le même dans l'un et l'autre système ainsi que le montrent les deux évaluations ci-après :

1° Secteur Edison

Câbles nus dans les caniveaux,

3 fils. — 200"^/"», 100 "»/"^*, 200"^/"».

Caniveau (type réduit), terrassements, transports . 11^15

Isolateurs 3,30

Câbles 11,25

Réfection du trottoir 5 ,50

Main-d'œuvre . , . , 1 ,50

Total 32f,70

3oit 33f,00

2* Réseau Municipal

Cables armés et isolés posés directement dans le sol.

3 fils. — 200"*/'"', 100"»/"*', 200"/»*.

Câbles 26^00

Pose et grillage 5 ,00

Soit 33 francs pour un secteur qui paye plus cher que la Ville la réfection du trottoir.

Pour les fortes sections ou lorsque la canalisation comprend un grand nombre de câbles, le système des caniveaux devient plus économique parce que le prix du caniveau, dont le maximum est de 20 francs pour la Compagnie Edison, se répartit sur une très grosse dépense de cuivre. Mais on peut craindre alors, dès qu'il devient nécessaire d'étendre la canalisation, de se trouver dans l'obligation de modifier les caniveaux, tandis que Ton peut loger un très grand nombre de câbles armés dans une même tranchée.

De cette discussion paraît ressortir un avantage marqué en faveur des câbles isolés et armés. Cette appréciation est d'ailleurs corroborée par ce fait que, pour leurs nouvelles canalisations, la Ville, d'une part, et la Compagnie Parisienne de l'air comprimé, d'autre part, ont fait exclusivement appel aux câbles armés et isolés.

Pour la haute tension Texpérience est moins grande. Jusque dans ces derniers temps on avait employé des câbles fortement isolés, logés dans des caniveaux et le système, qui se justifie par la nécessité où l'on est d'obtenir un isolement exceptionnel, a donné et donne encore des résultats excellents à la Société anonyme d'Eclairage et de Force et aux ingénieurs de la Ville, pour le réseau des Halles. Mais, depuis que le Secteur des Champs-Elysées a installé ses canalisations il a été démontré que l'on pouvait également obtenir une très bonne canalisation en employant des câbles isolés et armés.

Pour une section en cuivre de 60"/"*, les prix par mètre courant sont les suivants :

!• Réseau Municipal

Gables isolés posés dans les caniveaux.

2 fils. — 60"/"'. — Courant alternatif 2.400 volts.

Caniveaux, terrassements, transports .... 31^00

Isolateurs 2 ,00

Câbles y compris la pose 21 ,50

Réfection du trottoir 1 ,50

Total 56f,00

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2* Sectedr des Champs-Elysées

Câbles concentriques armés, isolés et posés directement dans le sol.

2 fils. — eO"/"*. — Courant alternatif 3.000 volts.

Terrassements et tuyaux en fonte pour la traversée

des chaussées 3^00

Câbles y compris la pose et les boîtes de jonction. 16 ,00

Grillages et bardeaux 1 ,50

Réfection des trottoirs ou contre-allées .... 3 ,50

Total ..... 24^00

Indépendamment de leur grande facilité de pose les câbles armés pour courants alternatifs à haute tension ont donc Tavantage d'être économiques.

On peut admettre une conclusion identique à Tégard des câbles armés non concentriques pour courants continus de 2.000 à 3.000 volts ^ Il paraît par suite acquis que les câbles armés et isolés — qu'il s'agisse d'un transport de courant à haute ou à basse tension — ont, à Paris, une supériorité marquée sur tous les autres systèmes de canalisation*.

* Voici quelle serait la dépense^ par mètre courant, d*une canalisation formée de 2 câbles armés et isolés pour courants continus de 3.000 volts.

Terrassements et tuyaux en fonte pour la traversée des chaussées. 4^50

Câbles y compris la pose et les boites de jonction I3',00

Grillage et bardeaux 2^25

Réfection des trottoirs ou contre-allées. . . . ^ 5^25

25'.00 soit V de plus que pour une canalisation en c&bles concentriques.

* Nous rapprocherons de cette conclusion les stipulations de Tarrêté préfectoral type qui règle les conditions d'établissement des canalisations électriques sur et sous les routes nationales et départementales.

Nous y trouvons, en effet, à l'article 17, § 4, les clauses ci-après;

// est fait exclusivement usage de câbles armés, aans les cas suivants:

i ° Lorsqu'il y a intérêt pour la sécurité de la circulation publique ou la conservation des ouvrages à maintenir Visolement prévu;

2* Lorsque les conducteurs rencontrent fréquemment sur leur parcours des conduites métalliques d'eau, de gaz, d^air comprimé ou d^électricité déjà autorisées, ou qu'ils se trouvent à moins de 0^,50 de ces conduites :

$• Lorsqu'ils sont placés dans des conduites métalliques ;

4<* Lorsque le trottoir a moins de 2 mètres de largeur.

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