‹ L'éclairage a ParisChapitre 90 sur 109 · kilogr · texte numérisé non relu

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Pour obtenir une carcel il faut compter, déchets compris, sur une lunsommation de bougie de 100 grammes par heure. Par suite, un kilogranime de bougie représente à peu près autant de lumière que 1.050 litres de j^az. Toutes les bougies brûlées dans Paris ne donnent donc pas plus de lu mitre que 4.200.000 mètres cubes de gaz, soit moins de 2 7o de la consomnmliun totale de gaz. On voit, par ces chiffres, quel est le faible appoint qu'ainM^itent les bougies à l'éclairage artificiel de Paris.

Ballons lumineux. — Les ballons lumineux constituent l'élément capital de décoration de nos fêtes de nuit. On fait surtout usage de gros bullons

* Les chiffres du tableau résulteat des statistiques de TOctroi. Ils représenti^nf U^ neuf-dixièmes des quantités d'acide stéarique introduites chaque année dans Paris. iU\ i\ supposé qu'un dixième était consommé par l'industrie pour des besoins autres queTéclaîrage.

orange sphériques, de O^jSS de diamètre, que Ton suspend dans les arbres, à l'aide de larges crochets en fil de fer. La pose des ballons doit être faite avec un cei'tain goût. Il ne faut pas qu'ils soient trop rapprochés. 11 convient d'imiter In nature, en assimilant les ballons à de gros fruits. Généralement trente bu I loua suffisent pour un arbre ordinaire.

Il n'est pas rare que, dans les fêtes publiques importantes, on ait à mettre L*n ï^luce jusqu'à 100.000 ballons. Cette opération, qui doit naturellement s'eiïi'rtuer dans un temps très court, s'exécute toujours à Paris avec un ensemble et une précision remarquables. On obtient ce résultat en confiant la pose des ballons non pas à des ouvriers quelconques, mais aux cantonniers

ot niivriers auxiliaires de la Ville (voie publique, plantations, etc ). On ré-

liiLi iil teux-ci par équipes de six hommes et Ton remet à chacune d'elles une ca isse pleine contenant 300 ballons plies, 300 bougies et 300 crochets. On lui fixe sur place la zone qu'elle doit décorer. Dans chaque équipe les six hommes se par iîîgent le travail comme il suit: deux placent les bougies, déplient les ballons, les allument et les munissent de leurs crochets ; les quatre autres sou- Irvenl les ballons à l'aide de longues percheset passent les crochets entre les brantrhes des arbres.

\m surveillance des équipes est assurée par des cantonniers chefs, à raison lie t cantonnier chef pour 3 ou 4 équipes.

Les ballons orange de 0'",33 de diamètre coûtent 0f,23 pièce, y compris le riochet et la bougie. La bougie doit pouvoir brûler pendant 3 heures 1/2. A i-art, elle coûte Of,10.

Les ballons orange sphériques sont ceux qui produisent le meilleur effet dans les arbres. Pour les guirlandes, on emploie des ballons de couleur et de fornu* variées. Le rouge et le citron sont les couleurs les plus avantageuses. Lr Lle.u et le vert, cette dernière couleur surtout qui assombrit beaucoup la lumière, sont d'un aspect moins agréable.

Verres de couleur. — Les verres de couleur se composent d'un petit ^\n\i\\ en verre diversement coloré dans lequel brûle une mèche alimentée \\\\v ilu suif. Ils produisent très bon effet, mais à la condition qu'ils soient hi»s i approchés et que l'air soit suffisamment calme.

Un les monte soit en guirlande, en les suspendant à des chaînes métalli(iues et en rompant la monotonie des lignes par des motifs variés tels que

luîstius, étoiles, emblèmes, etc , soit en applique, en les adossant à des

[laïuieaux en charpente, représentant des portiques, des arcades, des ori-

llaïuiaes, etc On obtient d'assez jolis effets en passant les panneaux à la

[jeiiilure et en adoptant, pour chaque partie constitutive du motif, un ton sp^'*ciaL On a soin ensuite de prendre des verres assortis.

Nous représentons parla figure 184 un des éléments des grands portiques ins-

tallés pendant les dernières fêtes sur la place de THôtel-de-Ville. Pour donner une idée du nombre souvent considérable de verres de couleur qu'il faut prévoir, dès que Ton a à combiner un motif de quelque Importance, nous indiquerons que la décoration de la place de l'Hôtel-de-Ville exige, avec le motif représenté, jusqu'à 100.000 verres de couleur.

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Fi^;ure 184, Portique en eliarpenLe pour verres de i:ouleur.

Les verres de couleur sont aussi employés avec succès dans les jardins. On les dispose lo plos souvent en bordure, autour des massifs, des corbeilles et des parterres. En ayant soin de ne pas trop les espacer (20 à 2?> centiniètresau plua% on obtient des Ugncs de feux excessivement agréables àTceiL Une disposilirm à recommander, lorsque, dans les jardins à décorer, existent des pièces d'eau, est celle t\iù consiste à jeter quelques guirlandes de verres de eouleur au-dessus nu^ne de Teati. 11 suffit, pour cela, de siispejulre les chaînes des guirlâEides à des poteaux en bois, scellés uu fichés dans le fond des bassins. La réllexion qui se produit alors sur leau augmente beaucoup TeiTet décoratif.

Les verres de couleur sont i;énéralr*ment fournis, mis en place el allumés par des entrepreneurs spéciaux. Ils coûtent, en location, 12^ le cent *. Les etialiies de suspension et les motifs se [laient à part.

* Voici un eiUaH du bordereau de prix accepte par la. Vine de Paris: Vent'S (l& cuideur ï*^ (iUniî, p^jiiiLs à^ lout^a [luanceâ, garnis de suif pour îiriller un maias4 lieures; pimr ïocatioiit pose, allumage, dépose, risque ii«» caa^e H double Iraii^ port, le ctnt^ eu égard au fraciionaejneïil par petitai* parliea . . . . , * * * 12 fr. ûiï

Fontaines lumineuses. — En parlant de l'éclairage du Champ de Mars nous avons dit que la belle fontaine lumineuse de Texposition de 1889 avait (^t(^ conservée et qu'elle fonctionnait encore de temps en temps. Elle constitue assurément Tune des applications les plus goûtées de Tart de l'éclairage. Elle a fait école, d'ailleurs, et l'on a combiné de petites fontaines lumineuses, qu'il est facile d'installer dans un salon et qui reproduisent à une échelle très réduite les beaux effets obtenus avec la fontaine de l'exposition. On trouve même çà et là des fontaines assez volumineuses ; elles servent de réclame ou font partie d'un système de décoration.

Le principe du fonctionnement des fontaines lumineuses est peu compliqué. 11 consiste à éclairer les gerbes liquides par un ou plusieurs foyers lumineux très intenses, cachés aux yeux des spectateurs et au-dessus desquels on glisse des plaques de verre diversement colorées.

Figure 185.

Eclairemenl d'un jet parabolique.

Pour les jets paraboliques on utilise la propriété que présente une gatne liquide, éclairée intérieurement par un rayon de direction convenable, d'emprisonner la lumière et de la laisser échapper, dès qu'elle vient à s'écraser ou à s'éparpiller en gouttelettes *.

* Voir à ce sujet uae inléressantc communication faite à rAcadémie des Sciences (Séance du 18 Mars 1889) par M. Bechmann, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et qui, en sa qualité d'ingénieur en chef du service des eaux de l'exposition, a combiné et dirigé toute l'installation des fontaines lumineuses. M. Bechmann a compléteraient transformé la classique expérience de Golladon. C'est ainsi qu'au lieu d'une veine pleine, qui ne donne aucun résultat avec un jet à puissant débit, il a été amené, après de longs essais, à employer une gaine creuse, à section elliptique.

La fontaine du Champ de Mars contient à la fois des gerbes verticales et des jets paraboliques. On se rappelle qu'elle présente un groupe important dû au sculpteur Coutan et un bassin allongé s'élargissant à son extrémité.

Les jets paraboliques s*échappent du groupe de Coutan.

Les gerbes verticales sont symétriquement disposées dans le bassin. La plus importante est celle qui se trouve à l'extrémité. Elle est formée par 27 jets pouvant débiter jusqu'à 15 mètres cubes d'eau par minute et dont les principaux, ceux du centre, s'élèvent à des hauteurs de 30 à 40 mètres *.

La figure 185 montre comment est obtenu l'éclairement d'un jet parabolique. La lumière est produite par ime lampe à arc de 40 à 60 ampères, munie d'un réflecteur parabolique à axe vertical. Au-dessus se placent les différents châssis vitrés permettant d'obtenir l'une des cinq colorations ci-après : rouge, bleu, vert, jaune et vert d'eau. En ajoutant la couleur blanche de l'arc, on voit que l'on dispose, par foyer, de 6 couleurs. Rien n'est plus facile, dès

Figure 186.

Ajutage pour jet parabolique.

lors, que d'obtenir des eff'ets très divers, le nombre des combinaisons de couleurs étant énorme. Au-dessus des châssis les rayons rencontrent un miroir incliné qui renvoie la lumière dans l'intérieur du jet parabolique. Quant à celui-ci il est obtenu à l'aide d'un ajutage creux et conique à section elliptique. La gaine liquide ainsi formée donne, avec une dépense d'eau relativement faible, l'illusion d'une gerbe pleine à puissant débit.

L'éclairement des gerbes verticales est produit plus simplement (figures 187 et 188). Chaque jet débouche au-dessus d'une cheminée en maçonnerie cachée par des touff'es de roseaux et fermée par une plaque en verre clair. La cheminée se prolonge jusque dans une chambre ou dans une galerie accessibles par un souterrain et parfaitement étanches. C'est là où se place le foyer lumineux constitué, pour chaque jet, par une lampe à arc de 60 ampères, munie d'un réflecteur. L'axe de ce réflecteur est soit horizontal, soit vertical. Dans le premier cas un miroir incliné à 45'' retourne la lumière verticalement.

^ La gerbe Yerticale a été installée par la maison Galloway and Sons, de Manchester. Tout le reste de l'installation hydraulique a été exécuté directement par le service des eaux de Texposition (M. Rechmann, ingénieur en chef, MM. Méker et Richard, inspecteurs).

Les plaques en verre colord s'interposent sur le trajet des rayons lumineux comme dans le cas précc^dent.

Les manœuvres des plaques se font avec une- grande rapidité, grâce à un système de leviers qui perracllent de faire mouvoir les plaques à distance. Un inspecteur placé dans nn petit pavillon, d'où son regard embrasse Tensemble de la fonlînne, commande les différentes manœuvres à Taîde de signaux se Iransmeliant électriquement.

^mmM

rignre lS7.

Hclairement d^inc gerba verticale

avec réflecteur

à îiXù horizunUL

Figure 188.

Ëclairement d'un jet yertical

avec

réflecteur à axe vertical

Bien d'auhcs délai Is mérileraient d'être signalés. Mais la fontaine lumi-' neuse est aujourd'liui si connue et il s'agit, d ailleurs, dune application si spéciale de V;\v{ do Téclairage que nous pensons devoir nous borner à ce court exposé*.

Vapeur d*eau colorée, — En }>résence du grand succès des fontaines lumineuses quelques tippareilleurs ont cherché à produire des effets analogues e*n remplaçant les gerbes d'eau par des jets de vapeur. Les résultats obtenus jusqu'ici ont éiù peu satisfaisants. Le fait tient principalement à la

' Vuir, pour plus de détails, L'édairage électrique à Vexposition de (889, par Hippolyte l'ontaine iH?iudry et G**, édi Leurs;,

difficulté de donner aux jets de vapeur une raideur suffisante pour qu'ils puissent se maintenir malgré Taction du vent.

On a pensé aussi à éclairer des rideaux de vapeur par des projecteurs placés soit en avant, soit en arrière du rideau et dissimulés par des motifs quelconques. Nous en avons vu une application assez réussie lors des dernières fêtes franco-russes*. Dans Taxe du Palais du Trocadéro et un peu audessus de la fontaine on avait installé un grand éventail vertical d'environ 14 mètres de diamètre, formé par des tubes métalliques creux, percés d'ouvertures. Ces tubes étaient reliés à une canalisation de vapeur, alimentée par des chaudières portatives, placées à l'arrière du Palais. La lumière était fournie par 4 lampes à arc de 60 ampères, munies de projecteurs identiques à ceux de la marine. Ces projecteurs envoyaient la lumière horizontalement. Celle-ci était relevée verticalement, dans le plan de Téventail, par des miroirs inclinés. Les plaques colorées étaient interposées entre les réflecteurs et les miroirs. Elles avaient environ un mètre carré de superficie et étaient suspendues verticalement à des cordes passant sur des poulies. A un signal donné un homnie placé devant chacun des projecteurs intercalait dans le champ lumineux telle ou telle couleur et il était facile au contremaître qui commandait la manœuvre d'obtenir les combinaisons les plus variées. Le rouge et le bleu produisaient surtout très bon efl'et. On se heurte encore ici à la difficulté signalée plus haut. Pour que l'appareil fonctionne convenablement il faut un air absolument calme. Le moindre vent dénude partiellement l'éventail et entraîne rapidement la vapeur en dehors du plan lumineux.

Quoi qu'il en soit ces essais présentent un très réel intérêt. On ne peut que les encourager et il n'est pas impossible que Ton arrive à les utiliser couramment dans les fêtes publiques.

On sait d'ailleurs qu'on en fait déjà des applications fréquentes au théâtre. On peut ainsi supprimer les flammes de bengale qui ne se manœuvrent jamais sans danger au milieu des décors et qui ont l'inconvénient de produire une fumée acre et étouffante.

» 23 Octobre 1893.

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