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L'ENFANT NOUÉ

dans tous les phénomènes qui ont l’être vivant pour théâtre. Comme toujours, c’est donc de l’union du laboratoire avec la clinique qu’est venu le succès, sous forme de guérison ou de prévention.

Le laboratoire, d’ailleurs, n’avait pas dit pour cela son dernier mot. Il ne lui suffisait pas d’avoir affirmé la prééminence du soleil, il voulut savoir ce qui, dans sa lumière souveraine, est le plus actif. Il découvrit alors que les rayons ultra-violets sont les grands facteurs de guérison en l’espèce. Aussitôt on utilisa cette donnée nouvelle. Ce n’est pas ici le lieu de discourir longuement de ces rayons dont on parle tant à l’heure actuelle. Ils méritent bien qu’on leur consacre quelques développements (et c’est ce que nous faisons plus loin), car ils ne s’appliquent pas qu’aux rachitiques; mais pour ceux-ci ils font merveille. On peut suivre sur les radiographies les progrès de l’ossification chez les enfants à qui on les dispense, et nous sommes dotés, grâce à eux, d’une méthode d’héliothérapie que l’on peut appeler artificielle, mais qui n’en est pas moins d’une admirable efficacité.

Résumons-nous : le rachitisme, véritable maladie de misère, est dû à l’assimilation et à la transformation insuffisantes du phosphore et du calcium, grands bâtisseurs de substance osseuse. Cette insuffisance est elle-même sou» la dépendance de plusieurs facteurs, fautes d’alimentation et affec-, tions toxiques qui leur font suite chez les tout petits, carence d’éléments vivants, manque de lumière solaire. Prenons le contre-pied de ces causes de maladie. Assurons aux enfants une nourriture normale (dût-on y adjoindre l’huile de foie de morue, qui n’a rien perdu de ses vertus séculaires), épargnons-leur les sevrages prématurés, dispensons-leur

la lumière solaire à profusion, non pas seulement à travers les vitres de leur chambre, car le verre arrête les rayons ultra-violets, mais à même leur peau nue, soumettons-les, en cas de besoin, au rayonnement de lampes spécialement construites, et les rachitiques guériront. Et si nous consentons à appliquer ces principes à la prévention du mal, celui-ci aura disparu de nos légitimes préoccupations. C.Q.F.D., ajouteraient les mathématiciens.

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