‹ L'école de J Volumes 1 and 2Chapitre 69 sur 71 · SENS DIVIN, SENS HUMAIN · texte numérisé non relu

SENS DIVIN, SENS HUMAIN

Lorsque Jésus eut déclaré à ses disciples qu'il devait être mis à mort par les Juifs, Pierre, scandalisé de ce discours, le prit à part, et lui dit : Loin de vous, Seigneur y un pareil traitement! Cela ne vous arrivera pas '. Mais Jésus, le reprenant, lui répondit : Arrière ! loin de moi, Satan! tu m'es un scandale, parce que tu nas pas le sens des choses de Dieu, mais de celles des hommes. Immédiatement auparavant Pierre, s'élevant au-dessus de la cliair et du sang, avait reconnu et confessé hautement que Jésus était le Christ, le fils du Dieu vivant. En parlant de ia sorte, il jugeait de la personne de son maître d'après le sens divin, selon toutes les apparences. Mais, à l'annonce de sa mort violente et ignominieuse, il retomhe dans le sens humain, jugeant une telle mort indigne de celui dont il venait de publier la Divinité; ce qui lui attiia les paroles les plus dures, et le plus vif reproche qu'il ait jamais essuyé de la part du Sauveur.

Ce trait de l'Évangile est pour nous une leçon des plus

» Matth., XVI, 23.

fécondes en instructions. Nous sommes très-sujets à prononcer sar les choses de Dieu suivant le sens humain , parce que nous ne consultons que la chair et le sang, ou tout au plus une raison purement naturelle très-bornée, et incapable, par elle-même, de saisir des objets qui sont au-dessus de sa sphère. Cependant, en qualité de chrétiens, nous sommes obligés déjuger selon le sens divin, non-seulement des choses qui appartiennent à la religion, mais même de celles qui sont dans l'ordre commun de la nature; et la lumière de la foi nous est donnée pour cela.

Je vais exposer ces deux points, non aussi au long que le sujet le mérite, mais autant qu'il est nécessaire pour nous mettre sur la voie et nous aider à y réfléchir.

Toutes les vérités de la religion, tant celles qui concernent la croyance que celles qui ont pour objet les mœurs, sont absolument inaccessibles à la chair et au sang ; et, loin défavoriser en rien les sens et les passions, elles ne tendent qu'à les affaiblir et à les détruire. Elles ne sont pas non plus à la portée de la raison laissée à elle-même, quelque éclairée qu'on la suppose. Ses dogmes révélés l'humilient, parce qu'ils surpassent infiniment son intelligence, et qu'ils n'ont rien de commun avec ses notions naturelles; ses préceptes, particuliers à la morale chrétienne, tels que celui de l'humilité, du renoncement à soi-même, de l'amour des ennemis et du pardon des injures, sont également contraires aux passions, et à un fonds d'orgueil et d'amour-propre qui nous paraît raisonnable et légitime. De sorte que, si le chrétien ne fait un effort continuel sur lui-même, s'il ne surmonte sans cesse ses sens et ses passions, et môme ses raisonnements les plus spécieux, il ne conservera

aïO L'ECOLE DE JESUS^'CHRIST.

jamais la parfaite soumission d'esprit et de cœur qu'il doit aux vérités révélées; il ne comprendra ni la nature, ni les raisons profondes et les motifs des principales vertus chrétiennes; il ne les goûtera pas, et il aura encore moins le courage de les pratiquer.

Il est donc, pour lui, d'une nécessité indispensable de consulter sur tous ces points le sens divin, de le suivre, et de ne jamais s'en écarter. Il faut qu'il soit surnaturel dans ses idées, dans ses jugements, dans ses motifs et dans ses affections; qu'il se considère lui-même, en tant que chrétien, sous un point de vue surnaturel, et qu'il se considère toujours par rapport aux desseins libres et éternels de Dieu sur lui; desseins qui ne lui sont connus que par la révélation.

Ce qui fait l'incrédule, c'est qu'il s'obstine à juger de TÉvangile, et des choses de Dieu, selon le sens humain.

Si c'est le libertinage qui est le principe de son incrédulité, asservi à ses sens et à ses passions, il les prend pour la règle unique de ses jugements; et, parce qu'il ne trouve rien dans l'Évangile qui donne prise aux sens, rien qui autorise les passions; qu'au contraire, tout y élève l'homme à un état spirituel, tout lui fait une loi de combattre la chair et les passions, il se détermine à ne pas croire à l'Évangile, où il rencontre partout sa condamnation; puis il cherche des raisons pour se justifier à lui-même son apostasie. Le sens animal, et ce qu'il y a dans l'homme de plus grossier, ce qui le met au niveau de la bête, est donc le seul maître qu'il écoute, et auquel il s'en rapporte, pour prononcer sur les vérités surnaturelles les plus sublimes, et sur les objets de jnorale les plus intéressants. Que peuvent décider les sens sur la destinée et la fin de l'homme? Qu'il n'y en a

point d'autre que de les satisfaire; que tout est borné pour lui à la vie présente, et qu'il meurt tout entier. Les passions, qui la plupart tiennent aux sens, et qui n'ofit pour objet que le bonheur temporel, décideront la même chose. D'après une telle décision, la révélation devient nulle; et, si l'on reconnaît encore l'existence de Dieu, il n'a plus aucune relation avec l'homme, il est pour lui comme s'il n'était pas.

Si l'incrédulité a sa source dans une vaine curiosité, ou dans une orgueilleuseprésomption,lesens humain, selon lequel on juge alors des choses de Dieu, est moins grossier ; mais il n'en est que plus dangereux, et il conduit à une impiété plus raisonnée, plus subtile et plus opiniâtre. On pose pour principe qu'en matière de foi l'esprit ne doit admettre que ce qu'il peut comprendre. On fonde ce principe sur ce qu'une foi aveugle est une foi sans motif, une foi qui ne convient qu'aux imbéciles et aux ignorants qui croient sur l'autorité d'autrui, parce qu'ils ne peuvent faire autrement; une foi qui déshonorerait l'homme capable d'examen et de réflexion.

Ce principe ne séduit l'homme qu'à la faveur de son orgueil : car il est d'une fausseté palpable en lui-même. La foi exclut manifestement non-seulement la compréhension, maislavue de son objet. Comprendre est plus que voir, c'est savoir ; et, en quelque matière que ce soit, savoir est autre chose que croire. On croit sur le rapport, sur l'autorité d'autrui; dès qu'on voit par soimême, la foi n'a plus lieu. Ainsi, elle cessera dans le Ciel, où nous aurons la vue claire de ce qui est pour nous icibas enveloppé d'un nuage ; et, néanmoins, au Ciel même, nous n'aurons qu'une compréhension très-imparfaite de ce que nous verrons. Quand donc ce printripe ne renfermerait pas en soi une contradiction, ce serait encore

une absurdité manifeste de l'appliquer aux objets qui regardent Dieu, sa nature, ses perfections et ses desseins surnaturels sur l'homme; car tout cela est infini, ou tient de l'infini; et, partout où l'infini se rencontre, l'esprit humain, dont la capacité est bornée, ne peut le comprendre. Reste donc qu'il le croie, quand il lui est proposé; et il ne saurait s'en dispenser, lorsque c'est Dieu qui le lui propose, lui qui a une autorité souveraine sur tout entendement créé, et un droit incontestable de le soumettre à sa parole. Une telle foi, quoiqu'elle n'ait point de motif du côté de l'objet, en a un, certain et infaillible, du côté de Dieu, qui ne peut ni se tromper, ni vouloir nous tromper.

Quoi qu'il en soit, oui ne mène pas un tel principe? En conséquence, on prétend soumettre les mystères à sa raison ; on veut en mesurer la hauteur, et en sonder la profondeur; et, parce que les efforts qu'on fait pour cela sont inutiles, on se croit autorisé à les rejeter. On forge mille objections, qui ne portent que sur l'obscurité de l'objet ; et, comme il est impossible d'y donner une solution claire et tout à fait satisfaisante, on regarde ces objections comme autant d'arguments invincibles.

Mais pourquoi n'appliquerait-on ce principe qu'aux vérités révélées? S'il est admissible, il faut l'étendre à tout ce que l'homme ne comprend pas. Or, il ne comprend point la nature de Dieu ; il n'a qu'une idée imparfaite de ses attributs; sa Providence est pleine pour lui d'obscurités impénétrables. Le voilà donc en droit de nier la Providence de Dieu, et même son existence. Mais l'homme lui-même estincompréhensible à l'homme ; la spiritualité de l'âme, sa liberté, son union avec le corps, et la dépendance mutuelle de ces substances, présentent une foule de difficultés qu'on ne peut entic-

rement éclaircir. Sur ce prétexte, on niera donc de l'âme humaine tout ce qu'on voudra; on soutiendra qu'elle n'est ni spirituelle, ni libre, ni immortelle; que ce n'est pas même une substance.

Ainsi, de tous côtés, on trouvera des raisons pour n'admettre ni religion, ni loi naturelle, ni bien, ni mal moral, ni peines et récompenses dans une autre vie. Le désordre des mœurs naîtra évidemment d'un tel système, et l'impiété, qui n'aura pas commencé par le libertinage, finira par là; du moins, si l'on ne s'y livre pas, on l'approuvera dans les autres, on l'enseignera, soit en public, soit en secret.

De tout ceci il résulte que ce qui a précipité l'homme dans l'abîme de l'irréligion, c'est le sens humain écouté dans les choses de Dieu, au préjudice du sens divin.

On en peut dire autant de l'hérétique que de l'incrédule.

Toutes les hérésies sont nées du sens humain, soit par la voie d'une raison orgueilleuse, soit par celle d'un cœur corrompu. On a préféré ce sens humain à l'autorité infaillible de l'Église; et, parce qu'elle l'a condamné, on s'est séparé d'elle; on a formé des sectes, à qui l'on a donné le nom d'Églises; à l'obstination joignant l'hypocrisie, on a essayé de rendre l'Évangile complice de ses erreurs; on les a cherchées, on a prétendu les découvrir dans les Pères de l'Église. Pour comble d'illusion, on est tombé dans le fanatisme; on s'est dit inspiré; et l'on a divinisé son propre sens en l'attribuant au Saint- Esprit.

Les vrais enfants de l'Église ont horreur de ces e:çcès; mais sont-ils assez en garde contre le sens humain dans

l'interprétation des préceptes de l'Évangile, lorsque leur ambition, leur cupidité, leur sensualité, leurs autres passions y sont intéressées? Le monde qu'on appelle chrétien, et qui ne l'est presque que de nom, n'est-il pas gouverné par le sens humain, et ne lui doit-il pas ses idées et son langage sur les honneurs, les richesses, les plaisirs du siècle qui contredisent les idées et le langage de l'Évangile? N'est-ce pas du sens humain que sont sorties tant de maximes relâchées, qui régnent nonseulement dans le monde, mais dans le sanctuaire et dans les cloîtres? On est tiède, on est sans dévotion; on veut ménager la nature, et ne pas se faire tant de violence pour arriver au Ciel. On entreprend de justifîef cette tiédeur, cette indévotion, ces ménagements pour la nature corrompue. Dans cette vue, on se propose d'adoucir la sévérité de la morale chrétienne; le sens humain vient au secours; il plie cette morale aux principes commodes et à la règle de conduite peu gênante que l'on veut suivre, et il explique à son gré les paroles de Jésus-Christ et des Apôtres dont il fait souvent l'abus le plus révoltant. Quel autre que lui a enfanté tant de propositions condamnées, tant de décisions répréhensibles en matière de mœurs, s'applaudissant d'avoir élargi la voie, et se justifiant par l'intention de sauver plus de monde?

C'est encore le sens humain qui est le père de la fausse dévotion, quel que soit son caractère particulier; car elle varie presque à l'infini. Et, pour tout dire en un mot, toutes les erreurs, les bizarreries, les superstitions, les illusions, tous les genres d'abus qui se sont glissés dans la piété, viennent du sens humain, qui ne peut que prendre la piété de travers, et qui, l'ayant une fois mal prise, ne veut pas convenir de ses torts.

Par le peu que je viens de dire sur une matière si vaste, on voit de quelle importance il est de n'avoir nul égard au sens humain dans les choses de Dieu, qui lui sont entièrement opposées, et qui ne peuvent subsister avec lui.

Ce qui est de Dieu, ne se connaît que par l'esprit de Dieu; il n'appartient qu'au sens divin d'en juger et de le goûter. Ce sens divin, Dieu le communique à quiconque le demande avec humilité, le reçoit avec reconnaissance, et en use avec une grande pureté d'intention, pour la gloire de Dieu, pour sa propre sanctification, et pour celle du prochain.

Ce n'est pas assez pour le chrétien de juger des choses divines par le sens divin; il doit encore juger par là des événements qui arrivent selon le cours ordinaire de la nature. La raison en est que tous les accidents humains sont dirigés par la Providence, qui s'y propose des vues surnaturelles, et qui prétend les faire servir au salut de l'homme. Il faut donc envisager ces accidents comme Dieu les envisage, en porter le même jugement que lui, et en faire un usage conforme à ses desseins. Or, pour se conduire ainsi dans les divers événements de la vie, soit généraux, soit particuliers ou personnels, il est clair qu'il faut écarter le sens humain, qui n'en juge que par rapport à la vie présente et aux intérêts temporels, et s'élever par la grâce jusqu'au sens divin, qui rapporte tout à la vie future, et aux intérêts de l'éternité.

Le chrétien, en cette qualité, est surnaturel en tout, ou il ne Test pas, et n'est plus qu'un simple homme; et il ne doit pas être moins surnaturel dans ses jugements que dans sa conduite, puisque ce sont ses jugements qui le dirigent.

Toutes les fautes dont il se rend coupable dans le

commerce de la vie, dans ses rapports avec le prochain, dans le maniement de ses affaires domestiques, ou des affaires publiques, dans ses projets et ses entreprises, dans le choix d'un état et la manière dont il en remplit les devoirs, dans l'usage qu'il fait de la prospérité ou de l'adversité, en un mot dans toutes les circonstances qui forment le tissu de la vie : ces fautes innombrables qui se renouvellent tous les jours, et à chaque instant du jour, ne viennent point d'autre cause que de ce qu'il prend pour guide le sens humain. De là ses impatiences, ses emportements, ses murmures contre Dieu, ses chagrins et ses révoltes dans les disgrâces, sa joie insolente dans les succès, ses inégalités, son inconstance enfin qui le rend le jouet de toutes les choses et de toutes les personnes, auxquelles il attache son bonheur ou son malheur. Tant qu'il jugera de tout cela selon le sens humain, ce ne sera point un chrétien, mais un homme tout naturel, plus ou moins vicieujj selon son caractère et la vivacité de ses passions. S'il a quelques vertus, ce ne seront que des vertus philosophiques, des vertus intéressées, des vertus de parade et d'ostentation, des vertus sujettes à se démentir quand elles n'auront plus de théâtre où se produire, des vertus infectées du poison de l'orgueil, qui n'ont d'autre motif que la vaine gloire, d'autre soutien que l'approbation des hommes. lAlais s'il en juge par le sens divin, ce sera un homme surnaturel, qui reconnaîtra la main de Dieu en tout ce qui lui arrive, qui le bénira, qui se soumettra à sa volonté, qui tirera de tout son profit spirituel, et qui s'élèvera au Ciel par le détachement et le mépris des choses de la terre. Bientôt ses passions seront amorties, ses vues corrigées, son caractère réformé ; il aura toutes les vertus du chrétien, et il ne cessera chaque jour de s'y perfectionner.

Mais qu'ils sont en petit nombre, ceux qui ne connaissent d'autre flambeau que la lumière divine, et qui s'en servent pour se conduire dans le sentier de la vie humaine !

Ils ne considèrent cette vie que comme une épreuve plus ou moins longue, dont le terme est une éternité heureuse ou malheureuse, selon l'usage qu'on en aura fait; comme un moyen que Dieu nous donne de le glorifier, de lui témoigner notre amour, notre obéissance, notre fidélité, et d'amasser les mérites qu'il se propose de récompenser dans le ciel. Tout contribue, dit saint Paul, au bien spirituel de ceux qui pensent de la sorte, la santé et la maladie, la pauvreté et les richesses, la bonne et la mauvaise renommée, la faveur des hommes et leur mépris; et, si les choses étaient laissées à leur choix, ils préféreraient ce qui, à l'extérieur, les rendrait })lus conformes à Jésus-Christ, auxquels ils s'étudient à ressembler pour l'intérieur.

Persuadons-nous bien que nous ne sommes chrétiens, qu'aatant que nous renonçons au sens humain, et que nous prenons pour guide le sens divin.

Mais il faut pour cela que nous devenions intérieur». Le premier effet de la grâce est de nous communiquer ce sens divin en éclairant notre entendement; elle fait ensuite passer à la volonté le goût des vérités dont l'entendement est convaincu. Mais dans la plupart, parce qu'ils ne sont pas des hommes de recueillement et d'oraison, cette conviction et ce goût ne sont que passagers, et ne s'étendent pas à ce qu'il y a de profond dans la morale chrétienne. Le sens humain, qui naît avec nous, qui fait le fond de notre nature, est toujours à la porte du cœur ; et, si nous ne ki tenons exactement fermée, il entre, il s'établit en nous, et ce n'est pas sans beaucoup de peine que nous parviendrons à le chasser.

La piété commune ne l'exclut pas tout à fait, et elle lui laisse une grande influence clans nos jugements. Témoin saint Pierre et les autres Apôtres, avant qu'ils eussent reçu le Saint-Esprit. Mais, depuis ce moment, il fut à jamais banni de leur cœur, et n'eut plus aucun empire sur eux. C'est que, par la descente du Saint- Esprit, ils furent mis dans un sublime état d'oraison, et qu'ils y persévérèrent jusqu'à la mort. Adressons-nous à ce même Esprit, pour obtenir de lui le sens et le goût des choses divines; il n'a d'autre désir que de nous l'accorder, et, si nous ne l'avons point, c'est que nous ne le demandons pas, ou que nous le demandons mal.

Seigneur! David vous disait, et je le répète après lui : Donnez-moi l' intelligence , et f approfondirai votre loi, et je L'observerai de tout mon cœur ^ . Sans l'intelligence surnaturelle qui vient de vous, je ne puis rien comprendre à votre loi ; ce serait une témérité à moi de l'examiner ; et cet examen n'aboutirait qu'à m'égarer. Biais, une fois éclairé de vous, je ne craindrai pas de l'approfondir, assuré d'en connaître de plus en plus la sagesse. Cette étude me conduira à la goûter; et, la connaissant et l'aimant, je me porterai de tout mon cœur à l'observer. Ainsi soit-il !

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