KCULE ET LA l'Ai RIE
croyant tout savoir, les plus bruyants d'outre eux se laissaient griser par la philanthropique convielion qu'à très bref délai l'arbitrage universel, d'un l)out à l'antre du monde, préviendrait toute explosion d'hostilité ; et plus généreux pour les autres nations qu'ils n'étaient prévoyants pour la leur. ils préparaient avec quiétude, si l'on peut ainsi dire, le désarnieiuenl moral de la France ', avant <[ue les politiques, responsables des destinées nationales, n'eussent accueilli ni même envisagé la possibilité d'un autre désarmement.
lu philosoidi" d'ailleurs s'est rencontré, pour donner à leur pacilisme une contenance décente et
;> urtolire 1903. M. Bnissolette. prol'esseur d'école normale. ;i ([ui M. Devinât, directeur de l't'-cole noririalc d'Auteuil, a confié, dans sa revne, le soin de cet ordre do questions, écrivait à cette date ; « Si par hasard un jour dans lavenir le nom d'un pape anli français sortait acclamé, nous poinrions encore nous en consoler en pensant qu'une telle électiun signifie simplement <pn' nous marchons plus sûrs et plus fermes dans les voies d avenir que nos pères ouvrirent à notre pays dans leur grandiose élan de 17SD. '>
1. « En vérité, écrit très justement M. Souriau, professeur à I université de Caen, les pacifistes relèvent surtout du répertoire 1 omique. Labiche avait pressenti ces bonnes gens qui. ayant tous horreur de la guerre, ont souvent un certain éloignement puur les militaires. Lisez les Vivacités tlu capitaine Tic. il y a là im digne homme, .M. Désambois, qui se croit un savant; féru d'économie politique mal comprise, il a fait une grande découverte : c'est que l'armée est coûteuse, inutile : « Le penseur, dit-il. le philosophe sérieux, se demandent avec angoisse à quoi
tlos loiinules d'apparence profonde: c'est M. Jules Payot, directeur du Vo/uj/ir, et recteur actuel de <;ii;iinl)(''rv. Les idi'es semées parce uioralisle sont tieveuues en quelques années, de l'école normale à l'école primaire, les arbitres d'un grand nombre de vies intellectuelles et morales. Le curieux débat sur « l'àme de l'école », ouvert en ISO'i par M. Ferdinand Buisson, n'avait abouti à aucunes conclusions précises' ; M. Buisson, quittant la direction lie l'enseignement primaire, laissait l'école sansàme... Les optimistes se consolai<'nl eu conslalant, comuni M. Devinât l'expliijuait uu jour très francbement, que « le sentiment [latriolique suppléait à la pauvreté de l'inspiration morale - » ; l'ancien idéal dt'posé dans l'école par Paul Berlconliuuaitd'ètre une source de vie. M. Jules Payot s'est etîorcé d'otîrir à nos instituteurs un autre idéal, plus ambitieux, plus lointain, [)lns linmanitaire.
servent ces ptiiil.in;,'L's imiu-odiiclivcs. » A^facé, le capiluiiic' Tic riposte ti cet ancêtre de nos paiilistes par l'apolof^iie siiisant ; •^\ il y avait une fois un hérisson pliilnsoplic, arme tii- pointes et de piquants, comme tous ceux de son espèce... L'n jour, ce j^rand piusenr se dit : \ tjuoi bon cette agfjjlomcration de petites baïonnettes improductives (|ui se dressent sur mon dos à la Mioimlrc alerte .' (Jet .ippareil de «guerre est vraiment desoblih'eaiit pour nos voisins. Su|)primoiis-ie. Il le .siip|prima, l'imbècili- ! — Qu'arriva-t-il.' demande le paciliste interloque. — Il arriva une fouini; qui. le trouvant ^'ras et sans défense, le (To(|Uh comme uti <i'uf ! N'en déplaise a nos pacifistes, nous ne feronpas eumme cc^t imbécile de hérisson. <> {La Crise du patrio/isiiif à l'école, p. 5-ti.J
1. Voir, sur ce rlébat, notre \oliime ; \ Hcole d'aujourd'hui 1" série, p. 107 et suiv.