EE
Observation XX, CHArRDIN. — Thèse de Paris. 1910. — Résumée.
I... 70 ans, est atteint de glaucome chronique ancien de l'œil droit et de luxation du cristallin dans le vitré. En août 1908, poussée de douleurs qui ne cèdent pas à la pilocarpine et à l’ésirine. Le 28 septembre 1908, les douleurs augmentent, et, sans qu'il y ait de commémoratif bien net d'effort, il se fait une rupture de la cornée, par laquelle le sang s'écoule en certaine abondance. La plaie se cicatrise à nouveau, ct depuis ce temps le malade n’a plus eu d'accidents semblables.
Observation XXI. - CHARDIN. — Thèse de Paris. 1910. — Résumée.
M veuve T.., 75 ans, était atteinte depuis deux ans de glaucome chronique de son œil gauche, et n'avait plus qu’une vague perception lumineuse. Le 11 février 1909, vers 9 heures du matin, sans la moindre émotion, ni le moindre traumatisme, elle ressentit dans son œil malade une douleur très violente, suivie d’une hémorragie abondante qui inonda ses vêtements. On pensa qu'une tumeur maligne pouvait être la cause de cette hémorragie, el l'énucléation fut faite d'urgence.
L'examen de la pièce coupée montre que le globe est rempli de sang, mêlé à un peu de vitré. La sclérotique est normaie, pas d'excavation de la papille, le nerf optique est atrophié. La cornée avait une kératite bulleuse en évolution. La rétine et la choroïde sont décollées et repliées en convolvulus. Les veines choroïdiennes sont énormes, distendues rt gorgées de sang.
Observation XXII, - CHARDIN. — Thèse de Paris. 1910. — Résumée.
M. B.…., âgé de ?5 ans, est examiné au mois. de mars 1907. L'œil gauche présente l'aspect classique d'une panophtalmie. La cornée, totalement infiltrée, présente à la partie inférieure et interne une solution de continuité irrégulière, par où s'échappe un magma purulent. Le malade nous apprend que, cinq à six jours auparavant, il ressentit brusquement, au cours d’une promenade, une douleur aiguë à son œil gauche, en même temps du sang coulait sur sa joue. Cet œil était atteint de glaucome, et sa vision était abolie depuis quinze ans environ. L'exentération ignée amena la disparition des a£cidents septiques et des phénomènes douloul'EUX.
Observation XXII, -— ELLETT. — American Medical Association. 1910. — Résumée.
Vieux glaucomateux dont l'œil éclata à la suite d’une hémorragie intra-oculaire. Le siège de la rupture était sur la cornée, avait 10m de long, et donnait issue à la rétine et à l'iris. L'hémorragie ee une heure et demie et on fit l’énucléation à cause de la douleur.
Examen de la pièce. — J'examen montra une infiltration cellulaire de la cornée, spécialement au voisinage de la rupture, mais sans nécrose. Les parois des vaisseaux du limbe et de l’uvée étaient fortement épaissis. L'hémorragie avait complètement détaché la choroïde.
Il y avait sur l'œil sain des signes d’artério sclérose.
Observations XXIV __XXV XXVI, __ SIVIZEN. — Wiestnik ophtalmologuii. 1912. — Résumées.
Dans le premier cas, le diagnostic clinique faisait penser au glaucome : dans le deuxième, il v avait une fistule de la cornée consécutive aux lésions dégénératives du glaucome; dans le troisième, il v avait ulcère de la cornée.
Observation XXVII. — LacoMPTrE — Archives d'Ophtalmologie. 1913. — Résumée.
A. L..…., 65 ans, a toujours été bien portante. Depuis cinq à six ans, elle a des douleurs rhumiätismales dans les membres inférieurs. Elle est atteinte d'artério sclérose généralisée. Les urines sont normales.
Jusqu'à présent notre malade prétend n'avoir jamais eu d’affe:tion oculaire. Elle ne s'est jamais rendu compte que son accuité visuelle eût faibli. Elle affirme que l'œil gauche, pour ce qui concerne l'aspect extérieur, se présentait absolument normalement.
Le 13 août 1912, subitement et comme frappée par un coup de foudre, la patiente sentit, dit-elle, une demi-heure après son repas de midi, une douleur soudaine, aiguë, atroce, indescriptible. Elle a perdu entièrement connaissance, et a gardé le lit jusqu’au lendemain matin. Cette femme soutient avee la dernière énergie qu'ellè n’a fait aucun effort, ni durant la jcurnée précédente, ni immédiatement après l'accident.
Au moment où les douleurs ont éclaté, elle était tranquillement assise sur une chaise. Elle ajoute sur notre insistance, qu’elle ne s’est pas baissée, ni mouchée, qu'elle n'a ni toussé, ni éternué. Par conséquent nous ne pouvons saisir la moindre cause occasionnelle qui puisse expliquer l'explositin subite de l'accident. Cette douleur atroce a diminué peu à pe1, pour disparaître presque entièrement le lendemain dans la matinée. C’est alors qu’elle s'est levée et est venue à notre clinique.
A notre premier examen, le globe est un peu augmenté de volume. Il est tout rouge par suffusion sanguine dans la conjonctive bulbaire et dans la chambre antérieure. La cornée est trouble, brun verdôtre, et est toute entière refoulée vers le bas. Immédiatement au-dessus du limbe il existe une grosse tumeur, encore recouverte de conjonctive et qui renfermait le cristallin. La rupture s'est produite dans la sclérotique immédiatement au-dessus du limbe. Aucune vision. La cornée, la chambre antérieure ef la pupille sont normales. L'examen ophtalmoscopique révéla une très légère excavation.
sa =
Le même jour les douleurs intra et peri oculaires reparurent ce qui nous fit craindre une nouvelle hémorragie, et le lendemain l’énucléation fut pratiquée.
Ni dans la rétine, ni dans le corps vitré, nous n'avons pu CONStater d'hémorragie. Les veines étaient normales, les artères légèrement rétrécies avec des bords un peu pâles.
L'œil droit examiné au périmètre montrait un champ visuel légèrement rétréci pour le blanc, non pour les couleurs.
Observation XXVIII, —— Hama. — Section of Ophtalmology. 1915. — Résumée.
X.., à la suite d'une blessure, fait une luxation du cristallin dans la chambre postérieure et par la suite un glaucome absolu. La cornée était insensible et l'iris rétracté. Il n’y eut aucun ulcère, ni incident pendant deux ans. Puis un jour, tout d’un Coup, Sans aucune cause appréciable, le malade a des douleurs atroces et est inondé de sang. Il s'agissait d’une rupture horizontale de la cornée avec prolapsus des membranes, due à une hémorragie rétrochoroïdienne.
Observation XXIX. — RUTHERFORD — The Bristish Journal of Ophtalmology. 1920. — Résumée.
X..., à la suite d'une blessure, fait un glaucome chronique de son œil droit. Elle souffrait de maux de tête intermittents. Cinq ans plus tard, brusquement, elle fut prise de douleurs peri orbitaires intolérables Eïle se coucha et ne prit aucune nourriture. Au bout de vingt-quatre heures de souffrances, un flot de sang jaillit de son œil droit, et, immédiatement après, elle fut prise de vomissements aqueux mêlés de sang. Il s'agissait d’une rupture centrale de la cornée avec prolapsus des membranes. La malade avait une dilatation d'estomac. à Observation XXX. — Inédite. — Comimuniquée par M. le
Professeur agrégé F. Terrien.
Elie a trait à un homme, âgé de 70 ans, ingénieur, ayant fourni un travail intellectuel considérable, et ayant toujours joui d'une excellente santé, Il montre seulement un peu de sclérose artérielle, caractérisée par une légère hypertension et une surdité presque complète.
Œil droit. — [Le malade avait consulté à l'hôpital Rotschild, en 1918, ie Docteur Millet, qui constata une cataracte müûre et droite, et au début à gauche, et une légère hypertension des deux yeux, pour laquelle il prescrit l'emploi de la pilocarpine. L'œil droit est opéré en octobre 1919, et, huit jours plus tard, on fait l’exentération, sans doute à cause d'une panophtalmie.
Œiùl gauche. — La vision continue à baisser, malgré l'emploi de la pilocarpine et de l'ésérine, ordonnées il y a trois mois. A ce moment, on aurait constaté à gauche une subluxation du ceristallin, et un peu d’'atrophie de l'iris. Le sujet avait peine à se conduire, et cet œil n’était pas douloureux. Lorsque brusqaement,
ot
dans la nuit du 19 au 20 octobre, entre une heure et trois heures du matin, éclatent des douleurs orbitaires et peri orbitaires terribles. Le malade est en proie à l'agitation la plus vive et pousse des cris effrayants. Puis éclate une hémorragie, et le sang s'écoule de l'œil en assez grande abondance. Le lendemain matin, nouvelle crise douloureuse, et, au moment où le Docteur Goulfier fut appelé, les premières paroles du malade furent pour lui dire « Tuez-moi ou soulagez-moi ». Le Docteur Goulfier constate un écoulement sanguin, qui perle goutte à goutte entre les paupières. Le segmént antérieur de l'œil paraît distendu, ce qui lui donne un aspect exophtalmique. On constate au niveau de la limbe, à la partie inféro-externe, entre cinq et huit heures, une ouverture d'un centimètre environ, par où fait hernie le tractus uvéal. Le sang, qui coule sans arrêt par cette ouverture, finit par imbiber les pansements appliqués sur l'œil. Le globe oculaire est très douloureux à la pression; les mouvements sont normaux mais un peu douloureux. Un pansement légèrement compressif est appliqué, et le malade est dirigé sur l'hôpital Beaujon. L'énucléation est pratiquée le lendemaïn, soit deux jours après l’accident, sous anesthésie locale, sans aucun incident, si ce n’est que, dans la nuit, il est pris d'une nouvelle hémorragie assez abondante de l'œil opéré, qui donne lieu à uné hématome de l'orbite, et nécessite un nouveau pansement .
Examen de la pièce. — L'examen anatomique, comme le montre la figure I, nous a permis de constater que l'hémorragie était avant tout rétro-choroïdienne. La choroïde est décollée et il existe un épanchement sanguin abondant entre celle-ci et la paroi selérale, tant du côté temporal que du côté nasal. Elle est très fortement reportée en avant avec le corps ciliaire, et fait hernie en partie à travers la brèche cornéenne. La choroide elle-même est très fortement infiltrée de sang et très augmentée de volume.
Les vaisseaux choroïdiens sont remplis de sang et portent sur: Jeurs parois des lésions indiscutahles d’artério sclérose. Mais nulle part on ne trouve trace d'infiltration cellulaire, ni de phénomènes inflamatoires.
La rétine est atrophiée, dissociée et noyée dans la nappe Ssanguine, et, chose curieuse, il n'y à pas d’excavation de Ja papille. Le nerf optique est en parte atrophié, et est aussi le siège d’une hémorragie.
Enfin les vaisseaux de la conjonctive sont également très fortement congestionnés, et le sang s’est répandu à la surface de l'épisclère.
La cornée, dans la plupart des coupes, partout à la partie moyenne du globe, était rompue à l'union de la sclérotique avec le limbe. Tout le centre de la membrane avait cédé et était refoulé en avant. Les fibrilles dissociées limitent les interstices remplis de sang. Sur les coupes plus éloignées du méridien horizontal de l'œil, on voyait des lamelles cornéennes plus ou moins dissociées.
Le cristallin avait naturellement disparu, et avait été expulsé au moment de la rupture du glohe.
A : Segment postérieur. B : Segment antérieur. - 4
1 Scelérotique. ? Hémorragie retrochoroïdienne. 4 Vitré. 3 Nerf optique. | 6 Cornée. Choroïde et rétine.
=. fees
Observation XXXI. Inédite. — Conmmuniquée par M. le Professeur de Lapersonne et M. Velter, chef de Clinique du service d'Ophtalmologie de l'Hôtel-Dieu.
Rosalie B..., S0 ans, se présente, le 21 décembre 1920, à la consultation d’ophtalmologie de l'Hôtel-Dieu, et raconte qu'un mois auparavant elle avait beaucoup souffert de son œil droit et que sa vue S'était troublée. IL y a huit jours, les douleurs ont brusquement repris avec pius de violence que jamais. Elles ont cessé tout d'un coup quelque temps après.
Œil droit. — La cornée est opaque, dépolie, exulcérée par places, insensible. La conjonctive est injectée; de gros vaisseaux courent à sa surface.
On remarque à la partie interne de l'œil droit une tuméfaction brunâtre, ayant environ un centimètre de long et recouverte par la conjonctive. A un examen plus attentif on remarque que la selérotique s’est rompue à cet endroit.
Chambre antérieure effacée, iris en tomate, occlusion pupillaire, fond d'œil inéclairable, aucune perception lumineuse : V = O. L'œil est très: mou au doigt : TOD = Om/m, TOG = 25.1/5 au Mac Lean.
Le 24 décembre 1920, on envoie la malade en médecine pour fièvre et congestion pulmonaire. Elle meurt le lendemain.
Examen de la pièce. — Segiient postérieur. — On constate une atrophie marquée de la rétine. La sclérotique est normale. Il existe une excavation de la papille.
Segment antérieur. — On constate des lésions d'irido-cyclite, c’est-à-dire une atrophie complète du corps ciliaire et de l'iris, lequel est réduit à une mince couche pigmentaire collée à la face postérieure de la cornée. La chambre antérieure n'existe plus, et à plus forte raison l'angle iridokératiqu?.
Du côté de ia sclérotique, il y a des lésions énormes de sclérite : dislocation de la sclérotique, dissociation des fibres conjonctives. On retrouve ces lésions surtout autour de 11 solution de coïtinuité marquant la rupture. Mais elles existent également dans toute l'étendue du segment antérieur.
La rupture siège entre le tendon du droit interne et le limbe, et est de un centimètre environ de longueur.
Il n’y a pas de décollement des membranes profondes de l'œil, choroïde et rétine, ni aucune trace d’hémorragie intra-oculaire macroscopique ni microscopique.
I s'agissait donc d’une rupture spontanée de la sclérotique, dont la résistance était diminuée par des lésions de sclérite, consécutive à une poussée aiguë de glaucome secondaire à une irido-
cyclite.
Etiologie
L'étude de ces observations, qui se ressemblent toutes, nous permet de faire tout d'abord une première constatation, à savoir que l'éclatement spontané du globe oculaire se produit, dans la grande majorité des cas, sur un œil anciennement glaucomateux, et chez des individus âgés (moyenne 70 ans) et atteints d’artériosclérose. Cette dernière maladie est assez rarement mentionnée. Mais cependant, le fait que la rupture survient chez des glaucomateux anciens et des vieillards, nous permet de conclure que presque tous étaient artério-scléreux. On sait, en effet, combien cette maladie est fréquente dans le glaucome chronique et la sénilité.
Deux conditions nous paraissent nécessaires pour que la rupture puisse se produire spontanément : et d’abord évidemment une solution de continuité dans l'enveloppe externe de l'œil, et ensuite une hypertension intraoculaire brusque. Nous allons donc passer en revue les causes de la rupture de l'enveloppe externe de l'œil, et celles de l’hypertonie brusque.
1°) La rupture de l'enveloppe externe de l’œil.
Presque toujours la rupture siège sur la cornée, exceptionnellement sur la sclérotique, comme dans les observations 26 et 30.
Tout d'abord, la rupture d’un globe oculaire normal