‹ L'école de J Volumes 1 and 2Chapitre 31 sur 71 · LE RENONCEMENT A SOI-MÊME · texte numérisé non relu

LE RENONCEMENT A SOI-MÊME

La parole de l'Évangile la plus dure à l'homme est celle-ci : Si quelqu'un veut venir à ma suite, quil se renonce lui-même ^ .

La nature frémit en entendant cette parole; l'esprit se révolte; la volonté se soulève; et le moi humain y résiste de toute sa force. Je n'en suis pas surpris, puisque tournant l'homme contre lui-même, elle l'ohlige à se faire une guerre continuelle, à se contrarier presque en toutes choses, à se détruire en un mot, pour suhstituer un homme nouveau à la place de l'ancien.

Quelle morale! Qui peut la comprendre? Qui peut la goûter? Qui peut la pratiquer?

La philosophie humaine n'en a jamais enseigné une semblahle, et cela passait sa portée. Ou elle a tout accordé aux sens, mettant la sagesse dans une jouissance modérée des plaisirs, soumettant au calcul, et compensant l'une par l'autre la volupté et la douleur; ou, en donnant tout à la vertu, telle qu'elle l'entendait, elle a flatté, nourri, exalté l'orgueil de l'homme, lui faisant accroire qu'il dépendait de lui seul d'être vertueux, et que, pour un si grand ouvrage, il n'avait pas besoin du concours de la divinité.

Jésus-Christ paraît après Épicure et Zenon, et il ordonne à quiconque veut être son disciple de renoncer

ï Matth., XVI, 24.

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