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est grande, la vaccination antipneumococcique pourrait être préconisée et effectuée plus souvent.
C’est ainsi que certains praticiens vaccinent de cette façon les enfants dès qu'ils sont atteints de rougeole et m'ont dit avoir beaucoup moins de complications broncho-pulmonaires depuis.
La tuberculose respiratoire vient tout de suite après, suivie des autres tuberculoses avec lesquelles elle forme une écrasante majorité dans les causes de décès.
Nous allons étudier longuement dans la suite les mesures prophylactiques nécessaires dans les vieilles écoles de banlieue.
Viennent ensuite les maladies du système nerveux, méningite surtout, comme nous le verrons plus loin ; la mort violente qui pose le problème de la surveillance des enfants en dehors des écoles ; la diphtérie : qui devrait pourtant disparaître comme la variole si la vaccination devenait obligatoire ; la rougeole qui, malgré et peut-être. à cause de sa bénignité apparente, fait autant de victimes à elle seule que la coqueluche et la scarlatine réunies.
Voici maintenant à titre documentaire, quelques statistiques de mortalité (1930, 1931, 1932, 1933) dans les différentes communes dont nous avons visité les écoles et pour 1 à 19 ans.
En 1930 Ivry Montreuil Orly Villejuif Suresne Boulogne Clichy Tuberculose .... 10 12 3 fi 4 11 6 Méningite tuber-
CUIeUSC EEE 4 12 2 2 6 2 Méningite sim-
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En 1931 Ivry Montreuil Orly Villejuif Suresne Boulogne Clichy Noisy-le-Sec Tuberculose 10 1 28 4 25 8 | Le Méningite
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leuse .... j 5 1 4 il 8 2 2 Méningite
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En 1932
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SOS Ne 6 11 2 il 6 11 5 3 Pneumonie. 14 15 2 6 2 a 16 6 Rougeole... ñ) 6 il 2 5 À Diphtérie... 3 À 1 3 1 2 Mort violen-
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Il est difficile de tirer des conclusions de ces statistiques, étant donné leur caractère particulier, toutefois on voit que la tuberculose tient toujours la première place, que la pneumonie fait certaines années des ravages et que la rougeole vient en bonne place dans les facteurs de mortalité.
On constate aussi les statistiques relativement favorables des banlieues saines et bien aménagées, telles que : Orly, Suresnes, Clichy.
QUELQUES REFORMES POSSIBLES A APPORTER DE SUITE DANS LES VIEILLES ECOLES DE BANLIEUE
La lutte contre la tuberculose peut et doit donc se diriger plus que jamais aujourd’hui vers les enfants des écoles. Dans le plan d'ensemble à envisager en banlieue, deux sortes de mesures sont à prendre : les mesures immédiates que nous allons étudier et les mesures de longue haleine : reconstruction d'’écoles conformes aux idées de l’hygiène moderne.
Les mesures immédiates comporteront :
— L’aération permanente des classes ;
— L’hydrothérapie ;
— L'éducation physique dirigée ;
— Une surveillance attentive de l’alimentation ;
— Quelques modifications des programmes,
Aération permanente des classes
Nous ne reprendrons pas l'étude des raisons multiples, qui rendent cette réforme désirable. Qu'il nous suffise de rappeler d’abord deux expériences : celle de Léonard Hizz, qui prouve qu’en plus de la teneur en gaz carbonique de l’air (21 % dans les classes même bien aérées), le manque de circulation de celui-ci est aussi un facteur de malaises et à la longue de déficience physique.
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2° [12] Les deux expériences contraires de la rue des Epinettes et de la rue des Alouettes. Cela consista dans l’école de la rue des Epinettes à faire travailler, par tous les temps des fillettes choisies parmi Îles plus débiles, dans une salle dont les larges fenêtres restèrent constamment ouvertes. Des exercices et des Jeux coupaient fréquemment les leçons ; une distribution de boissons chaudes avait lieu à dix heures et à quatre heures. Cette expérience avait été commencée en été, on évitait l’arrivée directe du vent froid sur les élèves et celles-ci furent protégées l'hiver par des manteaux, des guêtres et des chaussons fourrés.
Il est juste de dire qu’elles bénéficièrent aussi d’un régime alimentaire amélioré et d’une sieste de trois quarts d'heure à une heure après les repas.
Les résultats furent surprenants, en quelques mois ces petites filles chrétives devinrent robustes et bien portantes. Elles assimilèrent convenablement leur programme et purent rentrer sans difficulté dans la classe ordinaire.
Cette expérience date de. 1920. Pourquoi n'’a-t-elle pas été généralisée immédiatement dans toutes les écoles ? Elle est en effet facile à réaliser, peu coûteuse et donne de bons résultats.
Lorsque les salles seront mal exposées et donneront sur des rues bruyantes, il sera souvent possible, comme cela a été déjà fait, d'en déplacer le couloir et de changer ainsi l'orientation. Ou encore, comme cela a été réalisé à l’école maternelle de la rue Clauzel, d'agrandir les fenêtres et d’ajouter une terrasse où les enfants pourront travailler et jouer en plein air.
Ce sont d’ailleurs les vœux présentés par les dernières journées médico-sociales de l'enfance d'âge scolaire [13].
1° Multiplication surtout en faveur des enfants de 6 à 8 ans des classes aérées et des classes au soleil.
2° Qu'il soit recommandé d'étudier la transformation des vieilles écoles qui ne peuvent être désaffectées pour en améliorer les conditions d'hygiène.
200 vast
Hydrothérapie
Aménagement de lavabos et vestiaires
La tuberculose, nous dit le Docteur MaArcHoUx, est la maladie des mains sales et des maisons mal tenues. Il est incontestable que la propreté corporelle est un des premiers facteurs de la santé. Or, si dans les écoles cette vérité est dite et redite, elle n’est pas toujours pratiquée, faute de matériel.
Cependant, rares sont les communes de banlieue assez pauvres pour ne pouvoir doter leur école d’une installation telle que celle qui a été étudiée par la Société l’Hygiène par exemple :
[14] 1° Des lavabos collectifs, en forme d'’auge à double face, surmontés d’une rampe portant quatre jets d’eau par mètre de chaque côté et dans l’ensemble autant de jets que d'élèves. Avec un robinet d'arrêt commun, sauf pour un des jets, qui permet ainsi une toilette individuelle et occasionnelle au cours de la Journée.
2° En face et de chaque côté du lavabo, une double rangée de cases vestiaires, aérées, comprenant un portemanteau, un porte-serviette et un casier pour les objets servant à la toilette de la bouche, une plaque inférieure pour les chaussures.
Ce casier est personnel pour chaque élève. Cette installation, dont sont dotées déjà de nombreuses écoles, fonctionne de la façon suivante :
En arrivant le matin, l’élève quitte ses chaussures et les remplace par des chaussons ; il accroche ses vêtements d'extérieur au portemanteau, puis, au signal donné, fait demi-tour et se trouve en face de son robinet, le col ouvert il se lave les mains, le visage et les dents, étend sa serviette sur le porte-serviettes, endosse sa blouse et se met en rang pour l’entrée en classe.
Ces divers exercices prennent dix minutes environ et les heures d’entrées peuvent être pour cela avancées du même temps, le programme scolaire n’en sera donc
pas gêné. Tous les élèves seront tenus de les faire, pour ue cela n'ait pas l’air d’une mesure vexatoire vis-àvis des familles.
Le lavage des mains s'effectuera aussi à la sortie des classes, et au retour des cabinets. Une encre soluble dans l’eau pourra être employée pour la facilité des soins de propreté.
Des moniteurs sanitaires, élus parmi leurs camarades, au scrutin secret, seront chargés de la surveillance des soins de propreté et de l’entretien des locaux qui pourra être effectué par les élèves. Ces moniteurs se contenteront d’ailleurs de signaler la faute sur un cahier, la sanction étant réservée au maître. Mais celuici ne se dispensera de punir que si le moniteur. éclairé par lui, a consenti à retirer sa plainte. Ainsi commencera l'éducation sociale.
Bains-Douches
Une salle de bains-douches complètera cette installation. Dans les communes où il n'existera pas d’autres établissements similaires en quantité suffisante, elle pourra être ouverte au public aux heures où les élèves ne s’en serviront pas. Pour cela elle sera munie d’une double entrée l’une donnant sur les locaux de l’école, l’autre sur la rue.
Deux conceptions s'affrontent d’ailleurs pour le mode d'installation : douche individuelle ou douche en commun.
Pour les jeunes enfants j jusqu'à 8 ou 10 ans, il semble que la douche en commun est préféra ble, en ce sens qu'elle permet une surveillance plus attentive des soins corporels. Dans ce cas, les élèves seront réunis garçons ensemble, filles ensemble dans un bassin en grès cérame, par exemple. avec au plafond des pommes de douche, à raison d’une pour dix élèves. Il y aura trois cabines d'isolement déshabillage par pomme. La douche sera tiède.
Mais quand ces douches doivent servir en même
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temps au public, elle comprendront un nombre de pommes variable avec celui des élèves et le triple de cabines pour faciliter la rapidité des manœuvres. Dans l’une le sujet se déshabille, dans l’autre il prend la douche et dans la dernière il se rhabille. On peut ainsi dresser les enfants à faire le nettoyage complet de leur corps en trois ou quatre minutes.
Les cloisons des cabines sont en matériaux légers et même en toile si on veut les établir à peu de frais.
La douche fonctionnera au moins une fois par semaine, pour tous les enfants. Lavabos et douches devront être alimentés en eau potable, surtout les lavabos, à cause du danger d’y voir boire les enfants (pro: phylaxie de la typhoïde).
On n’a pas encore le droit de rendre la douche obligatoire, mais une propagande bien comprise et s’exerçant dès le jeune âge y amènera vite tout le monde.
Les maîtres, aidés des assistantes scolaires, surveilleront leur fonctionnement ou encore les moniteurs sanitaires élus.
Ces pratiques seront intéressantes à de nombreux points de vue.
Prophylaxie des maladies par la propreté individuelle et la séparation des objets personnels.
Action sur l’automatisme des habitudes de l’enfant, qui devient par cela même en les gardant dans sa famille, le meilleur propagateur de l'hygiène. Les pa: rents obéiront plus facilement à l’enfant qu'à l’instructeur d'hygiène.
Début de formation civique par l’élection de moniteurs sanitaires. par l'acquisition du sentiment de solidarité et de discipline.
L'éducation physique
Quand il s’agit de préoccupations d’ordre vital telles que l’amélioration et la sauvegarde de la race, tous les pays qui nous environnent ont déjà compris, que
l'éducation physique jouait un rôle de tout premier plan. Ils ont pour cela organisé une action de grande envergure : stades, terrains de jeux, camps de vacances, formation technique des éducateurs, manifestations populaires, propagande intensive.
[15] Il n’est que d'entendre le délégué de l’Allemagne hitlérienne à Genève déclarer que « l’éducation en Allemagne est dorénavant et partout orientée vers l'éducation du caractère ; que celle-ci se distingue à ses débuts et dans son développement par la primauté de l’éducation physique : car la condition d’une volonté naturelle et forte c’est un corps d'acier... », pour comprendre l'importance attachée désormais à cette éducation.
Il faut d’ailleurs ajouter que beaucoup d’éducateurs en France l’on compris eux aussi. Une loi de 1870 prévoyait : deux heures d'exercices physiques tous les jours dans les écoles, dont une demi-heure de gymnastique pour les enfants au-dessus de 10 ans. Or, actuellement, on fait dans les écoles primaires : une demi-heure à une heure de gymnastique et d'exercices physiques par semaine. Ces exercices consistent en des mouvements d'ensemble de la classe entière dans des cours, souvent fermées de tous les côtés par des bâti. ments ou sous un préau lorsqu'il fait mauvais. Ils sont dirigés la plupart du temps par un instituteur non préparé techniquement. En sont dispensés les élèves qui ont une maladie ou une infirmité déclarée par un certificat médical.
On voit que cette organisation pèche par beaucoup d’endroits :
Temps qui lui est réservé, espaces insuffisants, mauvaise formation technique des instructeurs, dépistage peu fréquent des cas nécessitant une gymnastique spéciale, enfin erreur pédagogique dans la façon de comprendre cette éducation physique.
: La question du temps et du terrain consacrés à cette éducation pose un premier problème :
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Faut-il rogner du temps sur les programmes et où trouver le grand terrain nécessaire ? |
Une solution que j'ai vu appliquer dans une commune de la banlieue sud-est par un instituteur m'a semblée intéressante. C’est ce qu'il appelle la journée de plein air du jeudi. Voici d’ailleurs en quoi elle consiste : Le terrain fournit par la section sportive du pays est le stade, de cette section, qui veut bien considérer les élèves comme des « minimes » — selon l’expression courante —. Le dispensaire municipal four. nit le service médical : une infirmière scolaire en l’occurrence qui assiste à toutes les séances.
Enfin, un groupe d'instituteurs viennent diriger les différents noyaux d'élèves en profitant eux-mêmes de cet entraînement.
Tous, élèves et professeurs sont en maillots de sport. Il y a trois grands groupes d'élèves : grands, moyens et petits, plus une section de grandes filles la section des petits étant mixte.
Voici en été le programme de la journée de 9 heures à 18 heures :
Matin : 1° Leçon d'éducation physique ; 2° Cercles divers d'activité (intellectuelle. manuelle) ; 3° Déjeuner préparé sur place.
Après-midi: Sieste et bain de soleil ; Petite éducation physique ; Douche, massage ; Goûter ; Jeux libres.
Cette séance à lieu hiver comme été. Mais en hiver elle dure seulement de 13 heures à 16 heures et a lieu, en cas de pluie sous un très grand préau bien abrité.
Il y a distribution de boissons chaudes pendant la séance, mais le costume reste le même.
J'ai assisté à l’une de ces séances.
La leçon d'éducation physique des sujets normaux
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était inspirée de la méthode naturelle de HÉBERT, c'està-dire qu'elle consistait en :
1° Un déplacement continuel pendant lequel on marchait, on courait, on sautait, on grimpait, On portait ;
2° Le travail n’était entrecoupé que de courts repos, pendant lesquels ont exécutait des mouvements respiratoires ;
3° Ce mode de repos consistant d’ailleurs en une marche lente qui changeait de l'effort précédent (course ou saut) ;
4° Ce travail était exécuté en souplesse sans recherche de raideur ni d'ensemble parfait ;
5° L'émulation était entretenue par l'établissement de la fiche type individuelle avec recherche de son amélioration progressive ;
6° Un examen médical avait été effectué pour avoir la valeur physiologique approximative de l’écolier. Deux épreuves sont intéressantes pour cela : la recherche des accélérations respectives du pouls et de la respiration pour les différents élèves. après un travail type, le même pour tous.
Ce travail consistera par exemple en dix mouvements d’élévation des cuisses à l’horizontale, faits en cinq secondes. L'’accélération du pouls extrêmement variable, ira de 8 à 65 pulsations par minute. La respiration pourra varier de 4 à 18 respirations de plus par minute. On observera en combien de temps, cœur et poumons, reviendront à leur rythme normal : ce temps sera dans les cas normaux (deux tiers des cas) d’une à deux minutes environ. Pour ceux qui mettront plus de cinq minutes et jusqu’à dix minutes, un examen plus approfondi sera nécessaire.
Le médecin inspecteur doit donc bien connaître les bases scientifiques de l’éducation physique, la physiologie du travail musculaire, et ses effets sur la respiration, la circulation. le système nerveux, les échanges nutritifs. Il doit être capable de donner des conseils pour l'entraînement : la fatigue, ses causes, essouffle-
ment, courbature, surmenage. L'éducation physique collective selon l’âge, ses différents procédés : gymnastique, Jeux, travaux mantels. Enfin il doit savoir faire appliquer la gymnastique corrective et orthopédique par l’instituteur et l'infirmière scolaire.
[16] En effet, il faut que l’instituteur reçoive dans les écoles normales une instruction plus poussée sur l'éducation physique. On ne s’improvise pas instituteur thérapeute sans avoir de lumière sur la médecine humaine, sans savoir manier cette arme à deux tranchants que sont le mouvement et les agents naturels (soleil surtout) ; sans connaître la science du repos et celle de l'alimentation correcte.
Encore plus difficile est la direction de la gymnas-
tique orthopédique et respiratoire, qui ne peut cependant si on la généralise qu'être confiée à l’instituteur.
En attendant une meilleure formation technique de celui-ci, le médecin inspecteur d'hygiène donnera ses directives. Voici par exemple comment fonctionne (à Orly) le centre de gymnastique orthopédique et respiratoire : Les élèves sont classés en deux grands groupes : 32 respiratoires et sept orthopédiques.