CHAPITRE PREMIER L’ALIMENT VIVANT
O n se souvient peut-être encore de la fameuse pastille, dont l’idée était attribuée, un peu gratuitement sans doute, à Berthelot, et que l’on envisageait jadis comme le dernier terme de l’alimentation scientifique. Tous les éléments primordiaux que nous demandons, retardataires que nous sommes, à des nourritures variées, fabriqués, cette fois, synthétiquement dans des laboratoires, seraient mis en comprimés; deux, trois de ces comprimés ingérés quotidiennement remplaceraient aisément les repas auxquels nous nous astreignons encore et qui nous font perdre tant de temps, en ce siècle de vie trépidante. Eh bien, n’en déplaise aux savants prophètes de cette innovation, il est bien probable que ceux qui se fieraient à cette belle trouvaille, le jour où elle serait réalisée, s’en trouveraient fort mal et ne vivraient pas longtemps.