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L’ENFANT NOUÉ

petits rachitiques. La conclusion était juste, mais très incomplète. Juste, puisque l’on a obtenu des cures intéressantes par Pacljonction des bains salés aux prescriptions diététiques fondamentales, -ces bains fussent-ils dispensés dans des stations thermales très éloignées des côtes. Insuffisante, puisqu’elle n’accordait pas à l’influence souveraine de la lumière solaire la place qui lui est due.

Vers 1850, nous a-t-on récemment rappelé, il y avait au village de Berck une brave femme à qui l’Assistance publique de Paris confiait, comme à beaucoup d’autres, un certain nombre de pensionnaires. Or, elle obtenait des résultats incomparablement supérieurs à ceux qu’enregistraient ses voisines. L’enquête démontra qu’elle transportait chaque jour ses petits, en brouette, jusqu’à la plage, leur retirait jupons et culottes et les laissait s’ébattre en liberté jusqu’au soir. La mère Duhamel faisait de l’héliothérapie sans le savoir. Depuis, on en a fait sciemment et, du jour où on a pratiqué systématiquement la cure solaire, le rachitisme a vu fortement diminuer le nombre de ses victimes.

C’est que, parmi les causes de maladie qui infligent ces troubles et ces déformations aux enfants de nos grandes villes, l’absence de lumière occupe une grande place. Le manque de rayons solaires est un puissant générateur de ces « maladies de misère » que des temps et des pays civilisés comme les nôtres doivent avoir à cœur de faire disparaître. Le soleil est un grand guérisseur et l’adage est profondément vrai qui veut que, là où il entre, le médecin n’ait pas besoin d’entrer. Nous savons, depuis de nombreuses années déjà, quels véritables miracles il accomplit chez les malheureux atteints

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de tuberculose osseuse et qu’on livrait jadis couramment à une chirurgie minutieuse, mais souvent impuissante. Les galeries d’insolation ont remplacé fort heureusement les salles d’opération. Les rayons bienfaisants de l’astre-roi ont une autre vertu (et singulièrement conservatrice) que l’instrumentation la plus ingénieuse, maniée par les mains les plus habiles. Nous savons maintenant que ce sont eux qui réussissent le mieux à guérir les rachitiques et l’on peut croire même que dans les cures réalisées par les bains de mer, c’est sans doute la lumière du soleil qui a le principal mérite.

Ce que nous venons de résumer en quelques lignes, ce sont des travaux qui s’échelonnent sur un nombre d’années considérable ; à première vue, ces notions fondamentales peuvent apparaître comme la conclusion de simples observations, d’études cliniques poursuivies sur d’innombrables enfants. Il n’en est rien. La clinique, en effet, a posé les premières assises de cet édifice, l’expérimentation a fait le reste, cette expérimentation qui encourt tant d’anathèmes pour sacrifier des animaux sur ses autels, mais sans laquelle aucun progrès ne serait possible en médecine humaine. En ce qui concerne le rachitisme, elle a précisé les points les plus importants. C’est elle qui a débrouillé le problème de l’assimilation du calcium et du phosphore, elle qui a dénoncé l’importance des vitamines (ou d’éléments analogues), elle qui a prouvé d’irréfutable fa çonl’heureuse influence delà lumière. Il est vrai qu’elle n’a pas encore élucidé le mécanisme par lequel cette lumière peut agir sur les transformations des corps chimiques par l’organisme. Mais il reste toujours une part de mystère

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