L’ENFANT NOU
-n~u iquet à la houppe était-il rachitique? Beau j-t sujet de dissertation pour les amateurs de -H- diagnostic rétrospectif. L’affirmation pourra utiliser un argument linguistique, c’est à savoir que' les Anglais (qui ont les'premiers bien décrit cette maladie) donnent volontiers au rachitisme le nom de rickets et que ce mot vient sans doute de certains pays normands où l’on applique l’épithète de « riquets » aux gens mal bâtis ou contrefaits.
Cependant Perrault se contente de dire que son héros était « si laid et si mal fait qu’on douta longtemps s’il avait forme humaine. » Rien dans cette esquisse sommaire qui t’appelle les jambes plus ou moins tordues, les jointures « nouées, » la poitrine bosselée par les nodosités saillantes des articulations du sternum et des côtes, la persistance des fontanelles, ces orifices du crâne situés au point de réunion des os de la voûte et qui se comblent rapidement chez l’enfant normal. Un ventre gros et flasque, un teint pâle, un caractère grognon, un retard notable de la marche et de la dentitionfcomplètent le portrait du rachitique, portrait qui pousse d’ailleurs les choses à l’extrême,
car il est heureusement rare de trouver tous ces symptômes réunis. Le plus souvent, quelques-uns d’entre eux existent seuls, qui suffisent à constituer la signature du mal.
En ces derniers mois, on a beaucoup parlé du rachitisme, on en a beaucoup discuté. Les congrès l’ont mis à leur ordre du jour, les sociétés savantes ont entendu sur lui de nombreuses communications, des thèses et des articles de journaux lui ont été consacrés et nous pouvons aujourd’hui non seulement nous faire une idée assez nette de ses causes, mais encore entrevoir le temps où il se fera de plus en plus rare, sinon celui où il aura disparu. Et ce sera encore une admirable acquisition de l’art de guérir, que l’on se plaît cependant à représenter comme piétinant sur place, plus boiteux encore que la justice.
La question valait, au demeurant, qu’on l’approfondît. Nos cités modernes, encombrées et presque privées de soleil, notre vie industrielle intensifiée, si peu propice au développement naturel de l’enfant, nous menacent de voir s’accroître dë façon lamentable le nombre des pauvres petits êtres contrefaits et retardataires, aux os fragiles, au squelette irrégulier, devenant plus tard des hommes mal conformés, des femmes pour qui la maternité sera douloureuse, sinqn impossible, des sujets affaiblis; proie facile pour toutes les maladies qui passent. Un peuple qui n’a que peu d’enfants se doit au moins de les avoir sains, normaux et robustes. En suivant les indications de ceux qui ont étudié le problème, on y parviendra.
Les inconnues n’en sont peut-être pas toutes encore dégagées. Cependant l’on est arrivé à un