DEFINITIONS IMPORTANTES
-Avant d'entrer dans aucuns détails sur ce qui se rapporte à la lumière électrique, il me parait indispensable qu'on soit bien fixé sur Finterprétation que Ton doit donner à certains mots que nous aui'ons occasion de répéter souvent et qui, bien qu'ayant un sens parfaitement net et déterminé, ne sont pas toujours compris comme il le faudrait, ce qui cause des confusions souvent regrettables.
D'abord un courant électrique n'est par le fait, en luimême, qu'un effet dynamique ou de mouvement, résultant de la destruction ^e l'équilibre électrique dans un système conducteur, et ayant pour effet de tendre à rétablir, par l'intermédiaire d'un autre conducteur, cet équilibre détruit. Conséquemment, si la cause qui a provoqué cette destruction d'équilibre n'est que momentanée, le courant ne peut être qu'éphémère; c'est alors une décharge. Mais, si elle persiste, le courant devient continu et peut être comparé à un ruisseau alimenté par une source ; c'est le courant électrique proprement dit.
Comme un courant a pour effet de rétablir l'équilibre détruit en un certain point d'un système conducteur, il en résulte naturellement que, pour se manifester, il devient nécessaire que les deux extrémités libres de ce système conducteur se trouvent réunies; dès lors le système constitue un véritable circuit qui se rapproche plus ou moins du cercle, mais qui est toujours constitué de la même manière, c'est-à-dire que, si le courant est dirigé dans un certain sens au point où s'est développé le dégagement électrique ou la destruction de l'équilibre électrique, il se trouvera dirigé en sens contraire dans la partie opposée du circuit.
6 LËGLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
La force qui produit la destruction de l'équilibre dont il vient d'être question est ce qu'on appelle la force électro-motrice. Les partisans exagérés de la théorie électro-chimique repoussent, il est vrai, cette expression parce qu'elle se rattache h la théorie de Volta qu'ils ne veulent pas admettre ; mais, quelle que soit la théorie que Ton adopte, cette expression est parfaitement convenable ; car, puisqu'un courant électrique est un phénomène de mouvement et que tout mouvement est l'effet d'une force, il est parfaitement certain que, dans tout circuit parcouru par un courant, il y a une force mise en jeu, et cette force peut, par conséquent, être appelée force électro-motrice.
La tension d'un courant que l'on confond maintenant souvent avec le potentiel est la propriété du fluide électrique qui donne en quelque sorte l'impulsion au mouvement électrique, et qui se traduit extérieurement par une tendance à réagir sur les objets avoisinanls et à produire les effets propres à l'électricité statique. C'est la quantité d'électricité maintenue libre quand les pôles de la pile ne sont pas réunis, et qui échappe à la recomposition pendant le temps que s'effectue le dégagement électrique.
Le potentiel d'une source éjectrique* se rattache à la tension, mais, étant relié aux actions électriques ellesmêmes, il peut représenter la tension dans des conditions mieux déterminées et susceptibles d'être interprétées par le calcul. On peut le définir grossièrement en disant qu'il est à l'électricité ce que \ei température esta la chaleur ; c'est en quelque sorte la qualité de l'électri-
* M. Abria, dans un intéressant mémoire sur la Théorie élémentaire du potentiel, le définit de cette manière : « Appelons potentiel d'un corps électrisé l'indication d'une balance de torsion dans laquelle la boule mobile et la boule fixe sont deux petites sphères égales et qui étant en contact ont été mises en communication avec le corps par un fil long et fin. »
cité, et cette propriété n'a aucun rapport avec la quantité. La notion du potentiel d'un conducteur électrisé s'est introduite naturellement dans l'étude que l'on a dû faire des conditions d'équilibre électrique, suivant les lois découvertes par Coulomb. Pour que ces conditions d'équilibre existent, il faut que la résultante des forces attractives et répulsives exercées sur un point intérieur soit nulle ; mais il n'en résulte pas pour cela que l'action des masses électriques réparties sur la surface du conducteur le soit également, et c'est l'expression analytique qui représente cette action avec cette résultante nulle qu'on appelle le potentiel électrique.
Vintensité électrique représente la grandeur de l'effet produit par la force électro-motrice, c'est-à-dire la force du courant; elle est par conséquent toujours en rapport avec la quantité d'électricité qui circule dans le conducteur, et elle doit dépendre à la fois de la valeur de la force électro-motrice et de la résistance qui est opposée par le conducteur au mouvement des fluides. Ohm a démontré que cette valeur pouvait être exprimée par le rapport de la force électro-motrice à la résistance du conducteur, ce qui la suppose proportionnelle à la force électro-motrice et en raison inverse de la résistance > D'un autre côté. Joule a démontré que la chaleur développée par un courant électrique est proportionnelle au temps j à la résistance du cir^ cuit et au carré de la quantité d'électricité qui passe à tra^ vers le circuit dans un temps donné.
La résistance d'un conducteur représente la valeur de l'obstacle opposé par ses particules matérielles à la libre transmission du fluide ; c'est Cinverse de sa conductibilité. Cette résistance dépend, en conséquence, de la nature du conducteur et de ses dimensions. Ohm a démontré que cette résistance, pour une même nature de conducteurs, est inversement proportionnelle à la section de ce conducteur^ c'est-à-dire à la surface de la tranche qu on obtiendrait en le coupant perpendiculairement à sa longueur.
et il a reconnu de plus qu'elle était proportionnelle à cette longueur et enraison inverse de sa conductibilité. Dans les conducteurs de masse indéfinie, comme la terre, cette résistance devient indépendante de la distance où les points de communication du circuit avec cette masse sont Vun de VautrCy et ne dépend que de sa conductibilité moyenne et de la surface des lames qui établissent la communication; elle peut être considérée comme étant en raison inverse delà racine carrée de cette surface.
Comme un circuit est généralement composé de plusieurs conducteurs de différente nature qui présentent, par conséquent, des résistances très diverses pour les mêmes dimensions, il devient important, pour en estimer la résistance Maie, de les réduire toutes en fonction d*une même unité de résistances et Ton désigne alors la résistance du circuit sous le nom de résistance réduite. Les lois qui ont été posées par Ohm ne se rapportent qu'à un circuit de résistance réduite ; toutefois on ne doit pas perdre de vue que, quelque différentes que soient lés diverses parties d'un circuit, Vintensité électrique d'un courant qui le parcourt est la même en tous ses points, mais avec des tensions différentes dans chacune de ses parties ^.
La résistance des métaux augmente du reste avec la chaleur, et celle des liquides et des gaz diminue au contraire sous cette influence. On pourra voir dans mon Ex^ posédes applications de V électricité, tome I, p. 37 et 453, les coefficients de correction dont il faut affecter les chiffres que nous donnons dans la table ci-dessous
^ Cette unité de résistance a été long^temps discutée, et encore aujourd'hui tous les électriciens ne sont pas d'accord sur celle que l'on doit adopter; cependant, en général, on emploie l'unité de l'association britannique à laquelle on a donné le nom d'Onu. Cette unité représente environ 100 mètres de fil télégraphique de 4 millimètres de diamètre. Mous parlerons plus tard de ces unités.
• Voici, d'après le formulaire anglais de M. Latimer-Clark , les
pour obtenir leur véritable valeur à une température donnée.
La conductibilité d'un corps est la propriété qu'il peut avoir de transmettre plus ou moins facilement un courant électrique. A proprement parler, tous les corps de la nature sont conducteurs, mais à un degré très variable et dans des conditions très-différentes. Les métaux sont les plus conducteurs, les résines et autres substances telles que le caoutchouc, la gutta-percha, le verre, etc., le sont le moins. Les liquides et les gaz le sont également, mais sous certaines conditions.
La conductibilité des corps peut être considérée à plusieurs points de vue. Quand elle permet à l'électricité de pénétrer le corps dans toute sa masse sans réaction ultérieure et de s'y propager à la manière de la chaleur, elle prend le nom de conductibilité propre ; c'est celle des métaux. Quand au contraire elle ne se produit que par l'effet de décompositions et recompositions chimiques successives, conune cela a lieu avec les liquides, elle prend le nom de
?aleurs des résistances des métaux les plus communément employés, pour 1 mètre de longueur et 1 millimètre de diamètre :
Argent recuit
Argent étiré
Cuivre recuit
Cuivre étiré
Or recuit
Or étiré
Aluminium recuit. . . .
Zinc comprimé
Platine recuit
Fer — ....
Nickel — ....
Étain comprimé
Plomb — ....
Antimoine comprimé. .
Bismuth —
Mercure liquide 4,27000
Alliage de platine et d'argent. 0,31400
Argent allemand 0,26950
Alliage d'argent et d'or 0,13990
Résistance» en ohms.
Pouvoir conduclear
conductibilité électroly tique. Enfin, quand pour se produire elle exige une action préventive de condensation, comme cela a lieu dans les corps mauvais conducteurs dits isolants, elle prend le nom de conductibilité électroUh nique. C'est cette conductibilité qui produit les effets d^induction électrostatique dans les câbles sous-marins.
La plupart des corps non métalliques, tels que les minéraux, les bois, le corps humain, les tissus, etc., ne sont conducteurs que par la conductibilité électrolytique, et leur résistance dépend en conséquence de leurplus ou moins grand pouvoir hygrométrique. Cependant la plupart des minerais métalliques réunissent à ce genre de conductibilité une conductibilité propre très marquée. (Voir mes Recherches sur la conductibilité des corps médiocrement conducteurs.)
Enfin, pour terminer avec ces définitions, nous dirons qu'on entend par le mot électrodes des lames métalliques qu'on plonge dans un milieu peu conducteur, afin de l'électriser assez profondément et sur une assez grande surface pour qu'il acquière une certaine conductibilité ; les lames zinc et cuivre d'une pile en constituent les électrodes, et les crayons de charbon d'une lampe électrique sont également les électrodes de l'arc lumineux qu'ils provoquent.
Les électrodes peuvent du reste être employées, nonseulement pour communiquer l'électrisation à un milieu mauvais conducteur, mais aussi pour en recueillir la polarité quand celui-ci, par une circonstance quelconque, se trouve électrisé. Dans tous les cas, il résulte de ce système de communication électrique une réaction particulière à laquelle on a donné le nom de polarisation et qui, s'effectuant en sens contraire de l'action électrique déterminée, est une cause de désordre dans l'action des courants. Cette réaction assez simple avec les liquides est très complexe chez les minéraux et donne lieu à des effets très particuliers et très-curieux que j'ai longuement
I ^^'* î"''. n'ayant rien ^ ^W étudiés ^'1 d«^^°«t être passés so^ l'aire a ve< électriq^^'s'?"^^''* ies effets de p^. ^leitceo^« Pll'/ijt*'^ ^*'î«es, c'est-à-di J^^i,ation r. «^ets ^)|^^"f,s«i'Jes électrodes.; de dép^.^
ér^" %a^ '" ''"« '"verse de ^^^t^^ créer u.
qu''.*"af^'^^"'''''«P''«vienne^7^^ du cour quelqu^f i estco;n/umquée4 * <iune po/ari<
"^'iïoùfSv^f «"««•• donner ÎUeIç„,3 .^^u^^tio^ ^'anr^i;^„/>r ^^ désigne ainsi iv^ ^^swnpius ^
une charge é/ecfrique sur un conducteur 5e iarg face, isolé da celui qui est électrisé et qoi per^ retenant par attraction les charges contraires non rune à rautre, de les accumuler en quantité //^ p\\is grande que la surface condensante est plus été l>ans ces conditions, il se produit k travers Tisoia^^ taïUe écoulement de la charge par voie deconductiheVeclrolomqvie, et comme alors les lames condensai consUlueut de véritables électrodes, la résistance corps isolant «u diélectrique interposé entre les cl< lames ou f;i.^.ures est inversement proportionnelle à la ^ face de ces la^^^^' ^^' ^^ ^"^ revient au même, à la } gueur du ""hU^ ^^ ^^^ considère Teffet sur un câble se rnarin ^^^^ ^terrain immergé.
Voir ^ficrches sur la conductibilité électrique des «
<^îpe- Qu£ii::Kd, £i«ji €^€yrx±M:'stire est g^azeiix", 1^^ -Li^^s solides le ooxii*ant cioiv^x:i£^ ^tr'G telles oeptible cl^ c5ox:i.citïix*^ la, déchaj rature qii'ils Iêjwm c^ommun/ç^^^ sein de ce xinili^ii st^riFarnie Ufj^ eules xnatéjriôJl^s excessivement partieules c/ui, Gt^sLrxt cliauffées sm ixicjuent l'éoJÊtt TXGCGSsaire pour sait, en eUfet, q^uo la flamme du oi pas lumineoso pâx- ^^^^-niême, le de\ duit une épongr^ ^^ platine, ou qua D'après oes considérations, H était employer corrxmG excitateurs de la li charbons. Ces corps sont, en effet, asè de l'électricité^ iis se désagrègent.
faeil^toent en igaition, et, pouvant joignent l'efTet lumineux de ia combi la lumière étlectrique proprement dit Humfry-Davy c^xjiy en 1815, fit les prei sur cette ixxBxxière de déterminer l'arc verrons bientôt aamment cette décauven par M. FoiMcault, par la substitution cornue aux: cliarbons de bois.
On peut Gticore obtenir de la lumièn moyen de corps solides mauvais condu incandescents, et nous aurons occasion q système d^illuaiination de ce genre, M. Jabloclikoff, en mettant à. contributio minces de kaolin ; mais, pour obtenir ci
irce soit clair qiE iducteiirs 'audra qix^^ sion, taarf^'^^^r^ ^ IX charbon^ ^^^^M^^' îr, il faudr-^ ^J^^^ ques néces^^ ^^-^7
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l'éclairage ÉLECTRIQUE. ^ ( r^r\n\{>
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superposant. On pourra même dans ce cas, comme dans le premier, varier à volonté la prépondérance de l'intensité électrique sur la tension, en groupant les éléments en séries, c'est-à-dire de manière à réunir en tension un nombre plus ou moins grand de groupes générateurs, dont les éléments sont réunis en quantité. Nous aurons du reste occasion de revenir plus loin sur cette question importante. J'ajouterai seulement ici que, parmi les différents générateurs, il en est qui sont plus avantageux les uns que les autres pour la lumière électrique, tant au point de vue de leur énergie d'action qu'à celui de la dépense qu'ils occasionnent, et le choix d'un bon générateur est une des questions les plus importantes qui doivent être prises en considération quand on s'occupe de lumière électrique. Ainsi, parmi les piles, ce sont les éléments de Grove ou de Bunsen qui donnent toujours les résultats les plus avantageux, et parmi les machines, ce sont les machines d'induction magnéto-électriques qui doivent être employées. Nous verrons que c'est ce dernier moyen qui résout le problème le plus économiquement, et même de la manière la plus satisfaisante/en raison de la constance des effets produits.
IRC VOLTAÏQDE.
Lorsque la lumière électrique est produite entre deux conducteurs séparés par une couche gazeuse, comme on le voit figure 1, elle prend le nom d'arc voltaïque, et dans ces conditions, trois éléments concourent au développement de son éclat : d'abord l'intensité du courant, en second lieu la nature des électrodes, en troisième lieu la nature du milieu à travers lequel il se développe ; et ces trois éléments influent également sur la couleur de la lumière produite : ainsi elle est bleuâtre avec le zinc, ver. dâtre avec l'argent, rouge avec le platine, etc., et elle est plus intense avec les métaux facilement oxydables,
comme le potassium, le silicium, le magnésium, le sodium, qu'avec les métaux inoxydables, tels que Tor et
•■a.^'l'iapi^"^
le platine. L'aspect du loyer dépend, comme je Tai indiqué dans ma notice sur l'appareil d'induction de Rulim-
L ECLAIRAGE LLECTRIQUE.
korff, de la forme des électrodes et de leur poJarité. Entre une pointe et une surface conductrice, elle a la forme d'un cône et celle d'un globe entre deux pointes de charbon. La longueur maxima de Tare dépend surtout de -la tension du courant et peut atteindre, avec un fort courant, de 2 à 3 centimètres, une fois l'arc formé. D'après M. Desprctz, cette longueur croît plus vite que le nombre des éléments qui produisent lare, et cet accroissement est plus manifeste pour les petits arcs que pour les grands. 11 est par conséquent plus grand avec les piles en tension qu'avec les piles en quantité. D'un autre côté, l'arc vollaïque est plus développé quand le charbon positif est en haut que quand il est en bas ; et quand les charbons sont horizontaux, les arcs sont moins longs que quand ils sont placés verticalement, car l'air chaud tend toujours à s'élever verticalement. En revanche, la disposition de la pile en quantité devient alors plus favorai3le que sa disposition en tension.
Avec les courants voltaïques transmis par deux électrodes de charbon, l'électrode positive a une température beaucoup plus élevée que l'autre électrode, ce qui n'a pas lieu quand on emploie pour produire la lumière des courants d'induction de haute tension. Pour une intensité électrique peu considérable et avec des charbons bien purs, le foyer lumineux est bleuâtre et rayonnant, mais, quand cette intensité est plus grande, une véritable flamme accompagne toujours ce foyer lumineux, et elle est d'autant plus considérable que les charbons sont moins purs.
La figure 2 représente l'aspect des charbons excitateurs de la lumière électrique lorsqu'on projette l'arc voltaïque sur un écran. Dans ces conditions l'éclat de la flamme et de l'arc lui-même est tellement primé par celui des charbons qu'on les distingue à peine. Si les charbons sont coniques, ils sont inégalement brillants; le cône posilif est rouge blanc jusqu'à une assez grande dis-
tance de la pointe, tandis que le cône négatif est à peine rougi à son extrémité ; et sur chacun des charbons appa-
Fio. 2.
raissent çà et là des globules liquides incandescents qi,i déplacent, glissent jusqu'à la pointe et s'élancent pour
se
gagner l'autre électrode. Ces globules viennent de substances minérales, entre autres de silicates alcalins, qui se trouvent ordinairerpent dans les charbons de cornue et qui fondent sous Tinfluence de l'excessive température de l'arc voltaïque. Ils ne se produisent pas avec le charbon très pur et sont une cause de perturbation dans la fixité et la constance du point lumineux.
Quand l'arc voltaïque est produit dans l'air, les deux charbons s'usent assez promptement en brûlant, mais, en raison des conditions physiques différentes des deux électrodes et du transport des particules charbonnées par le courant, l'un des charbons, le positif, brûle beaucoup plus vite que l'autre, et cela dans le rapport de 2 à 1. Cette usure inégale entraîne plusieurs inconvénients: d'abord le déplacement du point lumineux, puis une déformation des extrémités polaires des deux électrodes, dont l'une s'appointil tandis que l'autre se creuse en forme de cratère, en entourant le point lumineux d'une sorte de rebord plus ou moins saillant qui agit à la façon d'un abat-jour. Les effets de polarisation déterminés sur les électrodes donnent lieu eux-mêmes à des effets assez complexes qui ont pour résultat une élévation de température et qui doivent être pris en considération. Avec des courants alternativement renversés, tels que ceux que fournissent les machines d'induction de la compagnie V Alliance, ces inconvénients n'existent pas ; l'usure des charbons est égale et régulière, et leur pointe, étant toujours parfaitement formée, dégage complètement la lumière. Sous ce rapport, ce que l'on soupçonnait dans l'origine être un défaut dans les machines magnéto-électriques, défaut qu'on avait voulu corriger au moyen de commutateurs inverseurs, est au contraire un avantage, non seulement par la suppression des pertes de courant qui se manifestent à travers ces commutateurs, mais par les meilleures conditions dans lesquelles le travail produit est placé.
Ces effets, toutefois, n'ont pas été considérés en Angleterre de la même manière que par nous, et dans un rapport fait dans ce pays par une commission d'électriciens distingués, tels que MM. Tyndal, Douglas, Sabine, etc., il est dit que la concavité déterminée sur Télectrode positive peut, si l'on place convenablement le charbon négatif, fournir une lumière, qu'on a appelée condensée, qui augmente dans un rapport assez considérable l'intensité de la lumière émise dans une direction donnée. Par conséquent , suivant eux, la lumière fournie par les courants redressés est de beaucoup préférable à celle qui résulte de courants alternativement renversés. Nous donnons du reste plus loin, dans un tableau dressé par M. Douglas, la différence d'intensité des deux lumières avec ou sans redressement de courants. Pour obtenir le meilleur effet possible, il faut, suivant M. Douglas, que le charbon inférieur, qui est négatif, sôit placé, comme on le voit fig. 5, de manière que son axe soit dans le prolongement du côté du charbon supérieur faisant face à la partie de l'horizon qu'on veut éclairer ; la concavité, dont le fond est la partie la plus lumineuse de l'arc, agit alors comme un réflecteur, et son éclat n'est pas voiïé par les bords du cratère du foyer lumineux. « A cause des perles de cou-
FiG. :
rant et de leur plus faible action, dit M. Douglas, les machines de Y Alliance et de Holmes sont loin d'équivaloir aux nouvelles machines à courants redressés, et pour l'application de la lumière électrique aux phares il vaut mieux employer ces dernières, car l'angle sous lequel la lumière électrique doit être projetée dépasse rarement 180<>; et, si l'on dispose les charbons comme il a été dit plus haut, la lumière est encore augmentée dans un rapport qui est en moyenne comme 1,66 est à 1. Il faut naturellement que le charbon positif soit au haut de la lampe et le charbon négatif au-dessous. »
Dans un rapport fait par une commission américaine sur la lumière produite par différentes machines d'induction, on a donné les valeurs suivantes pour les intensités lumineuses fournies par cet arrangement des charbons dans les' différentes directions :
Au devant ...» 2218 candies ou 231,0 becs Carcel.
Sur un côté. ... 578 — 60,2 —
Sur l'autre côté. . 578 — 60,2 —
Derrière 111 — 11,5 —
Ce qui donne une moyenne de 871 candies. Or la lumière produite par la même machine dans les mêmes conditions, mais avec les charbons placés dans le prolongement l'un de Tautre, n'a fourni qu'une intensité de 525 candies. « Ceci semblerait indiquer, dit le rapport en question, qu'une augmentation de près de 66 pour 100 de lumière serait due à l'arrangement des charbons ; mais une étude sérieuse a montré qu'il n'en était pas ainsi et que, somme toute, il n'y avait aucun avantage à employer cette disposition quand la lumière ne devait pas être transmise dans une seule direction*. »
* Dans le rapport de M. Douglas, ces différences du pouvoir éclai-» rant étaient représentées par les chiffres suivants : (le pouvoir éclai-
LÉCLMRAGE ÉLECTRIQUE. 23
La résistance de Tare voltaïque est assez variable, elle dépend de Tétat d'ignition des charbons et, par conséquent, de leur grosseur et de leur écartement ; mais on peut admettre que, dans les conditions d'une bonne lumière, elle peut atteindre environ de trois à quatre raille mètres de fil télégraphique, soit de 30 à 40 ohms; toutefois les chiffres donnés par les différents physiciens sont loin d'être concordants, car alors que MM. Preece, Schwendler et autres donnent à cet arc une résistance de 1 à 5 ohms, MM. Ayrton et Perry trouvent le chiffre invraisemblable de 255 ohms. (Voir le journal V Électricité du 20 novembre 1878, p. 259.)
Un fait intéressant a été signalé par M. le Roux, c'est que, si l'arc voltaïque ne se forme pas à froid quand les charbons sont séparés par une couche d'air, quelque petite qu'elle soit, il peut se développer spontanément d'un charbon à l'autre, à travers un espace atteignant presque 3 millimètres et après que l'on a interrompu le courant pendant un temps qui peut s'élever jusqu'à ^ de seconde environ. Ceci explique pourquoi les courants alternativement renversés de certaines machines magnéto-électriques peuvent fournir une lumière continue, quoique discontinue par le fait, car le courant dans les machines l'Alliance peut être interrompu de un à deux dix millièmes de seconde.
Nous avons dit que l'arc voltaïque dépendait beaucoup du milieu dans lequel il se formait. Dans le vide la longueur de l'arc peut être considérablement augmentée, et,
rant de la lumière produite par des charbons placés dans le prolongement l'un de Tautre étant 100) :
Au devant. ..... 287 soit 2,87 fois plus fort.
Sur Tun des côtés. . 116 — 1,16 —
Sur l'autre côté . . . 116 — 1,16 —
Derrière . 58 — 0,38 -
La moyenne donnerait donc en faveur de la lumière émise dans les conditions dont nous parlons un pouvoir lumineux moins élevé que celui obtenu par la Commission américaine. / ^^^^ i ^
bien qu'il n'y ait pas combustion, il se produit une désagrégation des particules matérielles des électrodes qui se trouvent entraînées dans les deux sens par le courant, et qui se répandent même dans toutes les parties du milieu avoisinant. Lors^qu'on produit l'arc dans différents gaz, son aspect varie peu : il y a à peine quelques changements de couleur, mais des actions chimiques secondaires peuvent se produire et modifient alors sa longueur et sa couleur. Naturellement, dans les gaz impropres à la combustion, les électrodes de charbon ne brûlent pas, quoique se désagrégeant, mais l'éclat devient moindre.
La lumière électrique a une grande analogie avec celle du soleil, mais elle renferme plus de rayons chimiques, ce qui la rend un peu dangereuse pour la vue. On a bien proposé, à diverses époques, des moyens pour éviter cet inconvénient, et entre autres l'emploi de globes fluorescents, capables d'absorber ces rayons chimiques; mais c'était au détriment de la puissance de cette lumière que ce perfectionnement était obtenu, ce qui rendait les avantages de la lumière électrique beaucoup moins marqués.
En comparant entre elles différentes sources lumineuses, MM. Foucault et Fizeau ont trouvé que la lumière de l'arc voltaïque ordinaire est moitié moindre que celle du soleil, tandis que la lumière Drummond (oxyhydrogène) n'en est que la cent cinquantième partie. Or le soleil répand sur une surface donnée autant de clarté que 5774f bougies placées à 0'",33 de distance de cette surface.