EVOLUTION DANS LA CONCEPTION DE L'ÉCOLE
Mais le défaut de conception de cette inspection médicale c’est qu'elle a un but plutôt palliatif que constructif.
Le médecin dépiste les malades, les isole, il recommande de les faire soigner, mais il ne se préoccupe pas des enfants en apparence bien portants.
De même pour les locaux de l’école : on prend des mesures dans le cas d’une éclatante insalubrité, on modifie même certaines imperfections au point de vue éclairage, aération, température ; mais l’on n'ose pas dire encore : l’école doit avant tout faire des enfants, des adolescents non seulement instruits, mais robustes ; prêts pour la vie civique.
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Cependant, peu à peu, cette évolution se précise [5]. GRANCHER ayant constaté l'influence favorable du plein air sur les enfants prétuberculeux, conseilla d’abord leur placement à la campagne dans des familles ; mais devant les mauvais résultats obtenus à cause du manque de surveillance, il pensa à la création de sanatoriums-écoles de plein air où une surveillance médicale pourrait être mieux organisée. Dans ces sanatoriumsécoles on mènerait de front, la vie de l’enfant dans les meilleures conditions physiques et leur culture intellectuelle : double ration d'air, double ration de nourriture, demi-ration de travail.
Les Allemands avaient d’ailleurs. eux aussi. depuis 1904, une école de plein air à Charlottenbourg, sous la direction de BAGinsky.
Devant les bons résultats obtenus les écoles de plein air se multiplient.
1906, école internat de Vernay.
1907, quatre écoles externats en Angleterre.
1910, école de plein air de Mortain et Vésinet, puis pour ne prendre que Paris et la banlieue :
1920 : l’école Aérium, directeur LEMONNIER ; écoles de plein air du XX°, XV° et XIIL° arrondissements, sur les fortifications.
1921 : école du boulevard Bessière.
Pendant ce temps, la plupart des écoles nouvelles créées à l’étranger : en Angleterre, en Allemagne, en Russie soviétique, sont des externats de plein air.
Aujourd'hui plus de 500 écoles de plein air fonctionnent en France et leur conception continuant à évoluer, on n’y prend plus de tuberculeux, ni d'infirmes, ni anormaux, qui ne profiteraient pas aussi bien que les autres de ce séjour. Voici, par exemple, quelques causes de refus d'admission [6] :
— La tuberculose sous toutes ses formes ;
— Les maladies de cœur empêchant l'élève de s'adapter au programme d'éducation physique ;
__ Les infirmités et insuffisances motrices ;
— Les affections ostéo-articulaires ;
— Certains formes de rhumatismes ;
—— Les maladies de peau transmissibles ou aggravées par le soleil ;
__ Les incontinences d’urine (pour les internats) ;
— Les végétations adénoïdes non opérées ;
= L'épilepsie, perversion, instabilité.
On y accepte encore :
— Les ganglionnaires à forme non évolutive ;
— Les adénopathies trachéo-bronchiques inactives ;
—— Les enfants de familles tuberculeuses non atteints ;
— Les adénopathie cicatrisées et micro-polyadénopathies.
Ce qui fait prévoir que d'ici peu de temps toutes les écoles de construction nouvelle devront être aérées, c’est-à-dire des écoles transformables à volonté en écoles de plein air car l’école devra être comme le Docteur ViocerTe | | l’a définie : un établissement où par les seuls procédés d’une éducation naturelle on s’essaie à concilier les besoins de l'organisme avec les nécessités de l'instruction, c’est-à-dire à développer harmonieusement les qualités physiques intellectuelles et morales des élèves et par surcroît à réparer si possible les méfaits d’une hygiène antérieure défectueuse.
Cette école idéale nous étudierons sa construction en banlieue et son fonctionnement. Nous verrons d’ailleurs une réalisation qui en a été faite à Suresnes.
La critique nous opposera le prix de revient élevé de la construction de ces écoles, à cause des terrains immenses à employer ; ; c'est entendu, mais si le nombre de phtisiques à la char ge de l” Etat s’en trouve diminué énormément si nous formons une génération d'hommes forts au lieu des malingres que l’on rencontre aujourd'hui dans les conseils de révision, par exemple ; si nous diminuons le nombre des désadaptés à la vie sociale, l'effort vaut la peine d’être tenté.