‹ L'éclairage a ParisChapitre 85 sur 109 · TI · texte numérisé non relu

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Usine électrique de la gare de l*Est. — Coupe transversale.

est complètement isolé des constructions voisines et ne peut, de cette façon, transmettre les vibrations produites par les machines. On monte au premier étage par un escalier extérieur au bâtiment. Le charbon est élevé par un monte-charge qui vient puiser jusque dans les wagons.

11 n'a pas été possible de placer la cheminée extérieurement à Tusine. Elle traverse complètement le bâtiment et s'élève à 8 mètres au-dessus des maisons les plus élevées du voisinage. Vu le peu de résistance du sous-sol, on a dû l'asseoir sur quatre puits de 14 mètres de profondeur, complètement remplis de béton.

La canalisation a un développement qui dépasse 71 kilomètres. Elle a été constituée de préférence par des câbles nus sur isolateurs. Quand ce système n'a pu être adopté, on a employé des câbles plus ou moins fortement isolés, protégés par des caniveaux en béton ou par des moulures. Les coupe-circuits ont été multipliés afin d'empêcher tout échauffement exagéré des fils. La distribution se faisant à 65 volts, on a 10 volts à perdre dans les conducteurs. Les sections ont été calculées en conséquence.

L'éclairage comprend 135 lampes à arc de 5 et 7 ampères et 2.300 lampes à incandescence de 20, 16 ou 10 bougies. Les lampes à arc appartiennent aux types Cance, Fabius Henrion et Bardon.

Afin d'éclairer certains locaux obscurs pendant la journée et pour disposer d'une réserve permettant d'allumer les lampes en cas de brouillard subit, en attendant que les chaudières soient mises en pression, on a adjoint aux dynamos une batterie de 92 accumulateurs de 200 kilogr. de plaques chacun. Pour la décharge, on la dédouble en deux batteries égales de 46 éléments et l'on branche chacune d'elles sur l'un des poûts de la distribution. On peut alors disposer, par batterie, de 1.400 ampères-heure. Pour la charge, chaque accumulateur nécessite 2 volts 5. Comme on ne dispose par pont que de 75 volts, on divise les 92 accumulateurs en trois groupes que l'on charge en dérivation séparément. La batterie a été fournie par la Société pour le Travail électrique des métaux. Elle a coûté 30.000^, y compris le montage et les accessoires.

Tous les travaux de cette intéressante installation ont été exécutés par la Compagnie de l'Est*. C'est elle également qui exploite l'usine. M. Siegler, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées et de la Compagnie de l'Est, a expliqué dans les Annales des Ponts et Chaussées^ les motifs qui ont amené la Compagnie à se charger elle-même de son éclairage. « On aurait pu, dit-il, comme la Compagnie de l'Ouest Ta fait avec succès à la gare Saint-Lazare, traiter avec un entrepreneur qui aurait exécuté les installations à ses frais et aurait fourni la lumière à un prix déterminé. Mais la gare de l'Est n'est

* Les projets ont été approuvés par décision ministérielle du ii mars 1880.

pas, comme la gare Saint-Lazare, arrivée déjà à sa forme définitive et comporte encore d'importants remaniements. Dans ces conditions, il est préférable que la Compagnie reste entièrement maîtresse des canalisations électriques qui sont exposées à être déplacées et modifiées ultérieurement. L'électricité fait des progrès très rapides dont on ne peut prévoir le terme. En créant et en exploitant elle-même ses installations, la Compagnie a l'avantage de pouvoir profiter de tous les perfectionnements qui se produiront. Ce résultat serait difficile à obtenir avec un concessionnaire, quelles que soient les clauses insérées à cet égard dans le cahier des charges*. » Les dépenses de premier établissement ont été les suivantes : Bâtiment 122.200h

Puits is.ooon

Monte-charges, bennes, wagonnets, réservoirs . . 8.300^ / Dynamos, tableaux de distribution, conducteurs \

principaux 207.2000 237. 200^.

Accumulateurs 30.000^]

Moteurs et accessoires ^^"^^^W ua nnnf

Générateurs de vapeur et accessoires 37.000^ \

Lampes à arc, canalisation secondaire et appareillage 76.700^ \ Lampes à incandescence, canalisation secondaire et > 143.700^

appareillage 67.000^)

Total '689.600f.

Les dépenses d'exploitation (intérêts et amortissement compris) mettent l'hectowatt-heure à S^^eoiimesjs^ savoir :

Intérêt et amortissement à 8 7o 2centimes^25

Dépenses du matériel moteur 2 ,32

Dépenses du matériel électrique 0 ,36

Total 5centimes^i3

Les foyers donnent lieu par suite aux dépenses horaires suivantes :

Lampe à arc de 7 ampères 31centime8^3

Lampe à arc de 5 ampères 22 ,4

Lampe à incandescence de 20 bougies 3 ,2

Lampe à incandescence de 16 bougies 4 ,4

Lampe à incandescence de 10 bougies 3 ,3

Ces prix comprennent le remplacement des crayons et des lampes à incandescence ainsi que les frais de surveillance'

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* Annales des Ponts et Chaussées. Cahier de juillet 1891.

* Etude pratique sur l* éclairage électrique des gares de chemins de fer par G . Du m ont et G. Baignères. (Extrait des mémoires de la Société des Ingénieurs civils). Baudry et G** éditeurs.

(c) Gare d*Orléans. — L'installation électrique de la gare d'Orléans est en service depuis deux ans. Le nouvel éclairage a été limité aux cours de départ et d'arrivée, aux bâtiments des voyageurs, aux messageries et aux voies jusqu'au Boulevard de la Gare. Pour ces différents points une puissante lumière est nécessaire. C'est donc à un éclairage par lampes à arc auquel la Compagnie a eu recours. Mais on a renoncé, avec raison, à alimenter chaque lampe à arc par un circuit déterminé. Les lampes sont placées par 7 en série, ce qui diminue considérablement les dépenses de canalisation et les pertes en ligne. Il y a 12 circuits pour 7 lampes ; exceptionnellement un 13'' circuit alimente un nombre variable de lampes, avec un maximum de 30. Cette disposition a été adoptée pour répondre aux exigences particulières du service de la gare.

Les circuits pour 7 lampes sont alimentés par deux dynamos Ganz de 380 volts et 140 ampères, excitées en dérivation et réunies en quantité sur des barres en cuivre régnant à la partie supérieure du tableau de distribution et sur lesquelles viennent se brancher les circuits. A l'origine de chaque cir-

Figure 177.

Usine électrique de la gare d'Orléans. — Réglage de rexcitation des dynamos.

cuit se trouvent un interrupteur, un ampèremètre, un coupe-circuit et un rhéostat de réglage. Il est nécessaire que la différence de potentiel existant entre les deux barres se maintienne toujours égale à 380 volts. A cet effet on dispose pour régler l'excitation des machines, lorsqu'elles marchent en quantité, d'un appareil automatique, très sensible, qui fait varier la résistance du circuit d'excitation. Cet appareil se compose d'un flotteur F surmonté d'une tige en fer T qui traverse un solénoïde et qui supporte un godet rempli de mercure. Dans ce godet plongent en plus ou moins grand nombre, suivant la position de la tige, les extrémités disposées en flûte de Pan des parties cons-

tituUves d'une résistance R, insérée dans le circuit d'excitation. Le solénoïde est en dérivation sur les barres du tableau. Si la différence de potentiel diminue, le flntUMir s'élève et une partie de la résistance se trouve annulée. L'excita Lion dt' vient aussitôt plus intense et la différence de potentiel est ramenée à sa valeur normale. Cet appareil si simple a toujours fonctionné d'une façon très satisfaisanle.

Pour alimenter le circuit à charge variable on dispose d'une dynamo Thonison-Houston au débit constant de 10 ampères et dont la force électromotrice peut ^Uteindre 1.500 volts pour 30 arcs en tension. Le réglage de la tension se fait par un décalage automatique de balais.

Les dynani*>s reçoivent leur mouvement, par l'intermédiaire de courroies d*itn aibip auquel sont attelées également par courroies deux machines

Figure 178.

Usine électrique de la gare d'Orléans. — Coupe transversale.

horizontales Corliss de 75 chevaux, tournant à 75 tours par minute et pouvant marcher avec ou sans condensation. Ce système de transmission prête assurt^nvent un peu à la critique. 11 a cependant l'avantage de rendre les moteurs vi los dynamos interchangeables. .

Les chaudières, au nombre de trois, sont, pour deux d'entre elles, des chaud iorcs à foyer intérieur avec faisceau tubulaire démontable, pouvant produire cliacinie 850 kilogr. de vapeur à Theure, à la pression de 7 kilogr. 5 par centimètre carré. La troisième est une chaudière Roser de 1,200 kilogr.

Les dépenses de premier établissement prévues au projet étaient de

I.e prix (k' rr^vient de Thectowatt-heure, à Tusine, est très satisfaisant. Il iw dépasse pas 2 centimes 1. La lampe-heure de 10 ampères revient, tout coniprls, h Ifî centimes.

[d) (jare Mûatparnasse. — L'éclairage électrique de la gare Montparnasse ne date que de quelques mois*. La Compagnie de l'Ouest, à laquelle appar-

' I-' éclairage électrique a été substitué àTéclairage au gaz le 29 janvier 1894.

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Usine de la gare Montparnasse. —

Plan et Coupe transversale suivant AB du plan.

tient cette gare, a adopté une solution toute différente de celle qui a présidé à l'organisation de Téclairagc électrique de la gare Saint-Lazare. Au lieu de recourir à un concessionnaire elle assure le nouvel éclairage de la gare par ses [tropres moyens, estimant cette combinaison plus avantageuse et plus économique.

Oa a adopté une distribution à 110 volts, à deux fils et à courant continu. A la gare Saint-Lazare la tension du courant n'est que de 70 volts. Nous avons eu Toccasion de dire que cette tension était trop faible, attendu qu'on ne p(*uvait monter qu'un seul arc en dérivation. Avec 110 volts on s'est au contraire ménagé la possibilité de monter 2 arcs en tension.

L'électricité est produite dans une petite usine située sur le côté gauche de la gare, un peu au-delà de l'avenue du Maine. Cette usine comporte une salle pour les moteurs et les dynamos, une salle pour les chaudières et une salle liitumée et bien ventilée pour les accumulateurs. La cheminée est isolée dii lïûtiment. Elle communique avec lescarneaux des chaudières par un canal souterrain. Le charbon arrive, par wagon, jusque devant la salle des chaudières. Une voie spéciale a été consiruite pour assurer ce service.

l-os moteurs comprennent 3 machines horizontales Corliss à un cylindre iH à échappement libre de 70 chevaux. Us touillent à 70 tours par minute. Cliacun d'eux actionne par courroie une dynamo Gramme à grand induit et à 6 pôles, de 350 ampères et 135 volts, tournant à 300 tours par miniile. Ces dynamos sont d'un type récent. Elles présentent une grande stabilité. Les 6 balais peuvent se manœuvrer simultanément.

La vapeur nécessaire au fonctionnement des moteurs est fournie, à la preyyion de 8 kilogr., par 3 chaudières Girard, avec foyer intérieur amovible. Ctiû( nnc présente une surface de chauffe de 85 mètres carrés. L'eau d'alimriitution provient des conduites do la Ville. Avant d'être lancée dans les clinm Itères elle traverse un détartreur dans lequel elle abandonne ses sels calejiires.

La salle des accumulateurs renferme une batterie de 270 ampères-heure (ti'î éléments de la Société pour le travail électrique des métaux),

I j' groupement en quantité des dynamos se fait, d'une façon très simple, !t laide d'un tableau renfermant les appareils de manœuvre et de mesure i\\\v nous avons déjà rencontrés dans l'usine de la gare Saint-Lazare. Il existe siujisî un tableau pour la charge des accumulateurs et un tableau pour le d<*[i;irL des câbles de distribution.

La canalisation principale est presque partout souterraine. Elle est constituée par des câbles isolés sous plomb, placés dans des petits caniveaux en bois créosote.

II existe deux postes de distribution secondaires. L'un est situé dans la salle des bagages et commande tous les circuits de la gare; l'autre est ins-

tallé dans le dépôt et sert à éteindre ou à allumer les lampes à arc qui éclairent ce bâtiment et ses abords.

On compte actuellement en service 83 lampes à arc (25, 8 et 6 ampères) et 283 lampes à incandescence de 10 et 16 bougies. Cet éclairage sera vraisemblablement augmenté avant peu.

L'installation mécanique et électrique a été exécutée, pour le compte de la Compagnie de TOuest, par la maison Cance. La dépense prévue au marché était de 208.880 francs.

L'électricité dans les théâtres. — L'électricité offre des avantages incontestables pour Téclairage des théâtres. M. Mascart, en parlant des inconvénients du gaz et des dangers d'incendie qu'il présente, s'exprime ainsi, dans son rapport à la Commission des Théâtres subventionnés :

« Il suffit d'avoir assisté une fois à la manœuvre hâtive et compliquée des décors, pour être convaincu que les précautions les plus rigoureuses risquent de devenir illusoires. Les cintres sont encombrés de toiles au milieu desquelles montent, descendent et se balancent des herses qui parfois ne portent pas moins de 100 becs de gaz. Les portants et les traînées communiquent par des tuyaux flexibles avec des robinets situés sous la scène ; lorsque l'ajustage est terminé, l'appareilleur frappe du pied sur le plancher pour qu'on ouvre les robinets et il procède ensuite à l'allumage. Mais tous les becs ne peuvent être allumés en même temps et quelquefois il y a malentendu. Aussi n'est-il pas rare de voir à ce moment des flammes d'une longueur démesurée qu'aucune réglementation pratique ne peut éviter d'une façon absolue. »

On reprochait également au gaz son odeur, son action sur les peintures et surtout les produits de sa combustion : chaleur, vapeur d'eau, acide carbonique.

Tous ces détails n'ont plus qu'un intérêt rétrospectif. Aujourd'hui tous les théâtres un peu importants sont éclairés à l'électricité et la plupart, même, sont branchés sur les canalisations électriques publiques, comme ils Tétaient autrefois sur les conduites de gaz.

L'application de l'électricité à l'éclairage des théâtres, si instamment réclamée par le public, surtout après l'incendie de l'Opéra-Comique *, a offert cet autre avantage de mettre entre les mains des directeurs un procédé tout à fait pratique pour obtenir des effets de lumière entièrement inédits. En faisant traverser aux rayons lumineux des plaques de verre diversement colorées on arrive, en particulier, à produire des tons d'une richesse infinie et que l'on peut varier à volonté, en effectuant une petite manœuvre analogue à celle des fontaines lumineuses. En projetant de la lumière électrique sur de

« 27 mai 1887.

!a vajJtMir d'eau on obtient aussi des nuages excessivement intenses qui permettent de supprimer les flammes de bengale, toujours dangereuses dans des milieux aussi combustibles.

Nrtus n'avons pas l'intention de passer en revue tous les « trucs » employéH à la scène et qui seraient impossibles sans le secours de Télectricité. Nous rappellerons seulement que le réglage de la lumière, lorsqu'il s'agit de w faire le soir » ou « la nuit », s'exécute avec autant de facilité sinon plus qu'avec le gaz. Les appareils employés sont toujours des rhéostats analogues à ceux que nous avons rencontrés en nous occupant des usines. L'inconvénient qu'on pourrait leur reprocher c'est d'absorber inutilement de l'électricit*^.

Ce n'est pas là un gros supplément de dépense d'autant plus que l'on peut souvent obtenir une partie du résultat cherché en procédant à des extinctions partielles.

Lef^ appareils lumineux employés pour l'éclairage des théâtres sont surtout des lampes à incandescence. Elles se prêtent lacilement à toutes les fantaisies de la décoration. Les lampes à arc ne servent que pour les projections. Téclairage des grands escaliers, des façades, etc..

Les règles à suivre pour l'établissement des canalisations, l'installation des machines, de l'éclairage de secours, etc., ont été indiquées dans un chapitre précédent (chapitre X). Nous renvoyons à ce chapitre ainsi qu'à i ordonnance du Préfet de police du 17 avril 1888, donnée en annexe.

Il serait fastidieux de passer en revue toutes les installations électriques exist-îuit dans les théâtres de Paris. On s'exposerait d'ailleursà de nombreuses rediteB. Nous nous contenterons d'insister sur celle de l'Opéra dont l'importance est d'ailleurs tout à fait exceptionnelle K

(d) Installation de l'Opéra. — L'Opéra est un des premiers théâtres de pLiris qui aient été éclairés à l'électricité. Après des essais concluants,

* Les principaux théâtres s*éclairant eux-mêmes sont: VOpéra (1.030 chevaux, 6.200 lampes h, incandescence, 24 arcs), le Chdtelet et V Opéra-Comique (Usine commune de 420 chëvairi, 1.500 lampes à incandescence et 50 foyers Jablochkcff pour le Chàtelet^iAOO lampes & incandescence et 8 foyers JabiochkofT pour VOpéra-Comiqiie)^ VOlympia (405 chevaux, i .700 lampes), VOdèon (225 chevaux, 030 lampes).

^ur les canalisations du secteur de la Société anonyme d^éclairage et de force sont branchéà : le théâtre de la Porte-Saint-Martin (2. i09 lampes), \a. Renaissance (1 .020 lamp(>sj, VAnibif/u (1.152 lampes), les Folies-Dramatiques (1.250 lampes), la Gai^e (1.788 lampes}, le Gymnase (850 lampt's), les Mentis -Plaisirs (500 lampes), V Eldorado (615 lampes}, \k Scala (560 lampes).

Le seï^teur Edison éclaire le Vaudeville (887 lampes), les Nouveautés (607 lampes), les Vtj^^Vif^ (SOO lampes), les Folies-Bergère (831 lampes, 17 arcs), \e Moulin-Rouge (960 juuiptis et 32 arcs), etc.. .

Endn Tusine du Palais-Royal (C'« Edison) dessert le Théâtre- Français (1870 lampes) et le Théftirtf du Palais-Royal (620 lampes).

Téclairage en a été concédé à la Compagnie Edison pour une durée de 10 années, Celle-ci a installé à ses frais tout l'outillage ; elle a à sa charge Tentretien des lampes et des appareils. Elle reçoit 1.130 francs pour chaque représentation théâtrale et 2.000 francs pour chaque bal. Les frais de personnel, jusqu'à concurrence de 25.000 francs par an, sont payés par T Administration de TOpéra.

L'usine est logée dans les sous-sols du théâtre. La cheminée est placée dans une cour intérieure, et, bien qu'elle ait 39 mètres de hauteur, elle est invisible du dehors.

Les dynamos sont du type Edison. C'est à l'occasion de l'éclairage de l'Opéra que M. Vernes, Ingénieur en chef de la Compagnie Edison, a réalisé les belles dynamos de 800 ampères et 125 volts que nous avons déjà rencontrées dans l'usine du faubourg Montmartre et dans celle du Palais-Royal. Quatre de ces dynamos fonctionnent à TOpéra. On y rencontre en outre 5 dynamos de 375 ampères, 3 de 300 et 1 de 40.

Une dynamo Gramme à courant alternatif avait été adjointe primitivement à ces dynamos à courant continu pour éclairer 24 bougies Jablochkoff placées dans le péristyle et Tescalier. Ces bougies ont été remplacées par 14 régulateurs branchés sur la canalisation à courant continu.

[^'éclairage de secours est assuré par 60 accumulateurs de 60 kilogr. ; 120 accumulateurs identiques alimentent les lampes dites veilleuses qui doivent assurer l'éclairage, lorsque l'usine est au repos. Ces lampes peuvent également être branchées sur les conduites publiques du secteur.

En raison du peu d'étendue des circuits la distribution se fait dans rOpéra à deux fils et en dérivation.

Nous empruntons à une intéressante communication faite par M. Vernes à la Société internationale des électriciens, la description du mode de groupement des dynamos.

« Le courant des dynamos arrive directement au centre d'un premier tableau de distribution comportant deux départs collecteurs A et B formés de quatre larges barres de cuivre placées deux par deux au-dessus et audessous de ce tableau, pour aboutir respectivement à deux tableaux secondaires desservant chacun environ 20 circuits principaux ou colonnes montantes du théâtre. Au moyen de verrous à glissières, munis d'écrous de serrage, on peut à volonté envoyer le courant des dynamos dans le collecteur A ou dans le collecteur B. Lorsque Ton veut mettre en service, sur l'un des collecteurs en charge, une dynamo, on commence par la régler à la tension générale au moyen de son régulateur de champ magnétique. Lorsque la dynamo est bien réglée, ainsi que le moteur, on ferme le circuit en faisant glisser le verrou. La dynamo se trouve alors en quantité avec les autres. Pour la faire travailler il suffit d'augmenter son champ magnétique et de le ramener à la même valeur que celui des autres dynamos. »

On réunit généralement en quantité les dynamos de 800 ampères sur le collecteur du bas (B) et les autres sur le collecteur du haut (A). Ces deux collecteurs étant indépendants les circuits du théâtre se trouvent répartis sur deux sources distinctes. En cas d'avarie générale à tout im groupe, l'extinction produite ne serait donc que partielle. Il est d'ailleurs possible, si les besoins du service l'exigent, de réunir les collecteurs A et B en quantité.

« Les régulateurs de champ magnétique sont placés sous le premier tableau d'arrivée du courant des dynamos. Les résistances sont montées sur des cadres en fonte munis d'isolateurs en porcelaine, placés perpendiculairement au mur. Un arbre longitudinal de 4 mètres de longueur supportant les manettes de chaque régulateur, est maintenu par des bagues sur ces cadres. Chaque manette porte un encliquetage qui permet de Tembrayer à volonté sur une roue dentée calée sur l'arbre. Celui-ci est terminé à chaque extrémité par un volant. Un seul homme suffit pour manœuvrer ensemble toutes les manettes embrayées et régler à la fois le potentiel des neuf ou dix machines Edison en service, suivant un voltmètre k indication constante. »

Les moteurs comprennent : 4 moteurs verticaux Compound à condensation, de 150 chevaux (Weyher et Richemond), actionnant chacun par courroie une dynamo de 800 ampères et tournant à 160 tours; 1 machine Corliss à condensation de 250 chevaux, tournant à 60 tours ; 1 Armington et Sims de 100 chevaux, à échappement libre, tournant à 300 tours; 2 Weyher et Richemond de 20 chevaux pour actionner les condenseurs ; 1 Weyher et Rîcheniond de 40 chevaux, à échappement libre, tournant à 85 tours.

Les chaudières sont des générateurs Belleville produisant de la vapeur à 12 kilogr. de pression. 11 y en a cinq; trois produisent 2.450 kilogr. de vapeur à l'heure chaque; deux ne donnent que 1.250 kilogr. Comme les générateurs sont à 60 mètres des moteurs, il a fallu prendre des précautions spéciales pour éviter un arrêt quelconque provenant de la rupture d'un joint sur le tuyau d'amenée de la vapeur. Au lieu d'une seule conduite de vapeur, on en a installé deux et l'on peut, à l'aide de robinets, diriger la vapeur produite soit dans Tune, soit dans l'autre.

L eau d'alimentation provient des conduites publiques. Celle qui sert à la condensation est prise en partie dans un puits foré à 39 mètres de profondeur et complètement isolé, au moyen de tubes concentriques, des nappes d'infiltration du ruisseau souterrain de la Grange-Batelière. Les pompes elévaloires sont actionnées électriquement.

L*usine de TOpéra alimente plus de 6.200 lampes à incandescence et 14 lampes à arc. Par sa puissance, elle est absolument comparable à une station centrale. La Compagnie Edison, en l'installant dans l'Opéra môme, sans modifier en quoi que ce soit les bâtiments ou leur aspect, a réalisé un véri-

table tour de force. C'est là une démonstration de rélasticité avec laquelle l'électricité se prête, en matière d'éclairage, aux sujétions les plus variées.

Eclairage des grands magasins. — Les grands magasins ont fait depuis longtemps appel à l'électricité. Elle leur a procuré le moyen d'obtenir des éclairements excessivement intenses, sans incommoder le public par une atmosphère viciée et étouffante. La question de sécurité paraît avoir moins préoccupé les directeurs de ces immenses bazars, tels que le Louvre, le Bon Marché y où pourtant tant de richesses sont accumulées. On a en effet conservé le plus souvent l'ancien appareillage à gaz et dans certains locaux on emploie même encore le gaz à côté de l'électricité.

Les appareils primitivement préférés dans les magasins étaient les bougies Jablochkoff. Ces appareils, très pratiques, avaient en outre l'avantage d'émettre une lumière blanche, permettant de distinguer les teintes des tissus beaucoup plus nettement qu'avec la lumière jaune des lampes à incandescence. Depuis, tous les grands magasins, sauf le Printemps qui a conservé son éclairage par bougies, ont adopté la lampe à arc et à courant continu qui est plus économique que la bougie Jablochkoff, tout en produisant comme elle une lumière blanche. Il est à peine utile de faire remarquer que, si les gros foyers des lampes à arc sont employés pour l'éclairage des grandes salles où s'exposent les marchandises, on a eu recours à l'incandescence pour éclairer les couloirs, les bureaux et tous les locaux exigeant une lumière relativement faible et bien diffusée. On y a trouvé les avantages ordinaires de l'électricité.

L'importance de l'éclairage dans les grands magasins a entraîné, dans la plupart des cas, la construction d'usines spéciales, ordinairement placées dans les sous-sols ou même dans les caves de ces magasins. C'est dire que ces usines ne présentent pas toujours d'excellentes dispositions au point de vue de la commodité de l'exploitatjion et de l'hygiène des ouvriers. Mais les industriels n'hésitent pas à passer par dessus ces inconvénients en raison du supplément énorme de dépense qu'entraînerait la fourniture du courant par les secteurs. Il est à remarquer d'ailleurs que plusieurs grands magasins étaient éclairés à l'électricité bien avant la constitution des divers secteurs.

Les grands magasins sont dans d'excellentes conditions pour obtenir de l'électricité à bon compte. Il est clair, en effet, que les machines peuvent presque toujours marcher à pleine charge, puisque l'allumage n'a lieu que pendant les heures de grande consommation. Quand les magasins sont fermés ou pendant le jour, on n'a besoin que de fort peu de lumière. C'est alors que le gaz peut rendre de réels services. On pourrait tout aussi bien employer une petite batterie d'accumulateurs. Mais ces appareils, d'un em-

ploi si fréquent dans les stations centrales, ne se rencontrent pour ainsi dire pas dans los grands magasins. A défaut du gaz il faut mettre en route une petite dynamo.

Les iDs h) Dations de beaucoup les plus intéressantes sont celles du Bon Marché, du Louvre et du Printemps, Nous allons les examiner.

Nous ne citerons que, pour mémoire, celle du Gagne-Petit, de la Ville de Londres, Ail la Ville Saint-Denis etc.. Leur importance est d'ailleurs négligi^able, comparativement à celle des trois premières installations.

[a] Le Bon Marché. — L'éclairage électrique des magasins du Bon Marché a été organisé en 1886 et 1887. Il se chiffre actuellement par 300 lampes à arc et 3JM)U lampes à incandescence. L'usine productrice du courant est logée dans les sous-sols. En raison de son importance — qui est celle d'une station cenlnile — on n'a pu réunir toutes les machines en un seul point. Il existe en realité deux usines complètement distinctes, comprenant chacune chaudières, moteurs et dynamos. L'une est en bordure de la rue de Sèvres ; l'antre louge la rue du Bac.

Les roui ants employés sont des courants continus à 70 volts. Les lampes à inf'andesrence sont simplement montées en dérivation sur des circuits aboutissant aux tableaux de distribution de Tune ou l'autre usine. Chaque lampe â arc est alimentée au contraire par circuit spécial; Tallumage et rextiiiction se font de l'usine même et il n'existe aucun appareil de manœuvre ou de réglage à portée du public ou des employés. Les circuits pour hun|>es à ure aboutissent tous à des tableaux de distribution secondaires contfmrlaiil. pour chaque circuit, un commutateur d'allumage et d'extinction, un coupe-circuit avec plomb fusible, une prise de courant pour ampènamelre, un indicateur de courant et un rhéostat. Des tableauiç de diîstrilnitiun plus simples commandent les circuits d'éclairage par l'incandescenctî,

La re[>jirtition et la production du courant se font do la façon suivante :

1 " Vnnp de la rue de Sèvres. — Le matériel électrique se compose de 30 djTiimins Gramme, toutes identiques. Elles sont du type supérieur et peuvent flrlHh^r :tr»0 ampères à 70 volts à la vitesse de 800 tours par minute. Ces dyiiamns foi ment 5 groupes égaux actionnés chacun par un moteur horizontal di> l'iO chevaux. Les moteurs tournant à 60 tours seulement, une trïinstnis.^inn j>ar poulies et courroies est nécessaire. Les six dynamos de cliaipte ^r(Hi|i(5 sont placées symétriquement par rapport au moteur qui les eommande. Une sur six tourne à vide et sert de dynamo de rechange. Sur It^s n gron|M*s, quatre seulement travaillent au moment du grand allumage. Le eiuquième e>t en réserve prêt à être substitué à Tun quelconque des quatre

Sur les 30 dynamos Gramme 20 sont donc chargées du service normal. Les 10 autres constituent une réserve qui peut paraître excessive, mais qui permet de parer à toutes les éventualités.

Si nous suivons maintenant le courant produit par les dynamos nous voyons que, dans chaque groupe, les balais des dynamos sont reliés par des câbles de 215 millimètres carrés de section à un tableau de distribution permettant de remplacer Tune quelconque des cinq dynamos du groupe par la dynamo de réserve. A cet effet, du tableau de distribution du groupe de réserve partent 5 barres se poursuivant jusque derrière les tableaux de distribution des autres groupes et sur lesquels peuvent se brancher les circuits desservis par les différentes dynamos de ces groupes.

Les dynamos sont Compound et alimentent chacune des circuits déterminés. Il n'y a pas à les coupler en quantité et le tableau s'en trouve fort simplifié.

Les moteurs sont du type Corliss. Us marchent à condensation avec condenseur en tandem. La vapeur est admise à la pression de 6 kilogr. par centimètre carré.

Les générateurs sont situés sur Tun dos côtés de la salle des machines et en contre-bas. Comme à ce niveau on a à redouter les infiltrations provenant de la nappe d'eau du sous-sol on a établi la batterie dans une cuve en tôle, complètement imperméable. Les chaudières sont du type Belleville. Elles sont au nombre de 8. Sept produisent 1.100 kilogr. de vapeur à Theûre à la pression de 12 kilogr. par centimètre carré ; la huitième^ plus puissante, fabrique 1.800 kilogr. de vapeur à la pression de 12 kilogr. Un détendeur abaisse la pression à 6 kilogr. La distribution de la vapeur se fait par circuit bouclé, ce qui permet de ne pas arrêter le service lorsqu'il se produit une^fuite sur la conduite de vapeur.

L'eau d'alimentation provient des conduites publiques. Les eaux nécessaires à la condensation de môme que celles qui sont employées pour le service des ascenseurs sont élevées de deux puits forés l'un à 80 mètres, l'autre à 100 mètres de profondeur. En descendant à ce niveau on a l'avantage de rencontrer des nappes assez abondantes et on évite les affouillements que le puisage de l'eau dans les premières nappes du sous-sol aurait pu produire sous les fondations.

2* Usine de la rue du Bac, — Cette usine ne présente pas la symétrie de celle que nous venons de décrire. L'existence de nombreux piliers a fait que l'on a placé les machines un peu comme on l'a pu. Les dynamos sont actionnées par un arbre commun composé de trois tronçons que Ton peut embrayer pendant la marche. Le premier tronçon est mis en mouvement par deux machines Corliss de 100 chevaux tournant à 65 tours. Le deuxième est relié à une machine Corliss de 75 chevaux tournant à 65 tours. Enfin le tronçon

extrême est commandé par une machine horizontale à très grande vitesse (280 tours à la minute) qui sert de machine de secours; elle est attelée à Tarbre directement.

De même que les machines de la 1" salle toutes ces machines marchent îi condensation.

L'arbre commun aux quatre machines commande par des poulies de renvoi les machines productrices d'électricité qui sont: 1 (iramme de 530 ampères 70 volts et 700 tours à la minute; 1 Edison de 500 ampères 70 volts et 700 tours ; 2 Thury de 700 ampères 70 volts tournant l'une à 1280 tours, l'autre à 1400 tours; 1 Sautter Lemonnier de 300 ampères 70 volts et 600 tours.

Les chaudières sont du type Belleville. Elles sont au nombre de 6. Quatre produisent 7S0 kilogr. de vapeur à l'heure à la pression de 12 kilogr. par centimètre carré; les doux autres ne donnent que 325 kilogr. à l'heure. Comme précédemment un détendeur abaisse la pression à 6 kilogr.

La salle de la rue du Bac contenait autrefois 8 dynamos Gramme pour courant alternatif pouvant alimenter chacune 12 foyers Jablochkoff. Mais on a renoncé à ces foyers qui sont peu économiques et on a substitué aux dynamos (iramme les deux dynamos Thury dont nous avons parlé.

Le courant produit par les diverses dynamos de la salle de la rue du Bac arrive à un tableau de commutation générale d'où on le dirige vers des lableaux de distribution secondaires pour lampes à arc ou pour lampes à incandescence, analogues à ceux de l'usine de la rue de Sèvres. Un des groupes de cette dernière usine est d'ailleurs relié au tableau de commutation générale de la salle de la rue du Bac. Les deux usines pourraient donc, le cas échéant, se venir en aide mutuellement.

L'électricité revient au Bon Marché h cxwiron 5 centimes l'hectowattlicure, amortissements compris. Bien que ce chiffre soit faible, surtout si on le compare au prix moyen de vente des secteurs, l'Administration de ce grand magasin n'a pas renoncé complètement à Téclairage au gaz. Tout l'ancien appareillage a été conservé afin de parer à toutes les éventualités.

Les chiffres que nous avons donnés montrent quelle est l'importance des services d'éclairage aux magasins du Bon Marché. Nous ajouterons que plus de 80 personnes (électriciens, mécaniciens, chauffeurs, gaziers, etc.) concourent à assurer la bonne marche de ces services.

(6) Le Louvre. — Les Magasins du Louvre étaient autrefois éclairés à Taide de bougies Jablochkoff montées sur chandelier Clariot. Le courant était produit par 15 machines Gramme de 24 foyers, 2 de 6 foyers et 2 machines Méritens de 20 foyers. Les bougies étaient disposées en tension par 3 sur les

circuits alimentés par les machines Gramme et en tension par 4 sur le réseau des dynamos Méritens.

Par raison d'économie les bougies Jablochkoff ont été complètement abandonnées. On a renoncé également aux machines Gramme et Méritens et on les a remplacées par des dynamos à courant continu beaucoup plus puissantes et ayant un meilleur rendement.

L'adoption des courants continus se justifie par le peu d'étendue des circuits. L'éclairage comprenant des lampes à arc et des lampes à incandescence une distribution à HO volts était tout indiquée. Les lampes à incandescence sont prises en dérivation. Les lampes à arc sont montées par 2 en tension sur des circuits aboutissant à Tusine. Il y a autant de circuits qu'il y a de groupes de deux lampes ; on peut ainsi commander de l'usine même toutes les lampes à arc des magasins. De cette façon il n'existe aucun appareil de manœuvre à portée des acheteurs ou des employés.

L'usine occupe diverses salles des sous-sols. Les dynamos sont au nombre de 5 : elles produisent chacune 700 ampères à HO volts et tournent à 300 tours. Quatre sont du système Edison ; la cinquième est une dynamo Brown. Toutes sont excitées en dérivation.

Le tableau de distribution, très simple, permet de réunir ces dynamos en quantité sur deux barres collectrices. De là, des dérivations amènent le courant à des tableaux de distribution secondaires desservant chacun un certain nombre de circuits pour deux lampes à arc. Chaque circuit comprend au commutateur bi-polaire pour l'allumage et l'extinction un coupe-circuit avec plomb fusible, une prise de courant pour ampèremètre et un rhéostat.

Les circuits pour lampes à incandescence partent directement du tableau des dynamos.

Les moteurs comprennent 4 machines horizontales Corliss à condensation tournant à 70 tours par minute ; trois sont de la force de 100 chevaux ; la quatrième développe au contraire 200 chevaux. La vapeur est admise à la pression de 6 à 7 kilogrammes par centimètre carré.

L'accouplement des moteurs avec les dynamos se fait à l'aide de poulies et de courroies permettant de passer de la vitesse de 70 tours par minute à la vitesse de 300 tours.

La vapeur consommée par les machines provient de 8 générateurs Belleville pouvant marcher à 12 kilogrammes par centimètre carré. Dans la pratique on n'élève pas la pression au-dessus de celle que réclament les moteurs (6 à 7 kilogr.). On n'a pas besoin par suite de détendeurs. Six des générateurs peuvent fabriquer 800 kilogrammes de vapeur à l'heure ; les deux autres peuvent en produire respectivement 1.000 et 1.400 kilogrammes.

L'eau d'alimentation des chaudières provient des conduites publiques. Celle qui sert à la condensation de la vapeur est extraite, à l'aide de pompe à

KtS i/éclairage a paris

vainMir. de trois puits d'une quarantaine de mètres de profondeur. Ces puits foijitiissent aussi Teau nécessaire à la manœuvre des ascenseurs.

LVrIairage actuel comprend 460 lampes à arc de 8 ampères et 850 lampes h iiuaihlescence de 10 et 16 bougies *. Le prix de Thectowatt-heure est d'envir^m '\ centimes, celui de la lampe-heure de 8 ampères de 25 centimes.

\f-) Le Printemps. — Les Magasins du Printemps, incendiés le 9 mars JSSI , uni été reconstruits par M. Sédille, architecte, qui les a dotés de tous 1rs jKU'fectionnements de la construction moderne. L'éclairage au gaz a été sy^ft'TnHtiquement écarté, et il n'est pas une partie du bâtiment qui ne soit uclaiiOi' cl la lumière électrique.

An moment où les magasins ont été réédifiés (1882), les bougies JahlucfiknlT étaient regardées comme permettant d'obtenir avec le plus de comiiKulîto i\MS foyers lumineux intenses. Aussi leur a-t-on fait dans l'éclairage il IL Printemps une très large part. Malgré les inconvénients qu'elles pré- 5otiU iH au point de vue du rendement, ces bougies ont été conservées. Pour Ic^s i^ii miner, il serait nécessaire de remanier presque complètement la dis- Iriliutuin et d'installer un nouveau matériel électrique ; c'est là une grosse adi'LÎri? devant laquelle on a reculé jusqu'ici.

I/i^'lairage actuel est assuré par :

2;;o bougies Jablochkoff de 4^"/"", 2rt id. 6"^/"^,

it lampes à arc (4 Bardon — 2 Brianne),

SiMI lampes à incandescence de 16 bougies.

|j -^ 270 bougies sont alimentées par des machines Gramme à courant al Ut Mal if ; elles sont montées par 5 en tension. Les lampes à arc et les luiupLvs a incandescence fonctionnent au contraire avec des courants continus i]W [ïiudnisent des dynamos Rechniewski.

Lis Jynamos et leurs moteurs sont rassemblés dans une salle rectanguluiri' L«l disposés symétriquement par rapport aux axes. Les moteurs sont des fnutliînes horizontales Corliss de 120 chevaux tournant à 70 tours et munies diiii (nridenseur en tandem *. Il y en a quatre actionnant chacun, par l'iniL*îiiii'd taire de courroies, 5 dynamos Gramme à courant alternatif de 20 foyers lUi* ^^[►i'res et 250 volts) et 2 dynamos Rechniewski de HO ampères et 110 \ olh. Toutes ces dynamos tournent à 1.200 tours. Il existe, en outre, dans l'un d^^s iin^'les de la salle^ un moteur vertical Compound à condensation de \i\ rlicvuiix, actionnant 2 dynamos Rechniewski identiques aux précé-

di'lll*.'b.

' 1/usîne éclaire aussi l*hôlel voisin du Louvre (750 lampes à incandescence et 2 lampes h ixrv^

' Klles ont été conslruites dans les ateliers du Creusot,

Ou

cd

Les tableaux de distribution sont placés aux deux extrémités longitudinales de la salle. L'un sert à commander les bougies ; Tautre dessert les circuits à ooiiraiils continus. Le tableau dos bougies est très simple. Chaque machino flramme envoi r* quriti-e cîrcuils h un petit tableau élémentaire comprenant quatre commututeiiis tralhimaf^^e et trexlinction. De chaque cornmulateur part un circuil pour 5 bougies disposé de lelle façon que les 5 bou-

Usine électrique des magasina du Printemps. — Vue intérieure.

gies alimentées se Irouvenldans de?i salles ditîérenlcs. Chaque salle se trouve ainsi éclaii^^e simultanément par plusieurs circuits. En cas d'avarie à lune des machines il ne se produit donc jamais d'extinction tutale.

Le tableau de distribution pour courants enntinus comporte une série de barres lioi'izontates commun iquanl avec les balais des dynamos. Des barres perpendiculaires passant iiu-dessus des premières sont reliées aux divers circuits. Aux points où éliras se croisent ces barres sont percées de trous dans lesquels oti [>eul iniroduire une tii;e en cuivre et élablii tiinsi une communication entre une dynainr» cl nn circuit. De la sorte, rien n'est plus facile que il'envoyer le courant de Tune quelconque des dynamos dans l*un quelconque

des circuits. On trouve également sur le tableau tous les accessoires ordinaires, coupe-circuits, ampèremètre, voltmètre, rhéostat pour le réglage de Texcitation, etc..

Les câbles de distribution sont isolés au caoutchouc. Les uns sont protégés par des moulures en bois ; les autres courent simplement le long des solives en fer des magasins.

Les générateurs de vapeur sont placés dans une salle latérale. La batterie comporte 8 générateurs Belleville pouvant produire chacun 1.100 kilogr. de vapeur à Theure à la pression de 9 kilogr. par centimètre carré. Un détendeur abaisse cette pression à 5 kilogr., valeur de la pression d'admission dans les moteurs.

L'eau d'alimentation provient des conduites publiques. Celle qui est nécessaire pour la condensation ainsi que celle qui est consommée pour le service des ascenseurs est puisée dans des puits, àlaidede 3 pompes Thirion et d'une pompe Worthington.

La ventilation de la salle des machines et de la salle de chauflFe se fait dans d'excellentes conditions, grâce à un tirage énergique que produit une petite cour carrée entourant la cheminée.

Depuis que l'usine fonctionne on a pu se rendre compte exactement du prix de revient de Télectricité. Il est de 4 centimes 1/2 Thectowatt-heure (amortissement compris). En tenant compte des frais de remplacement des bougies et des lampes à incandescence il s'élève à 7 centimes.

L'électricité chez les particuliers. — Nous avons exposé, dans un chapitre précédent, les règles auxquelles devaient satisfaire les canalisations électriques établies chez les habitants. Il est une question encore plus intéressante, du moins pour le consommateur. C'est celle du prix de revient des installations. On peut môme dire que c'est la première qui se pose dès que Ton songe à adopter Télectricité.

Il est assez difficile de donner des chiffres absolument fixes. Telle installation présentera des difficultés toutes spéciales, par suite de l'existence de gros murs à percer, de décorations à respecter, de moulures à contourner ; telle autre comportera des lampes très espacées et nécessitera une canalisation très développée.

Tout au plus peut-on, dans ces conditions, indiquer certaines moyennes.

Si l'on prend le cas le plus général, c'est-à-dire celui d'un consommateur abonné à un secteur, il faut tabler sur une dépense de 20 à 30 francs par lampe à incandescence, pour une installation industrielle ; de 25 à 35 francs pour un magasin de commerçant ; de 30 à 40 francs pour un appartement ordinaire et d'environ 45 francs pour un appartement luxueux, les fils étant alors placés sous enveloppe en soie.

Ces [ïiix ne comprennent que l'installation électrique proprement dite (canalibalions, interrupteurs, plombs fusibles, lampes, douilles des lampes, etc...,). Tout l'appareillage (bronze, lustres, torchères, tulipes pour les lampcsj elc ) doit naturellement être payé à part.

Les frais d'appareillage sont éminemment variables. Ils sont nuls ou à peu pros dans une installation industrielle. Dans un appartement ils peuvent atteindre, au contraire, des prix excessivement élevés. Il faut bien compter de 10 ïi 30 francs par -lampe dans un appartement ordinaire et de 20 à 50 francs linna un appartement à gros loyer. Il est clair que ces dépenses peuvenl être 1res souvent dépassées. Cela dépend uniquement du goût et de la fan lai si 0 du consommateur.

En matière d'appareillage électrique on a réalisé dans ces dernières années d'inc*intestables progrès. Primitivement on s'était trop astreint à imiter les heanx modèles imaginés peu à peu pour l'éclairage au gaz. On désire aujourdlnii des formes inédites, ce qui s'explique d'ailleurs surabondamment par ce fait, qu'il n'y a aucune analogie entre l'éclairage au gaz et réclaitau:e (électrique. La lampe à incandescence peut être placée partout, dans une rosace d'angle, dans le caisson d'un plafond, dans le bouquet

d'une glace, etc Il convient de lui donner un support approprié, et l'on

conçoit qu'il n'y ait à imiter ni les brûleurs à gaz qui, invariablement, doivent être ramenés à la forme verticale, ni les appareils employés dans les autres modes d'éclairage et dans lesquels la lumière est toujours produite par une eorabustion.

Malheureusement l'inédit est généralement fort onéreux. C'est un point qu il est bon de ne pas perdre de vue, avant de se lancer dans une installation L^lectrique.

Les lampes à arcs ne se rencontrent que dans les ateliers ou les magasins* Eitt's reviennent de 200 à 300 francs par lampe.

Si Ton veut fabriquer soi-même son électricité, les prix précédemment indiquées doivent être majorés des frais d'installation des dynamos et des lïiiïfeui's. Le mieux, dans un cas analogue, est de demander un devis à l'un des indus Uiels qui s'occupent de ces spécialités. On donne très souvent dans ce cas, comme première évaluation, 800 francs par lampe à arc et 100 francs par lanîpe à incandescence*. Ces prix comprennent tous les frais, moins reux d'aiipareillage.

^ L'inf^lnllation mécanique seule^ comprenant chaudière et moteur à vapeur, rerient 6 uUQ francs par cheval. Il faut compter d'autre part un cheval pour une lampe à arc ou pour 10 lampes à incandescence (de 10 à 16 bougies.)

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