DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY
Le secteur est limité : au nord, parles lortificaiions ; \ Test, par l'avenue de SaintOuen, Tavenue de Clichy, la rue de Clichy, la rue de la Chaussée-d'Anlin ; au sud, parles grands boulevards, la rue Royale, le Faubourg Saint-Honoré ; à l'ouest, parla rue de Miromesnil, l'avenue de Messine, le parc Monceau et la rue de Prony.
La station centrale unique qui deshert le eecleur a été construite au n° 53 de la rue des Dames ; elle se trouve ainsi placée environ à 2 300 mètres en ligne droite des points les plus éloignés qu'elle doit desservir.
Le montage complet de l'usine et du réseau, la fourniture de tout le matériel à vapeur et éleclriquc ont été confiés à la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques de BelTort.
La distribution est faite par un réseau distributeur à
5 fils alimenté par des fecders. Ces derniers sont branchés sur les câbles extrêmes des égalisatrices qui répartissent l'caergie sur les 4 ponts suivant les besoins.
La tension à
l'usine est de 500
volls ; elle est de
440 volts entre les
Fife'. et. - Gruupe de r^jjuiaiiicei. extrémités dc deux
Fiï. «S. — f lalion de 1
JIJ'^tH» "'i
SECTEUR GLIGHY 169
feeders extrêmes aux poiats de jouctioa avec le réseau distributeur.
Usine de la rue des Daines
Elle se compose de deux parties distinctes : le bâtiment de Tadministration, eu façade, et l'usine proprement dite.
Le bâtiment de Tadministration comprend : au rez-dechaussée le porche d'entrée, la loge du concierge, un pont bascule de 10 tonnes et un magasin ; sur les quatre autres étages sont répartis les bureaux de la direction et des difTérents services et trois logements de contremaîtres. Les bureaux des ingénieurs ont jour sur la salle des machines afin de permettre une surveillance continuelle. Un escalier donne accès aux bureaux et un escalier de service aux logements des contremaîtres.
Le bâtiment de l'usine est un vaste hall de 57 mètres de façade sur 26 mètres de largeur : il est clos de trois côtés par des murs mitoyens et vient s'adosser par le quatrième à la façade intérieure du bâtiment d'administration.
Il est couvert par un comble métallique à lanterne vitrée. La couverture a été l'objet de soins tout particuliers, afin d'éviter les effets de condensation de la vapeur en suspension dans l'atmosphère ; la chute des goutelettes d'eau sur les machines, en particulier sur les dynamos, aurait eu, en effet, de graves inconvénients. Dans ce but, on a adopté une disposition spéciale du hourdis des pans de fer verticaux et des plans inclinés du comble, au moyen d'un double plafond en terre cuite, ainsi que d'un système d'écoulement (système André)
le long des fers du vitrage de la lanterne, au moyen de gouttières en zinc.
La salle des machines a été établie au niveau de l'entresol des bureaux ; au-dessus ei au niveau de la rue, se trouve un étage destiné aux massifs de fondation et à la tuyauterie de vapeur; enfin, en dernier lieu, vient le sous-sol qui contient des batteries d'accumulateurs, les voies de roulement pour le transport du charbon et des escarbilles et la galerie de sortie des feeders.
Le plancher des machines se trouve ainsi à une hauteur de près de 8 mètres au-dessus du sol. L'établissement des massifs des machines sur une aussi grande hauteur n'aurait pas été possible sans entraîner des frais
R<SSSSSS^SSSSSES
Fi,r. 89. — station de la Rue des Daines. — Plan au niveau de la salle
des Chaudières.
considérables ; il aurait eu, de plus, l'inconvénient d'encombrer le sous-sol, utilisé comme on vient de le voir. On a donc adopté la solution suivante : on a établi, sur une série de huit murs longitudinaux, un plancher en fers à T de 0"^26 à larges ailes et espacés de 0"^G0 d'axe en axe, hourdé en maçonnerie de meulières et de ciment ;
SECTEUR CLICHY i'[
ce plancher, qui est ou niveau de la rue, porte égale.
les chaudières sont établies sur la hauteur du sous-sol, et les collecteurs de vapeur placés à leur partie supérieure viennent déboucher horizontalement entre les massifs des machines.
Au-dessus des chaudières, s'élève le hall dans toute sa hauteur, laissant ainsi un espace considérable non utilisé pour le moment, mais disponible en cas de besoin. A hauteur du plancher des machine::, un balconpromenoir fait le tour de la salle des chaudières ; une surveillance générale peut facilement s'exercer de ce balcon sur tous les points.
Cette installation en sous-sol a donc eu non seulement l'avantage de placer les chaudières en contre-bas des machines, mais encore de réserver au-dessus un espace qui pourra être précieux dans l'avenir. Une autre considération importante est venue s'ajouter aux précédentes, celle de la manutention du charbon et des escarbilles ; celle-ci se fait, en effet, très simplement et sans aucune gène pour les autres services, par les couloirs longitudinaux ménagés entre les murs de refend du sous-sol de la salle des machines. Voici quelle est la succession des opérations : les voitures chargées de charbon entrent à reculons sur le pont à bascule placé à coté de la loge du concierge ; la pesée faite, le charbon est vidé dans le sous-sol par une trappe située en arrière ; là, il est chargé dans des wagonnets et amené des deux côtés de la salle des chaudières par des voies ferrées installées dans deux couloirs latéraux. Les escarbilles prennent le chemin inverse ; mais à son arrivée sous la bascule, le wagonnet chargé est élevé au moyen d'un monte-charge hydraulique à hauteur de l'entresol et vidé dans trois trémies plongeant au-dessus de la bascule. Chacune de
SECTEUR CLIGIIY 17-)
ces trémies contient la charge d'un tombereau ; il suffit de faire basculer une 1rapp3 de fond pour les vider dans la voiture placée au-dessous. Les mêmes tombereaux qui apportent le charbon emportent les escarbilles contenues dans les trémies.
La cheminée de Tusine a été placée centralement entre les machines et les chaudières ; cette position était justi- Gée par la nécessité de réduire le plus possible la distance entre les machines et la cheminée, Téchappement de la vapeur se faisant à air libre.
Les nécessités du tirage et, en outre, Timportance de s'élever notablement au-dessus des immeubles voisins, ont conduit à donner à la cheminée une hauteur de 48 mètres; le diamètre intérieur est de 3 mèlres.
La salle des chaudières a été prévue pour remplacement nécessaire à 6 groupes de 2 chaudières chacun, soit au total 12 chaudières. Actuellement toutes sont en service.
Les chaudières sont timbrées à 8 kilogr. La surface de chauffe de chacune d'elles est de 245 mèlres carrés, soit une surface de chauffe totale pour les 12 chaudières de 2 940 mètres carrés ; la surface de grille pour chaque chaudière est de 5 mètres carrés.
Des plaques minces de fonte, introduites dans le faisceau tubulaire à diverses hauteurs^ servent de chicane au tirage et forcent les gaz à lécher toutes les surfaces de chauffe avant d'arriver au carneau central souterrain qui aboutit à la cheminée et qui est commun aux 12 chaudières.
Les chaudières sont alimentées par deux pompes à vapeur à double effet ou, en cas de nécessité, par des injoctcurs.
L'eau (l'alinienlalion est prise dans deux réservoirs alimentés par de l'eau de Seine préalablement traitée dans un épurateur Denuy. Les pompes la refoulent aux chaudières en la faisant circuler dans des réchauffeurs tubulaires, que traverse en sens inverse la vapeur d'échappement des machines ; elle s'y réchauffe à 90*^ environ.
Les injecteurs servant de réserve prennent directement l'eau au réservoir.
Chaque chaudière est reliée par un tuyau coudé en cuivre à une conduite principale en tôle rivée qui amène la vapeur à la salle des machines. Celte conduite, qui a un diamètre de 350 millimètres, est double, avec une disposition de robinetterie qui permet de la séparer en deux parties indépendantes l'une de l'autre. Tous les joints sont métalliques.
Les tuyaux sont posés sur des supports à galets permettant aux effets de dilatation et de contraction de se produire librement.
Sont installées actuellement :
Trois machines horizontales à un cylindre, système Corliss, de 300 chevaux électriques chacune ;
Trois machines verticales, système Corliss, à deux cylindres égaux, de 500 chevaux électriques chacune.
Trois machines compound, système Armington et Sims^ de loO chevaux électriques chacune.
L'usine dispose d'une force motrice totale de 4 500 chevaux, pouvant assurer le service de GO 000 lampes de 10 bougies.
Toutes ces machines marchent sans condensation. La vapeur d'échappement s'en va à la cheminée après avoir traversé les réchauffeurs tubulaires d'eau d'alimentation dont nous avons parlé ; elle circule dans la cheminée
SEGTEUn CLIGIIY 17-»
sur toute sa hauteur, à l'intérieur de tuvaux en tôle maintenus par des colliers scellés dans la maçonnerie.
Les cylindres sont à enveloppe de vapeur chauffée par la vapeur directe des chaudières; les eaux de purge sont ramenées à un réservoir spécial.
Les dynamos sont de deux types différents :
a) Le type à deux inducteurs verticaux et induit supérieur avec enroulement Siemens'" est celui des dvnamos actionnées par les moteurs Armington et Sims ; chacun de ces moteurs commande directement par courroies, au moyen de deux volanls distincts, deux dynamos de ce type couplées en série; l'ensemble du groupe de 2 dynamos peut débiter jusqu*à 200 ampères sous une tension totale pouvant aller jusqu'à 510 volts, suivant la consommation sur le réseau, à la vitesse de 380 tours; chaque dynamo a donc une puissance effective d'environ 50 kilowatts.
Les inducteurs sont enroulés en shunt et reliés en série entre eux^ pour l'ensemble des deux dynamos. . Il y a 6 dynamos de ce type.
L'arbre de la dynamo est en acier non trempé; il porte sur chaque coussinet par l'intermédiaire d'une douille en acier trempé, clavetée sur lui et constituant pour ainsi dire un faux tourillon qu'on peut changer, si cela devient nécessaire, sans qu'il y ait jamais à toucher à l'arbre (Voir Tome I).
b) Le type multipolaire à collecteur extérieur, d'une puissance de 330 kilowatts, est actionné par les machines Corliss horizontales, de 500 chevaux ; il est monté directement sur l'arbre du moteur.
Chaque moteur conduit une dynamo de 700 ampères 500 volts.
176 h ECLAIRAGE ELECTRIQUE
La dynamo a huit pôles. Les pièces polaires, conslituées par des blocs rectangulaires, en acier extra-doux, terminés par des épanouissments, sont boulonnées sui« vaut les rayons d'un octogone régulier, sur une pièce en fonte octogonale, fixée sur une les chaises-supports de Tarbre moteur ; l'ensemble des inducteurs est par conséquent fixe.
L'induit est un anneau de 3"%30 de diamètre extérieur et de O^oO de largeur, dont l'enroulement est constitué par des barrettes en cuivre, rectangulaires, au nombre de i 200 et enfilées sur une armature. Celle-ci se compose de feuilles de tôle de fer mince, isolées et reliées solidement entre elles par une série de boulons qui les traversent de part en part et viennent se fixer par une extrémité aux bras d'une étoile dont le noyau est clavelé sur l'arbre moteur ; c'est donc par celte étoile que se produit l'entraînement de l'induit (Voir tome I).
Les barrettes en cuivre, isolées entre elles par du carton comprimé^ sont soudées les unes aux autres à leurs extrémités, de façon à constituer un enroulement en anneau ; elles sont dénudées extérieurement sur la périphérie de l'anneau, de telle sorte que l'ensemble, parfaitement tourné, présente une surface polie servant de collecteur et sur laquelle viennent s'appuyer les balais.
Les barrettes ont une plus grande épaisseur à l'extérieur qu'à l'intérieur, de façon à parer pendant de longues années à l'usure résultant du frottement des balais.
Jl y a 6 dynamos de ce type.
Le débit de chacune de ces dynamos peut atteindre facilement 700 ampères sous une différence de potentiel variable de 450 à 510 volts, à la vitesse de 64 tours ; l'enroulement des inducteurs est également en shunt.
SECTEUR GLIGHY 177
Le poids de i*anneau, y compris Téloile qui le supporte, est de 10 100 kilogrammes.
Tableau de distribution. — Toutes les dynamos ou tous les groupes de dynamos dont nous venons de parler sont reliés en quantité aux rails du tableau de distribution. C'est sur ce dernier que s'opèrent toutes les manœuvres de mise en marche, d'arrêt, de réglage des dynamos.
Ce tableau oITre Taspect d'un vaste panneau rectangulaire à deux étages ayant S'^oO, de large sur 5 mètres de haut. Son ossature est en fer ; deux escaliers, placés l'un en avant et centralement, l'autre en arrière et latéralement, font communiquer les deux étages ; chaque étage est desservi par un balcon entouré d'une rampe en fer forgé d'un aspect décoratif et sur lequel circulent les électriciens chargés du service du tableau. Les panneaux sur lesquels sont fixés les appareils de manœuvre sont en marbre artiQciel.
A rétage inférieur sont placés les commutateurs de réglage des champs magnétiques des dynamos ; les rhéostats occupent, en dehors de la salle des machines, une chambre spéciale fermée, et rafraîchie par un ventilateur électrique.
Les commutateurs de réglage des rhéostats peuvent être manœuvres individuellement, ou tous ensemble par une vis sans fin.
Au-dessus sont fixés les deux rails collecteurs communs à toutes les dynamos dont la section est de 3 000 millimètres carrés, A chaque dynamo ou groupe de dynamos, correspondent, sur le tableau, trois interrupteurs à double contact, dont deux pour la mise en charge directe sur les rails et un troisième pour la charge
des batteries d'accumulateurs dont nous parlerons plus loin; ces interrupteurs à ouverture rapide sont tous du même type, de 800 ampères.
Un ampèremètre et un voltmètre donnent le débit et la différence de potentiel aux bornes de chaque dynamo.
La liaison des dynamos avec les rails est faite avec des cables sous plomb, armés, du même système que ceux du réseau ; ces câbles sont posés dans le sous-sol.
L'excitation des dynamos est prise d une part à une des bornes, d'autre part au tableau de distribution, et traverse le rhéostat de réglage. Le circuit d'excitation peut être ouvert ou fermé au moyen d'un interrupteur à charbon, dans lequel une vis continue permet d'établir successivement deux contacts parallèles, le premier entre les charbons, le second entre deux pièces de métal. On a ainsi la possibilité d'éviter, à l'arrêt des machines, une rupture brusque des circuits d'excitation et, par suite, des extra-courants dangereux pour l'isolation des bobines inductrices.
A Taide de ces dispositions, toutes les dynamos ou une partie seulement peuvent èlre couplées à volonté, suivant les besoins, sur les deux rails collecteurs.
A l'étage supérieur sont fixés, parallèlement aux premiers, deux autres rails de même section ; c'est à ces derniers rails que sont reliés les Feeders, au nombre prévu de 21 et actuellement au nombre de 15.
Chaque feeder est commandé par un interrupteur ; un ampèremètre et un voltmètre donnent pour chaque couple de feeders le débit et la tension aux points de jonction avec le réseau distributeur.
Les feeders passant derrière le tableau où ils sont tendus sur un châssis en bois, gagnent le sous-sol de
SECTEUR CLIGHY 179
l'usine par un plan incliné en bois sur lequel ils sont simplement couchés, et en sortent par un tunnel placé sous la rue pour s'enfiler sous les trottoirs.
Actuellement 15 feeders sont en service et un seizième est en voie de pose. Des rhéostats de feeders et des survolteurs seront prochainement installés.
Pour terminer, ajoutons que le tableau porte également deux réducteurs pour les batteries d'accumulateurs, ainsi que l'appareillage du transformateur mécanique qui sert à la charge de ces batteries ; nous y reviendrons ultérieurement.
Les dynamos ne marchent que pendant 12 heures sur 24, de midi à minuit ; des accumulateurs chargés pendant ces 12 heures alimentent le réseau pendant les 12 autres heures, de minuit à midi.
Actuellement l'usine en possède 3 batteries, dont deux batteries fournies par la Société pour le Travail Electrique des Métaux : chacune d'elles comprend une batterie employée comme régulatrice à raison de 30 éléments par pont. Un dispositif spécial permet d'alterner les deux batteries de façon à leur faire faire à tour de rôle l'un et l'autre de ces deux services.
Une batterie d'accumulateurs Tudor de 270 éléments de 2800 ampères-heure de capacité, pouvant donner 700 ampères pendant 4 heures, est adjointe à la seconde batterie de la Société pour le Travail Électrique des Métaux pour le service du réseau
Une autre batterie de 2 800 ampères-heure sera prochainement ajoutée.
Les éléments sont installés dans le sous-sol ; ils sont supportés par une charpente en 1er à deux étatres et placés sur une double plate-forme isolante ; despassagps
de 60 centimètres de largeur permettent de circuler entre les rangées de bacs. Des prises d'air convenablement placées et une communication établie d'autre part avec la cheminée assurent une ventilation très suffisante des locaux.
La Société pour le Travail Electrique des Métaux est chargée de l'entretien des batteries moyennant une redevance annuelle.
La charge des accumulateurs est l'objet d'une application des survolteurs. Comme on l'a vu, la tension de production du courant varie à l'usine de 450 à 510 volts ; or, la charge des batterie de 250 éléments nécessite, vers la fin de de l'opération, une tension qui peut aller à 600 volts, et dont il faut pouvoir disposer. On aurait pu la produire directement avec les machines, mais Talimentation simultanée du réseau à une tension plus faible aurait nécessité l'installation d'une prise de courant variable sur la batterie avec un système spécial de réduction.
On a trouvé plus simple d'augmenter la tension disponible entre les rails du tableau, et de la porter à la valeur nécessaire à la charge de toute une batterie, en plaçant en série avec les rails une dynamo génératrice. Cette dynamo aurait pu être actionnée par un moteur à vapeur spécial : on a préféré la commander par un moteur électrique prenant lui-même le courant sur lesruils du tableau. Malgré la perte résultant de cette transformation, cette solution est certainement plus avantageuse que la première : elle donne une économie de maind'œuvre, de graissage et d'entretien. La génératrice peut fournir un courant de 200 ampères à une tension variable de 80 à loO volts et le moteur marche à la tension des
SECTEUR CLCGHY
rails. Les deux machines sont reliées par un joint Ratfard à plateaux, et l'ensemble du groupe tourne à 840 tours ; le rendement industriel du système est d'environ 80 pour cent. La ligure 111 donne le diagramme de cette disposition.
Il nous reste maintenant ii parler des appareils de réduction employés pour la charge et la décharge de chaque batterie. Nous avons dit qu'une batterie d'accumu-
Fig-. Ui, — Diagramina du
lateurs chargée pendant la journée par les machines, alimentait le réseau de minuit à midi ; à minuit, cette batterie est donc mise en décharge sur les rails et los machines sont arrèlées. La tension aux extrémités des feeders devant être maintenue constante, il laut donc, suivant le débit et le degré de décharge des accumulateurs, pouvoir introduire ou retirer des éléments. De même, pendant la charge des batteries, les éléments in-
troduits les derniers pendant ia décharge n'ayant pas besoin d'une charge aussi comp!èlc que les autres, doivent èlre rétines du circuit en temps opportun. Ces diverses opérations se font au moyen d'un appareil dit de réduction (Fig. !I2).
t/( Mltdtl
Fig. U. - Diagramme Jii rtducleur.
Le type de réducteur installé au secteur de Clichy présente des dispositifs ingénieux qui méritent quelques explications. L'ensemble est représenté parla Figure 92. Les éléments de la batterie qu'il peut être utile d'introduire ou de retirer sont reliés, comme on le voit, à un nombre égal de touches en cuivre /parfaitement isolées les unes des autres et placées sur une même ligne. En
SECTEUR CLICHV 183
face et parallèmeat, sont (ixées deux barres de cuivre B, B, et BjBj reliées au rail du tableau ; rexlrémité de la batterie opposée à celle des éléments de réduction est reliée, au contraire, au rail -4-. Entre les touches / et les barres, est placé un chariot G portant des frotteurs/^ et /j qui viennent prendre contact, d'une part sur les touches / et, d'autre part, l'un sur la barre BjBi, Tautre sur la barre B^B^ ; ils ferment ainsi sur les rails le circuit de la batterie. Le chariot C peut être animé d'un mouvement de translation par une vis sans fin vv qu'on peut faire tourner par un moyen quelconque. — La Figure 92 montre que, quand on déplacera le chariot vers la gauche on retirera des éléments et qu'on en introduira, au contraire, quand on le déplacera vers la droite.
On a du prendre certaines précautions pour éviter la mise en circuit des éléments chaque fois que les trotteurs viennent se mettre à cheval sur deux touches contiguës : à cet effet, les frotteurs sont formés de deux balais /i /i isolés l'un de Tautre et séparés par un intervalle tel que l'un deux au moins soit toujours en contact avec une touche ; sur leur prolongement, Tun de ces balais vient frotter sur la barre B^Bj Tautre sur BJi.^ et, entre ces barres est intercalée une résistance R suffisante pour qu'il n'y ait'qu'une étincelle insignifiante.
Ce réducteur peut être manœuvré à distance. Il y a, intérêt, en effet, d'une part, à placer l'appareil à proximité de la batterie, afin de diminuer le plus possible la longueur des câbles qui le relient aux éléments, et, d'autre part, à pouvoir cependant le mettre en marche du tableau de distribution, où toutes les manœuvres électriques doivent, autant que possible, être centralisées. On a naturellement alors songé à actionner la vis sans fin vv
par un petit moteur électrique M en série, dont le circuit vient passer par des commutateurs de manœuvre placés sur le tableau lui-même ; dans ces conditions, le problème se résumait ainsi :
Possibilité de déplacer le chariot à volonté, soit à droite, soit à gauche ;
Arrêt automatique du chariot de telle façon qu'après avoir franchi une touche, les frotteurs viennent se placer franchement sur la touche suivante sans qu'il taille une nouvelle manœuvre pour les déplacer encore d'une touche ;
Enfin, arrêt automatique de sûreté aux extrémités de la course.
Dans le but de réaliser ces conditions, Tenroulement inducteur du moteur M se compose de deux parties qu'on peut exciter l'une ou l'autre en sens inverse, de façon à faire tourner le moteur dans un sens ou dans un autre, ou qu'au contraire on peut mettre toutes les deux en court circuit, de façon à supprimer le champ magnétique et à laisser le moteur au repos. A cet effet, les balais /i et /g portent, en appendice, deux ressorts plats qui viennent appuyer sur des touches A, alternativement reliées aux extrémités de l'enroulement indueteur ; quand les balais /, et /g sont arrêtés sur une même touche ty les deux ressorts sont en contact avec deux lames successives h ; le court circuit de l'inducteur est alors établi et le moteur arrêté. Pour remettre le moteur en marche, il suffit de déplacer un instant la manivelle du commutateur ] en la portant sur la touche de gauche a^ ; l'inducteur est de nouveau excité et, dès que le chariot s'étant déplacé, le court circuit établi par les ressorts est rompu, on peut lâcher la manivelle du corn-
SECTEUR CLICllY 18o
mutateur l, qu'un ressort de rappel ramène sur le plot ttj, et le chariot continue sa course jusqu'à ce que, arrivé sur la touche t suivante, un nouveau court circuit soit établi par les touches h.
Un frein F, déplacé magnétiquement par l'inducteur, vient appuyer sur une poulie montée sur Taxe du moteur dès que l'excitation cesse, et donne un arrêt instantané.
La Figure 92 montre qu'en manœuvrant à droite ou à gauche le commutateur J, on envoie le courant d'excitation dans l'une ou l'autre partie de l'inducteur, et qu'on peut faire ainsi tourner le moteur à volonté dans l'un ou l'autre sens.
La manœuvre commence donc par le commutateur J, qui règle le sens de déplacement du chariot, et continue par I qui donne la mise en marche.
Aux extrémités des barres B^ et B^ sont placés des contacts mobiles à ressort. Quand le chariot arrive à fond de course, le contact correspondant est poussé et établit automatiquement un court circuit sur l'excitation du moteur, qui s'arrête alors brusquement.
Une petite résistance r est intercalée sur le circuit de ce dernier pour éviter sa détérioration au moment de la mise en marche.
La Figure 92 montre un petit réducteur complètementaire à main TT qui est juxtaposé au premier et qui a pour but de faciliter la charge^ ; il se compose également d'une série de touches reliées à celles du premier, d'un chariot, et d'une vis sans fin qui se manœuvre avec un volant. Au moment de mettre en charge la batterie, on amène d'abord le chariot du petit réducteur à fond de course à droite ; on intercale ensuite, à l'aide du grand
réducteur, le nombre d'éléments qu'il est possible de charger à la tension des rails en fermant les interrupteurs 1 et 3 ; on met ensuite le transformateur en marche, ou règle sa tension de façon à pouvoir mettre en charge le reste de la batterie, et on ferme l'interrupteur 2. On déplace alors le chariot du grand réducteur jusqu'à ce qu'un ampèremètre placé devant l'interrupteur 1 n'accuse plus de courant, on ouvre cet intemipteur et on a alors la batterie entière en charge entre les rails extrêmes (+) et ( — ). Le réducteur à main permet alors de retirer les éléments au fur et à mesure qu'ils sont chargés.
Pour diriger toutes ces manœuvres du tableau, un voltmètre donne la tension sur les deux ponts 1, 3 et 1, 2.
Le grand réducteur comporte 21 touches, le petit 13 ; chaque touche correspond à un groupe de 3 éléments, ce qui donne pour chacune une variation de 6 volts, soit 1,5 pour cent volt de la tension des rails, en n'oubliant pas que cette dernière est toujours supérieure à 450 volts.
Quand toutes les batteries seront montées, on marchera avec 3 dynamos seulement : l'excédent d'énergie électrique sera absorbé par les accumulateurs qui, le soir, viendront aider les machines. L'usine aura donc un groupe de réserve de 3 dynamos.
Réseau. — Le réseau tout entier, comprenant les feeders, les câbles de distribution et les branchements, est établi en cables sous plomb isolés et armés, en acier, système Siemens, fabriqués par la Société de Constructions Mécaniques de Belfort. Un câble de ce système comprend (Fig. 93) :
1° L'àme, en fils de cuivre ;
SECTEUR CLICHV 187
2® Une couche de tissu imprégné de cire minérale ;
3^ Une gaine de plomb étirée à froid autour de risolant et destinée à assurer une étanchéité parfaite ;
4^ Une couche de jute goudronnée qui sert de matelas entre la gaine de plomb et l'armature protectrice :
5® L'armature protectrice formée par deux forts rubans d*acier enroulés en spirale et dont l'un chevauche sur les joints de l'autre ;
6® Une dernière couche de jute goudronnée, qui met l'acier à Tabri du contact de l'air et de l'humidité et le préserve de l'oxydation.
Chaque câble ainsi constitué présente une isolation extrêmement élevée^ qui atteint couramment après la
Fig. 93. — Cùble armé Siemens.
pose 5 à 6 000 mégohms au kilomètre ; il est de plus puissamment protégé par la double gaine d'acier contre toute action mécanique. Ces deux avantages réunis permettent de poser ces câbles directement en terre, au fond d'une tranchée, sans aucune protection extérieure, caniveau ou gaine.
Malgré leur double armature métallique, ces câbles ont une très grande élasticité, qui leur permet de franchir sans difficulté tous les obstacles qui se rencontrent sous les trottoirs de la Ville de Paris déjà si encombrés.
Leur pose dans le sol est aussi simple que rapide. On pratique sur le trottoir une tranchée ayant O'ySO de
l88 l'éclaîraoe Électrique
largeur sur O^GO de profondeur environ, et on dépose les câbles dans le fond, en les entourant d'un Ut de sable de rivière A ; ce sable a pour but de placer les câbles dans un milieu perméable ne retenant pas l'humidité, condition, sinon nécessaire, tout au moins favorable à leur conservation (Fig. 9i et 95).
Un grillage en fil de fer galvanisé C esl placé dans le remblai à 0™,30 au-dessus des cAbles, de façon à préve-
Fig. 'M. — Caniveau bous Irolloir.
nir de leur présence les ouvriers qui peuvent avoir à exécuter des fouilles dans le voisinage de la canalisation. Les traversées de rues se font à l'intérieur de tuyaux en fonte venant débouclier sous le-* trottoirs de façon qu'en cas de renouvellement des câbles il ne soit pas nécessaire d'ouvrir de nouveau la rue et d'eniraver encore la circulation (b"ig. 96).
Le déroulement des couronnes se lait au moyen d'un matériel spécial qui permet de réduire la main-d'œuvre au strict nécessaire.
Ces couronnes, d'un poids variant entre 800 et 1 000 kilogrammes, sont posées à plat sur un chariot à ""î ^j^-'^^***-'*-^**'^^
deux roues basses en forme de diable, dont la plate-forme est mobile autour d'un fort ^ .,^« ,, pivot flxe placé au v n- n a * .. •
^ i^ Fig. 9o.— Coupe du caniveau sous trottoir.
centre. Suivant le cas,
on déroule la couronne dans la tranchée en laissant le chariot fixe ou, au contraire, en déplaçant le chariot et en maintenant fixe l'extrémité du câble. Une équipe de dix hommes peut dérouler ainsi jusqu'à 3 000 mètres de cable par jour.
Il est indispensable, en vue des branchements qu'on aura à établir postérieurement, de marquer avec le plus grand soin les cinq cAbles du réseau de façon à être renseigné exactement sur la polarité de chacun d'eux dès qu'une touille les aura mis à découvert. Dans ce but, des bracelets en plomb sont enfilés sur chaque cable, de mètre en mètre ; ces bracelets portent non seulement une marque estampée, mais encore une encoche de forme spéciale correspondant à chaque polarité. Il ne peut y avoir ainsi aucune incertitude au sujet du choix des cables sur lesquels doivent être faites les prises de courant pour l'établissement des branchements. D'ailleurs, par s'Trcroî! de pr;5caution, les cAblcs sont toujours places
190 l'éclairaoe électrique
dans le môme ordre de polariti^ par rapport aux façades.
Si les cjlbles de ce système donnenl par eux-mêmes des garanties exceptionnelles de durée et d'isolation, il convient de dire que c'est grâce à la perfection et à l'unité de la méthode appliquée à leur pose et à leur jonction, qu'un réseau constitué par ces cibles pré-
Fig. 96. — Tiavereée de la Cbausiée.
sente un ensemble parfait comme isolation ; nous entrerons dans quelques détails sur ce sujet.
La liaison des tronçons successifs de câbles se fait au moyen de manchons spéciaux formés de deux coquilles en lonte qui se serrent à bloc l'une sur l'autre au moyen de boulons, en laissant pénétrer par les extrémités les deux cdbles à raccorder. Les deux
câbles sont eux-mêmes dénudés en gradins suivant leurs couches successives. Une forte pince en cuivre permet de relier l'une à l'aulre les deux âmes par un serrage énergique ; celle pince se trouve alors suspendue à cheval sur les deux câbles à l'intérieur du manchon. Quand le contact est établi et le manchon moulé, on noie l'inlérieur dans une masse isolante qui se coule à chaud par un Irou placé sur l'une des coquilles et qu'on Terme ensuite hermétiquement k l'aide d'un bouchon à vis. L'opération du coulage de la masse se fait avec un
Fig. 97. — Uanchon de bi-snchement.
soin tout particulier, de façon ù remplir le manchon d'une masse isolante parfaitement homogène et compacte, sans solution de continuité et ne laissant pas subsister d'air, ni d'humidité à l'intérieur.
Les prises de courant pour branchements d'abonnés se font h. l'intérieur de manchons en forme de T. Dans ce cas, le càble de distribution sur lesquel est faite la dérivation est simplement dénudé, et le contact avec le câble de branchement établi au moyen d'une pince en forme de T placée à l'intérieur du manchon ; ce dernier est ensuite rempli de matière isolante (Fig. 97).
A chaque croisement des câbles de dislribulion, ainsi que le cas se présente à Tinterseclion de deux rues canalisées, une liaison est établie entre les conducteurs de même polarité de ces deux rues par l'intermédiaire de boites de jonction en fonte. Ces boites se composent d'une botte inférieure surmontée d'un cuvelage arrivant au niveau du trottoir ; cette boite inférieure, qui contient l'appareil de connexion, est munie d'un couvercle intérieur qui la ferme hermétiquement à l'aide
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Fig. 98. — Boîte de croisement.
d'un joint en caoutchouc et d'un serrage par boulons ; le cuvelage se clôt avec un tampon asphalté de niveau avec le trottoir. Les cinq câbles de chacune des directions arrivent donc dans la boite inférieure où ils sont connectés entre eux au moyen d'un gril à deux étages. Les cinq barres de l'étage supérieur de ce gril sont reliées aux cinq barres de l'étage inférieur par des communications verticales disposées en diagonale ; on a donc cinq groupes composés chacun d'une barre supé-
rieure et d'une barre inférieure, à chacun desquels viennent s'attacher les quatre câbles de même polarité des quatre directions. Ces groupes sont isolés les uns des autres et l'ensemble du gril l'est luimême de la botte en fonte sur le fond de laquelle il repose (Fig. 98).
Les câbles pé' nètreni sur chaque direction dans la boîte inférieure par l'intermédiaire d'une coquille en
fonte en deux par- f-,^ 99. Boite de distribu ties, qu'on remplit ensuite de masse isolante de la même façon que pour les manchons. La liaison de chaque câble avec le gril est faite, suivant le ^^^__^^^.^___^__^
cas, soit par un plomb de sûreté, soit par une pièce en cuivre facile à enlever.
Les boites de distribution sont à trois, ou à quatre directions ; certaines d'entre elles, dites bottes feeders, portent en plus un dispositif spécial (Fig. 99 et 100) pour l'arrivée des deux feeders qui viennent se raccorder sur le gril inlérieur avec les barres correspondant aux deux (ils extrêmes du reseau.
B (plan).
Fig. 100. — Boite de distribution (coupe).
Nous n'insisterons pas sur l'importance et la commodilé de ces boites, qui constituent de véritables robinets d'arrêt et permettent d'isoler rapidement du réseau telle ou telle section chaque fois qu'il y aura nécessité.
Fig. loi. — Branchement d'abonni avec bolle à plombs rueibles.
Branchements, Compteurs et Installations des abonnés. — Le raccordement des installations d'abonnés avec le réseau du système à cinq fils se compose essentiellement:
Ou branchement proprement dit ;
Du compteur;
Des appareils de répartition.
Les branchements se divisent (;n deux catégories principales: branchements à trois fils ot branchements à cinq hls, suivant qu'on entre chez, l'abonné avec trois ou cinq câbles. L'emploi de l'un ou de l'autre de ces
braDchemeats est subordonné au nombre de lampes que comporte l'installation, comme on le verra plus loin.
Un branchement comprend (Fig. 101 et 102) :
Les manchons de raccordement des câbles de l'installa' lion avec ceux du réseau;
La boite de branchement avec plombs fusibles ;
Les câbles allant des manchons à la bolle et de U boite à Tintérieur de la maison.
Nous avons déjà parlé des manchons de raccordement
Fig, lOï. — BranchemenlB d'abonnés à 3 et à à Gis (plan et coupe).
et de la façon dont se fait la prise de courant sur le câble de distribution; la pose de ces manchons est etlcctuée sans interruption du courant sur ce câble ; l'ouvrier a soin toutefois de se munir de gants isolants qui lui per-
19G l'éclairage électrique
mettent de toucher, sans recevoir de secousses, rame du câble, au moment de l'enlèvement au couteau de la dernière couche isolante.
Les câbles de branchement sortant du manchon B pénètrent dans la botte à plombs fusibles A placée sous le trottoir dans l'axe de la canalisation. Cette boîte se compose, comme celles de distribution, d'une botle inférieure à deux entrées pour les câbles, contenant les plombs fusibles, et d'une cheminée donnant accès à la boite et fermée au niveau du trottoir par un tampon asphalté muni d'un loquet à ressort^ qu'on peut ouvrir à l'aide d'une clef spéciale. Cette botte inférieure se ferme avec un couvercle maintenu par des écrous encastrés dans le pourtour de la boite ; une bande de caoutchouc faisant joint assure une étanchéité absolue. Les plombs fusibles sont placés au centre de la boite et reliés aux câbles par des serre-fils ; chaque plomb est donc à cheval sur les deux câbles qu'il relie et supporté par eux.
Il faut remarquer que, grâce à l'emploi de ces boîtes placées sous le trottoir, on n'a pas à détériorer la façade de la maison alimentée. La boite se trouve indépendante de l'immeuble.
De cette boite partent les câbles qui pénètrent dans l'immeuble où ils passent par un coupe circuit et arrivent au compteur.
Ce dernier est du système Aron et du type ampère-' heure^mèlre.
Il nous reste à dire quelques mots des appareils de la répartition.
Ce travail de répartition doit être basé sur le nombre de lampes que comporte chaque installation et même, quand c'est possible, sur les heures pendant lesquelles
elles sont allumées ; si cette répartition est faite judicieusement, il en résultera sur les quatre ponts un équilibre très convenable, dont la mise au point complète sera assurée par les stations régulatrices.
D'ailleurs, au fur et à mesure que le nombre des lampes en service sur le réseau augmente, le réglage devient de plus en plus facile, et l'influence d'un allumage exceptionnel imprévu chez un abonné s'atténue au point de ne plus être sensible chez les voisins ; c'est ce que la pratique a démontré très nettement depuis le début de la mise en marche du secteur.
Cependant, si bien faite que soit une répartition, il faut compter avec les modifications qui se produisent fréquemment par suite de la mise en service de nouveaux abonnés ou de la suppression d'autres à fin d'abonnement ; il est donc nécessaire de pouvoir remanier facilement cette répartition suivant les besoins.
Pour V arriver, les installations à un seul circuit sont reliées à un branchement à trois fils muni d'un commutateur spécial permettant de placer à volonté l'installation sur l'un ou Tautre des deux ponts disponibles. Les installations à deux circuits sont alimentées par un branchement à cinq fils, muni d'un premier commutateur à trois directions permettant de placer Tinstallation soit sur les deux ponts de droite, soit sur les deux ponts de gauche ; ce commutateur en commande lui-même deux autres qui permettent de mettre chaque circuit sur Tun des deux ponts donnés par la première commutation.
Enfln, dans les installations à quatre circuits ou multiples de quatre circuits, une disposition analogue de commutateurs donne également la possibilité de placer chaque circuit sur tel pont qu'on juge à propos.
Installations cC abonnés, — La Société du secteur de la place Glichy ne se chargeant pas d'exécuter les installa* tions d'abonnés, elle a élaboré une série de prescriptions qu'elle impose aux entrepeneurs de ses installations.
De plus, un service d'inspection est chargé de la vérification fréquente du bon état des installations en service et des modiGcations qui peuvent y être apportées.
Les prescriptions imposées aux entrepreneurs con« cernent l'isolement total, la qualité des fils, câbles et appareils, et les conditions de pose de tout le matériel électrique.
Un isolement minimum moyen a été imposé par lampe installée. D'autres Sociétés imposent un minimum par longueur déterminée de fils et câbles posés ; mais, étant donné que les fils et câbles employés ont un isolement propre qui doit être très élevé, il est évident que les causes de faible isolement ne pourront tenir qu'aux appareils ; et celles-ci seront, d'ailleurs, d'autant plus nombreuses qu'il y aura plus de lampes ; il a donc paru rationnel de rapporter l'isolement à la lampe.
Ce minimum a été déterminé en fixant la perte consentie à Viooo de l'intensité à 430 volts, ce qui donne pour une lampe de 10 bougies, consommant environ 0,3 ampères à 110 volts, une perte de 0,000006 ampères, soit par son isolement :
0,3 X 0,00002 = ^ '«égohms environ.
L'isolement d'une installation de n lampes ne devra donc pas être inférieur à
8000000 , ohms.
SECTEUR GLICHY 199
Les flis et câbles doivent être de première qualité et ne doivent en aucun cas renfermer une substance susceptible d*absorber et de garder Thumidité, c'est-à-dire que la partie isolante ne devra se composer que de gomme pure, caoutchouc vulcanisé, ruban caoutchouté et tresses chattertonées.
Lors de la pose, les flls à des potentiels différents devront être soigneusement écartés les uns des autres. Leur section devra être telle que, pour une surcharge de ^'^^/joo» leur échauiïement soit nul, ce qui dans la pratique revient sensiblement à ne pas dépasser une densité de courant de 1,5 ampère par millimètre carré de section de cuivre.
L'appareillage électrique proprement dit, coupe-circuit, interrupteurs, rhéostats, etc., doit être en matière ininflammable et non hygrométrique.
Les appareils à gaz recevant des lampes électriques doivent être isolés de la conduite générale par une rondelle isolante.
Les lampes à arc à feu nu sont interdites ; les globes doivent être grillagés.
Tout groupe de quatre lampes au maximum doit être muni d'un coupe-circuit sur chaque fil. Du reste, dans tous les cas, chaque pôle doit avoir un coupe-circuit.
SOaÉTÉ ANONYME
DU SECTEUR DE LA PLACE CUCHY - CAPITAL I 4 HillloBa de Fraecs
Siège social et station centraJe, 53, in^e des Lames
Police d* Abonnement
APPROUVÉS PAR l'administration préfbctobalb
sous LES CONDITIONS CI-CONTRE MUTUELLEMENT