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est-elle possible spontanément ? Pour répondre à cette question, Houdart, à la suite de son observation, a expérimenté sur des veux de porc, les uns énucléés et débarrassés des tissus ambiants, les autres maintenus dans leur position normale dans l'orbite. Les veux étaient ponctionnés en différents points avec des aiguilles creuses, et soumis à des pressions d’eau variables. La rupture se produisait toujours à l’équateur de l'œil, au point où se produisent les staphylomes pathologiques de l’équateur, et celà, sans grand effort, sous la seule pression d’un kilog. agissant pendant une nunute sous le piston d'une seringue de Pravaz de À grammes, après pénétration de 1 gr. 50 d'eau dans la cavité de l'œil de porc frais. Toutefois la rupture ne se produisait qu'après dilacération de la Zonule de Zinn, affaiblissement de la cornée par ablation de quelques fines couches superficielles, et lacération de la membrane de Descemet. En l'absence de dilacération, l'œil résistait à la rupture.
M. le professeur agrégé F. Terrien a récemment repris cette étude sur l'œil du cadavre, et 1l a constaté que la rupture ne se produisait jamais sur l'œil normal. Elle ne s’obtenait que chez les sujets âgés, dont la cornée et la sclérotique étaient le siège de phénomènes de dégénérescence, et montraient une diminution de résistance. L'éclatement se produisait presque toujours dans la région péricornéenne, et de préférence dans le quadrant supéro-interne.
Il faut donc pour que la rupture ait lieu spontanément une diminution dans la résistance de la coque oculaire. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Ces allérations du globe oculaire sont dues soit au glaucome, soit à la sénilité et l’artério-clérose, soit enfin aux infections.
a) Glaucome. — Les altérations de l'enveloppe externe de l'œil sont très fréquentes dans le glaucome, et « la
cornée, moins que toute autre partie de l'œil, échappe à la dystrophie générale, parce que le glaucome gêne sa nutrition et paralyse sa défense contre les agents extérieurs. » C’est en effet un organe dépourvu de vaisseaux, et sa nutrition est assurée par la circulation des tumeurs de l'œil. « Or, la soudure irido-kératicue arrête cette circulation, en interdisant aux tumeurs l'accès du canal de Schlemm ». L’extrême sensibilité de la cornée est sa meilleure défense contre les agents extérieurs. Les altérations des nerfs ciliaires dans le glaucome expliquent la diminution de la sensibilité cornéenne, et les troubles trophiques, particulièrement l’ulcère non infectieux, véritable mal perforant oculaire. Lorsqu'on examine-la cornée des yeux énucléés pour cause de glaucome, on constate qu'elle est « terne, chagrimée, rugueuse, accidentée, troublée et par places érodée, présentant des concrétions blanchâtres et jaunâtres, dont l’agglomération forme quelquefois, dans le domaine de la fente palpébrale, un ruban horizontal, saillant, large de 2 à 3 "et long de 5 à 6 "*. Des concrétions analogues, grises ou jaunes vif, peuvent se former sur la substance même de la cornée, circonscrites ou éparses sur toute son étendue. »
b) Sénilité et artério-sclérose. — Nous retrouvons également dans la sénilité ét l’artério-sclérose des altérations comparables à celles dues au glaucome. Houdart a insisté sur la fréquence de ces troubles trophiques. La cornée, moins que bien d’autres tissus conjonctifs, échappe à la sclérose. De bonne heure, elle est le siège de phénomènes de dystrophie sénile, et de gérontoxon. Même en l'absence du glaucome, il n’est pas rare de voir chez les vieillards, très avancés en âge, émaciés, déprimés et cachectiques, des cornées ayant perdu toute élasticité, très amincies et dépressibles. Ce sont elles qui s’affaissent aussitôt l’incision cornéenne, après l’opé-