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LES CLASSES

Le plus grand effort devra porter sur la construction rationnelle de celles-ci.

En effet, c’est là que l'enfant vit une grande partie de la journée et elles ont par là une importance primordiale dans l’hygiène scolaire.

On veillera d’abord à ce que l’orientation des ouvertures soit vers le Sud ou Sud-Est, pour qu'on ait à les fermer le moins souvent possible. L’aération permanente de la classe étant le « primum movens » de la construction de celle-ci, on à d’abord préconisé : d'ouvrir complètement le panneau exposé au Sud- Est, tout en prévoyant des auvents vitrés et verticaux susceptibles d’être orientés de telle façon qu'ils servent d'écran contre la pluie ou un vent de fouet.

Ces panneaux ne constitueraient cependant jamais des fermetures, mais de simples écrans. Et pour cela on les faisait de dimensions insuffisantes pour clore complètement la façade.

Puis des architectes américains ayant vérifié que l’aération unilatérale était insuffisante : l’air d’une pièce n'étant vraiment changé que s'il circule d’une paroi à l’autre par des ouverures bilatérales, on appliqua le procédé de Knapen, dit d” « aération différentielle » (à Villejuif, par exemple), ventilation qui a lieu au-dessus de la tête des enfants; puis à Suresnes, la classe comportera un seul panneau plein percé d’une porte et d’une fenêtre. Ce panneau correspond à l’ar-

rivée en classe par une galerie couverte. Le tableau noir et le bureau du maître y sont adossés. Les trois autres côtés sont des cloisons vitrées pouvant, par un dispositif simple et facile, se replier complètement. Les classes sont séparées les unes des autres par une distance égale à leur largeur, constituant ainsi un ensemble de créneaux favorables à la circulation de l'air et de la lumière.

La pluie et le vent viennent-ils d’un côté : on ferme ce côté en laissant les deux autres grand ouverts. Ce système a l’avantage de permettre une aération permanente à n'importe quelle époque de l’année et quelque temps qu'il fasse ; d'autant plus que ces classes seront pourvues d’un sol chauffant soit en grès cérame reposant sur des voûtes, au-dessus d’un vide sousjacent de 1 m. 50 de hauteur, dans lequel seront des radiateurs de chauffage central, soit revêtues d’une épaisse couche de caoutchouc ou linoléum sous laquelle seront des couches de ciment et de sable et des radiateurs de chauffage à air chaud.

Pour obvier au grand refroidissement de la pièce, provoqué par les cloisons de verre et l'ouverture permanente d’un côté. on adjoindra à ce moyen de chauffage des bouches d'air chaud sous pression disposées à la base des trois côtés vitrés. Cela permettra de former un véritable rideau de chaleur qui, tout en n'’interrompant pas la circulation de l’air, isolera cependant les élèves du froid extérieur.

Ces classes comprendront au plus 30 à 35 élèves, elles auront 7 mètres sur 9 avec une hauteur sous plafond de 5 mètres.

Le mobilier se composera : de tables légères de 0 m. 45 sur 0 m. 50 avec chaises indépendantes, c'est en effet une amélioration indspensable sur les tablesbancs ordinaires fixées ou non au sol. L'enfant étant essentiellement mobile, ses muscles striés ne peuvent sans fatigue être immobilisés trop longtemps. Le maintenir dans une sorte de carcan sur lequel il est obligé de se modeler, c’est favoriser les attitudes vi-

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cieuses par la recherche d’une position de repos. Combien de scoliose n'ont d'autre point de départ !

Le siège indépendant permettra à l’enfant de changer de position à volonté et d’obéir ainsi au besoin de mouvement que sa nature lui impose. Le bruit provoqué par ces déplacements n’est pas à redouter, surtout sur un plancher caoutchouté. En tout cas l'éducation permettra d’assagir son système nerveux d'autant plus facilement qu'il ne supportera qu'une contrainte volontaire.

Ce mobilier léger pourra être facilement transporté à l'extérieur où sera prévue une aire en terre battue, entourée d'arbres ; dès le beau temps revenu la classe aura lieu complètement en plein air.

Le toit de la classe pourrait être une terrasse, facilement accessible par une galerie supérieure, lieu de repos allongé pour la sieste du midi si certains élèves en ont besoin : en effet, tant que toutes les écoles ne seront pas ronstruites sur ce type, on réservera les nouvelles écoles aux débiles de préférence.

[25] Enfin, au point de vue éclairage, la théorie de l'éclairage unilatéral et gauche ne sera pas respectée puisque les paroiïs seront de verre sur trois côtés, mais si le plafond est assez haut cela n’entraîne ni gêne, ni aveuglement pour les maîtres et élèves.

Des lampes électriques à réflecteur et diffuseur seront prévues pour le soir, au nombre d’une lampe de 50 bougies au moins par groupe de cinq à six élèves.

Les cabinets devront être en nombre suffisant dans les cours, sur les terrains de jeux et à proximité des classes, de telle façon que les enfants ne soient pas forcés de se retenir par manque de temps ou dans la crainte de prendre froid en traversant des cours.

Le système dit à la turque, dont nous connaissons les inconvénients graves (humidité, souillure des chaussures par l’eau de chasse, possibilté de tomber la jambe dans le trou... etc.) sera proscrit. Le seul avantage est la position accroupie qui aïde à la défécation tout en fermant les canaux inguinaux.

D'autre part, pour les cabinets à siège, le danger réside dans le fait que certains, recherchant la position accroupie, montent les deux pieds sur le siège et le souillent. Ce qui empêche les successeurs de s’y asseoir à leur tour. Le système le plus recommandable serait donc une cuvette à fond plat ou légèrement concave dont le bord supérieur serait à environ 13 centimètres au-dessus des talons et d’une largeur de 18 centimètres, ayant la forme d’un bidet, un peu relevé en avant et en arrière en selle arabe pour empêcher l’eau de gicler, avec chasse en arrière et deux barres d'appui inclinées à 45°, pour se tenir et se relever.

Dans les écoles maternelles, ces cuvettes seraient plus petites et adaptées à la taille des enfants.

Le tout à l’égout est le système d'évacuation le plus hygiénique.

Les urinoirs devront comporter un nombre de places au moins égal au 1/15° du nombre total des élèves. Les récréations étant d’un quart d'heure, et à raison d’une minute par élève, il faut que tous aient le temps d'y passer sans se mettre plusieurs à la fois dans chaque case.

[26] Les cours et terrains de jeux : Les cours seront plantées d'arbres et ne donneront jamais la sensation d’enclos fermé, chaque enfant devra avoir un minimum de 5 mètres carrés (mode d'appréciation à la grandeur de la cour), elles seront de préférence unies et plates avec un sol doux et élastique exempt de boue et de poussière ; le ciment est trop dur, le gazon ne pourrait être entretenu s'il est trop piétiné ; certains macadams conviendront bien, ou une couche de sable qui sera nivelée journellement. Un jardin potager et un jardin d'agrément seront à proximité, les élèves concourront à son entretien ; de façon à faire perdre aux enfants le goût de da dégradation, l’instituteur essaiera de leur faire comprendre l'agrément et l’uti- Hté de ceux-ci. Le jardinier de l'établissement leur donnera des conseils, avec expériences à l'appui, pour l'entretien de ceux-ci. Le plaisir de la récolte développera en eux le goût de la culture. Une certaine pro-

priété sur ce qui poussera sera un adjuvant utile à cette éducation.

S'il n'y a pas de stade municipal à proximité : des terrains le jeux et de sports pourront être aménagés : ce seront de grands espaces gazonnés très aérés, où sous la direction d’un maître de jeux qui leur enseignera les règles et leur en fera respecter la discipline, les élèves pourront se livrer à leur activité physique. Ces terrains comporteront comme accessoires : pour les garçons, un portique avec six anneaux volants, deux cordes : une à nœud, une lisse ; un trapèze, une échelle de corde, deux balançoires, une barre fixe sous laquelle sera du sable ou de la sciure de bois pour amortir les chutes, un pas de géant, une barre parallèle, un sautoir, une paire de poteaux basket-ball, une paire de buts de football et un tennis.

Pour les filles : le même équipement à peu près, sauf les buts de football.

Pour les petits enfants : un tas de sable de 4 à 5 mètres cuhes, un portique avec petites balançoires à sangles et: traverses, deux cordes à nœuds, une glissoire genre toboggan, une piscine de 15 mètres de circonférence sur 60 centimètres de profondeur.

Une surveillance médicale devra porter de temps en temps sur ces terrains pour défendre à certains les jeux violents dépassant leurs possibilités physiques.

De grands préaux couverts à façade tournée au Sud, de superficie égale à celle des classes réunies, à sol ferme imperméable facilement lavable seront prévus en cas de mauvais temps.

LE CENTRE D'HYGIÈNE SCOLAIRE comprendra :

1° Une salle d'attente munie de bancs, assez grande pour recevoir toute une classe à la fois.

2° Une salle de visites bien éclairée avec trois armoires : une pour le linge, l’autre pour les médicaments usuels, une troisième pour les instruments ; une toise, une bascule, un bureau et des chaises ; enfin un meuble pour les fiches scolaires.

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3° Une chambre obscure pour l’oto-rhino-laryngologiste et l’ophtalmologiste.

4° Une salle de pansements et de traitement dentaire.

5° Une petite salle d'examen de laboratoire avec microscope (facultative).

6° Une infirmerie comprenant un nombre de box égal au 1/100° des élèves avec lits de repos et fauteuils (dans les écoles internats seulement).

. 7° Une petite cuisine-tisanerie avec fourneau à gaz et hotte d'échappement des buées.

8° Un water-closet spécial avec vidoir.

9° Un vestiaire salle de réunion pour les infirmières.

1° Une salle d'application de rayons ultra-violets et de gymnastique médicale.

11° Enfin un appareil de désinfection des livres et objets contaminés.

Tous ces locaux seront chauffés, pourvus de larges baies munies de fermeture. Dans chaque pièce seront prévus ou un plusieurs lavabos avec robinet quart de tour manœuvrable avec le coude, des tables recouvertes de lave émaillée, des prises de courant et de gaz.

Une salle spéciale devra être aménagée en laboratoire d'examen psychologique.

Enfin l’école pourra encore comprendre :

Le cabinet directorial avec entrée indépendante sur le logement de celui-ci.

L’économat à proximité des cuisines avec une porte donnant directement dessus.

Enfin les locaux du personnel : dépensier, cuisinière, chauffeur, veilleur de nuit, jardinier.

Ce personnel sera réduit au strict minimum par le concours des élèves aux travaux nécessités pour la bonne marche de l'établissement.

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L’école de plein air de Suresnes (27)

Due à la collaboration intime et intelligente de trois spécialistes de ces questions : l’ancien instituteur d'école de plein air, M. Bouronvois, Secrétaire général de la mairie de Suresnes ; les architectes Beaunox et Lops ; enfin le médecin Docteur HazEmanx, cette école est la réalisation la plus moderne des conceptions hygiéniques actuelles en cette matière.

Elle est intéressante à trois points de vue : hvgiénique, compréhension de son utilisation et architectural.

Avant d'en entreprendre la description. qui se rapproche d’ailleurs de la description précédente, il faut en effet signaler qu'elle a été conçue comme institution avant d’être bâtie et qu’en conséquence les plans en ont été établis de telle façon que les bâtiments gantent d’une facon précise le programme et la vie de l’enfant dans l’école.

Ce programme consiste en effet en un mode de vie tel qu’en canalisant l’activité de l'élève. dans certaines pratiques hvgiéniques, intellectuelles, nhysiques, il développe en lui les force vitales naturelles au plus haut point sans jamais lui donner l’imnression d’ennui ou d'emprisonnement que donnaient les vieilles écoles.

Par opposition au fameux « trou d'ombre » de Hugo, il est très intéressant de voir. par exemple. que les portes des classes conduisent toutes de l’ombre vers la lumière.

L'impression psychique subconsciente de l’écolier doit s’en ressentir, il ne peut ainsi avoir la sensation d’un emprisonnement.

Pour exprimer cette façon de voir : M. Bouronnors nous disait : « l’école est la géométrie d’une histoire, vécue par

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