‹ L'école de la santéChapitre 7 sur 48 · M DÉGRINGOLADE · texte numérisé non relu

M DÉGRINGOLADE

La chirurgie est bieu là qui s’offre à remettre tout en ordre et à amarrer les organes désaxés avec ses fils à suture. Nous n’accepterons son aide que si les choses opt été très loin ou si nos efforts se sont montrés impuissants. Là plupart du temps, il nous suffira, pour enrayer tout au moins le mal, d’étayer la paroi abdominale défaillante, de la soutenir ellemême par une sangle supplémentaire. Celle-ci, nous la demanderons au bandagiste sous la forme d’une de ces ceintures dont les modèles sont si nombreux et si variés. Osera-t-on dire que, dans beaucoup de cas, la plus simple est la meilleure? Ce qui est nécessaire, avant tout, c’est qu’elle soutienne de bas en haut et ne se contente pas d’appuyer d’avant en arrière, ce qui ne ferait que renforcer l’anormal. Cette puissance de la sangle, une expérience bien simple nous la démontre. Soit un sujet atteint de ptose, dont les digestions sont pénibles et qui souffre du ventre en général, peut-être de quelque point en particulier, dont le pouls bat rapidement, qui se sent comme encombré et mal à son aise de façon constante; si l’on soutient seulement avec deux mains placées au bon endroit l’abdomen sans résistance, la plupart dés désordres disparaissent. La sangle, la ceinture, ce sera ce soutien manuel réalisé en permanence. On essayera ensuite de rendre quelque vigueur à cette paroi affaiblie, par la gymnastique raisonnée et régulière. Puis on traitera les désordres fonctionnels issus du désordre viscéral. Quelque régime y pourvoira.

On voit qu’il ne faut pas prendre la situation au tragique. Quelques-uns en sont hantés au point de devenir neurasthéniques. Il est aussi des sujets normaux qui s’estiment, atteints de ptoses diverses qui n’existent que dans leur imagination. On ne se

doute pas du nombre de femmes, par exemple, qui sont persuadées qu’un de leurs reins se livre à des fantaisies de cet ordre, alors qu’il n’en est rien. Ce sont là des soupçons auquels il ne faut pas se complaire. Un examen consciencieux, un passage sous les rayons X et la vérité apparaîtra. Puis, s’il y a quelque chose à réparer, la bonne ceinture, la gymnastique, un régime facile à suivre. Si la santé, au dire de Montaigne, « est digne d’être ràchetée par tous les cautères et les incisions les plus pénibles qui se fassent, » avouons que c’est une affèction acceptable que celle dont les manifestations désagréables ou pénibles cèdent à quelques, privations, à des exercices bien réglés et à un mètre ou deux d’étoffe.

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