QUI NOUS DEVONS CRAINDRE
Ne craignez pas, dit Jésus-Christ, ceux qui ôtent là vie du corps j et qui ne peuvejit ôler la vie de l*âme; mais craignez plutôt celui qui peut perdre l*âme
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et le corps f en les précipitant dans l'enfer \
Voilà peut-être de toutes les leçons de l'Évangile la plus nécessaire au commun des chrétiens, qui, peu sensibles à l'intérêt de Dieu, le sont infiniment à leur propre intérêt, et ne se proposent guère d'autre motif que d'assurer le salut de leur âme. Cette leçon est surtout nécessaire à la jeunesse, en qui les passions sont ardentes, que la scène du monde éblouit, à qui l'autorité des hommes en impose, et qui est si susceptible de l'impression de la crainte.
Jésus-Christ propose donc ici à ses disciples les deux plus grands maux, Tun de la vie présente, l'autre de la vie future; l'un temporel, l'autre spirituel; l'un qui, par la permission divine, est quelquefois au pouvoir des hommes, l'autre qui n'est au pouvoir que de Dieu seul. Il veut que, dans la concurrence de ces deux maux, lorsqu'il ne nous est pas libre d'éviter l'un sans nous exposera l'autre, nous n'hésitions pas, et que nous n'appréhendions point le mal que les hommes peuvent nous faire, en comparaison de celui que nous avons à craindre de la part de Dieu.
Le Sauveur parlait ainsi, parce qu'il savait que la foi de ses disciples serait mise aux plus terribles épreuves, et que, pour les contraindre d'y renoncer, les puissances de la terre emploieraient la mort avec l'appareil des tourments les plus formidables.
C'est pourquoi il les prépare à tenir bon contre les supplices et la perte de la vie pour conserver leur foi. Et comment les y prépare-t-il? En leur mettant sous les yeux d'autres supplices bien autrement à craindre, et la perte irréparable d'une vie incompara-
' Matth., X, 28.
blement plus précieuse, s'ils avaient la faiblesse ou le malheur d'être infidèles en cédant à la crainte des hommes.
Vivement pénétrés de cette leçon, les premiers chrétiens embrassèrent la foi et s'y maintinrent au péril de leur vie; ils la professèrent sur les échafauds, déclarant hautement par leurs discours, et encore plus par leur invincible patience, qu'ils ne craignaient rien de ce que les hommes pouvaient leur faire souffrir, mais qu'ils craignaient uniquement d'offenser Celui qui pouvait condamner leur âme et leur corps à des peines éternelles.
Cette disposition, que nous admirons dans les martyrs des premiers siècles, est une disposition de précepte pour tous les chrétiens, et nous ne méritons pas de porter ce nom si nous ne sommes dans les mêmes sentiments. Il faut que nous soyons prêts à tout instant à sacrifier vie, richesses, plaisirs, honneurs, tout ce que nous avons de plus cher, parents, femme, enfants, amis, plutôt que de commettre aucun péché, qui ôte à notre âmelaviedelagrâce, etquinousexposeà la mort éternelle.
Les persécutions de la part des infidèles, des hérétiques ou des incrédules, ont leurs moments marqués, connus de Dieu seul. Mais il faut toujours s'y attendre, et vivre de manière que, si elles surviennent lorsqu'on y pense le moins, elles nous trouvent sur nos gardes, bien armés contre elles, et en état de leur résister.
Nous le serons si nous mettons à profit la leçon que nous donne Jésus-Christ.
Il en vient tout d'abord au plus grand mal que puissent nous faire les hommes, celui de nous ôter la vie ; et, lors môme qu'ils nous menacent de ce mal, il ne veut pas que nous les craignions. Pourquoi? Parce que, pour
le chrétien, nul mal temporel n'est propiement un mal, et que la foi lui apprend à ne donner ce nom qu'à ce qui est un mal dans l'ordre surnaturel, et par rapport à l'éternité. Elle lui apprend que ses espérances et ses craintes doivent toutes être dirig^ées vers les biens et les maux de l'autre vie, et vers Dieu seul, qui est l'arbitre suprême et le dispensateur des uns et des autres. Quelle grandeur d'âme, quelle élévation de sentiments, quelle indifférence, quel souverain mépris ne nous inspirerait pas la foi pour les menaces comme pour les promesses du monde, si elle était la règle de nos idées et de nos affirmations? Et si elle ne l'est pas, comment osonsnous nous dire chrétiens? En quoi nous montrerons-nous tels, si ce n'est pas dans le jugement que nous portons des biens et des maux présents, par comparaison avec les biens et les maux futurs? Et n'est-ce pas renoncer, du moins tacitement, au christianisme, que de désirer si fort les biens et d'appréhender tellement les maux temporels, qu'on] leur sacrifie les biens et qu'on s'expose aux maux éternels? N'est-ce pas tenir un langage réprouvé de Jésus-Christ, et directement opposé à son Évangile, que d'excuser, de justifier, d'autoriser son péché, en disant : Je ne voulais pas le commettre ; c'est malgré moi que je m'y suis prêté ; mais il y allait de ma place, de ma fortune, de ma vie?
Voilà cependant ce qu'on entend dire tous les jours à des hommes qui se croient chrétiens, mais qui ne le sont pas en réalité.
Leur foi, si toutefois ils en ont, est si faible, qu'elle est à peine capable de la plus légère épreuve. Elle paraît ferme tant qu'elle n'est point attaquée ; mais pour peu que les tentations l'ébranlent, elle ne se soutient plus. Il n'est pas besoin d'un vent violent pour la renversir;
il ne faut, pour ainsi dire, qu'un souffle. Avec une telle disposition, si l'on n'est point apostat dans la réalité, on l'est dans la préparation du cœur; et, poui* qu'on le devienne en effet, il suffît d'une malheureuse occasion.
Jugeons-en par ce qui vient de se passer dans un grand royaume, et qui arriverait vraisemblablement partout ailleurs, si Dieu n'arrêtait les passions et les mauvais desseins des hommes pervers. Il y a quatre ans, la France était, du moins à l'extérieur, toute chrétienne et catholique. Qu'est-elle au moment où j'écris ceci '? Que lui reste-t-il de sa croyance et de son culte? Que sont devenus ses légitimes pasteurs et ses prêtres? Par où tient-elle encore à l'Église, et même à Jésus-Christ? D'où lui est venu tout à coup,, et sans aucune annonce prochaine, ce malheur qu^elle ne sent pas, tout grand qu'il est, et dont elle s'applaudit, loin de le déplorer, tant son aveuglement est profond? Un petit nombre de méchants auraient-ils réussi de la sorte à arracher la foi de presque tous les esprits et de tous les cœurs, si elle avait été tant soit peu affermie, et si des motifs et des intérêts humains n'avaient agi plus puissamment que la séduction et la calomnie? Aurait-on perverti, en si peu de temps, toute une nation, si chacun de ceux qui la composent eût eu présente à l'esprit, et eût fidèlement suivi cette sentence du Sauveur : Ne craignez point ceux qui veulent tuer le corps, et qui ne sauraient vous faire d'autre mal; mais craignez plutôt celui qui peut précipiter et le corps et l'âme dans Cenfer?
Ainsi Dieu donne-t-il, quand il lui plaît, de terribles leçons aux nations, instruisant les unes par les jugements
i En 1793.
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tigoareux qu'il exerce sur les autres. Ce que Luther et Calvin ont commencé en plusieurs contrées de l'Europe, une philosophie impie, née de leur hérésie, vient de le consommer en France; et Voltaire, le chef de ces philosophes, s'est vanté dans un de ses écrits d'avoir plus fait en son temps que Luther et Calvin. Quel peuple, encore soumis à la foi chrétienne, et attaché à l'Eglise catholique, ne tremblerait pas pour lui-même, en réfléchissant sur un événement si étonnant? Ne serait-ce pas une présomption insupportable de sa part, s'il venait à s'imaginer qu'un tel malheur lui est étranger, et que l'incendie ne saurait passer jusqu'à lui? Le gros des chrétiens est-il ailleurs plus éclairé, mieux instruit, plus fidèle à pratiquer l'Évangile, qu'on ne l'était en France? Y a-t-il ailleurs plus de vraie et de solide piété?
C'est à Dieu, qui connaît le fond des cœurs, de prononcer là-dessus. Mais ce qu'on peut assurer, c'est que, si dans ce moment il retirait sa protection aux États catholiques, les mêmes circonstances y produiraient les mêmes effets. Et à quoi pourrait-on les attribuer, sinon à la même cause; je veux dire, à ce que partout la crainte des hommes et des maux temporels l'emporte sur la crainte de Dieu et des maux éternels? On est chrétien, mais on ne l'est qu'à l'extérieur; on ne l'est que par habitude et sans principe; on ne l'est qu'autant que la perfection du christianisme s'accorde avec nos intérêts temporels, et qu'on n'a rien à appréhender du côté des hommes. Pour tout dire, en un mot, on connaît peu la parole de l'Évangile, on la pratique encore moins; on ne se rend point présentes par la foi les vérités surnaturelles; on ne juge point, on ne se conduit point d'après les principes de la foi.
Voilà la source du mal ; et tant que la foi sera ainsi
languissante, oisive, assoupie, il n'y a point de guérison à espérer.
Que faut-il donc faire pour la réveiller, et pour la rendre agissante?
Que chacun examine ici l'état de son âme et ses besoins. Je suppose que nous n'avons aucun doute sur la réalité des biens et des maux de l'autre vie. Si nous en avions, jusqu'à ce qu'ils fussent éclairés et dissipés, nous ne serions pas chrétiens. Mais ces biens et ces maux nous affectent-ils plus que les biens et les maux de la vie présente? Ne sommes-nous occupés qu'à nous procurer les unsetà éviter lesautres, et toutes nospensées, toutes nos démarches, sont-elles dirigées vers ce but principal? Sommes-nous intimement persuadés que, quelle que soit noire position ici-bas, tout est gagné pour nous, si nous obtenons le Ciel; tout est perdu, si nous nous rendons dignes de l'enfer? Croyons-nous que Dieu, qui tient notre sort éternel entre ses mains, et de qui seul nous avons à attendre, selon nos mérites, une immortalité heureuse ou malheureuse, soit, par cette raison-là même, le seul qui doive fixer nos espérances et nos craintes, le seul qu'il nous importe d'avoir pour ami, et dont nous ayons à redouter la colère et les vengeances? Croyons-nous que ce soit une folie de nous mettre en peine du bien ou du mal que nous feront les hommes, dans les choses où il s'agit de la religion et de la conscience, puisque, après tout, ce qu'ils peuvent pour ou contre nous ne s'étend pas au delà du temps présent, et que notre sort heureux ou malheureux dans l'éternité ne dépend pas d'eux? Croyons-nous, dis-je, ces deux points, non pas d'une foi spéculative, qui ne servirait qu'à nous condamner', mais d'une foi pratique, qui pré-
side à nos délibérations, et qui décide de nos actions? Que nous servent les grands principes de la morale chrétienne, s'ils ne sont pas le flambeau de notre esprit et la règle de notre cœur, si nous n'en faisons pas une application continuelle à notre conduite? A quelle autre fin Jésus-Christ nous les a-t-il enseignés? N'est-ce pas sur eux qu'ilnous jugera? Et, si nous nous bornons à les admirer, sans les suivre, quelle autre sentence avonsnous à attendre de lui, qu'une sentence de réprobation?
Commençons donc par nous demander : Cette maxime qui m'apprend à ne pas craindre les hommes, et à ne craindre que Dieu, est-elle vraie, certaine, indubitable? Ne passons pas légèrement sur ce point; mais convainquons-nous de son intime liaison avec toutes les vérités fondamentales de la religion chrétienne. Considérons ensuite si cette maxime est importante en ellemême et dans ses suites, tant pour cette vie que pour l'autre. La plus simple réflexion, et même le premier coup d'œil, nous en fait sentir l'importance, ou plutôt l'indispensable nécessité de la suivre. Ne nous bornons pas là. Tâchons d'en pénétrer toute l'étendue, et d'en tirer toutes les conséquences. Est-il dans la vie une seule circonstance où la crainte des hommes doive l'emporter dans mon esprit sur la crainte de Dieu? En est-il une seule où il me soit permis de les contre-balancer, et de délibérer entre l'une et l'autre? Non. Rien n'est plus évidemment démontré.
Ceci posé, quel autre parti ai-je à prendre, que de former l'inviolable résolution de nourrir en moi la crainte de Dieu, de la fortifier, de lui donner sur moi tout l'empire qui lui appartient, de ne la perdre jamais de vue, et d'en faire usage en toutesrencontres ; de travailler en même temps de toutmon pouvoir à alfaiblir n ,;
en moi la crainte des hommes, de ne lai laisser jamais prendre aucun ascendant sur mon cœur, et de ne la compter pour rien, à quelques maux temporels que je me voie exposé, lorsque je ne pourrai m'y soustraire qu'au préjudice de ce que je dois à Dieu? Tel est le parti que prescrivent de concert ma foi et ma raison. Les passions me donnent d'autres conseils, la nature me tient un autre langage. Mais l'homme sage doit-il écouter les passions? Le chrétien, enfant de la grâce, ne doit-il pas s'élever au-dessus de la nature, au-dessus des besoins du corps; à plus forte raison au-dessus de ses plaisirs, au-dessus de l'amour de la vie et de l'appréhension de la mort, suite naturelle de l'union de l'âme et du corps?
Peut-être ai-je formé cent fois cette résolution, et n'y ai-je jamais été fidèle? En ce cas, il me reste à examiner d'où vient cette inconséquence.
Elle ne peut venir que d'une de ces trois causes : eu de ce que je n'ai pas assez médité sur les suites de l'engagement à ne craindre que Dieu et à fouler aux pieds la crainte des hommes; ou de ce que j'ai trop présumé de mes forces et n'ai pas eu assez recours à la prière; ou de ce que j'ai manqué de vigilance et me suis exposé mal à propos. Il faut donc que je remédie à ces trois causes, si je veux pratiquer exactement une maxime si nécessaire à mon bonlieur.
La raison seule me dit assez, et une expérience journalière me le confirme, que je craindrai toujours les hommes, tant que mon cœur ne sera pas libre et dégagé de toute affection terrestre; tant que j'attacherai quelque prix aux biens d'ici-bas; tant que je les désirerai, que j'aurai trop d'ardeur pour les conserver, ou trop d'ap-
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préhension de les perdre. Elle me dit que je serai toujours dans la dépendance des hommes, tant que j'estimerai et que j'aimerai ce que les hommes peuvent me donner ou m'ôter, et que, pour ne les pas craindre, il faut que je ne tienne à rien de ce qui dépend d'eux. Le détachement, la mortification du cœur et la sainte indifférence sur tous ces objets me sont donc nécessaires, et je ne saurais trop m'y exercer.
Ma faiblesse, que j'ai tant de fois éprouvée, et les principes de ma religion, m'apprennent assez que je ne puis rien de moi-même dans l'ordre du salut; que j'ai un besoin continuel de la grâce, et que je n'obtiendrai la grâce que par la prière. Je dois donc recourir à cette prière toute-puissante, si je veux surmonter en toute rencontre la crainte des hommes. Je dois demander sans cesse cette forte détermination, ce courage invincible, que Dieu n'accorde qu'à l'humble prière, et, chaque fois que par son secours j'aurai vaincu le monde, je dois lui en marquer ma reconnaissance, et mériter par là qu'il continue de me protéger dans les occasions périlleuses qui surviendront.
Enfin, si j'ai à me reprocher le défaut de vigilance, il faut que je distingue soigneusement les rencontres ou mon devoir est d'affronter le monde, de celles où la prudence veut que je l'évite et que je fuie. Et ce discernement, souvent difficile à faire, la lumière divine me l'enseignera si je la consulte; la grâce me le fera mettre en pratique, si je suis docile à ses inspirations. Le zèle intrépide qui va au-devant du danger n'est pas toujours de saison; quelquefois il est téméraire, et la témérité abandonnée à elle-même ne peut faire que de tristes chutes, au lieu que l'humilité qui se défie et ne s'expose que par l'ordre de Dieu est moralement assurée de la
victoire. Aussi Jésus-Christ, qui ne veut pas qu'on craigne les hommes, lors même qu'ils nous menacent de la mort, nous ordonne-t-il, quand nous sommes persécutés dans une ville, de fuir dans une autre, et c'était une règle de discipline dans la primitive Église, de défendre aux chrétiens de se découvrir eux-mêmes et d'aller au-devant du martyre, parce que c'était en quelque sorte tenter Dieu, qui ne nous doit sa protection que dans les tentations où sa Providence elle-même nous engage.
Crainte des hommes, que tu es un écueil redoutable même pour les chrétiens les plus fervents! Et qu'il faut être circonspect pour ne pas s'y exposer sans de justes raisons! Quel est celui qui, dans de certaines conjonctures délicates, où il y va de bien moins que de la vie, n'en ressent pas les impressions jusqu'à être sur le point d'y succomber? Les sens sont fortement ébranlés; l'imagination est vivement frappée; l'action de la raison est comme suspendue; la foi se retire dans le plus intime de l'âme, et ses motifs semblent n'avoir aucune force sur la volonté. Mais qu'on n'appréhende pas de tomber. Si l'on s'applique habituellement à détacher son cœur, et si l'on joint la vigilance à la prière, Dieu nous soutiendra invisiblement, et s'il nous livre au sentiment de notre faiblesse, c'est pour faire éclater sa puissance, pour nous obliger à lui rendre gloire de tout, et à ne nous attribuer rien de ce qui est le pur effet de sa protection,
0 mon Dieu! pénétrez-moi de votre crainte salutaire, et que l'impression en passe jusqu'à ma chair! Qu'elle ne me quitte jamais, et qu'elle vienne à mon secours toutes les fois que j'en aurai besoin pour triompher de la crainte des hommes! Que sont-ils auprès de vous?
Quel mal me peuvent-ils faire, si je vous ai pour ami? Quel bien en puis-je attendre, si mes offenses vous ont irrité contre moi? Me tireront-ils de vos mains? Me soustrairont-ils à votre justice vengeresse? Et si je mérite d'être jeté dans l'abîme éternel, m'empêcherontils d'y tomber? Combien, dans l'enfer, de malheureuses victimes de la crainte des hommes! Hélas! je partagerais leur sort, si vous n'aviez usé envers moi de miséricorde. Qu'ils sont rares, ceux qui n'ont point à se reprocher d'avoir fait le mal, ou d'avoir omis le bien par motif de cette crainte! Pour moi, je ne suis pas de ce nombre, et je déplore, à vos pieds, ma lâcheté.
Je désire ardemment vous aimer, mais il m'est utile, il m'est nécessaire de vous craindre, et c'est par la crainte que je parviendrai à l'amour. Elle est le commencement de la sagesse, et je me croirai bien avancé, quand je ne connaîtrai plus d'autre crainte que la vôtre. Ainsi soit-il !
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