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QUELQUES ECOLES DE BANLIEUE

Il convient d’abord de dire que les écoles de banlieue de construction récente sont en général particulièrement étudiées au point de vue de l'hygiène et que si elle ne correspondent pas encore à l'idéal vers lequel nous évoluons, elles s’en rapprochent de plus en plus.

[10] Le groupe scolaire de la porte d’Ivry par exemple bâti sur un terrain de 6000 m?, orienté surtout au sud — c’est-à-dire école maternelle au sud, école de garçons au sudest et école de fille au sud-ouest — possède presque toutes les améliorations souhaitables — service de douche, service médical, sol recouvert de linoléum dans les classes, terrasses pourvues d’abri contre le vent pour sieste et classe en plein air, W.-C. masqués par des massifs d’arbres et dont la chasse fonctionne automatiquement par le système appelé de la porte ouverte, dans les classes renouvellement total de l’air trois fois par heure par une ventilation par pulsion, chauffage par radiateurs près des fenêtres alimentées par six chaudières au coke et trois chaudières de secours au mazout, châssis à bascule à la partie supérieure des fenêtres, pouvant rester ouvert pendant les heures de cours, enfin cour cimentée simplement au pourtour pour l’écoulement des eaux, et tapissée de tarmacadam, très doux à la marche.

Mais à côté de cela visitez l’école de garçons d’Ivry même, qui est de construction beaucoup plus ancienne, et vous vous rendrez compte que, pour une partie des bâtiments au moins, l'édifice n'était certainement pas destiné à cet usage; comme en témoigne la persistance d'ouvertures en œil-de-bœuf ou de portes chartières.

Dans cette école 825 élèves pour 16 classes, donc une moyenne de 51 élèves par classe. Chiffre déjà trop élevé si le cube d’air était suffisant. Mais dans certaines de celles-ci

il ne l’est pas. Fenêtres orientées n’importe comment, de telle façon que certaines classes ne voient jamais le soleil.

Lavabos en très petit nombre par rapport à celui des élèves, 30 jets environ à proximité du réfectoire, au-dessus d’une auge de 3 mètres de long ; plus une cuvette avec prise unique dans le vestibule du directeur à proximité de la cour de récréation. Un réfectoire de 7 mètres sur 6, mal éclairé, mal chauffé par 2 petits radiateurs reçoit tous les midis 140 élèves. Pour ranger leur nourriture ? grands placards sans cases séparées. De grandes tables en bois blanc et des bancs comme sièges. Nombre de couverts et de timbales insuffisant pour le nombre des élèves.

Dans les classes les bancs « carcan » que nous avons tous connus, non adaptés à la grandeur des élèves, sans dossiers quelquefois ; fixés à la table de telle façon qu'il est impossible d’y changer de position. Des éclairages artificiels souvent insuffisants, 4 lampes de 50 bougies pour 50 élèves, des tableaux trop haut placés que le directeur vient d’ailleurs de faire baisser, les portemanteaux au-dessus des radiateurs, ce qui en hiver détermine de la buée lorsque les manteaux mouillés y sont accrochés.

Les cours de récréation en ciment et en pente d’où glissades et accidents, encastrées entre les bâtiments et pauvrement ventilées. Les W.-C. au fond des cours, système à la turque dont on connaît les désavantages, enfin les urinoirs en quantité insuffisante, ce qui pousse les élèves à se mettre le long du mur. Pas de douches. Service médical par un médecin qui vient une fois par semaine et trois assistantes sociales venant trois demi-journées par semaine.

Inutile de dire que les visites de propreté faites par les infirmières dépistent souvent des corps sales, mais comment y remédier, sauf par l’action auprès des parents. Pour les arriérés ou anormaux dépistés, une seule solution, l'hôpital.

car il n’est pas prévu non plus de cours d’arriérés.

Nous ne nous étendrons pas beaucoup plus longuement sur cette situation qui se répète dans pas “mal d’endroits.

À Orly, par exemple : école de la Cité-Jardin, moderne et très bien comprise à proximité du stade ; école d’Orly-Ville,

plus ancienne el présentant la même gamme de défauts que

JS

celle d’Ivry. Par contre, à Suresnes, les groupes scolaires Payret-Dortail, Aristide-Briand, et l’école de plein air sont très modernes et présentent de nombreuses améliorations souhaitables même aux écoles récentes. C’est ainsi qu'au groupe Payret-Dortail existent un ensemble d'institutions qui conduisent l’enfant de 2 à 18 ans.

— Ecole maternelle, jardin d'enfants.

— Un groupe scolaire primaire qui comporte en annexe intérieure :

a) Une piscine (école de natation) avec bains-douches ;

b) Une salle de gymnastique transformable en salle des

fêtes ;

c) Un poste d'inspection médicale scolaire ;

d) Un amphithéâtre de physique et un laboratoire de chi-

mie avec postes complets individuels d’expériences ;

e) Des ateliers pour le travail du bois, du fer forgé, l’ajus-

tage et usinage mécanique, la T. S. F. et le réglage du moteur ;

f) Une piste cendrée pour les sports en plein air ;

g) Un très vaste réfectoire avec cuisine au sous-sol.

— Une école primaire supérieure pourvue de sections générales, commerciales et industrielles.

— Une école pratique de commerce et d'industrie.

— Un préapprentissage ménager pour les filles.

À Villejuif. Groupe scolaire très moderne lui aussi. Ossature en béton armé, cloisons isothermes, fenêtres sur châssis métalliques coulissant de mur en mur et de poteau en poteau.

Dans les classes, ventilation au-dessus de la tête des enfants par le procédé de Knapen. (Couloir souterrain sous la route pour rejoindre le gymnase, l'établissement de douches et le stade. Terrasses solarium. Salle de douches avec aérotherme pour absorber la vapeur d’eau. Séchoirs électriques à air chaud près de lavabos collectifs pour supprimer les serviettes. Salle de gymnastique transformable en salle de cinéma. Préau avec sol en caoutchouc épais. Réseau et prise de T. S. F. dans toutes les classes, ainsi qu'horloge électrique et installation de projections de clichés et films. Enfin laboratoire de psychotechnie sur l'installation duquel nous reviendrons.

A Montreuil : Ecole Anatole-France relativement moderne et hygiénique avec une grande salle de gymnastique commune pour garçons et filles au second étage avec terrasse. Une remarque cependant à son propos, elle est relativement loin des classes, Comme en outre les élèves doivent se mettre en

tenue, ils perdent 10 minuts au début de la leçon, 10 minutes au retour et les leçons étant d’une demi-heure, en sont très écourtées.

A l’école Arsène-Cheneau qui date de 75 ans et qui est d’ailleurs condamnée, même gamme de défauts que dans toutes les vieilles écoles : classes obscures, petites, surpeuplées relativement, 42 élèves assis dans des bancs à deux places non adoptés à leur grandeur. Les portemanteaux dans les classes. Des gros poêles Godin comme système de chauffage. Des fenêtres petites qu’on ne laisse pas ouvertes. Une cour cimentée minuscule pour 560 élèves, le préau complètement fermé encore plus petit. Les urinoirs et cabinets à la turque au nombre de 11 en tout. ce qui occasionne la présence de deux ou trois élèves à la fois par cabinet pour pouvoir uriner. Sans cela ils n’en ont pas le temps pendant les récréations. Lavabos au nombre de 10 jets, à proximité du réfectoire où ne mangent que 45 enfants : les aliments sont apportés d’une cuisine centrale de la ville par des autos munies d’appareils de chauffage. Il est servi en effet plus de 1.000 repas par jour à Montreuil au prix de 0 fr. 50, 1 franc ou 2 francs, suivant la richesse de la famille.

Le centre médical commun est moderne, avec entrée sur l’école maternelle, l’école de filles et l’école de garçons ; il comprend une salle d’attente, le bureau du médecin et une douche individuelle.

Pas de salle de gymnastique, mais cours d’éducation physique pour les grandes classes par un professeur qui vient une demi-heure à une heure par semaine et par classe.

Des cours complémentaires et supérieurs sont donnés dans l’école : sténo-dactylo, comptabilité, commerce.

A Bagnolet. À l’école de garçons, 465 élèves, 46 par classes, toujours mêmes défauts : lavabos en petit nombre, 10 jets en tout et pour tout. Une cour unique, trop petite, 10 urinoirs et 5 cabinets système à la turque. Les mêmes vieux bancs dans les classes et le même manque d’aération.

Nous voyons done que la visite des vieilles écoles conduit toujours aux mêmes réflexions : surpeuplement des classes, manque d'aération, lavabos en trop petit nombre, éducation physique négligée... c’est Tàdessus qu'il faut agir immédiatement et nous allons étudier comment cette action peut être conçue.

STATISTIQUES DE MORTALITÉ DE LA BANLIEUE EN GÉNÉRAL ET DES QUELQUES COMMUNES VISITÉES EN PARTICULIER

Nous voyons donc que si la lutte s'affirme en hanlieue comme à Paris contre la mortalité des enfants et des adolescents il reste toutefois dans les vieilles écoles quelques réformes urgentes à apporter.

Un coup d'œil jeté sur les statistiques de mortalité de 1 à 19 ans prouve d’ailleurs que s’il existe un progrès depuis quelques années, il reste encore fort à faire.

Voici d’ailleurs un tableau où j'ai classé par ordre d'importance les principales causes de décès d’adolescents de 1 à 19 ans pour toute la banlieue pendant les cinq dernières années.

Maladies de l'appareil respiratoire, sauf tu-

Dérenlosesr 1... 666 504 475 521 358 Tuberculose respiratoire 473 331 334 274 231 Autres tuberculoses ... 259 AL 267 264 242 Maladies du système

DEN CURE. 0 Le 203 187 159 209 253 Mort violente ........ 153 128 149 134 118 DIDRISTIENS..L 100 174 135 128 131 111 Rouveclenns.. rt te 108 147 95 84 Fa Comeluche ss. 2 47 52 28 66 20 SCATIA RER Ce 34 16 12 19 20

Ces chiffres appellent d’ailleurs quelques commentaires : on est un peu surpris de voir figurer en première place comme cause de décès, les maladies de l’appareil respiratoire non comptée la tuberculose. II serait intéressant de voir la part qui revient dans cellesci à la pneumonie et broncho-pneumonie. Et si celle-ci

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