BOUQUET
mis à la table de famille pour manger « comme tout le monde, » les risques deviennent considérables. Il devient dyspeptique, souffre d’une foule d’accidents digestifs de ' tout ordre, et cette digestion entravée et viciée ne peut assurer qu’une assimilation insuffisante. Ajoutons-y des aliments trop fabriqués, dans lesquels ne se trouvent pas les fameuses vitamines dont nous parlons dans un autre chapitre de ce volume, cette « carence », suivant le mot consacré, doublera le péril.
Ce fut longtemps la seule théorie que l’on émit sur la genèse du rachitisme, cette explication qui fait jouer aux phénomènes toxi-infectieux le principal rôle en l’affaire. Elle pouvait s’appuyer sur des résultats thérapeutiques intéressants, puisque l’on sauvait pas mal de ces malades en leur dispensant de l’huile de foie de morue, riche en ces principes mystérieux que nous ne devions individualiser que plus tard, et en rectifiant les fautes d’alimentation dont les enfants étaient les innocentes victimes. Mais la réussite n’était pas constante, soit que les lésions déjà acquises ne se décidassent pas à disparaître, soit que les résultats ne fussent que parcellaires. Il devait y avoir autre chose.
Cette autre chose, ce furent les succès des cures accomplies au bord de la mer qui permirent de la découvrir. Il y avait bien longtemps, en effet, que l’on constatait des guérisons totales, merveilleuses, obtenues chez les enfants que l’on envoyait sur les plages y faire un long séjour, qui s’y ébattaient en liberté, dans le soleil et les embruns, qui barbotaient dans l’eau salée tout au long des radieuses journées. Cependant, au début, on ne vit là qu’un effet des bains marins et ceux-ci entrèrent, pour une part importante, dans les ordonnances des