LA DÉGRINGOLADE
condre gauche jusqu’à la terminaison de l’appareil digestif. Il y a donc deux coudes à cet intestin, l’un adroite, l’autre à gauche, et c’est à ces angles, à ces coudes (au premier nommé de préférence) que la résistance fléchit le plus souvent. D’autres fois ce sera l’estomac qui entamera la série des méfaits, ou encore le rein. Il reste, d’ailleurs sur ce chapitre, quelques obscurités que la médecine élucidera quelque jour, maintenant que, grâce aux prestigieux rayons X, elle peut voir.
Dès maintenant, sur l’écran phosphorescent, que voit-elle? Nous savons que pour pouvoir tout distinguer, elle ne se contente pas d’éclairer sa lanterne, mais qu’elle sait opacifier les organes, afin de les dessiner en noir sur le fond lumineux. Voici l’estomac, qui prend la forme d’un bas dont le pied s’allonge jusque dans le bassin; voici le gros intestin, dont la section moyenne a quitté sa direction horizontale et pend lamentablement, pliée en deux, à un niveau encore inférieur; voici le foie, dont le bord inférieur dépasse notablement les fausses côtes, qui constituent sa limite naturelle. C’en est fini de la belle ordonnance d’antan. C’en est fini aussi des fonctionnements réguliers qui faisaient la santé.
Car cette dislocation ne va pas, bien entendu, sans des troubles plus ou moins profonds et des souffrances plus ou moins vives. Les uns et les autres varient suivant l’intensité du désordre, suivant les organes qui ont abandonné leur place. La dégringolade, en effet, n’est pas toujours générale. Si c’est le foie qui est en cause, les douleurs sont localisées à la région qu’il emplit de sa masse imposante, avec quelques propagations du côté de
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l’éjiaülë droitè; si c’est l’intéStita, le bol alimentaire progresse difficilement datts ce Conduit tortueux, les digestions se font lentes, pénibles* et l’entérite aisément se greffe sür ce tableau déjà peu aimable; si c’est l’estomac, mêmes pësanteurs au inolnent de la digestion et souvent dyspepsie qui s’installe avec toutes ses variétés ; si c’est le rein, les douleurs sé manifestent vers les lombes et ainsi de suite.
Si — comme c’ést trop fréquemment lé cas — plusieurs viscèrés ont abandonné leur sitüatidh normale, les signes s’ajoutent aux signes pour embrouiller les affaires. Puis les complications interviennent. La Circulation se trouve considérablement entravée par ces déplacements qui entraînent les Vaisseaux et les tiraillent ou les compriment* Tiraillés aussi lès plexus nerveux, grands régulateurs des fonctions digestives et circulatoires. Ne soyons donc pas surpris que des douleurs, diverses dans leur siège ët leür intensité, viennent brocher sur le tout, il n’eSt pas-jusqu’au rythme du cœur qui ne puisse être influencé par cette désorganisation viscérale. Le ventre y perd aussi l’harmbhië dè sés formes* se creuse à l’étage supérieur, sé gonfle à l’inférieur. C’est le désastre.
Toutefois, n’èxagérbns ni la fréquence* Hi la gravité de celui-ci. On rencontre les ptoses* Sans aucün doute, assez souvent, mais il est rare qü’elles affectent des âllurës aüssi sérieuses. Ellès sont sbüvent limitées à tel bu tel organe. MêmeS multiples, si elles ne Sont pas trop àccentüéés, elles sont compatibles âVeC une santé satisfaisante dü moment que l’on y remédie. Et, dans là très grande majorité des cas, là chose est très faisable.
Evidemment, nous n’aVons pas la prétention de retendre les ligaments qui ont manqué à lèüï devoir.