XXXII INTRODUCTION
vaient apercevoir, et que les plus grands génies n'auraient pu même soupçormer. Il les a appelées de l'infini où il habite, et il leur a dit : Allez! et elles sont allées; elles ont fait le tour du monde. Qui avait dit, avant Lui, la nature et les charmes de V humilité F Qui avait fait connaître et vanté la pauvreté volontaire et la virginité sans tache? Qui avait suscité le zèle et appris aux hommes l'art divin de la charité? Qui eût osé parler du bonheur, et promettre la béatitude? etc. , etc. Mais, sans entrer dans les détails qui seraient infinis, à qui serait-il venu en pensée de dire seulement ces quatre mots, si courts et si puissants qu'ils ont changé le monde, et que chaque jour, devant eux, les désirs s'apaisent, les ambitions s'éteignent, les convoitises se taisent, et les passions disparaissent : Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme? Non-seulement il les a dits, mais l'homme qui les a entendus, frappé par cette doctrine qui ne venait pas de l'homme, s'est senti quitter la terre et s'est tourné vers les cieux. Jusque-là, l'homme perdait son âme pour courir à la jouissance et chercher à gagner le monde; dès lors, il voulut perdre le monde pour sauver son âme. Jésus-Christ avait dit : Bienheureux les pauvres, les doux, les miséricordieux, les pacifiques , les purs^ \es affamés du Ciell Bienheureux ceux qui pleurent et ceux qui souffrent! A sa parole, et à son école,
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les idées se sont modifiées, et les mœurs bientôt après les idées : la pénitence et Texpiation, le détachement et l'innocence, le mérite et la vertu, le désir de la béatitude et du Ciel ont pris la place du plaisir, de l'amour des jouissances grossières, du vice, de la dégradation, du péché; l'état chrétien des âmes et des sociétés a succédé à l'état païen, barbare et corrompu.
C'est ici le plus divin, et peut-être le ptus remarquable caractère de la doctrine et de l'école de Jésus-Christ. Tout son enseignement, toutes ses leçons ont uniquement pour objet la Vie éternelle.
Il aurait pu, ce lui eût été facile, donner des lumières sur les arts et sur les sciences qui occupent les hommes; il aurait pu créer toute la science de la terre, et se mettre en tête de toute science humaine, puisque toute science est en Lui; il ne l'a pas voulu, et il ne l'a pas fait. Il n'a pas dit uu mot qui s'adressât à la curiosité des savants et retînt l'homme en bas; il a laissé le monde aux disputes des savants; il est venu dire à l'homme les choses de son propre monde, et raconter à l;i terre les secrets de l'éternité. Il n'y a pas une phrase dans l'Évangile, pas un mot qui soit de la terre ou pour la terre. En vain les hommes, ses ennemis pour le surprendre, ses apôtres pour savoir, ont voulu attirer son attention sur ce