SCENE II
Chez Sir Peter Teazle.
Entrent une Femme de chambre et Mrs Gandour.
La femme de chambre. — En vérité, madame, milady ne peut recevoir personne maintenant.
Mrs Gandour. — Lui avez-vous dit que c'était son amie, Mrs Gandour?
La femme de chambre. — Oui, madame ; mais elle vous prie de l'excuser.
Mrs Gandour. — Retournez-y... Je serai contente de la voir, ne fût-ce qu'une minute, car je suis sûre qu'elle doit être dans un grand embarras . {La femme de chambre sort,) Mon Dieu, quel ennui I Je ne possède pas la moitié des détails I L'affaire sera tout au long dans les journaux, avec les noms des acteurs, avant que j'aie pu aller en semer la nouvelle dans une douzaine de maisons.
Entre Sm Benjamin Backbite.
Mrs Gandodr. — Oh ! mon cher sir Benjamin î vous avez appris, je suppose, l'aventure...
Sir Benjamin. — De lady Teazle avec M. Surface...
Mrs Gandour. — Et la découverte de sir Peter...
Sir Benjamin. — Oh ! c'est la plus curieuse affaire, à coup sûr!
Mrs Gandodr. — Vraiment, je n'ai jamais été
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si surprise de ma vie. J'en suis désolée pour tous les trois, ma parole.
Sir Benjamin. — Ma foi, je ne plains pas du tout sir Peter : il était trop sottement coiffé de M. Surface.
• Mrs Cakdour* —M. Surface! Mais c'est avec Charles que ladj Teazle a été prise sur le fait.
Sir Benjamin. — Pas du tout, je voua le répète... c*est M. Surface qui est le galant.
Mrs Gandour. — Non, non, Charles! C'est M. Surface qui a amené sir Peter exprès pour les pincer.
Sir Benjamin. — Je vous dis que je le tien» do quelqu'un...
Mrs Gandour. — Et moi d*une personne...
Sir Benjamin. — Qui le tenait de quelqu'un, qui lui-même...
Mrs Gandour. — Moi, d'une personne direotement... Mais voici lady Sneerwell; peut-être sait-elle Taffaire complète. {JEttepasse.)
Entre Lady Sneerwell.
Lady Sneerwell. — Eh bien, ma cher©. Mrs Gandour, voici une triste affaire pour notre amie Teazle.
Mrs Gandour. — HeinI ma chère amie, qui aurait pensé...
Lady Sneerwell. — Ma foi, il n'y a plus moyen de se fier aux apparences, bien qu'à vrai dire, elle m'ait toujours paru trop légère.
Mrs Gandour. — A coup sûr, elle avait des
BG. Il] l'École de la médisance. 143
façons uu peu trop libres; mais aussi elle était si jeune!' ''
Lady Sneerwell. — Et elle avait, après tout, quelques bonnes qualités.
Mrs Gandodr. — Oui, assurément... Mais savez-vous les détails?
Lady Sneerwell. — Non ; mais tout le monde dit que M. Surface...
Sir Benjamin. — Là, voyez-vous I Je vpus disais biçn que M. Surface était le héros.
Mrs Gandour. — Non, non : parbleij, le rendez-vous était avec Gbarjes. '
Lady Sneerwell. — Avec GharlçgJ Vous m'inquiétez, Mrs Gandour I
Mrs Gandour. — Oui, oui, c'est lui l'anaant, M. Surface, rendons-lui justice, n'a fait qu'avertir le mari.
Sir Benjamin. — Bon, je ne discuterai pai avec vous, Mrs Gandour; mais, quoi qu'il en soit, j'espère que la blessure de sir Peter ne ser^ pas...
Mrs Gandour. — Sir Peter est blessé I Oh !
quel malheur! je n'ai pas entendu dire un mot de leur duel.
Lady Snprwbll. — Ni moi, pa« une syllabe.
SiR Benjamin, -^ A.hl ))^b î Comment, vous ne savez rien du duel? {Il passe,)
Mrs Gandour. — Rien du tout.
SiR Benjamin. — - Ohl mai«^ ils se sont battus sur les lieux mômes.
Lady Sneerwell. — Je vous euprite, racontez»
nous cela.
144 l'école de la médisance. acte V
Mrs Candour. — Oui,faites-nous le plaisir de nous parler du duel.
Sir Benjamin. — « Monsieur, dit sir Peter, aussitôt après la découverte, vous êtes le plus ingrat vaurien..* »
Mrs Gandodr. — C'est cela, à Charles...
Sir Benjamin. — Non, non... à M. Surface...
«le plus ingrat vaurien; et, tout vieux que je suis, monsieur, dit-il, j'exige que vous mé donniez sur-le-champ réparation. »
Mrs Candoiir. — Eh bien, cela ne pouvait s'adresser qu'à Charles ; car il n'est pas du tout vraisemblable que M. Surface se soit battu dans sa propre demeure.
Sir Benjamin. — Vive Dieu, madame, c'est ainsi... « que vous me donniez sur-le-champ réparation. » Là-dessus, madame, ladj Teazle, voyant sir Peter si exposé, s'est élancée hors de la chambre en proie à une violente attaque de nerfs, et Charles l'a suivie, réclamant à grands cris des cordiaux et des sels. Alors^ madame, ils commencèrent à se battre à l'épée...
Entre Crabtree.
Crabtree. — Au pistolet, mon neveu... au pistolet : je le tiens de bonne source.
Mrs Candodr, allant à lui. — Oh I M. Crabtree, tout cela est donc vrai I
Crabtree. — Que trop vrai en efltet, madame, et sir Peter est grièvement blessé...
Sm Benjamin. — D'un coup de seconde qui lui a traversé le côté gauche...
se. Il] L*ÉCOLE DE LA MÉDISANCE* 143
Grabtreb. — D'une balle dans la poitrine.
Mrs Candour. — Ah 1 grands dieux I Pauvre sir Peter I
Grabtreb. — Oui, madame, quoique Charles ait fait tout ce qu'il a pu pour éviter d'en venir là.
Mrs Candour. — Quand je vous le disais I Je savais bien que c'était Charles.
Sir Benjamin. — Mon oncle, je le vois, ignora entièrement l'aifairci
Grabtrbe. — Mais sir Peter Ta traité de lâche et d'ingrat.
Sir Benjamin. — Comme je vous ai dit, vous vous souvenez...
Crabtree. — Vojons,. mon neveu, laissez-moi parier... Et il exigea sur-le-champ..;
Sir Benjamin. — Une réparation 1 Précisément ce que j'ai dit.
Grabtreb. — Morbleu, mon neveu, souffrez que les autres sachent quelque chose aussi... Il y avait sur le bureau une paire de pistolets (car M. Surface, paraît-il, était revenu assez tard dans la nuit précédente de Salthill, où il avait été voir ie Montem * avec un ami, qui a un fils à
1. Fête en Thonneur de Saint-Nicolas (patron des écoliers) qui eut lieu, jusqu'en 1759, le 6 décembre de chaque unnée. Voici en quoi elle consistait :
Les élèves du collège d'Eton (petite ville à 33 kilomètres de Londres, dans le comté de Buckingham) appartenant aux familles les plus riches d* Angleterre, se rendaient sur uue colline voisine, Salthill, tous les trois ans, le mardi de la Pentecôte. Là, ils formaient une sorte de procession militaire et prélevaient sur toutes les personnes qui pénétraient dans le comté une contribution d*au moins une
146 l'école 1>B la médisance. [ACfEY
Ëton) ; en sorte que, malheiireiisemeBty I) aTait laissé ses pistolets chargés.
Sir Benjamin. — Je n*ai rien entendu dire de semblable.
Grabtrse. — Sir Peter contraignit Charles à en prendre un, et ils filment feu, paraît-il, presque en même temps Tun que l'autre. Le coup de Charles porta, comme je vous ai dit, et sir Peter' ne Tatteignit pas; mais, ce qu'il y a de plus extraordinaire, la balle, après avoir frappé un' petit Shakespeare en bronze qui était placé sur la cheminée, fila par la fenêtre à angle droit et alla blesser le facteur, juste au moment où H arrivait à la porte avec deux lettres du Northamptonshire.
Sir Benjamin. — La version de mon oncle est plus détaillée, je l'avoue ; mais, malgré tout, je crois encore que la mienne est la seule authentique.
Lady Sneerwbll, à part. — Je suis plus intéressée dans cette affkire qu'ils ne l'imaginent, et il faut que j'aille me renseigner pour le mieux. {Elle sort.)
Sir Benjamin.— Ahf l'inquiétude de lady
pièce d'argent (c*est-à-(îire au moins aixpenc«, 01 o»btimes). La somme recueilli» de cette mainére s*él«wt pcfffois au chiffre conûdé^abl» de i,ÛOO livre» (aK,ÛO& Ir.). O» remployait à Tentretien, à rilmYorûté 4e CdJsMài^ é» plus ancien élève alon an collège.
Le Montim^ cette singulière 9m%ni-€hÊitlmmigmà'^^\re* Manche, a été aboli en 1847. Il remontait à MO^ époqwr même de la fondation ds collège tl'Ëton par Heavi Vit.,
se. h] l'école de la JÏÉDISAKCê. 147
SoâérweU ne jimtifie que trop aiiémeQt mon dire.
GiUBnifie. — Oui, oui, il est vrai que Ton prétend... mais cela n'a rien à voir avec ce qui se pa«ëa.
MRS.CÂirdoUB. — Voyons, je vous prie, où est sir Peter à présent?
Crabtrse. — Oh 1 on l'a transporté chez lui, et il e.st ici maiatânant, bien que les domestiques aient reçu Tordra de dire la contraire,
Mrs Cajkdour. «^ Jo le orois comme vous; et lady Teazle, je suppose, est auprès de lui?
Crabtôeb. — ^ Oui, oui ; et j'ai vu «ntrer un homme d$ l'art au moment oii j'arrivais*
Sir Benjamin. — Tiens! qui vient ici ?
Cbai^XIrbs. — Oh i c'est lui, le médecin* assurément.
Mrs Gandopr. -— Oh I certes, ce ne peut être que le médecin ; et nous allons donc savoir...
Entre Sir Oliver Surface.
Grabtres« — Eh bien, docteur, avez-vous de l'espoir?
Mrs Gandour. — Oui, docteur, comment va votre patient 2
Sia BESMJiiN. — • Voyons, docteur, n'est-il pas blessé d'un coup d'épée ? {lU descendent et entourent sir Oliver,)
Crabtree. — D'une balle dans la poitrine, par tous les diables !
Sir . Oliver. — Docteur ! blessé d'un coup
148 l'école de la médisance. [acte V
d'épée ! et d'une balle dans la poitrine ! Parbleu ! étes-vous fous, mes braves gens ?
Sir BEffJAMiN. — Monsieur n*est peut-être pas docteur?
Sir Olitbr. — Ma foi, si je le suis, c'est à vous que je suis redevable de mes titres.
Crabtree. — Tout simplement un ami de sir Peter, alors, je présume. Mais, monsieur, vous devez savoir quelque chose de son accident?
Sir Oliver. — Pas un mot !
Grâbtree. — Vous ne savez pas qu'il a reçu une grave blessure ?
Sir Oliver. — Est-il Dieu possible !
Sir Benjamin. — Uu coup d'épée à travers le corps...
Crabtree. — Une balle dans la poitrine...
Sir Benjamin. — D'un des messieurs Surface...
Crabtree. — Oui, le plus jeune.
SiR Oliver. — Eh ! la peste soit de vous ! vous avez l'air de différer étrangement dans vos rapports. Cependant, vous vous accordez à dire que sir Peter est grièvement blessé ?
SiR Benjamin, passant derrière lui, — Oh ! oui, nous nous accordons sur ce point.
Crabtree. — Oui, oui, je crois qu'il ne peut y avoir là-dessus aucun doute.
Sir Oliver. — Alors, sur ma foi,- pour un homme dans cette position, il eist d'une imprudence sans pareille, car le voilà qui se promène par ici, comme s'il ne lui était rien arrivé du tout.
se. Il] l'école de la médisance. 149
Entre Sir Peter.
Sir Oliver. — Sur mon âme, sir Peter, vous voilà fort k propos, je vous assure; car nous étions en train de vous enterrer.
SlR Benjamin. — Parbleu, mon oncle^ c'est là une bien 'prompte résurrection !
SiR Oliver. — Voyops, mon garçon, comment avez-vous pu vous lever avec un coup d'épée à travers le corps . et une balle en pleiîie poitrine ?
Sir Peter. — Un coup d'épée et une balle !
Sir Oliver. — Certainement, ces messieurs voulaient vous envoyer dans Tautre monde sans autre forme de procès, et me baptiser docteur, pour me faire leur complice.
Sir Peter, allant à sir Benjamin. — Comment, que veut dire tout cela?
Sir Benjamin. — Nous sommes enchantés, sir Peter, que l'histoire du duel soit fausse, et sincèrement affligés de votre autre mésaventure. {Il remonte un peu,)
SiR Peter, à part, — Allons, allons, elle a déjà fait le tour de la ville.
Crabtree. — Quoique, sir Peter, vous soyez certainemeiit fort blâmable de vous être marié à votre âge. {Il remonte,)
SiR Peter. -î- Monsieur, de quoi vous môlezvous ?
Mrs Candour. — Oui, mais en vérité sir Peter faisait un si bon mari, qu'il est très à plaindre. {Elle passe.)
150 \ j/ÊCOLE DK LA MÉDISANCE. [aCTE V
Sm Peter. — Au diable votre compassion, madame ! Je ne vous demande rien.
Sir Benjamin, s'avançant — Cependant, sîr Peter, vous auriez tort de vous arrêter aux rires et aux plaisanteries qui vous accueilIeroW dans cette circonstance.
Sir Peter. — Monsieur, monsieur, je désire être le maître chez moi.
Crabtree. — Le cas n'est pas nouveau, et c'est toujours une consolation.
Sir Peter. — Je vous répète que je tiens à être seul ; allons, voyons, tôt, dénichez d'ici et sans cérémonie !
Mrs Gandour. — Bien, bien, on s'en va; et ôez-vous à nous du soin de raconter les choses du mieux que nous pourrons.
Sir Peter. — Sortez !
Crabtree. — Nous dirons quelle avanie vous avez dû subir...
Sir Peter. — Hors d'ici !
SiR Benjamin. — Et avec quelle patience vous vous y soumettez. [Ilsort^ ainsi que Mrs Candour et Crabtree.)
Sir Peter. — Vous en irez-vous !... Démons I vipères I furies î Oh I que ne crèvent-ils de leur propre venin 1 {Il passe.)
Sir Oliver. — Il est certain qu'ils sont d'une audace peu commune, sir Peter.
Entre RowLET.
Rowley. — J'entends dés paroles vives : que vous a-t-on fait, monsieur?
se. iij l'école m LA Médisance:. 151
Sir Peter. — Peuh! à quoi bon le demander?
Chaque jour qui s'écoule ne m'amène-t-il pas des épreuves nouvelles?
RowLEY. — Eh bien, je ne vais pas plus loin.
Sir Oliver. — La curiosité n'est pas mon fait non plus; je viens vous dire seulement que j*ai vu mes deux neveux de la façon dont nous étions convenus.
Sir Peter. — Un joli couple, ma foi!
RowLEY. — Oui, et sir Oliver est convaincu que votre jugement était juste, sir Peter.
Sir Oliver. — Oui, je trouve que Joseph est en effet Thomme que vous disiez.
RowLÊv. — Certes, comme sir Peter le disait, c'est un homme à principes.
Sir Oliver.— Et dont la conduite est conforme aux principes qu'il professe.
RowLEY. — On est vraiment édifié de l'entendre parler.
Sir Oliver. — Oh! c'est un modèle pour les jeunes gens de l'époque... Mais qu'est cela, sir Peter? Vous ne vous joignez pas à nous pour faire l'éloge de votre ami Joseph, contre mon attente.
Sir Peter. — Sir Oliver, nous vivons dans un monde étrangement pervers, et le moins qu'on le louera sera le mieux.
RowLET. — Gomment! est-ce vous qui parlez ainsi, sir Peter, vous qui ne vous êtes jamais trompé de votre vie?
Sir Peter. — Chansons! Allez au diable tous les deux! Je vois à votre air que vous savez toute l'histoire* Vous me ferez perdre la tête !
J&2 l'école de la médisance. acte V
BowLBV. — Allons, pour ne pas vpu» taquiner plus longtemps, $\r Peter, il est vrai que nous avons tout appris. J'ai rencontré lady Teazla à son retour de chQZ M. Surface, dans une confusion telle qu'elle a daigné me prier de lui servir d'avooat »uprè» de vous,
SiR Pptbr. ^ Et sir Oliver est-il instruit de tout?
Sir Ouvpb. — De point en point.
SïïiPirrEB, — Quoi! le cabinet et le paravent, hein ?
Sm OuvfiR. — Oui, oui, et la petite modiste française. Oh! l'histoire m'a prpdigieuiement diverti, Ah! ah! ab!
Sir Peter. — C'était très^drôle.
Sm OuvER, ^J& n'ai jamais tant ri de ma vie, je vous assure. Ah ! ah I ah I
filR PuTER. «- Oh I c'est divertissant au possible. Ah! ah! ah!
Rowlbv, — A coup sur... Josepbi ftveo ses principes. Ab! ahl ah!
giR PgTER. — Oui, oui, ses principea, Ab l ^b î ab ! Hypocrite coquin I
SiR Oliver. — Bon, et voyez-vous cet animal de Charles tirant sir Peter du cabinet.
AblabUb!
SiR Peter. — Ah! ah ! C'était diablement »i<iusant, en vérité.
SiR Oliver, — Ah ! ah I ah î Parbleu, sir Peter, j'aurais voulu voir \otre tête quand le paravent est tombé. Ah I ah I
SiR Peter. — Oui, oui, ma tête quand le paravent est tombé. Ahl ah! ahl |(^ part.)
se. Il] l'école de la médisance. 153
Oh ! c'est à ne plus oser la montrer désormais !
Sir Oliver. — Mais, voyons, voyons ; ce n'est p as bien à nous de rire ainsi de vous, mon vieil ami, quoique, sur mon âme, je ne puisse me retenir.
SiR Peter. — Oh ! je vous en prie, ne vous gênez donc pas pour moi : je ne m'en blesse pas du tout ! Je ris moi-même de toute cette affaire. Oui, oui, j'imagine que servir de jouet à toutes ses connaissances est la plus heureuse des situations. Oh ! oui, et puis, un de ces matins, lire dans les journaux des entrefilets sur M. S., lady T. et sir P., voilà aussi un divertissement [ Je suis résolu à quitter Londres demain, et à ne plus avoir dorénavant visage humain devant les yeux. {Il passe.)
Rowlby. — N'exagérez rien, sir Peter ; vous pouvez mépriser les railleries des sots... Mais j'aperçois lady Teazle qui se dirige vers la pièce à côté : je suis sûr que vous devez désirer un rapprochement aussi vivement qu'elle-même.
Sir Oliver. — Peut-être ma présence ici i'empêche-t-elle de venir à vous. {Il passe,) Aussi, je laisse le brave Rowley comme médiateur entre vous deux ; mais il faudra qu'il vous conduise tout à l'heure chez M. Surface, où je vais retourner, sinon pour corriger le séducteur, du moins pour découvrir l'hypocrite. {Il sort.)
Sir Peter. — Ah! je voudrais à mon tour, de tout mon cœur, assister à v^otre découverte, bien que ce soit un bien triste endroit pour les découvertes... Elle ne vient pas ici, vous voyez, Rowley.
iJS4 t'ÉCOLË DE IK HÉDISANGE. [A.CTlf: V
RowLKV. — Non, maïs elle a laissé la porte de U cbMxabm ouverte, vous remarques* Vojez, elle pleure^
Sifi PBTsa* — Sans doute, un peu de repentir va très-bien à une femme. Ne pensez-vous pas que ce serait un service lui rendre de in Uûser languir au peu ?
RûwuY. -^ Ohl ce n'est guère généreux à vous,
Sm Piria^ — Ma foi, je suis indécis, Vou^ rappelez* vou« la lettre que j'ai trouvée, écrite de «a msiin. et évidemment destinée à Charles? .
BowwY'. — Pare<îo»trefaçon, sir Peter, placée là dessein sur votre route. C'est un des points sur lesquels Saake, j'en ai l'idée, éclairera votre religion.
3iR Pjbteb. — Je voudrais en avoir une fois le c(eur net,*. Elle regarde de notre côté. Que de grâce et d'élégance dans ses mouvements de tète ! Rowley, je vais la trouver.
RowLZY, '^ Certainement* SiR Peter. ~ Par exemple, quand on «aura que nous sommes réconciliés, on rira de moi dix fois plus.
ROWI.EV, — [caisses rire le monde, et nô répliquez à sa malice qu'en lui montrant que vous êtes heureuxi quoi qu'il en ait.
Sir Petr», — Ma foi, ainsi fer»i-je l et, si je ne m'abusfs, tieus pouvons être encore le plus heureux ménage d'Angleterre»
ROWÏ.EY, — Voyez-vous, sir Peter, celui qui se résout à mettre les soupçons de côté.,.
\^ Sir Peter. — Arrêtez, maître RewLey J Si
se. II! l'ÉCOIE lyE LA MÉDISANCE iSS
VOUS avez pour moi qaeîqae égard, que je ne vous entende jamais proférer une maxime d& îùù" raie qn&leefûqtte : j'en ai une proTiniouf mfÛmiMe pour \0 poarta àe mes joorai I (Ih sortent)