XXIV INTRODUCTION
période de la vie du Père Grou, en a la maturité, le surnaturel et l'onction. C'est de plus, et sans contestation possible, de tous ses ouvrages, le plus important et le plus remarquable par le fond des matières, comme il est le plus utile et le plus nécessaire à l'époque pour laquelle il le composa et pour le siècle où nous sommes. On pourrait s'étonner à bon droit de le voir si tardivement mettre au jour, si la mort n'était venue arrêter les travaux et renverser tous les projets de l'infati^jable et savant éditeur des ouvrages manuscrits du Père Grou ^
Les théologiens de Dublin qui eurent à examiner la traduction anglaise qui en fut faite sur l'autographe par le père Clinton, lui donnèrent leur haute approbation et en pressèrent la publication, higîily approved it, and urqed its publication . Ils jugeaient l'ouvrage excellent, convenant admirablement à notre siècle dégénéré, bienfait pour confondre L'orgueil de la philosophie moderne, et propre à faire
1 Le Père Alphonse Cadrés, mort à Paris, le 9 août 1872, dans sa soixante-deuxième année.
2 Le premier volume seul a été traduit et publié en an^jlais. On ne trouve aucune trace de la seconde moitié de l'ouvrage, et il est vraisemblable que le Père Clinton, que ses infirmités empèobèrent de surveiller l'impression du premier volume, The translata?-, from lus habituai injirmiiies, could not attend to the publTcation of tins excellent Work, mourut sans avoir achevé sa traduction. Le premier volume ne parut même qu'en 1801, un an après la mort du Père Clinton, grâce aux soins d'un ami à qui il l'avait confié, but lie having soon after departed this life. Préface de l'éditeur : The publisher to the reader.
IISTRODUGTIOiS. xxv
revivre la piété des premiers chrétiens, à établir la vertu sur des fondements solides et à combattre le vice jusque dans sa source empoisonnée *, et ils recommandaient ses enseignements salutaires et ses célestes leçons, the salutary documents and heavenly lessons.
Il est certain que Touvrage est d'une grande importance, et quel'heure est bien venue de donner, à un siècle qui repousse Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui le blasphème, parce qu'il l'ignore, les plus pures leçons de l'Évangile à Y Ecole même de Jésus- Christ.
Nous n'avons pas, et nous ne pouvons pas avoir d'autre Maître. Il est le Docteur des nations, le jPrecepteur du genre humain, le seul Maître du monde, magister vester unus est Christus ^. Non-seulement il contient toute vérité, parce qu'il est éternel et (j'j'il a assisté à toutes les choses qui ont été faites et qui ont été faites par Lui, omnia per ipsum facta sunt ^ ; mais encore il éclaire, il illumine tout homme qui vient dans ce monde; il rayonne lui-même dans les âmes, ce que ne peut faire aucun docteur de la
^ The Work appears to be a valuable production, suitable to tlie présent degenerate ae|e; and well calculated to confond the pride of modem Philosophers; to revive the piety of the primitive (".hriàtians; to establisb virtue on a solid basis; and to combat vire in ils poisonous source. Jugement et témoignane d'un des théologiens examinateurs,
* Mattu., xxui, 10.
^ Jea.n, I, 3.
XXVI I^TR0DUCT10N.
terre ; il les ensei^jne et il les touche en même temps qu'il leur parle; il nourrit les cœurs d'amour et de sainteté à l'heure même qu'il leur en fait entendre les leçons. C'est le Maître Ye'ritable, dit saint Augustin, qui parle au dedans, sans bruit, bien mieux encore qu'il ne fait entendre sa voix au dehors. Socrate, confessant l'impuissance de l'esprit de l'homme, l'appelait du ciel et demandait qu'il vînt donner ses divines révélations.
Il est venu. Dieu a parlé, dit l'Apôtre, bien des fois, et en bien des manières, à nos pères, dans les temps anciens; mais tout récemment, de nos jours, il nous a parlé dans son Fils, novissime, diebus istis, locutus est nobis in Filio.
Le Seigneur l'avait annoncé autrefois à Moïse; il avait dit : Je leur susciterai un Prophète semblable à toi. Je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce cjue je lui ordonnerai. Et si quelqu'un ne veut pas entendre la parole qu il dira en mon nom, ce sera moi qui en tirerai vengeance *. — Je le donnerai aux peuples comme mon témoin; je l'établirai le Guide et le Précepteur des nations ^, la lumière du monde ^. — Béjouissez-vous, Fils de Sion, et tressaillez d'allégresse en Dieu votre Seigneur, parce qu'il vous donnera le Docteur de toute justice ^, — Voilà
> Deulér.^ xvni, 18, 19.
' isaië, xlix.
* Joël, ii, 23.
INTRODUCTION. xxvil
que t esprit de Dieu est sur moi , dit-il encore en Isaïe; ilm*a envoyé pour parler aux âmes douces et simples, pour guérir ceux qui souffrent du cœur, et annoncer la miséricorde aux captifs et la délivrance à ceux qui soiit dans les chaînes '.
C'est pour cela que je suis né, disait-il lui-même aux jours de sa vie mortelle, et je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité^ . Dieu m* a envoyé évangéliser les pauvres ^ . C'est la preuve qu'il donnait de sa mission : pauperes evangelizantur "*. Mercif ô mon Dieu! s'ëcriait saint Augustin , vous m' avez fait voir votre Fils, et vous me l'avez donné pour Docteur . Les deux grandes raisons de l'Incarnation, dit saint Grégoire, ont été de nous racheter par le sang du Calvaire et de nous enseigner par les leçons du Docteur, ut non solum nos per passionemredimeret, sed etiam conversaiione doceret.
C'est en effet le premier besoin de l'homme; et le plus grand bienfait que Dieu ait pu accorder à l'humanité a été de lui donner la vérité, de lui envoyer son Docteur, quia dédit vobis doctorem ^.
Rien n*est avant la vérité. Elle-même est avant
' ISAiE, LXI, 1.
- Jeax, xvni, 37.
3 Luc, IV, 18.
^ Luc, VII, 22.
5 Joël, II, 53.