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LES DERNIERES MANIFESTATIONS DES AMICALES AU SUJET DE L'IDÉE DE PATRIE

A. — L'Amicale de la Lozkke

Au moment on !c patriotisme des instituteurs est si vivement discnti', lesmenibros de la '< Solidarité laïque >, association amicale des institnteurs et instilnlrices de la Lozère, réunis en assemblée générale, tiennent àdéclarer qu'ils pensent et enseignent ce qui suit :

La guerre est un reste de barbarie; elle n'est ni une condition de progrés et de moralité, ni la solution nécessaire des difTéreritls internationaux; elle cstplulôl un inslrumiMit d'oligareliif, un moyen de brigandages gigantesques, une source inépuisable de baines d de conflits. Kllc doit être « désbonorée >>, sauf lorsqu'elle a pour but la libération, Tindépondance ou la défense du pays; mais alors elle est un devoir.

La guerre absorbe tous les ans des sommes colossales, qui seraient très utilement employées à des œuvres sociales ; elle occupe des milliers de t)ras vigoureux qui manquent aux cliamps, à l'atelier, à l'usine. Cependant ce serait folie de diniandcr à la l-'rance de s'immoler à la paix par un désarmement unilatéral, car son sacrifice pourrait n'avoir pour résultat qu'un décliainement monstrueux de force brutale et d'appétits dans lequel notre démocratie et notre civilisation risqutîraient de sombrer.

i/armée n'est pas une faction au service d'un parti ni une caste; s'érigeant au-dessus de la nation. Elle est la nation ellemême en armes veillant sur sesdeslinees.Klle nedoil pas être un objft do crainte pour b's uns, d'espérances malsaines pour

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les autres; elle doit èlre pour tous un gage de confiance et de sécurité,

La patrie est l'élargissement de la famille, comme l'humanité est l'élaigissemenl de la patrie. Ces trois notions ne s'opposent ni ne s'excluent; elles se complètent et se juxtaposent. Le patriotisme doit être lait d'estime et de sympattiie pour ses concitoyens, et non de mépris et de haine pour l'étranger.

La patrie n'est pas une entité immuable. Elle représente à chaque époque un degré de concentration sociale. Ce serait niéconnaitie les lois du progrès que de croire être arrivé au dernier terme de cette concentration. L'avenir verra peutêtre des fédérations de patries, comme le passé a vu des fédérations de provinces, de tribus et de clans. >fotre patriotisme n'a pas lieu de s'en émouvoir. Dans ces fédérations, le sentiment patriotique pourra être aussi fort que dans les patries acluelles le sentiment régionalisle et le sentiment familial.

Les membres de la « Solidarité laïque «> se refusent à confondre :

Le pacifisme avec rappel à la désertion ;

Le devoir militaire avec le militarisme ;

L'internationalisme avec V antipatriotisme;

Le patriotisme avec le nationalisme, " cet artificieux pseudonyme de ta pensée cléricale ».

li. — L'Amicale des Alpes-Maritimes

Le Conseil de V Amicale des Alpes-Maritimes adopte l'ordre du jour suivant :

Le fameux trio qui s'intitule Instituteurs laiqites patrioteSy. Comte, Fournier, Bocquillon, a jngé à propos d'appeler de nouveau l'attention des collègues par une circulaire aux Amicales sur le patriotisme.

Le Conseil déclare qu'il trouve absolument grotesque la prétention de CCS messieurs à vouloir donner des leçons de patriotisme au corps enseignant primaire ;

394 L ËCOLK D ALJOURD HLI

Réprouve énergiqueiiicnl lt!S procèdes de M. Bocqiiillon qui, par ses goiiéralisalion?, a porté un préjudice frravc à uu praiid iiotnbrc de collègues qui couiiJiyunenl aiiticiiienl (|iie lui l'idée del*alrie ol le Haliiolistne;

S'associe de tout cœur à la nianifeslalion spoulanée des Congressistes de Lille qui, à plusieurs reprises, ont, à l'unanimité, conspué énergiquemenl ledit Rocquillon, lui prouvant anisi en quel nu'pris ils tiennent son œuvre ,

Approuve également l'oidi-e du jour relatif au Patriotisme volé par le Congrus el l'ordre du jour voté par les collègues de la Lozère.

Le Conseil décide ensuite do communiquer cet ordre du jour à M. Bocquillon.

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