‹ L'école d'aujourd'huiChapitre 56 sur 113 · Les idéen île M. Hourra, p. li)l · texte numérisé non relu

Les idéen île M. Hourra, p. li)l

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Aiilour (le nous, les nations veulent être grandes; elles estiment que renoncer à grandir, c'est d'ores et déjà se condamnera une diminution; elles courtisent l'ambition comme une condition et un gage de vie intense; elles sentent que la gloire appelle la richesse et que la richesse a besoin de la gloire ^ que le drapeau attire le comptoir etquele comptoir requiert le drapeau ; que « le fer appelle l'or », comme l'a si bien dit M. Georges Leygues en une phrase que nos journaux pédagogiques ne lui pardonnent point. C'est partout une poussée d'orgueils nationaux se disputant sournoisement la propriété de l'univers. En face de ce phénomène, les écoles primaires telles que les souhaite M. Payot ne prépareront point la nation française à tenir son rang parmi les peuples qui s'étendent : c'est là une gloire mesquine, dont nos pacifistes n'ont cure. La France, à mesure que ces peuples l'enserreront ou l'évinceront, se donnera pour tâche de leur professer un cours abstrait de justice supérieure; dans l'école primaire de France s'élabore l'éducation de l'univers-.

1. On ne saurait rien lire à co sujet de plus émouvant, ni de plus éloijueuiuient décisif, (jue les deux introductions mises par M. izoulet au livre de A. T. Mahan : Le salut de la race blanclie et l'empire des mers. (Paris, Flammarion, 190o.)

2. En novembre 19015, à l'occasion dune proposition de M. Hubbard : « La Chambre invite le Gouvernement à se concerter avec les Gouvernements étrangers au sujet de la limitation des charges militaires, » M. Georges Leygues crut devoir intervenir, rappela que c'était au lendemain de ses victoires que l'Allemagne était

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Ce seraient iloiic des idées surannées, ce se- «•aient donc des préjugés de « bôtc humaine' », ■«jui captiveraient l'esprit et la conscience de nos 4Jiplomates, lorsqu'ils croient avoir pour mission de niaiiilenir la France à lélat de puissance de premier ordre, et lorsqu'ils réclament pour la démocratie fran<;aise le droit d'avoir d'autres ambitions que la démocratie suisse! «Il est clair, •écrit M. Payot, et c'est cela qui fâche les partisans d'une France mililaristc, que la conscience pacifique des républicains tend à rendre impossible toute guerre injuste, toute guerre où l'on Tïc combattra pas pour l'existence et la liberté nationale. La France est résolument pacificiuo. Elle il des colonies plus éleudues quelle n'en peut

•<levenue une grande nation économique, cl njoula : « Vou!^ pt-nsez bien servir les intérêls économiijues en diuiinmint nos forces Miilil.iires ; vous vous trompe/.. Il y i '"* vieu.x iliclon, fcrutal et expressif, qui dit : << Le fer appelle l'or. » Cola sijLjnilie que celui f|ui est fort est maître non seulement de sa frontière, •niais aussi (ju'il parle tiaut sur les marches ilu monde. » .M. Jaurès sindif,'iia, qualifiant cette parole de <> redoutalile » et « d'impie », •€t une |)artie de la presse jiédagogique j)rit désormais comme <"il)le la personnalité de M. (icorj;es Leygues i^Offiriel, 'l'.\ novemlire l!l0:i, p. 2811). — « Si le fer attire l'or, riposte .M. Payol, «est (juand le fer est converti en socs île charrues, en machines à cou<lre, en machines ,'i vapeur, en métiers, en plumes i» écrire. I.e fer, converti en canons et en fusils, n'attire que la misère et II' paupérisme. » [Les idées de M. Ikninii, p. 193.) — M. (lustave Hervé, tout comme M. Payot, et plus vivement que M. Payot. attaqua cette formule de M. Leygues dans un article de la [ievue il-e ri-^riseir/neme/it pritnuirey (i décembre l'.tOM, i>. 1 12-1 li. — L'Ecole ioftiiie. de Toulouse, le 6 décembre IHO.'J, (|uali(ie .M. Leygues de «. Marlb<ir<uif{h parlementaire »; le \'i janvier \'M)S, elle jiarle de la •« iihalan<.'e cléricale (pii va de M. Leyi^ues à .M. de Mun ». 1. Leii idées de M. liounu, p. l'J"».

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mettre en œuvre. Toule conquôle nouvelle serait <:riniinollt''. >• Sans aspirer à des f^uerres injustes, sans souhaiter que la Rf-publique IVan(;aise ébauclie (les gestes conquérants, garderons-nous le droit, j)Ourtanl, de nous offenser ici de certain silence, <}ui laisse croire aux instituteurs que la France amputée est assez grande? Et nous sera-t-il permis, anssi, d'être anxieux d'une certaine insinualion, qui donnerait à penser que noire domaine colonial est déjà tiop grand, et qui s'accorderait assez avec l'opinion de certains journaux pédagogiques déplorant notre installation à Madagascar'? Mais assurément, si nous insistions, M. Payot nous accuserait d'être asservis à ce que le Volutne a[)pelle dédaigneusement « la superstition du kilomètre carré. ..^» Après un tel mot, la discussion devient oiseuse, et nous avouons battre en re-

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