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LES ANIMAUX A LA RESCOUSSE

■flr^TRE, c’est lutter, vivre, c’est vaincre, » a dit « IH Le Dantec, et cette formule résume bien le combat perpétuel qui, d’un bout à l’autre de l’échelle zoologique, jette les animaux les uns sur les autres en vertu de leur seul désir, qui est de durer. Tout souverain qu’il se proclame au regard des animaux, l’homme subit la loi commune. Pour vivre, il lui faut se défendre contre ses prétendus sujets. Les plus gros, qui longtemps parurent les plus redoutables, ont cessé d’être pour lui un sujet de crainte. Restent les petits, dont le prodigieux pullulement résiste à toute tentative de destruction en masse. Les insectes, notamment, forment une armée innombrable de bestioles dont — si beaucoup sont inoffensives — une grande partie constituent au contraire des adversaires dangereux. Transporteurs ou inoculateurs de germes, ils sont pour nous la cause seconde d’une quantité de maladies infectieuses. La notion est relativement récente et les efforts de l’humanité sont tournés, depuis qu’elle nous est devenue familière, contre ce nouveau genre d’agression qui nous oblige, là encore, à lutter, et cela dans des conditions peu

favorables, étant donné, justement, le nombre incommensurable de nos ennemis, leur fécondité sans limites et leur extrême petitesse. Si le lion ne pouvait se débarrasser du moucheron, l’homme, malgré toute sa science, dont il est si fier, n’est pas logé à meilleure enseigne.

Ce n’est pas au hasard que la fable célèbre est ici évoquée. Ce sont, en effet, des moucherons, les moustiques, qui paraissent surtout redoutables. Certes les mouches sont capables de méfaits dont il sied de tenir compte et plusieurs d’entre elles sont susceptibles de nous transmettre dçs infections fort graves. Mais celles-ci ont une aire de dispersion singulièrement réduite. Les moustiques, au contraire, sont de partout et, sous des espèces variées, peuplent le monde entier. Partout ils ont les mêmes constantes physiologiques, c’est-à-dire qu’ils ne vivent qu’en piquant les autres êtres vivants à l’aide de leur rostre aigu et en puisant ainsi le sang dont ils se nourrissent. Le même danger pathologique en résulte partout, qui est le risque de transmission de germes nocifs trouvés chez l’un et inoculés à un autre. Nous en connaissons un exemple typique dans le paludisme et nous parlons, dans un chapitre de ce livre, d’un autre, celui de la fièvre jaune.

A propos de cette dex-nière, nous décrivons les moyens de sauvegarde, c’est-à-dire de destruction, que les hommes ont su mettre à profit et qui ont donné des résultats très beaux là où l’on y a mis l’énergie nécessaire. Malheureusement, ils exigent, outre des ressources financières considérables, une organisation qui n’est pas facile à mener à bien en toute contrée. Aussi a-t-on cherché s’il n’existait pas des méthodes plus simples qui, s’ajoutant, au

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