‹ L'école classique française; les doctrines et les hommes, 1660-1715Chapitre 38 sur 64 · LA BRUYÈRE (1) LA ROCHEFOUCAULD · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE (1) LA ROCHEFOUCAULD

Aucune école n'a porté plus loin que l'école classique le goût de la psychologie, ou de ce qu'on appelait alors la morale. Prenons garde toutefois de ne point nous tromper sur le sens de ce mot. Aujourd'hui, nous entendons j)ar morale l'étude des lois quFsont imposées, par un idéal supérieur, à l'action de l'homme et à sa conduite dans la vie. Cet idéal sera-t-il le bien pur, déterminé par l'impératif kantien, sera-t-il le bonheur individuel, ou, au contraire, l'intérêt social, il importe peu. La morale est, dans tous les

(1) Jean de La Bruyère naquit à Paris en 1645, d'une famille bourgeoise. Nous ignorons à peu près tout de son enfance, et savons seulement qu'à vingt ans il prit à Orléans sa licence de droit civil. Il exerça quelque temps la charge d'avocat au Parlement, puis quitta le barreau en 1673 et devint trésorier de France au bureau des Finances de Caen. Anobli par ce titre, il ne parut du reste jamais dans sa charge. En 1684, il consentit, sous les auspices (le Bossuet, à prendre place parmi les précepteurs du jeune duc de Bourbon, petit-fils de Condé. Il était chargé d'enseigner l'histoire, la géographie, la mythologie et la philosophie. Cette éducation, qui plaçait La Bruyère à la petite cour de Chantilly, offrait à son talent d'observateur une situation privilégiée. Le préceptorat terminé, à la mort du grand Condé (1686), La Bruyère continua à faire partie de la maison, avec le titre de gentilhomme du duc. Il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort (1696). Il appartenait à l'Académie française depuis l'année 1 693.

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