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AU CONTACT DES CENTRES NERVEUX

E st-il permis, sans encourir l’accusation de finalisme, de constater que les organes les plus délicats et les plus essentiels du corps humain sont particuliérement bien protégés contre les injurejg extérieures? La cage thoracique, solide et souplé tout à la fois, abrite très efficacement le cœur et les poumons; derrière les murailles résistantes du bassin, les organes maternels sont en sécurité; les gros vaisseaux sanguins courent le long d’os robustes qui les étayent et les préservent. Pour d’autres appareils, les précautions s’exagèrent encore : le cerveau et la moelle, dont la fragilité est inégalable, sont enclos dans une gaine osseuse dont la robustesse est vraiment saisissante. C’est,

d’une part, la boîte crânienne, épaisse, puissante, puis la colonne vertébrale, dont la solidité n’est pas moindre. En sûreté à l’abri de cette muraille inviolable, les cellules nerveuses peuvent accomplir tranquillement leur mission d’une subtilité infinie.

Dans l’intérieur de cette véritable forteresse, des filaments vigoureux réalisent, en outre, un système de suspension qui maintient cerveau et moelle en place, les empêchant de ballotter entre les parois rigides, de heurter les murailles qui les enserrent. Tout est combiné au mieux d’une protection qu’on ne soupçonne pas pouvoir être plus efficace. Et cependant la nature y a encore ajouté.

Ces centres nerveux — le cerveau surtout — soumis à des alternatives de. gonflement et de dépression rythmés par l’ondée sanguine et la respiration, ne demeureraient-ils pas exposés sinon à des violences extérieures, du moins à des comipressions dommageables venues du dedans?" A ce danger pare l’existence d’une sorte d’amortisseur hydraulique qui est constitué par le liquide céphalorachidien.

Ce mot double indique bien que cet élément supplémentaire de préservation s’étend à tout le système nerveux central. Il en dépasse même les limites, puisqu’il accompagne jusqu’aux nerfs qui en émanent. Tout cela baigne dans la couche liquide qui remplit l’espace libre entre cet axe cérébro-spinal et les enveloppes molles que sont les méninges. Elle remplit de même les cavités dont le cerveau est creusé. L’amortisseur fonctionne d’un bout à l’autre de ce système fondamental qui régit toute la vie de l’être, qui commande à ses fonctions les plus nobles comme les plus basses et dont le moindre dérèglement influe sur notre

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