L.et -te lampe est déjà de
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été décrite nulle pari^ «.aiii^ï'^ ^^
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santé. Elle figurait ^ F auteur étant absent au moment du passage du jury, elle n'a été l'objet d'aucun examen. Elle est employée à Genève d*une manière continue pour les travaux du théâtre et pour réclairage d'une horloge publique.
M. Burgin a construit deux modèles de cette lampe, l'un qui est employé pour les usages industriels, c'est celui que nous représentons %• 37, l'autre, plus compliqué, qui est desUné aux expériences de physique. Le pnncipe de cette lampe est bien simple : les deux portecharbons tendent sans cesse à se rapprêcher Tun de Tau- ^'^^ ^^
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L'^CIMRAGB ÉLBCTBIOOE.
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Serrin, et disposés de manière à maintenir fixe le point
FiG. 58.
lumineux. A cet effet, leur mouvement er>t commandé par
L'ëGLÂIRâGË électrique. 177
deux crémaillères K, U, qui engrènent avec deux roues MO d'inégal diamètre, commandées par un simple barillet, sur Taxe duquel elles sont fixées. Ce barillet est bandé par le fait même de Téloignement des porte-charbons, qui sont d'ailleurs parfaitement équilibrés et qui roulent entre des systèmes de galets. L'un de ces portecharbons H', celui qui soutient le charbon inférieur, est terminé par une tige de fer K, à laquelle est collée la crémaillère qui le met en action, et celte tige est introduite dans une bobine électro-magnétique L, dont Thélice va en augmentant de diamètre depuis sa partie supérieure jusqu'en son point milieu, pour contre-balancer l'action inégale du barillet dans toute l'étendue de la course dés porte-charbons. Enfin, un petit rouage R relié par une roue M' à la roue et par une autre à la roue M, permet, au moyen d'une clef, de réagir simultanément sur les deux crémaillères pour élever ou abaisser le point lumineux
A l'état normal, les charbons sont appliqués l'un contre l'autre, et quand le courant qui les traverse anime la bobine, le porte-charbon inférieur se trouve abaissé en même temps que le porte-charbon supérieur HVI se relève, et cet effet se continue jusqu'à ce que la force attractive de l'hélice équilibre la résistance du barillet, ce qui détermine la formation de l'arc voltaïque. Naturellement la longueur de celui-ci dépend de la tension du ressort du barillet, qui peut être réglée au moyen d'une vis disposée à cet effet : tant que l'arc reste dan» les mêmes conditions de résistance, l'effet se maintient; mais aussitôt que la résistance de l'arc augmente par suite de l'usure des charbons, la force du ressort l'emporte sur l'action électro-magnétique, et les charbon^ se rapprochent jusqu'à ce qu'il y ait de nouveau équilibre, et les choses se renouvellent ainsi jusqu'à l'entière usure des charbons.
Le petit mécanisme adapté aux roues des crémaillères permet d'ailleurs, comme on l'a vu, au moyen d'une ckf,
l'éclairage ÉLECTttlQUE. , 13,
178 L*ëGL4IRAGE ÉLECTRIQUE.
de placer le point lumineux plus ou moins haut, sans
éteindre pour cela la
^■ssisaA^ lampe, ce qui est né-
^^"w" Il cessaire dans les expé-
I II riences d'optique pour
■ Il bien centrer le point
■ Il lumineux dans la lan- " terne.
Mjrnmpe de 9I. CJar-
r*. — La lampe de M. Carré, qui a été Tobjet d'une médaille d'or à l'exposition de 1878, et que nous représentons fig. 59, n*est qu'un perfectionnement ingénieux des régulateurs d'Archereau et de Gaiffe.
L'action électro -magnétique est, en effet, comme dans ces régulateurs, basée sur les effets attractifs des solénoïdes, mais ces effets, par une disposition ingénieuse y se trouvent très amplifiés, et l'action mécanique est produite, comme dans les régulateurs de Serrin, Foucault, etc., par des rouages d'horlogerie agissant sur deux crémaillères D, E, adaptées aux
FiG. 39.
porte-charbons, et commandés par un cliquet de détente mis en jeu par le système électro-magnétique.
Ce système se compose de deux bobines B, B', dont Taxe est légèrement recourbé et dans lesquelles s'engagent les extrémités d'un noyau de fer doux A A' recourbé en S, et qui pivote en C sur sa partie centrale. Un double système de ressorts antagonistes r, r', conduits par un système extenseur dépendant d'une vis de réglage V, permet de régler convenablement la force opposée à l'attraction des bobines, et une tige t, adaptée au noyau magnétique, réagit sur le cliquet de la détente du mécanisme d'horlogerie, dont les rouages, en défilant, font avancer les deux crémaillères dans le rapport convenable pour maintenir le point lumineux fixe. Le courant qui fournit l'arc voltaïque traverse les deux bobines, et, suivant que son intensité est plus ou moins forte, le noyau de fer est attiré plus ou moins à l'intérieur des bobines, déterminant, pour un affaiblissement suffisant, un mouvement du cliquet de détente assez prononcé pour dégager le mécanisme d'horlogerie, et il en résulte le rapprochement des charbons.
Dans ce système, comme du reste dans ceux d'Archereau, de Gaiffe, de Jaspar, de Loiseau, etc., l'action renforçante du courant a donc pour effet d'éloigner les charbons l'un de l'autre, et c'est le mécanisme d'horlogerie qui les rapproche ; mais comme dans ces condi. tiens la course de la pièce mobile du système électromagnétique est assez grande, et que l'effet attractif est beaucoup moins brusque qu'avec les électro-aimants à armatures articulées, les écarts des charbons s'effectuent franchement et sans oscillations , ce qui est un avantage *.
Ce sont ces régulateurs qui ont fonctionné, pendant
* Voir les lois des attractions des solénoïdes dans le tome II de mon Exposé des applications de V électricité j p. 132^
IfO LlCLÂlRAGE ELECTfilQUË.
toute la durée de lExposition, avec les' machines de la compagnie V Alliance, Avec les courants alternativement renversés, ils présentent des avanUges réels, car M. l. Van Malderen a montré qu'avec ces courants une
tige de fer est presque aussi fortement attirée à rintérieur d une bobine qu'avec des courants redressés; il y a seulement un plus grand échauffement du système éleclro^nagnélique; mais, en revanche, il y a beaucoup moins de magnétisme rémanent et, par conséquent, plus de sensibilité.
Lampe de m . Brash.
— Le rapport de la commission américaine nommée pour l'examen des machines magnétoélectriques ayant fait un grand éloge de cette lampe, nous avons cru : devoir en donner ici ^y- ïa description, bien ' qu'elle nous paraisse Fio. io. inférieure à celles que
nous avons en France.
Celte lampe, que nous représentons fig. 40, est fondée, comme les deux lampes précédentes, sur les effets d'attraction des solénoïdes. La bobine électro-magnétique est placée en A au-dessus du porte-charbon supérieur et
est soutenue par nn bras b adapté à une lige verticale c, qui se visse sur une colonne, de manière à pouvoir adapter l'appareil à différentes longueurs de charbons. A rintérieur de la bobine se meut librement un noyau magnétique d, qui est creux et se trouve traversé par la tigeencuivre/'/'du porte-charbon supérieur, laquelleglisse librement dans toute sa longueur. Toutefois, une sorte de collier h l'enserre un peu au-dessous du noyau magnétique, et il se trouve tellement disposé que, quand il appuie sur ulie traverse h faisant partie d'un système fixe adapté au bras b, il abandonne à elle-même la lige ff qui pourrait alors tomber sous l'influence de son propre poids. Par conséquent, le collier en question ne soutient cette tige que quand il est soulevé lui-même, et ce soulèvement a lieu presque constamment pendant le fonc-» lionnement de l'appareil, car un crochet e adapté au noyau magnétique d le soutient par le dessous; mais il ne peut dépasser dans son soulèvement une certaine limite qui peut d'ailleurs être réglée, car une vis x a une tête suffisamment large pour le retenir par son bord supérieur. Le noyau magnétique lui-même est maintenu soulevé par une traverse sur laquelle réagissent deux ressorts à boudin e, e, dont les tiges servent en même temps de guides au système. Les porte-charbons n'ont rien de particulier; l'un est adapté à la tige/*/", l'autre à un bras adapté à la colonne-support, et celui-ci çst disposé dema* nière à pouvoir être plus ou moins élevé quand l'usure du charbon inférieur le nécessite; car dans ce système le point lumineux se déplace à mesure que les charbons s'usent, et c'est le charbon supérieur seul dont la marche est régularisée électro-magnétiquement, comme dans le régulateur primitif d'Ârchereau. Disons enfin que la bobine A est composée de deux hélices qu'on peut disposer en tension ou en quantité, suivant les conditions de l'expérience, au moyen du conmiutateur que l'on aperçoit au haut de la bobine.
Le jeu de l'appareil est facile à comprendre : quand Tappareil ne fonctionne pas, les deux charbons k k sont en contact, et le courant peut passer au travers, aussitôt que les deux porte-charbons sont mis en rapport avec le générateur électrique. Sous Tinfluence de ce courant dont l'intensité est alors maximum , le noyau magnétique d est.soulevé, entraînant avec lui, par le crochet qu'il porte, le collier h ; la tige ff se trouve alors soulevée et les deux charbons disjoints ; Tare voltaïque se produit, et, tant que l'action électrique se maintient entre des limites convenables, l'appareil reste dans les conditions qu'a entraînées le soulèvement du noyau d ; mais aussitôt que l'usure des charbons devient assez grande pour affaiblir notablement l'intensité du courant, le noyau d retombe et avec lui la tige de fer ff et le collier h. Si cet abaissement n'est pas complet, les charbons ne se rapprochent que de la hauteur dont s'est abaissé le noyau d ; mais s'il est assez prononcé pour que le collier h s*appuie sur la traverse h, la tige ff devient libre et descend par son propre poids, jusqu'à ce que ce rapprochement des charbons soit assez grand pour provoquer une nouvelle ascension du noyau d.
lianqie mapleiT. — Ce système n'est* qu'une extension de celui de H. de Bailhache dans lequel les charbons conservent toujours le même écartement respectif, malgré leur usure, par l'effet d'un ressort qui presse sur eux à la manière des ressorts des bougies de lanternes de voiture. Dans ce système, les charbons étaient maintenus à distance convenable, pour la formation de l'arc, par deux cônes creux de magnésie calcinée dans lesquels était engagée leur extrémité antérieure, et qui formaient en quelque sorte un collier d'arrêt. A mesure que leur extrémité brûlait, les charbons étaient poussés en avant par les ressorts, et comme ils ne s'amincissaient en bmlant que par le bout, ils se trouvaient toujours retenus
par leur partie froide engagée à Tintérieur du cône
FiG. 41.
réfractaire. Dans le système de M. Rapieff, le môme effet
iS4 L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
se produit, mais il n'y a pas de cônes réfractaires, et pour les remplacer, on emploie quatre baguettes de charbon dont les bouts sont réunis, deux par deux, sous un angle aigu, et qui sont disposées les unes au-dessus des autres de manière à constituer deux systèmes angulaires dont les plans sont perpendiculaires entre eux, et dont les points de croisement, qui constituent les électrodes, sont éloignés de la distance voulue pour constituer l'arc voltaîque. Des contre-poids à poulies de renvoi réagissent pour pousser l'une contre Tautre les baguettes de chaque système, et celles-ci, par conséquent, à mesure qu'elles s'usent, avancent constamment vers leur point commun de croisement qui reste toujours à la même place. La fig. 41 représente ce système régulateur dont les charbons a^oSy b,b' semblent former un X, avec cette différence que les deux charbons du bas sont placés dans un plan perpendiculaire par rapport à celui des charbons du haut, et c'est entre leurs pointes que se forme en c l'arc voltaîque. A mesure que les charbons se consument, ils se rapprochent lentement l'un de l'autre dans chaque couple, sous l'influence d'un contre-poids W qui, sous l'action de cordons et de poulies ^fhda'aegd'h'h, pousse les baguettes de charbon l'une contre l'autre. Ce contrepoids est guidé dans sa course par deux colonnes S, S' qui servent en même temps de conducteurs pour transmettre le courant aux deux systèmes d'électrodes aa!, bb\ soutenus d'ailleurs par deux bras métalliques ett, d^g. Les charbons du haut devant être en rapport avec le pôle positif, sont naturellement plus longs que ceux du bas. Enfin ce dispositif est complété par un système électromagnétique logé dans le socle de Tappareil et qui a pour fonction, quand le courant passe et que les quatre baguettes de charbon ont été mises en contact, de faire écarter les deux systèmes formant électrodes de la distance nécessaire à la formation de l'arc. Cet effet est obtenu à Taide d'une corde fixée à l'armature électro-ma-
L^CLAIRAGE ÉLECTRIQUE. 185
gnélique, laquelle, passant à Tintérteiir de la colonne S', réagit sur le bras d!g. Un réflecleur en forme de coupe, soit en cuivre argenté, soit en porcelaine, est fixé un peu au-dessus du point de rencontre des charbons, et des vis de réglage permettent de diriger le faisceau lumineux dans telle direction que Ton veut.
Avec des charbons de 20 pouces de longueur et de 5 millimètres de diamètre, la lumière fournie par cette lampe peut, suivant M. Rapieff, durer sept ou huit heures; mais avec un diamètre de 6 millimètres, ces charbons peuvent la faire durer deux heures de plus. Cette lumière peut être évaluée à 100 ou 120 becs de gaz, ou à 1000 candies ; mais avec les petits modèles de M. Rapieff, on peut en obtenir une qui ne dépasse pas cinq becs de gaz. L*au!eur a fait aussi des modèles dans lesquels la disposition précédente est renversée, pour permettre de les suspendre à des plafonds. S'il faut en croire Tauteur, la résistance de Tare ne dépasse pas 5 ohms, soit 500 mètres.
Dans une autre disposition, M. Rapieff a joint à Faction de Tare voltaïque l'éclat lumineux d*un morceau de kaolin placé au-dessus de Tare. Les quatre charbons sont alors disposés de manière à former les quatre arêtes d'une pyramide interrompue à son sommet, et c'est audessus de cette pyramide qu'est fixée, comme un capuchon de lampe, une sorte de cloche de kaolin qui, en rougissant, augmenterait, suivant l'auteur, de 40 p. 100 le pouvoir lumineux de l'arc. Les charbons employés sont ceux de M. Carré, et c'est une machine de Gramme qui sert de générateur. Avec cette machine, on peut allumer jusqu'à 10 lampes du premier modèle que nous avons décrit, en les plaçant dans le même circuit, Aiais on n'en emploie que 6 pour l'éclairage des bureaux du Times à Londres où ce mode d'éclairage est appliqué depuis quelque temps.
D'après le Télégraphie Journal du !«' novembre 1878, le système d'éclairage électrique de M. Rapieff introduit
en Angleterre par M. E. J. Reed, sous la direction de H. Âpplegarth, aurait donné d'excellents résultats dans les essais qui ont été faits dans Middle sfreet à Smithûeld et dans rétablissement du journal anglais le Times. Il y aurait maintenant 18 lampes Rapieff qui éclaireraient les ateliers de composition, et 6 qui seraient afTectées à Téclairage des bureaux. « Le grand avantage de cette lampe, dit-il, serait qu'elle peut travailler au besoin toute une nuit sans qu'il soit nécessaire de renouveler les charbons ; son intensité est toujours constante, quand bien même les charbons seraient brûlés très bas, et à ce point de vue, celte lampe l'emporterait sur la bougie Jablochkoff, car dans celle-ci le courant augmente d'énergie à mesure qu'elle brûle, par suite de l'amoindrissemenl de longueur des charbons à travers lesquels le courant est obligé de passer, tandis que dans la lampe Rapieff, cette longueur est toujours la même. »
Pour que Textinclion d'une lampe n'eniraîne pas celle des autres lampes, M. Rapieff dispose l'électro- aimant appelé à séparer les charbons de manière à réagir sur un commutateur. Quand le courant passe à travers l'électroaimant, le commutateur n'est pas mis en action, et le circuit est complété par la lampe; mais quand celle-ci s'éteint ou qu'on la retire du circuit, l'électro-aimant en question devenant inaclif, fait passer le courant par une dérivation dans laquelle est introduite une résistance égale à celle du circuit de la lampe, et le circuit des autres lampes n'est pas pour cela interrompu. Cet effet est obtenu au moyen d'une seconde armature qui,étant attirée, agit comme culasse quand le courant passe, pour renforcer l'action électro-magnétique exercée sur la lampe, et qui actionne le commutateur quand le courant ne passant plus, la fait céder à l'action antagoniste.
Dans un récent modèle, M. Rapieff a remplacé les charbons du haut du régulateur que nous avons décrit, par un morceau de charbon massif, qui, conune dans la lampe
L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. i87
Werdermanii,ne brûle pas. Ce dispositif avait du reste été indiqué par lui dans son brevet de 1877, de sorte qu'on . ne peut Taccuser d'avoir, dans ce nouveau système, imité M. Werdermann.
liampe de M. Baro. — Cet appareil se compose simplement de deux tubes métalliques disposés verticalement l'un à côté de l'autre et dans lesquels glissent librement deux baguettes de charbons qui appuient sur un bloc de magnésie. Ces tubes sont séparés par une matière isolante, mais une vis permet de régler l'écartement des charbons à leur bout en contact avec la magnésie; de sorte que Tare peut se produire, à ce point de contact, dans les conditions voulues, et même s'y maintenir malgré l'usure des charbons, puisque ceux-ci tendent sans cesse à se rapprocher du bloc de magnésie par leur propre poids.
I«anipe de MM. E. Houston et E. Thomsoii. —
Comme disposition, la lampe de MM. Houston et Thomson se rapproche des appareils ordinaires; seulement le charbon du bas, au lieu de correspondre à un mécanisme d'horlogerie, est soutenu par un bras adapté à une forte lame de ressort. Ce bras porte l'armature d'un électro-aimant qui est placé au-dessous de lui, et il se trouve isolé métalliquement du porte-charbon supérieur que l'on met en communication avec le pôle positif du générateur électrique. L'électro-aimant est mis en communication métallique avec le charbon inférieur et le pôle négatif du générateur; de sorte que le courant qui passe au travers est complété par le bras élastique du portecharbon inférieur et les deux charbons ; l'armature électro-magnétique constitue par conséquent un trembleur, comme dans une sonnerie électrique, et il en résulte entre les deux charbons une série d'interruptions de courants très rapides qui provoquent des étincelles multi-
pliées, et, par suite» une lumière continue, en raison de leur superposition sur Torgane de la vue. Pour éviter que l'action se continue entre les porte-charbons quand ceux-ci sont usés, le porte -charbon supérieur porte une tête qui, en rencontrant un disjoncteur de courant, coupe le circuit à travers l'appareil. Dans ces conditions, Tétincelle de Texlra-courant du système électro-magnétique se joint à celle du générateur, et en augmente Téclat. «
Naturellement, MM. Houston et Thomson ne donnent ce régulateur que comme applicable aux faibles courant9 et pour fournir de faibles lumières. C'était le même but que s'était proposé M. Maiche. M. Lemolt employait également ce moyen pour déterminer Tare voltaïque lui-même avec les générateurs puissants; seulement c'était un mécanisme d'horlogerie qui fournissait les mouvements vibratoires des charbons.
Lampes de divers systèmes. — Il nous reste, pour compléter notre monographie des lampes à arcs voltaïques, à parler de différents systèmes qui, n'ayant pas fourni de résultats pratiques très importants, présentent un caractère d'originalité qui mérite d'être exposé. De ce nombre, est la lampe de M. Girouard, qui est un régulateur à mouvement d'horlogerie assez analogue ù celui de MM. Foucault ou Serrin, mais qui fonctionne , sous l'influence d'une sorte de régulateur-relais qui permet par conséquent de le diriger à distance. Le système comporte donc deux appareils: 1° un système électromagnétique à gros fil, à travers lequel passe le courant du générateur, et qui réagit sur un double contact ; 2*» une lampe à double mouvement d'horlogerie sur laquelle réagissent deux électro-aimants à fil fin animés par le courant d'une pile de très faible intensité. Le courant du générateur, après avoir traversé l'électro-aimant du régulateur-relais, passe donc directement à travers les charbons
L'ÉGUIRAGE ÉLECTRIQUE. 189
de la lampe, et leur écart est réglé par un système indépendant, qui fonctionne sous l'influence des deux contacts du relais régulateur. Quand le courant a toute son intensité, le mécanisme qui commande Técart des charbons est actionné, et quand au contraire le courant est trop affaibli, c'est le second mécanisme d'horlogerie qui est alors dégagé, et qui rapproche les charbons. Pour obtenir celte double action en sens inverse, M. Girouard a employé un barillet à double mouvement. On pourra trouver la description complète de ce système dans le tome V de mon Exposé des applications de V électricité , p. 495.
Pour augmenter la durée des charbons excitateurs de l'arc voltaïque, on a eu l'idée d'employer des charbons circulaires. C'est même dans ce système qu'a été construile, en 1845, la première lampe électrique, par M. Thomas Wright. Plus 'tard, en 1849, M. Lemolt reprenant ridée de Thomas Wright, construisit un appareil mieux défkii dans ses fonctions, et dans lequel les deux disques de charbon supportés par deux leviers recourbés et articulés, se trouvaient mis en mouvement par un double système de poulies qu*animait un même mécanisme d'horlogerie. Unressort à boudin reliant les deux leviers courbes, faisait appuyer l'un contre l'autre les deux disques de charbon qui se trouvaient éloignés à des intervalles trèsrapprochés par l'action d'une excentrique, mise en mouvement par le mécanisme d'horlogerie, et il en résultait une série d'étincelles se succédant assez rapidement pour fournir à la vue l'effet d'une lumière continue. Après ce système, est venu celui de M. Harisson, dans lequel un des charbons était remplacé par un cylindre de charbon mobile sur son axe pour en rendre l'usure moins prompte ; mais le charbon supérieur était actionné par un système électro-magnétique qui déterminait la formation de l'arc et le maintenait constant par des moyens analogues à ceux employés dans les autres régulateurs (voir la note E).
190 L'EaAIRAGE ELECTRIQUE.
Enfin est venu le système de M. E. Reynier, le plus complet de tous, dans lequel chacun des disques de charbon était mis en mouvement séparément par un mécanisme d'horlogerie particulier, et dont la séparation, nécessaire pour le développement de Tare voltaïque, était obtenue par un système électro-magnétique agissant sur Tun des porte-charbons, ce qui produisait des effets analogues à ceux des autres régulateurs de ce genre (voir mon Exposé, t. V, p. 502).
En outre des appareils dont nous venons de parler, il existe une catégorie de lampes électriques auxquelles j*ai donné, dans mon ouvrage sur les applications de l'électricité, le nom de régulateurs à réactions hydrostatiques, et qui, s*ils ne sont pas très pratiques, sont du moins intéressants. Ils ont pour organes régulateurs des liquides, et réagissent, soit à la manière des vases communiquants, soit en servant de véhicule à la décharge sous certaines conditions, soit en provoquant un effet analogue à celui produit dans les lampes à modérateur, les principaux modèles de cette catégorie sont ceux de MM. Lacassagne et Thiers, de M. Pascal de Lyon, de MM. Marçais et Duboscq, et de M. Way.
Dans Tappareil Lacassagne et Thiers, imaginé en 1856, le charbon inférieur seul est mobile, et se trouve dirigé par un flotteur adapté dans un long cylindre rempli de mercure, lequel est mis en communication, par un tube, avec un réservoir rempli de ce liquide, et celui-ci est fixé à la colonne de soutien du porte-charbon supérieur. Le tube qui établit la communication entre les deux vases, se replie à travers l'un des pôles d'un fort électro-aimant, de manière à présenter sa courbure au-dessous de l'armature de celui-ci, et il résulte de cette disposition, que l'armature appuyant sur cette partie du tube quand le courant a toute son intensité, joue le rôle d'un véritable bouchon. Gonséquemment, tant que le courant conserve toute sa force, le niveau reste constant dans les deux vases, et le charbon
inférieur reste immobile; mais, quand il vient à faiblir par suite de raccroissement de la longueur de Tare, le tube se trouve un peu dégagé, et un peu de liquide passe du réservoir dans le tube, ce qui fait monter le charbon jusqu'à ce que le courapt ayant repris son intensité primitive ait de nouveau provoqué l'obstruction du tube. L'action du ressort antagoniste de l'électro-aimant se trouve d'ailleurs régularisée par un second électro-aimant interposé dans une dérivation très résistante du circuit, et qui agit dans le même sens que lui sur l'armature du gros électro-aimant qui se trouve prolongée à cet effet au delà de son point d'articulation.
Le régulateur de MM. Marçais et Duboscq est ime sorte de lampe à modérateur, dont la crémaillère du piston réagit sur les deux porte-charbons par l'intermédiaire d'une double grenouillelte, et dans laquelle le mouvement de ce piston dépend de l'écoulement plus ou moins prompt de l'huile qui se trouve au-dessous. A cet effet, les parties supérieure et inférieure du corps de la lampe sont mises en communication par un tube, en l'un des points duquel se trouve une ouverture circulaire bouchée par une membrane extensible; et au-dessus de cette membrane est appliqué une sorte de tampon articulé, commandé par l'armature d'un électro-aimant qui, comme dans le système précédent, arrête ou provoque l'écoulement du liquide suivant l'intensité plus ou moins grande du courant.
Enfin, dans la lampe de M. Way, dont on a beaucoup parlé en 1856, et qui a même occasionné la mort de son auteur, les charbons entre lesquels se produit ordinairement l'arc vollaïque, étaient remplacés par un mince filet de mercure sortant d'un petit entonnoir et reçu dans une aivette en fer renfermant aussi du mercure. Les deux pôles du générateur étant mis en conununication, l'un avec l'entonnoir, l'autre avec la cuvette, il se produisait entre les globules successifs de la veine discontinue,
102 L'ÉCUlRAGE ÉLECTRIQUE.
une série d'arcs vollaïques dont la réunion formait un foyer lumineux assez intense et assez régulier. La veine lumineuse était d'ailleurs placée dans un manchon de verre d'assez petit diamètre pour s'échauffer de n\anière à ne pas laisser condenser le mercure sur ses parois ; et comme la combustion se faisait hors du contact de Toxygène, le mercure n'était pas oxydé. M. Way a modifié, il est vrai, cette première disposition, en employant deux jets de mercure au lieu d'un seul, et ces jets étaient disposés de manière à se rencontrer en un point, d'où ils s'écoulaient ensuite en gouttes. D'un autre côté, il fermait et interrompait continuellement le circuit électrique, au moyen d'un petit électro-moteur mû par la pile, et qui actionnait la pompe à mercure fournissant les jets. Mais malgré ces perfectionnements, cet appareil dut être abandonné à cause des vapeurs mercurielles qui s'en échappaient, et qui finirent par tuer l'inventeur. La lumière fournie n'atteignait d'ailleurs guère que le tiers de celle engendrée avec le même courant entre deux pointes de charbon.
Pour terminer avec les lampes à arcs voltaïques, je dois dire quelques mots du régulateur de M. J.Yan Malderen fondé sur les répulsions des éléments contigus d'un même courant. C'est une sorte de compas suspendu, dont les branches articulées portent à leur extrémité les portecharbons qui se trouvent, par conséquent, placés Tun visà-vis de l'autre horizontalement. Ces deux branches du compas, isolées l'une de l'autre et très mobiles, sont mises en rapport avec les deux branches du circuit, et quand les charbons sont arrivés en contact sous l'influence de la tendance des porte-charbons à se placer verticalement, le passage du courant qui a alors lieu, détermine une répulsion qui, en provoquant l'écart des charbons, engendre l'arc voltaïque. U s'établit alors entre cette force répulsive et l'action résultant de la pesanteur un état d'équilibre stable suffisant pour entretenir une fixité relative
de Tare. Mais ce système ne peut s'appliquer qu*à des forces électriques peu intenses, et ne peut être considéré comme d'un usage pratique. Il en est de même de celui de H. Fernet, qui est disposé d'après le même principe.