ÉCOLE
“Je l'ai vue quelquefois à genoux. Dans ces sortes d’apparitions, ses genoux s’appuyaient ou se reposaient sur quelque chose de blanc que je ne saurais définir. À diverses reprises, lors des premières apparitions surtout, je l'ai vue debout, ayant un cha-
elet dans ses mains jointes, tandis que d'autres chapelets étaient suspendus à son bras droit. Vers la fin, je la voyais à genoux et sans chapelets. Parfois, je l'ai entendue prier.
“ La première fois que je l’ai aperçue dans l’école, —lorsque moi-même j'étais à l’intérieur, — c'était une après-midi, vers les quatre heures. Nous étions rangées en demi-cercle autour du pupitre de l’institutrice, et nous récitions notre catéchisme, lorsque je vis la “ dame ” agenouillée à côté de la maîtresse, entre celle-ci et les élèves. Elle avait des chapelets sur son bras, et un aussi dans ses mains. Celles-ci étaient jointes, et nous ne l’entendimes pas prier.
“ Le lendemain, je la vis pour la deuxième fois. Elle avait la même position que la veille, elle tenait encore des chapelets sur son bras, et je l’entendis distinctement prier : cette seconde apparition eut lieu dans l’avant-midi.—Après le dîner, avant l'ouverture de la classe, qui se fait à une heure, je suis entrée dans l’école avec Mélina Belliveuu, fille de M. Hippolyte Belliveau, et d'Adélaïde Goguen. En avançant vers le tableau noir, nous avons entendu une sorte de plainte comme si les sons fussent venus d'en arrière du tableau. Saisies de frayeur, nous sommes sorties en toute hâte.
“ Plusieurs d’entre nous ont vu “ l'enfant,” à l’intérieur de l’école.”
La soi-disant voyante donne ici la même description de “ l'enfant ” que Méline-I). Bourque,
excepté ce qui suit :
‘“ La robe du jeune “enfant ” était étoilée. Souvent il m'est apparu avec une main levée, tournée en
dehors comme pour menacer; l’autre, tournée en dedans et pendante comme pour attirer. Parfois je lai vu avec les mains jointes. A sa première apparition, il m'a semblé couronné : quelquefois je l'ai vu sans couronne. Je l'ai aperçu, en d’autres temps, tenant duns sa main quelque chose de rond, de sphérique et de la grosseur d'une pomme sur laquelle je voyais une croix. Il m'est apparu, une fois ou deux, avec des scapulaires bleus dans les mains.
“ Lors de la première année des apparitions, — tard dans l’automne,—nous nous sommes concertées, un jour, plusieurs petites filles et moi, pour demander à la “ dame ” ce qu'elle désirait. Elle a répondu qu'elle voulait avoir une chapelle bâtie en son honneur. Lorsque j'ai entendu cela, j'ai demandé aux autres si elles avaient entendu les paroles de la “dame,” et elles m'ont toutes répondu: non, excepté Angéline Légère.
“ La même année, la veille de Noël, nous, toutes les voyantes, sommes allées à l’école pour faire une visite, car il n’y avait pas de classe ce jour-là. La “dame ” nous est apparue : elle nous a dit de revenir à l’école, le même soir. Sur cette invitation, nous y sommes retournées et nous l'avons vue entourée, des pieds à la tête, de nombreux jets de lumière qui éclairaient l'appartement.
“ J'ai vu, à certaines époques, des processions au cours desquelles figurait un personnage habillé en blanc. Celui-ci avait parfois un livre à la main, d’autres fois il tenait un crucitix en avant de lui, à la hauteur de son front. Venaient ensuite une douzaine de personnes, plus ou moins,—toutes en rang, deux par deux. En même temps, “ l'enfant ” était visible dans un angle de la classe, et quand les personnages de la procession passaient devant ce petit “enfant,” tous faisaient la génuflexion.
“Une fois, l'hiver dernier, dans la première
quinzaine du mois de janvier, j'étais à réciter mon chapelet, dans l’école, avant l'ouverture de la classe de l'après-midi, en compagnie de Angéline Légère, Méline-D. Bourque et Alice Belliveau, lorsque nous vimes la “ dame” — Je suis la Mère de Dieu et sainte Anne est ma mère, a-t-elle dit. J’ai demandé aux autres petites filles si elles avaient entendu ces paroles, et elles m'ont répondu : non.
“ Depuis trois mois, je n’ai rien vu avant ce soir, 16 juillet. Il y à envirou une heure, accompagnant Méline D. Bourque chez M. Aimé Boudreau, je me suis rendue jusqu'à l’école. J'ai regardé en dedans, par ia fenêtre, et n'ai rien vu d’abord. Méline-D. Bourque a vu en arrivant. Après quelques minutes d'attente, j'ai aperçu “ l'enfant” à la même place où je l'ai vu autrefois. 11 avait une couronne claire autour de la tête ; son habit était blanc, ses deux mains étaient tendues en avant comme pour inspirer la confiance. J'ai regardé à peu près dix à quinze minutes, et l'apparition a toujours gardé la même posture.”