L'ÉCOLE CENTRE SOCIAL
Je ne finirai pas cette étude de l’évolution de l’école sans dire qu’un dernier ordre de réforme doit être préconisé : augmenter l'influence sociale de l’école, faire de celle-ci le centre d'hygiène de la banlieue nouvelle [7].
En effet, jusqu'ici l’école est un milieu isolé où chaque individu passe quelques années de sa vie pour s’emprésser de l'oublier sitôt qu'il en est parti.
Un seul moyen pour réintégrer l’école dans la vie sociale : le groupement de la maison sociale et du centre d'hygiène scolaire.
Groupement qui ne sera pas forcément sur le plan matériel ; on ne peut, en effet dans beaucoup de centres où sont déjà existantes des maisons sociales, détruire et reconstruire dans ce but.
Mais un moyen est facile : employer comme infir-
mières scolaires des assistantes sociales polyvalentes qui auront dans l’école leur centre social. ventouse de relation avec l’extérieur, bureau où elles recevront les parents des élèves, où elles auront la fiche sociale de chaque famille : leur connaissance des autres services sociaux facilitera les services qu’elles pourront rendre aux familles et aux enfants -— placement dans des sanatoriums, préventoriums, écoles de plein air, camps de vacances ; assistance aux vieillards, aux femmes en couches... — En conséquence, leur influence sur le milieu social deviendra très grande et l’école pourra devenir ainsi par rayonnement le centre l’hygiène de la banlieue. |
[8] Dans un quartier suffisamment dense et cohérent on pourra même faire le groupement matériel de la maison sociale et du groupe scolaire avec un centre d'hygiène scolaire, qui sera à double entrée : une sur l’école, une sur la maison sociale.
Dans ce centre d'hygiène scolaire, comprenant un service de stomatologie, d’oto-rhino-laryngologie, d’ophtalmologie, de psychopédiatrie et de gymnasti-
IS
que orthopédique, seront approfondis, les diagnostics portés par l'inspecteur scolaire sur sa demande, et seront soignés gratuitement les enfants de l'assistance médicale gratuite.
[9] Dans certains pays on arrive à la conception de la clinique scolaire avec un médecin à demeure, ne s’occupant que des enfants du groupe scolaire. Par beaucoup de côtés cet état de chose serait favorable aux enfants en réalisant l’unité dans les soins, et en permettant au médecin de consacrer beaucoup plus de son temps à chaque élève.
Toutefois nous ne sornmes pas encore mûrs pour
cette réforme, qui rencontrerait une grosse résistance de ia part des médecins praticiens. . Préconisons donc une collaboration étroite des différents travailleurs sociaux en supprimant si possible la multiplicité des intermédiaires, surtout dans les services d'assistance sociale.
En résumé, nous plaçant au point de vue de la banlieue parisienne, nous jetterons d’abord un bref coup d'œil sur l’état sanitaire et hygiénique de quelques écoles ; sur les statistiques de mortalité de la banlieue en général.
Nous étudierons ensuite les quelques réformes possibles à apporter immédiatement et sans gros frais dans ces écoles.
Puis la conception idéale de l’école de banlieue, et une réalisation qui en a déjà été faite. Enfin, après quelques remarques sur le rôle des différents travailleurs scolaires. le moyen de transformer l’école en centre d'hygiène de la banlieue nouvelle.
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